Loading

Une goutte vers l'océan Immersion en Sud Vendée Littoral

H2O... L'eau est le fil conducteur pour découvrir la Destination Sud Vendée Littoral

Sud Vendée Littoral est une destination aux multiples facettes. Si nous devions retenir un élément commun à ce grand territoire ce serait l’eau. Ou plutôt les eaux...

Douces ou salées

Elles finissent dans la Baie

Pour se rencontrer

Notre Destination est, pour une partie, un territoire né de la mer.

Retournons quelques années en arrière à une époque où la façade maritime n’était pas ce qu’elle est aujourd’hui, à une époque où l’on parlait de Golfe des Pictons et d’îlots calcaires…

Je vous parle d’un temps...

Les villages se sont développés sur des îlots calcaires qui émergeaient au milieu du Golfe des Pictons. Ce golfe, par envasement naturel et avec de colossaux travaux d’assèchement entrepris par l’homme, est devenu le Marais poitevin.

Le retrait progressif de l’océan a laissé derrière lui un immense espace naturel et sauvage. C’est sous la conduite des moines, présents dans la région depuis le VIIe siècle, que les hommes creusent des canaux, édifient des digues, assèchent les terres qui deviennent très fertiles.

Le Golfe des Pictons, ancêtre du Marais poitevin

Les travaux d’assèchement

Le Golfe des Pictons était en partie recouvert par l'océan à marée haute. Il était aussi soumis à de longues périodes de crues dues aux abondantes quantités d'eau venant des alentours situés en hauteur : le bassin versant. Pour aménager ce golfe, il faut construire des digues qui empêchent le retour de l'océan et d'autres qui arrêtent les crues venant des terres hautes. Dans ces terres protégées, des canaux et des fossés ont été creusés pour évacuer l'eau de pluie à marée basse et servir de réserve en été.

Il faut donc dans un premier délimiter un espace à assécher, on parle de casiers hydrauliques. Autour de ce casier un fossé est creusé, la terre extraite est utilisée, quant à elle, à l’édification d’une digue. A l’intérieur de la parcelle, on creuse des canaux qui serviront à évacuer l’eau de pluie. Une fois les parcelles endiguées, il faut les protéger de la mer à marée haute. Chaque embouchure est alors équipée d’une porte à flot ou porte à la mer. 6 000 hectares de marais ont été asséchés en deux siècles.

Schéma représentant l'assèchement du Golfe des Pictons ©Parc Naturel Régional du Marais Poitevin

Dès 1594, le roi Henri IV autorisa des entrepreneurs à réaliser des travaux d’assèchement dans le Marais. Mais les capitaux manquèrent rapidement. En 1599, le roi demanda alors à Humphrey Bradley (ingénieur hollandais) de réaliser les travaux d’assèchement financés par des capitaux hollandais. Bradley obtint la charge de « Maître des digues et canaux du Royaume » et organisa selon un plan géométrique et rigoureux, l’aménagement de plusieurs milliers d’hectares de terres autour d’un long canal de 24 km, la ceinture des Hollandais, qui traverse notre Destination. Vers 1650, d’autres grands travaux d’assèchement du marais poitevin sont engagés par un ingénieur Rochelais, géographe du roi Louis XIII, qui réalisa 75 km de canaux et assécha plus de 5000 hectares de marais.

©Parc Naturel Régional du Marais Poitevin

Les ouvrages hydrauliques

Le dessèchement du Marais n’a été possible qu’avec la mise en place de tout un système complexe d'ouvrages hydrauliques tels que les portes à flot, les vannes, les écluses, les bondes... La destination Sud Vendée Littoral est maillée d’un riche patrimoine hydraulique installé sur les différentes voies d'eau naturelles ou créées par l’homme. Ces ouvrages sont destinés à laisser passer l'eau, mais pas les bateaux.

Les Digues sont des levées de terre ou de pierres servant de ceinture de protection contre l'introduction de l'eau salée à l'intérieur des terres. Elles restent encore aujourd'hui une nécessité.

Le ponceau ou portereau est un ouvrage voûté d’étiage munis d’une vanne de type classique se manœuvrant à l’aide d’une vis ou d’un mécanisme à manivelle actionnant une crémaillère.

La bonde est située le long des canaux évacuateurs ou en travers des levées, en limite marais mouillé - marais desséché. Elle permet d'aider à l'évacuation de l'eau douce vers la mer. Mais son principal rôle est de servir de prise d'eau, en été principalement, pour le marais desséché qui peut ainsi s'alimenter en eau douce dans le marais mouillé.

Bonde du Côteau, Nalliers ©OTPIMP

La Porte des Amarres, Champagné-les-Marais

La Porte du Bourdeau, Triaize. Porte à vantelles.

La Porte des portes, porte à bascule, Triaize

Les portes à la mer ou portes à flot s’ouvrent à marée descendante pour laisser l’eau sortir du Marais poitevin et se ferment à marée montante pour empêcher l’eau salée d’entrer dans le marais.

Les portes se ferment alors automatiquement grâce au courant de la marée montante qui pousse sur les portes. Une écluse est toujours associée aux portes à la mer afin de conserver de l’eau dans le marais en période estivale.

Porte du canal de Champagné-les-Marais, Pointe aux herbes

Porte du Port de l'Épine, Sainte-Radégonde-des-Noyers

Porte de la Varenne, Triaize

Dernière halte avant que l'eau douce se mélange à l'eau salée...

Les portes du Chenal Vieux, Saint-Michel-en-l'Herm.

Porte du Canal de Luçon, la Pointe aux Herbes, Triaize

Le canal de Luçon a été creusé par des moines au VIIe siècle, il avait pour vocation de relier Luçon à la Pointe aux Herbes en Baie de l’Aiguillon, afin d’y faciliter les échanges et le commerce.

Il subsiste de nombreux systèmes d'amarrage et des vestiges de la grande écluse à sas construite en 1867-1868.

La Baie de l'Aiguillon

La Réserve Naturelle Nationale de la Baie de l’Aiguillon s’étend sur 5000 hectares environ. Elle est composée principalement de vasières et de prés salés. Ces derniers, appelés ici mizottes, sont recouverts par la mer lors des grandes marées. Les mizottes fournissent un fourrage de qualité aux agriculteurs et la vasière sert de zone de nourriture à de nombreux oiseaux, limicoles, canards ou oies…

Au rythme quotidien des marées, le paysage de la Baie évolue de l’Océan Atlantique jusqu’aux digues érigées par l’homme. Ici ne cherchez pas de trèfles ou de champignons, il n'y a que de la puccinellie ou de l'obione.

Sentir la chaleur sous la plante des pieds ; entendre le bruissement du vent dans l’obione ; regarder les bulles exploser à la surface de cette étendue sombre et voir au loin l’alternance des nuages noirs, marrons et argentés ; s’approcher et découvrir le vol majestueux des chevaliers.

Déambuler en s’imaginant la vie microscopique sous mes pas. Goûter à la quiétude du lieu.

Découvrir au détour d’un chemin improbable un champ de pieux plantés au milieu de cet espace sauvage ; regarder les cordes bleues les enserrant et s’imaginer leur confection : voir les mains tourner la manivelle pour les tresser.

Je me rappelle nos parties de rigolade, nos jeux d’enfants où nous nous transformions le temps d’un pique-nique, en mineur avec nos couleurs bariolées de noir et de marron. Puis la joie de se laisser recouvrir par l’eau, courant sur le sol comme si elle était pressée de retrouver le vert de l’obione.

Se dépêcher alors de rentrer pour ne pas rester coincé.

Revenir le lendemain et découvrir un paysage différent, de nouvelles couleurs, une nouvelle lumière, de nouveaux vols, comme un éternel recommencement. Revivre continuellement les souvenirs associés à l’odeur de la puccinellie fraichement coupée.

J’aime cette Baie toujours en mouvement, qui me procure toujours un sentiment de plénitude.

La Baie de l'Aiguillon regorge de secrets bien cachés. Mais pour les découvrir, pensez à prendre votre paire de bottes si vous voulez arpenter la vasière...

Découvrir la Baie autrement, partir à la découverte d'une porte à flot typique, des petits ports à l'état sauvage, des cabanes (grosses fermes du marais), sillonner les polders, découvrir les mizottes, humer l'air marin de la vasière, sentir la chaleur sous ses pieds lorsque l'eau remonte sur les vases de la Baie, observer les vols argentés des oiseaux, croiser des cyclistes sur la vélodyssée, voir s'ouvrir les portes et les vannes, sortir des sentiers battus et voir la Baie différemment !

Eh oui car la Baie c'est tout un ensemble de patrimoines remarquables qui ne se dévoile qu'aux détours de chemins improbables !!! C'est une réelle aventure....

Port du Chenal Vieux - Saint-Michel-en-l'Herm ; Port de l'Épine - Sainte-Radégonde-des-Noyers
Observation ornithologique dans la Baie de l'Aiguillon
Fauche de la mizotte en juin

Le bac à râteau ou bac dévaseur, employé au curage des canaux du marais

©Faustine Giraudet

Les bacs à râteau

Il n’est pas rare de rencontrer au détour d’un chemin, à proximité d’une porte, une vieille carcasse noire abandonnée là. Ce sont de vieux bac à râteau qui servait au dévasement des canaux. Comme au temps du Golfe des Pictons, les sédiments présents dans l’eau se déposent et la vase peut obstruer l'évacuation de l’eau vers la mer. Il faut continuellement entretenir les canaux, les fossés.

©col_Berteaud_Esnandes

Les bacs à râteau ont été imaginés pour évacuer l'excès de vase et de sédiments d’un canal. Ils utilisent l’énergie hydraulique pour avancer en fin de marée descendante. Le premier prototype de bac à râteau dans le Marais date de 1770, “un râteau fixé à une embarcation est poussé par le courant de l’eau”. Il sera amélioré avec l’ajout de dents en fer fixé sur le râteau, qui raclent le fond du canal et évacuent la vase plus en aval. Deux ailes mobiles, elles aussi dentelées “s’adaptent à la largeur et aux irrégularités latérales du canal”.

Le principe est donc simple, une solide embarcation de chêne descendait le canal à marée descendante en raclant le fond et les côtés. Elle se faisait pousser par la masse d’eau stockée en amont. Aujourd’hui, on utilise le terme de bac dévaseur et il est muni d’une fraise à l’avant.

Vous l’avez compris au fil des lignes, la Destination Sud Vendée Littoral est en partie dans le Marais poitevin, et plus particulièrement dans le Marais desséché. L’été, l’eau dans les canaux est réduite, il y a peu d’arbres, le paysage est plat et ouvert. Mais l’hiver… nous sommes dans un autre monde… les prairies naturelles sont inondées telles de grands lacs de chaque côté des routes. Par-ci par-là une touffe de végétation apparaît, un piquet de clôture, un héron ou une cigogne. Le marais devient un grand terrain de jeu pour les photographes.

Attention, ne pas oublier la tenue adéquate, bottes ou cuissardes de rigueur...

Iris jaune, les pieds dans l’eau et la tête au soleil

Iris bâtard se trouve dans les prairies humides légèrement salées.

Marais desséché

L’hiver en chemin, tu deviens

Mouillé au matin

Mais toute cette eau, comment est elle gérée ?

Les syndicats de Marais

Les syndicats de Marais entretiennent les ouvrages hydrauliques privés d’intérêt collectif et gèrent l’eau dans leur réseau. Les propriétaires payent chaque année une taxe de marais pour l’entretien et la gestion du marais. Sur notre territoire une douzaine de syndicats de marais régule les niveau d’eau sur près de 33 500 hectares.

Un des premier est le syndicat de marais du Petit-Poitou, constitué en 1646 et dont le siège social est situé à Chaillé-les-Marais. Juste à côté se trouvait le logement de fonction du Maître de Digues dont le travail consistait à garantir les intérêts des propriétaires, en maintenant en bon état le marais. La Maison du Maître de Digues est aujourd’hui un site de visite que l’on peut découvrir toute l’année.

Rencontre avec le Président du Grand Marais de Triaize, un des syndicats les plus importants. Il a la gestion de plus de 4000 hectares.

Le Syndicat du Grand Marais de Triaize est un syndicat d’assèchement. Il a été créé en 1797 par 8 propriétaires (8 grosses cabanes de la cabane) qui ont décidés de se regrouper pour pouvoir assécher et exploiter de nouvelles terres prises sur la mer. A cette époque chaque cabane utilisait environ 60% de sa surface pour la culture, les 40% restant étaient des prairies pour l’élevage. Ce système leur permettait de vivre en autarcie. Les prairies étaient les terres les plus proches des habitations de façon à pouvoir s’occuper du bétail. Il fallait donc aller plus loin pour avoir de nouvelles terres à cultiver et la sédimentation de la Baie le permettait. Ces nouvelles terres étant plus proches de la mer, cela facilitait l'évacuation de l’eau douce. En 1525, la digue des Tendes est construite, la mer s’étant retirée, les habitants en ont profité pour construire une digue et l’empêcher ainsi de revenir. C'est le tournant de la commune de Triaize qui se développe ainsi !

Aujourd’hui, le Grand Marais est toujours un syndicat d’assèchement mais avec soutien d’étiage l’été. Cela consiste à faire gonfler les niveaux d’eau pour le bétail.

Un système de réglette a été mis en place pour suivre le niveau d’eau à différents endroits de la commune. Ces réglettes sont faciles d’accès et permettent une grande réactivité. Les personnes employées à la surveillance des niveaux d’eau dans le Marais et aux manœuvres des ouvrages hydrauliques sont appelés portiers, parfois éclusiers. Ils disposent disposent d'une côte plancher et d'une côte plafond entre lesquelles ils doivent maintenir les niveaux, soit 20 cm de marge. Il faut également prendre en compte la météo et la pluviométrie pour anticiper une forte hausse ou forte baisse. Ces réglettes sont indexées sur le niveau NGF (nivellement général de la France).

En hiver, il faut des niveaux constants pour favoriser le maintien de la biodiversité et notamment le fraie des poissons. En été, il faut de l’eau pour le bétail et les activités touristiques.

Les activités touristiques

Balades en barques, canoë, pédalos...

©Fanny Paris
©Fanny Paris

L'observation...

La pêche sous toutes ses formes...

©Pascal Baudry
©Pascal Baudry
Parfois dans le Marais, nous pouvons croiser de drôles de choses...

Nous aurions pu aborder également la vie des Huttiers, habitant de la hutte, habitat précaire des zones hautes du Marais poitevin. Mais gardons-en pour la prochaine fois ;)

Pour aller plus loin sur le Marais poitevin, ses digues et la Baie de l'Aiguillon, je vous propose de découvrir ces petits films...

Gargantua et le Marais Poitevin

Il faut que je vous parle de la légende de Gargantua tout de même...

Le périple de Gargantua, célèbre géant à l’appétit débordant, l’avait mené jusque dans le Marais. A grandes enjambées, il traversait les plaines d’Est en Ouest en prenant appui sur les clochers et les collines. Mais la tourbe collante alourdissait ses sabots, et il devait les décrotter souvent, laissant derrière lui des monticules de terre. Mais ces marches incessantes aiguisait son appétit légendaire, et surtout l’assoiffaient au point d’en avaler les rivières avec leurs bateaux et leurs mariniers. Un jour, épuisé, il s’assit sur le clocher de l’église Notre Dame de Niort, un pied sur celui de Fontenay-le-Comte, l’autre sur celui de Luçon. Sa soif était telle qu’il engloutit toute l’eau de la Sèvre et ses affluents, asséchant ainsi le Marais jusqu’à la mer. Mais après avoir tant bu, une envie pressante ne tarda pas à se faire sentir, et notre géant se soulagea dans les plaines occidentales de Niort, donnant naissance aux Marais Mouillés. Et je vous laisse deviner la suite qui explique l'origine du clocher de Triaize à triple renflements...

A contre courant

Remontons rapidement à contre courant, le fil de l'eau de la Destination Sud Vendée Littoral, pour voir d'où vient cette eau et ce qu'elle cache comme trésors à découvrir…

Bonne balade et à bientôt

Pointe d'Arçay et embouchure du Lay, la Faute-sur-Mer et l'Aiguillon-sur-Mer

Écluse de Moricq, Grues

Passe à civelles

Communal de Lairoux, zone d'épandage des crues du Lay

Pont sur le Lay, Lairoux

Ancien treuil de la vanne des marais, la Claye

Écluse de Mortevieille, la Bretonnière-la-Claye

Pont Eiffel, Lavaud

Chaussée de Mareuil-sur-Lay-Dissais

Lac et barrage du Marillet, Château-Guibert

Chaussée et moulin, Moutiers-sur-le-Lay

Moulin, le Mitteau des Champs, la Caillière-Saint-Hilaire

Il nous reste encore du patrimoine hydraulique à découvrir en Sud Vendée Littoral...

Nous travaillons d'arrache-pieds au recensement de ces bijoux et à la réalisation d'un document... Encore un peu de patience :D

©Karine Giraudet, Office de Tourisme Sud Vendée Littoral, pour la Formation Reporter de Territoire 2018 organisée par la FROTSI Pays de Loire - Formateurs Patrice Ruelle et Pierre-Jean Moreau. Merci aux winneuses, aux fées et aux maîtres... #3

Created By
Karine Giraudet
Appreciate

Credits:

©Karine Giraudet - Bibliographie : 4 générations de charpentiers de bateaux, R. Durand, D. Bourdu et G. Barbot. / Triaize devint Triaize, Père Bourgoin. Photo du héron cendré ©depositphotos

Report Abuse

If you feel that this video content violates the Adobe Terms of Use, you may report this content by filling out this quick form.

To report a Copyright Violation, please follow Section 17 in the Terms of Use.