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"Mes premiers pas au Bangladesh" - Robert Bodja

Quand on m’a demandé de partir au Bangladesh, je me suis demandé pourquoi on m’avait choisi, et comment je pouvais être utile. D'emblée, j'ai demandé un temps de réflexion. Sans tarder et sans hésiter, l'envie de partir et d'aller à la rencontre du Bangladesh est surgie.

D’ailleurs quand j'ai annoncé à mon entourage que je partais dans le camps Rohingya au Bangladesh pour des workshops, les retours étaient mitigés : certains se sont contentés d’un sourire poli, d’autres avaient plutôt peur que je n’en revienne pas. « Robert, on a encore besoin de toi ici au Luxembourg », voilà ce qu’un de mes amis pensait.

En quoi consistait donc le projet ?

J’ai été demandé à dispenser des sessions « train-the-trainer » aux éducateurs et bénévoles du camp Rohingya afin de leur donner un autre moyen de communication et de réduire les tensions dans les camps. Cela me paraissait à la fois intéressant et intriguant...

Initialement, prévu dans le camp Rohingya à Cox-Bazard, au Sud du Bangladesh, le projet a dû être déplacé à cause de tensions et révoltes. Ainsi, ensemble avec tous les acteurs, nous avons décidé de transférer le projet à Gaibadhan, au Nord. La population du Nord est une population “sans terre” forcée à s’installer sur des îles fluviales mouvantes appelées “chars”. Malheureusement, les cinq millions habitants des chars font partis des populations les plus marginalisés et exclus de tous les droits humains fondamentaux.

Comment la musique peut-elle être bénéfique ?

A mon arrivée à Dhaka, je me suis directement rendu compte que la musique n’y était pas utilisé de la même façon que chez nous. Dans le mini-bus, qui nous transportait de l’aéroport jusqu’au siège principale de Friendship, le chauffeur n’écoutait par exemple pas de musique. J’ai refait cette même observation dans notre transport jusqu’à Gaidbadhan.

A la première session de formation, je me suis quand même vite rendu compte que la musique est universelle. La musique a la pouvoir de rapprocher les gens. Ainsi, j'ai vu un groupe de bangladais avec un potentiel musical énorme, avide de jouer, de chanter et de danser.

Tous les soirs, la musique fusait de tous les coins et recoins du centre où on était logé, exprimant tout le contraire de mes premières impressions en arrivant.

Personnellement, ça reste une expérience humaine exceptionnelle et un bon moyen de remettre les pendules à l’heure. Comme quoi, la musique n'a absolument pas de frontière et la joie qu'elle procure n'a pas de couleur.

Robert Bodja, mardi, 12 novembre 2019