Le collège insolite webdocumentaire des 3B du collège les hauts de l'arc - Trets

Contexte pédagogique

Responsables du projet :

Florence Mezzoud – professeur documentaliste

Marie Duong – professeur d’arts plastiques

Soutien technique : Hervé Dusson de Réseau Canopé à l'atelier 13 Marseille

La genèse du projet

Ce projet est né en mai 2016 d'une envie de travailler avec ma collègue d’arts plastiques qui était en poste dans notre collège depuis un an seulement. Connaissant déjà les webdocumentaires pour en avoir souvent consulté (notamment ceux d’Arte), je présente le projet Raconte ta ville à ma collègue d'arts plastiques Marie Duong.

Nous avions envie de travailler sur notre collège, nos élèves ont l'habitude de travailler la photo dans les différents lieux de l’établissement et j’y voyais une nouvelle façon de présenter notre collège aux futurs élèves de 6e. Or, les thèmes proposés dans le dispositif Raconte ta ville ne correspondaient pas avec ce que nous voulions faire. Je contacte Hervé Dusson (Atelier Canope 13 - Marseille) qui accepte de nous suivre dans notre projet.

Parallèlement à cela, Florence Marcadent me contacte pour participer aux TraAM documentation sur la coopération et la créativité au CDI, je lui propose notre projet webdoc. En me lançant dans ce projet, s'est tout de suite posé la question "oui mais... Quelle coopération mettre en place afin que la créativité mise en oeuvre dans cette aventure soit le fruit d'une coopération réussie entre les initiateurs du projet, les enseignants et bien entendu les élèves ?"

Avec quels élèves travailler ?

Sachant que tout serait nouveau pour nous dans ce projet, nous faisons le choix de travailler avec une classe de 3e. À cela plusieurs raisons :

Les 3e sont, pour la quasi-totalité d’entre eux, au collège depuis déjà trois ans. Ils connaissent donc parfaitement le fonctionnement et les différents lieux : Repérage facilité !

Ils connaissent la façon de travailler de Marie et ont déjà pratiqué la photographie dans l’établissement : Autonomie dans les déplacements et la mise en œuvre du travail.

Ils ont déjà utilisé certains logiciels de retouche d’images comme Photofiltre ou de montage avec Movie Maker, soit avec moi dans divers projets ou avec Marie en arts plastiques. Nous avons donc l’assurance d’une certaine autonomie de ce côté-là, ce qui nous épargne des séances de formation qu’ils ont déjà eu par le passé : Gain de temps !

Le pitch

Quand on est élève de 3e on connaît son collège comme sa poche, les lieux de vie, les coins et les recoins, surtout ceux où on n’a pas le droit d’aller. On rêve aussi à un autre collège, celui où on aimerait vraiment se rendre tous les jours. Voici donc le collège insolite d’une classe de 3e. Leur rêve est devenu presque réalité…

Combien de temps ? De séances ?...

2 séances d’1 heure sur le cours d’arts plastiques.

- Présentation du projet et de ce nouveau média d’information qu’est le webdoc par Hervé Dusson. À partir de la question : comment imagines-tu ton collège ? Remue-méninge et classement des idées. Constitution de groupes selon affinités.

- Distribution des documents pour la rédaction du story board : pour chaque scène, définir le support technique, le lieu et les personnages, le son, le matériel nécessaire au décor. Rédiger les dialogues si besoin. Quelle réalisation finale ? Film ou diaporama ?

2 séances de tournage pour un total de 7h

- 1 matinée : 8h-12h. Après une brève présentation de la matinée et de ce qu’on attendait d’eux, les élèves sont partis en groupe pour travailler sur leurs séquences. Sélection des photos et montage des diaporamas. Récupération de sons et musiques.

- 1 après midi : 13h30-16h30. Certains groupes ont eu besoin de retravailler leurs vidéos, au niveau de la longueur, du rythme ou du choix des photos (visionnage en amont de tous les films par nous-mêmes pour pointer les erreurs). Tournage de la dernière séquence au CDI : « Classe goûter », chacun avait apporté des bonbons, gâteaux et boissons. Cela a permis de terminer le tournage dans une ambiance festive.

L'implication de nos élèves

En fonction de leurs affinités, les élèves ont travaillé par groupe pour imaginer les lieux et les scènes qu'ils aimeraient tourner. Création et écriture des scenarii, choix des accessoires et du son. Enfin, nous leur avons laissé une liberté totale dans le tournage et le montage de chaque séquence : ils étaient producteurs de contenus.

Objectifs du projet

S’engager dans un projet collectif en arts plastiques, en travaillant en groupe. Respecter les consignes et les contraintes de temps. Mobiliser ses idées et son imagination en vue d’une création artistique audiovisuelle collective. Savoir travailler à plusieurs, faire preuve d’écoute et savoir prendre les bonnes décisions en concertation avec ses camarades. Être autonome dans le processus de création et de réalisation.

Quels outils utiliser ?

Par les élèves : Appareils photo, go pro, drone. Logiciels Photofiltre - Movie Maker. Banques de sons et de musique libres de droit et d’utilisation

Par les professeurs : pour l'organisation : Framindmap – Trello. Pour la diffusion de ressources : Pearltrees via le portail PMB. Pour le montage : Klynt

Compétences info-doc visées

Être auteur : savoir reformuler ses idées en vue de réaliser un document collaboratif, et choisir le bon support de publication

Comprendre et s’approprier les espaces informationnels et les outils de recherche : connaître les sites et banques de sons libres de droit, savoir les télécharger, modifier et les insérer à la création vidéo. Savoir organiser et sauvegarder ses documents sur son espace personnel au collège. Apprendre à partager les informations de façon responsable : connaître et respecter le droit d’auteur et des personnes avant l’utilisation de prises de vues et vidéos ainsi que leur publication.

Autres compétences visées : domaines et compétences du socle

D1.1 : Parler/écrire/écouter

D1.2 : Écrire

D1.4 : Langage des arts et du corps

D2 : Les méthodes et outils pour apprendre

D3.1 : Expression de la sensibilité et des opinions, respect des autres

D3.3.4 : Vérifier l’information – D3.3.5 : Justifier ses choix

D3.4 : Responsabilité, sens de l’engagement et initiative

D5.3 : Invention, élaboration, production

Quel bilan ?

Les objectifs ont été atteints à tous les niveaux.

Le thème avait été choisi par les enseignantes et les élèves ont immédiatement adhéré au projet. Dès la première séance menée conjointement par les deux enseignantes et Hervé Dusson (Atelier Canope 13 - Marseille), les élèves ont participé à un brainstorming riche en idées (nouveaux cours, détournement d’espaces dans le collège…)

Suite à ce travail, nous avons partagé une carte mentale sur Framindmap, première ébauche de construction du webdoc à partir des idées des élèves :

Cette carte a été projetée aux élèves lors de la deuxième séance en classe, de façon à ce qu’ils prennent connaissance du projet dans sa globalité et qu’ils puissent appréhender la structure du webdocumentaire.

Pour l’organisation, l’outil Trello s’est révélé adapté à nos besoins :

En effet, ce genre de projet nécessite un gros travail d’organisation pour coordonner nos besoins, nos temps de concertation, s’assurer que toutes les autorisations étaient accordées et que tous les personnels impliqués étaient bien informés.

Enfin, pour être certains que nous n’aurions pas de problème de matériel, nous avons choisi de nous occuper de l’aspect technique : en faisant le point à partir des fiches complètes des élèves nous avions besoin de 9 appareils, un par groupe. Avec les 6 du collège et nos appareils personnels, nous avons pu fournir le support technique dont chaque groupe avait besoin. Un élève avait apporté sa caméra personnelle pour la séquence film d’horreur dans les sous-sols.

Le tournage :

Deux demi-journées ont été consacrées à ce projet, ce qui nous a facilité l’organisation et la mobilisation de tous les élèves.

Dans le cadre des séances d’arts plastiques, les élèves ont l’habitude de se déplacer dans l’établissement durant les cours, de prendre des photos et de se mettre en scène. Cet exercice familier pour eux nous a permis de gagner du temps dans la réalisation des vidéos. Chaque groupe a entièrement pris en charge sa ou ses séquences : rédaction du scénario, dialogues, choix des lieux, des accessoires, des sons… Lors des deux demi-journées de tournage les élèves étaient tous présents, avec le matériel qu’ils devaient apporter (pourtant ce n’était pas gagné car la deuxième journée était planifiée juste au retour des vacances de printemps).

Nous nous sommes ensuite répartis les tâches : encadrement des élèves dans les sous-sols, accueil en salle informatique pour récupérer les photos, dépannage en tout genre. Aide supplémentaire apportée par les collègues libérés de leurs cours avec ces élèves, qui les ont accueillis dans leurs salles pour certains tournages, et ont conseillé les élèves qui en avaient besoin.

Nous avions la salle informatique avec une vingtaine de postes à notre disposition, très pratique pour que tout le monde puisse se mettre au montage et à la recherche de sons, le CDI ne suffisant pas avec ses 9 ordinateurs. Tout au long du travail de montage des vidéos, nous étions à la disposition des élèves pour apporter nos conseils techniques ou artistiques, et trois encadrants n’étaient pas de trop.

Par rapport à ce qui avait été prévu, nous avons été obligées de ne pas intégrer une séquence, qui pourtant nous tenait à cœur : le bureau du chef d’établissement. Un élève prenait la place de la principale qui elle jouait le rôle de l’élève convoqué. La séquence a été tournée mais malheureusement les plans n’étaient pas exploitables car les cameramen étaient sans arrêt dans le champ de vision du film. Par manque de temps, il ne nous a pas été possible de refaire ce tournage.

Une autre séquence était prévue en cuisine, où les élèves préparaient leurs repas tous seuls. La gestionnaire avait donné son accord et nous proposait de nous prêter tout l’équipement (habits, toques, ustensiles). Le tournage prévu lors de la deuxième demi-journée a été annulé pour cause d’absence du chef de cuisine générant une désorganisation chez les agents.

Le montage :

Nous n'avions aucune connaissance des logiciels de montage de webdocumentaires. Notre choix s'est porté sur Klynt car Canopé nous prêtait gratuitement la licence pour l’année scolaire, et nous avions l'assurance de bénéficier d'un soutien technique.

Entre les deux séances, j’ai suivi un atelier sur le logiciel Klynt avec Hervé Dusson à l'Atelier Canope 13 - Marseille, ce qui m’a permis de commencer le montage en suivant ses conseils et de rapidement maîtriser les bases de fonctionnement du logiciel. Ayant déjà pratiqué le montage vidéo et étant relativement à l'aise avec l'outil informatique, la prise en main de Klynt fut très rapide. Le travail en amont à partir d'une carte mentale m'a facilité la représentation de la structure de notre webdocumentaire : l'architecture était quasiment posée, ce qui permettait de modéliser mentalement la navigation entre les différentes séquences vidéos.

L'autonomie de nos élèves en ce qui concerne le montage vidéo et la retouche d'image a grandement aidé à la bonne réalisation du webdocumentaire. En effet, nous ne sommes quasiment pas intervenues dans la conception des vidéos. Hormis l'ajout de bruitage dans une vidéo, le retrait de deux photos identiques, ou l'accélération de la séquence du drone, aucun film n'a été modifié. La qualité artistique et technique de la matière fournie par les élèves, a engendré un gain de temps considérable dans le montage du webdocumentaire.

L’idée de faire participer les élèves au montage a été abandonnée par manque de temps et de disponibilité. J’ai donc pris en charge cette tâche sur mon temps libre, ce qui représente environ une quinzaine d’heures (atelier de formation de 3h et montage).

Coopération :

Tout est parti d’une envie de travailler sur un projet commun avec ma collègue d’arts plastiques. Hervé Dusson de l'Atelier Canope 13 - Marseille s'est joint à nous dès le début du projet et le travail collaboratif entre nous trois s’est fait très naturellement. Hervé s’est dès le début montré très disponible, et s’est joint à nous à chaque fois que nous avions besoin de nous réunir. Ayant déjà réalisé des webdocumentaires, il a été un conseiller et support technique très précieux. La disponibilité de ma collègue d’arts plastiques a bien évidemment allégé la tâche.

L’utilisation d’outils collaboratifs comme Framindmap ou Trello nous a permis de régler des détails organisationnels de façon réactive et efficace.

Collaboration sans faille et totale de l’administration qui a adhéré au projet : autorisation de bloquer deux demi-journées de tournage et de libérer les cours habituels. Participation de la principale au tournage d’une séquence.

Collaboration également des agents qui nous ont ouvert les sous-sols du collège pour le tournage du film d’horreur, ainsi que de l’accord de la gestionnaire pour l’utilisation du réfectoire.

Lors des demi-journées de tournage, les collègues libérés de leurs cours avec cette classe de 3e ont très volontiers prêté main forte pour aider et conseiller les élèves qui en avaient besoin. Bienveillance de l’équipe éducative par rapport à ce projet.

Les collègues de l’établissement ont également tous adhéré au projet. En effet, une séquence intitulée “Snapchat pour les profs” nécessitait une classe d’enseignants. Nous avons tourné cette scène à midi avec tous les collègues présents ce jour-là. Grosse participation de tous les figurants qui ont mis un certains plaisir à chahuter dans le cours de cet élève (est-ce là un fantasme réalisé ? ) !

En ce qui concerne la collaboration entre élèves, je dois avouer que le choix de la discipline a grandement facilité les choses. En arts plastiques, les élèves ont l’habitude de mener des projets en groupes, d’échanger entre eux de façon très libre, ce qui génère rapidement une émulation bénéfique au sein du groupe classe. Proposer ce projet dans cette discipline les a naturellement placés dans cette dynamique qu’ils pratiquent déjà. Je pense que cette façon de travailler aurait été plus difficile à mettre en place dans le cadre d’un enseignement plus traditionnel, même si certains collègues pratiquent de plus en plus la classe en îlots.

Créativité :

De même que pour la collaboration, les élèves en arts plastiques travaillent régulièrement la photo, se mettent en scène dans différents lieux de l’établissement selon le sujet imposé. Il n’est pas rare de voir déambuler des groupes d’élèves appareil photo en main, dans les couloirs du collège. Ils ont donc acquis grâce aux activités pédagogiques de ma collègue, une autonomie dans la pratique artistique, une faculté à se photographier et à jouer avec les codes de l’image.

Dès la première séance, les élèves ont commencé à imaginer ce qu’ils avaient envie de réaliser, en prenant en compte les contraintes techniques et matérielles de l’établissement. Certains élèves se sont investis personnellement dans ce projet, en apportant leur matériel, leurs compétences techniques et leur créativité. Ainsi, l’élève en charge du tournage dans les sous-sols a réalisé le montage du film d’horreur chez lui sur son temps libre. De même, un autre s’est spontanément proposé pour tourner une séquence supplémentaire avec son drone afin de représenter le cheminement des élèves depuis le portail d’entrée jusqu’au hall de l’établissement. Il a également effectué le montage de la vidéo chez lui et nous a apporté le produit fini.

Le choix du niveau de classe a été très concluant. Il est bien évident que ce travail créatif nous aurait demandé bien plus de présence, et de séances avec une classe de 6e. L’autonomie acquise par les 3e dans la manipulation des appareils et des logiciels mis à leur disposition, la connaissance des lieux, l’habitude de se déplacer dans le collège ont permis de laisser un champ vaste et libre à la créativité des groupes.

Si je devais conclure...

Ce webdocumentaire fut pour nous une belle aventure, fruit d'une coopération réussie entre toutes les personnes impliquées. Le cadre technique étant solidement assuré par Hervé Dusson, l'accompagnement de tout le personnel administratif et enseignant nous offrant un climat de travail serein, il était alors possible d'oser relever le défi. Nos élèves se sont lancés avec nous dans un univers inconnu, laissant libre cours à leur imaginaire et osant s'amuser tout en travaillant.

Participer à ce TraAm documentation sur la coopération et la créativité au CDI, a été une source d'enrichissement tout au long de cette année.

Enrichissement humain tout d'abord grâce aux personnes qui se sont impliquées au niveau académique avec Florence Marcadent qui a coordonné ce TraAM. Au niveau national , avec les échanges que nous avons pu avoir entre pairs des différentes académies impliquées dans les mêmes projets.

Enrichissement intellectuel enfin, par le biais de visioconférences où nous avons pu échanger de vive voix sur l'avancée de nos travaux, suivre des webinaires de grande qualité, et partager nos documents en les stockant en ligne. Un gros travail de coordination que Christophe Coquet de l'académie de Besançon a pris en charge, motivant les troupes, relançant les travaux en apportant à chaque fois des ressources et des conseils.

Le résultat est là, osmose parfaite entre coopération et réalisation. L'aventure continue l'an prochain, nous avons fait des envieux dans notre établissement...

Credits:

Collège Les Hauts de l'Arc - Trets

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