Valorisation des déchets: horizon 2019 pour l’usine Arc-en-ciel L’usine Arc-en-ciel de traitement des déchets ménagers, installée à Couëron, est exploitée depuis son ouverture en 1994, par Véolia propreté, pour le compte de Nantes Métropole. Ce contrat de délégation de service public prend fin en 2019.

Photos archives Roberto GIangrande

Aujourd’hui, Arc-en-ciel trie et valorise une partie des déchets ménagers des habitants des 24 communes de la métropole nantaise. L’autre partie est traitée sur l’usine d’Alcéa, Prairie de Mauves, à Nantes. Arc-en-ciel traite l’ensemble de la collecte sélective de Nantes Métropole, des 10 communes de la communauté d’agglomération de la région nazairienne et de l’estuaire (Carene), et de quelques autres petites collectivités du département. L’usine emploie 130 personnes.

Recyclage et valorisation énergétique. L’usine Arc-en-ciel est composée de deux unités de traitement des déchets ménagers : d’un côté, l’unité de tri des collectes sélectives, déchets préalablement déposés par les habitants dans les sacs ou les poubelles jaunes ; de l’autre, l’unité de valorisation énergétique, recevant les ordures ménagères.

106 220 tonnes de déchets ménagers. C’est ce qu’a reçu l’usine en 2016. Un peu plus de la moitié (24 663 tonnes de collecte sélective et 31 023 tonnes d’ordures ménagères) provient de la métropole nantaise. 15 890 tonnes de déchets ont été recyclées, 38 465 tonnes ont été incinérées. Les déchets incinérés ont produit 7 594 tonnes de résidus solides réutilisables.

Le fonctionnement de l'usine Arc en Ciel.

Tri sélectif. En début de chaîne, les déchets recyclables, papiers, cartons, bouteilles et flacons en plastique, emballages en métal, traversent le trommel, une sorte de centrifugeuse-tambour de machine à laver, muni de cribles permettant de séparer les déchets en fonction de leur taille. Les petits déchets de moins de 60 mm de diamètre ne peuvent être recyclés et rejoignent directement les déchets non recyclables pour être incinérés. Papiers et cartons, bouteilles et flacons en plastique, emballages en métal prennent ensuite des directions différentes pour être triés plus précisément.

Petites mains. En bout de la chaîne de tri, hommes et femmes, installés de part et d’autre de tapis roulants, enlèvent les déchets ayant échappé au tri automatisé et qui ne peuvent pas être recyclés. La pénibilité du travail leur impose de changer de place toutes les demi-heures.

Balles. Une fois le tri effectué, les déchets sont compressés pour former des balles en forme de cube d’un poids d’environ 1 tonne. Les balles de papiers rejoignent les usines de pâtes à papier. Les plastiques redeviendront plastiques. Les déchets de métaux seront refondus.

Déchets ménagers non recyclables. Des camions-poubelles les déversent dans une fosse de 5000 m³. Une immense pince, pilotée depuis sa cabine par un pontier, les saisit tonne et demie par tonne et demie, pour les déposer dans l’un des deux fours, capables de brûler, entre 850 et 1000°, 6 tonnes de déchets par heure, chacun. Les fours fonctionnent 24 heures sur 24, 7 jours sur 7.

Résidus de combustion. Les fumées de combustion passent dans des filtres successifs pour être débarrassées de leurs composés les plus toxiques. Ne peuvent s’échapper par la cheminée, haute d’une quarantaine de mètres, que les résidus gazeux respectant les normes européennes de rejets. Les mâchefers sont des résidus solides de la combustion. Ils sont utilisés, notamment, dans les sous-couches des chaussées routières. Les résidus d’épuration des fumées d’incinération des ordures (refiom) - déchets solides eux aussi, quelque 800 tonnes par an - sont par contre trop toxiques pour être utilisables.

Énergies. La chaleur produite par les fours est transformée en vapeur d’eau : 288 272 tonnes en 2016, dont 86 943 tonnes ont été dirigées vers le site voisin d’Arcelor Mittal à Basse-Indre, permettant de satisfaire, depuis 2006, 65 % des besoins en vapeur de l’aciérie. Le reste de la vapeur a produit 20 608 MWH d’électricité. 75 % ont été utilisés pour les besoins propres de l’usine, les 25 autres % ont été vendus à EDF.

Horizon 2019. La délégation de service public pour l'exploitation de l’usine Arc-en-ciel arrive à échéance le 28 février 2019. Nantes Métropole et la Carene se sont unies, le 27 février dernier, pour mener à bien la procédure qui aboutira à la signature de la nouvelle convention de délégation de service public. Cette union, nouvellement autorisée par la loi, est une première en France. Le délégataire sera choisi en 2018. La nouvelle délégation de service public débutera le 1er mars 2019.

Une alliance inédite. « En nous regroupant, nous sommes plus forts pour peser sur les négociations et les tarifs de collecte. Nous visons une réponse gagnante pour les habitants », indique Michèle Gressus, vice-présidente de Nantes Métropole, en charge de la collecte et du traitement des déchets. « La Carène n’aurait pas eu les moyens de créer sa propre structure de tri. Cette alliance - portée par une volonté conjointe d’optimisation pour un meilleur rendu pour la population - est très positive pour notre territoire », ajoute François Chéneau, maire de Donges et vice-président de la Carene en charge des déchets.

Un nouveau centre de tri. Le centre de tri va être totalement rénové pour améliorer les capacités et les coûts de traitement. Il permettra le recyclage de l’ensemble des plastiques (emballages et tubes dentifrice par exemple), obligatoire à partir de 2022.

En 2019, l’usine sera également reliée au futur réseau de chaleur Nord-Chézine, et chauffera 9500 logements à Nantes, Orvault et Saint-Herblain. En jeu ? Une meilleure valorisation énergétique, limitant l’enfouissement. La métropole nantaise, labellisée territoire « Zéro déchet, zéro gaspillage », s’est engagée à réduire la production de déchets de ses habitants de 10 % d’ici 2020.

Reportage photo Patrick Garçon
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Nantes Métropole .
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