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Parcours saint Joseph À la crypte de la Basilique de Fourvière, un parcours spirituel proposé par les Moines et Moniales de Saint Joseph, du 14 avril au 31 mai 2021, de 8h à 18h30 - accueil de 10h à 17h

Bienvenue !

Amis pèlerins, soyez les bienvenus !

En cette année jubilaire dédiée à saint Joseph, les moines et moniales de saint Joseph ont été invités à proposer un parcours spirituel dans la crypte de la Basilique de Fourvière, déjà dédiée à saint Joseph, afin de vous permettre de mieux le connaître, mieux l'aimer, mieux le prier.

Mercredi 14 avril 2021 : inauguration et bénédiction du Parcours saint Joseph à la crypte de Fourvière. Photo #FSJ

Table des matières

Différents pôles se présenteront à vous tout au long du parcours dans la crypte, mais nous souhaitons vous permettre ici d'approfondir chacun des thèmes abordés, car tout ne tenait pas sur les calicots et roll-up latéraux. Bon approfondissement, bonne continuation en compagnie de saint Joseph, et à bientôt dans la communion de prière !

Pôle n°1 : Une journée avec saint Joseph

Pôle n° 2 : La maison de Nazareth

Pôle n° 3 : Le rayonnement spirituel de saint Joseph

  1. Saint Joseph en son humanité
  2. Saint Joseph, artisan
  3. Saint Joseph, époux de Marie
  4. Saint Joseph, protecteur de l'Eglise
  5. Saint Joseph, père de Jésus
  6. Saint Joseph, éducateur
  7. Saint Joseph, ombre du Père
  8. Saint Joseph maître de vie intérieure

Pôle n°4 : Saint Joseph dans le monde

Les Apparitions de saint Joseph

  1. Knock en Irlande
  2. Kalisz en Pologne
  3. Fátima au Portugal
  4. Cotignac en France

Saint Joseph dans le monde

  1. Les Philippines
  2. Montréal au Canada

Pôle n°5 : Saint Joseph du Rhône

Pôle n°6 : La statue de Madame Estelle Reverchon

Pôle n°7 : Saint Joseph et les enfants - Le grand jeu de saint Joseph

Pèlerinage du 1er mai

Ecrire à saint Joseph

LES EXTRAS

  1. Année jubilaire dédiée à saint Joseph
  2. Je découvre... la communauté...
  3. ... la chaîne youtube de la Communauté
  4. ... les formations du Cycle Bêta
  5. ... les Conférences sur saint Joseph
  6. ... le Symposium international de 2017
  7. Je rends visite à saint Joseph

Pôle n°2

La Maison de Nazareth

La Sainte Famille vous ouvre ses portes ! Petits et grands, venez découvrir la vie cachée à Nazareth entre Marie, Joseph et Jésus qui vous invitent à vivre, travailler, apprendre, prier... avec eux.

La Maison de Nazareth dans la Crypte

En complément de la Maison que vous visitez dans la crypte, nous proposons une série de petits bricolages pour les enfants, à réaliser chez vous, afin d'apprendre en s'amusant, et de prier avec Jésus, Marie et Joseph en toute simplicité !

Pôle N°3

Le rayonnement spirituel de saint Joseph

Une série de huit calicots vous présente la figure de saint Joseph en divers aspects de sa personne et de son ministère.

Installation et premiers visiteurs - Photos #FSJ

1- Saint Joseph en son humanité

« Vous êtes béni entre tous les hommes » (prière du ‘Je vous salue Joseph’)

Pascal Beauvais - Abbatiale de Puimisson (34)
Le visage de st Joseph est paisible car il laisse passer l’expression de celui de son Père du Ciel qui est paix. Son regard est clair car il est enraciné en Dieu ; il se sait aimé et peut laisser passer l’amour du Seigneur envers tous ceux qui se confient en lui. Il rayonne une joie intérieure, simple et profonde qui prend sa source en Dieu le Père. Il se tient droit, sans raideur car il est un homme juste et unifié en son Dieu. Ses épaules ont basses car il veut rester fils du Père, soumis par amour ; il n’a pas besoin de paraître plus. Il est véritablement homme.

Saint Joseph était un homme juste (Mt 1, 19), c’est-à-dire ajusté selon le cœur de Dieu. L’homme du silence, patron de la vie cachée, devait être un homme beau et sa beauté parlait pour lui. Quelque chose de la beauté de David (1 S 16,12) a pu passer à ses descendants, et aussi à Marie, que la Tradition nomme « la plus belle des femmes » (Ct 1, 8).

Image de la beauté de Dieu

Pour M. Olier, saint Joseph devait rendre perceptibles pour l’Enfant divin, les perfections adorables de Dieu son Père, « ses beautés, sa pureté, son amour, sa sagesse et sa prudence, sa miséricorde et sa compassion ». Pour pouvoir être ainsi « l’image universelle de Dieu le Père en terre », saint Joseph a dû recevoir de Dieu une ressemblance de sa nature invisible et cachée :

« Dieu le Père forme exprès de ses mains pour se figurer soi-même à son Fils unique, et lui mettre sans cesse devant les yeux son vrai portrait et son image comme une compensation dans le temps de son absence et une sorte de soulagement durant les années de son pèlerinage » (M. Olier).

Pour aller plus loin : enseignements du Père Joseph-Marie Verlinde, fsj

Priez pour nous ! - Invocation extraite des litanies de saint Joseph

2- Saint Joseph, artisan

« Tu te nourriras du travail de tes mains : Heureux es-tu ! A toi, le bonheur ! » Psaume 127, 2

Abbatiale Notre-Dame de Belleville (69), Photo Dominique Legrain
De saint Joseph, Jésus a tout appris, à devenir artisan charpentier, à devenir homme. Saint Joseph transmet avec passion et compétence son métier. Il prend le temps d’accompagner son Fils dans l’apprentissage, sans prendre sa place, en veilleur, en gardien. Il permet à Jésus de se faire la main concrètement avec les vrais outils sur l’établi. Jésus se reçoit de son père et de son Père.

Pour les juifs au temps de Joseph, la corporation des menuisiers jouissait d'une estime particulière. Dans la discussion d'une question difficile, on avait coutume de dire : "N'y a-t-il pas parmi vous un charpentier, fils de charpentier, pour résoudre cette question ?" Il est dit : "un charpentier, fils de charpentier": il se produisait donc une transmission familiale de la connaissance; aussi Joseph était-il probablement fils de charpentier – et, il transmit son savoir à son fils Jésus : un savoir pratique et théorique qui ouvre sur une vraie connaissance, c'est-à-dire une découverte de soi, de l'autre et de Dieu, par la pratique du travail vécu comme une expérience spirituelle.

Joseph, l'humble artisan de Nazareth, est un homme plein de sagesse et nourri de la Torah, pour qui le travail est témoignage et expression de l'amour : la finalité du travail est le bien des personnes qui vont jouir du produit de ce travail.

« La Sainte Écriture nous dit que Joseph était artisan ; plusieurs Pères de l'Église ajoutent qu'il était charpentier, et saint Justin, en parlant de la vie de travail de Jésus, affirme qu'il faisait des charrues et des jougs. C'est peut-être en se fondant sur ces dires que saint Isidore de Séville en conclut qu'il était forgeron. De toute façon, c'était un artisan qui travaillait au service de ses concitoyens et dont l'habileté était le fruit d'années de durs efforts. » (Saint Josemaría Escrivá de Balaguer)

Pour aller plus loin : enseignements du Père Joseph-Marie Verlinde, fsj

Priez pour nous ! - Invocation extraite des litanies de saint Joseph

3- Saint Joseph, époux de Marie

« Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse… » (Mt 1,20)

Les 7 Sacrements - le Mariage - Nicolas Poussin 1637-1640
Le bâton fleuri signifie l’élection de st Joseph. En effet, lorsque Marie fut en âge de se marier, le grand prêtre, pour discerner l’époux choisi par Dieu, présenta au Seigneur les baguettes que les prétendants avaient apporté. Lorsqu’il remit à chacun la sienne, celle de Joseph fleuri, le désignant comme l’élu.

Dans la force de l’âge

Au moment de devenir « époux de Marie », Joseph est un jeune homme dans la force de l’âge, comptant vraisemblablement une bonne vingtaine d’années : le Talmud, qui explicite la Tradition juive, recommande en effet de se marier de bonne heure. L’âge de 18 ans est préconisé, à condition que le futur époux et père soit capable de pourvoir aux besoins matériels d’une famille : « Un homme doit en premier lieu bâtir sa maison, ensuite planter une vigne, ensuite se marier. »

Le grand âge de Joseph, dans une certaine iconographie ou dans le Protévangile de Jacques (9,2), est un langage symbolique qui veut signifier l’absence de relations charnelles entre les époux, mais n’a nullement l’intention de suggérer que le saint Joseph de l’histoire était un vieillard au moment d’épouser Marie.

Dans les catacombes, Joseph est d’ailleurs représenté comme un homme jeune en pleine vigueur, et jamais sous les traits d’un vieillard. Et quand il apparaît comme à Cotignac en 1660 à Gaspard Ricard, il se présente aussi selon les termes du récit sous la forme d’un homme robuste et « d’imposante stature ».

Pour aller plus loin : enseignements du Père Joseph-Marie Verlinde, fsj

Priez pour nous ! - Invocation extraite des litanies de saint Joseph

4- Saint Joseph, protecteur de l'Eglise

« Joseph se leva ; dans la nuit, il prit l’enfant et sa mère, et se retira en Egypte. » (Mt 2,14)

Le repos durant la fuite en Egypte - Nicolas Poussin 1655-1657
Joseph, en obéissant à la Parole de Dieu reçue en songe, protège son épouse et l’Enfant Dieu. Il est véritablement leur gardien. Son bâton témoigne qu’il veille et conduit sa famille. Avec amour et bienveillance, il laisse à Marie la meilleure place, lui permettant de se reposer sur une colonne.

Saint Joseph a été appelé par Dieu à être l'époux et le gardien de la Vierge Marie, le père de Jésus : sa mission se situe donc avant tout au cœur de la Sainte Famille. Mais en se mettant au service de son épouse et de l'Enfant Jésus, Joseph se met au service de l'humanité tout entière : en acceptant son rôle de patriarche de la Sainte Famille, il accepte d'avoir une place capitale dans l'histoire du Salut. Et comme « les dons de Dieu et son appel sont irrévocables » (Rm 11, 29), saint Joseph continue à exercer au Ciel ces ministères en faveur des membres du Corps du Christ, comme il le fit pour la Tête.

Sur la demande des Pères du Concile de Vatican I, le pape Pie IX proclama saint Joseph patron de l’Église Universelle (décret Quemadmodum Deus du 8 décembre 1870).

St Joseph a veillé sur la Vierge Marie, et il veille sur l'Eglise qui est l'Epouse sans tache.

Quand nous contemplons Joseph en tant qu'éducateur de l'Enfant Jésus, nous pouvons trouver en lui également "l'éducateur" du Corps du Christ qui est l'Eglise :

  • il veille sur sa croissance et celle de chacun de ses membres.
  • il nous accompagne dans le quotidien, nous apprend à être "justes", ajustés à Dieu et tout entier tournés vers Lui, fidèle à sa Parole et docile à ce que la Tradition a pu développer pour nous aider à la mettre en pratique.
  • il est le pédagogue patient qui nous aide à découvrir le vrai visage de Dieu le Père et de l'Eglise notre Mère.
Priez pour nous ! - Invocation extraite des litanies de saint Joseph

5- Saint Joseph, Père de Jésus

« Tu lui donneras le nom de Jésus ! » (Mt 1,20)

Icône écrite par F. Coustaury
St Joseph élève son Fils vers le Père dont il incarne la paternité. Il le contemple pour être attentif à toujours éveiller sa belle personnalité. Il reste au service de la maturité de son Fils. Et Jésus, debout sur les bras solides de st Joseph, sait pouvoir s’appuyer sur lui, Il a toute confiance en son père pour le conduire à Dieu le Père. Le nom de Joseph signifie « qui ajoute ».

L’homme Jésus avait besoin d’un père

L’Incarnation respecte pleinement les lois de la croissance humaine. Cette prise de conscience se fait progressivement selon les lois de la psychologie que l’Incarnation a pleinement respectées. C’est pourquoi l’Enfant avait besoin non seulement d’une mère, mais aussi d’un père, pour « grandir en taille, en grâce et en sagesse sous le regard de Dieu et des hommes » (Lc 2, 52). C’est en réponse à la parole du père, qui l’invite à risquer une parole qui lui soit propre, que l’enfant peut exercer sa liberté et accéder à son identité.

Dieu a logiquement comblé Joseph de toutes les grâces nécessaires à sa mission unique. Celui à qui Dieu a confié « ses deux trésors les plus précieux », Jésus et Marie, a forcément reçu dès l’aube de sa vie, toutes les grâces qui lui seraient nécessaires pour assurer son ministère d’époux de la Vierge et de père du Fils de Dieu.

« Saint Joseph rappelle à tout père que chaque enfant est avant tout enfant de Dieu, que toute paternité est un service destiné à préparer l’enfant à reconnaître et à accomplir sa vocation propre. Saint Joseph rappelle qu’un cœur de père rend naturelle cette prière du fils : « Notre Père, qui es aux cieux » (Mt 6,9). » (fr. Dominique Joseph, FSJ, Pensées spirituelles sur saint Joseph, éditions Artège)

Enseignement du Père Joseph-Marie Verlinde, fsj

Conférence Vidéo de Mgr Jean-Pierre Batut pour le XIIème Symposium international de

Priez pour nous ! - Invocation extraite des litanies de saint Joseph

6- Saint Joseph, éducateur

« Il faut que lui grandisse et que moi je diminue… » (Evangile selon st Jean 3, 29)

« Saint Joseph et l’enfant », Sebastián Martinez, 1650
« La corbeille de fruits symbolise la mission de Jésus, les affaires de son Père auxquelles il doit se consacrer jusqu’en leur accomplissement suprême, sa Passion. Le raisin rouge symbolise la divinité, le raisin blanc l’humanité. Entre les deux, le raisin vermeil figure le Christ vrai Dieu et vrai homme. C’est aussi la couleur de la robe de l’enfant Jésus et celle du sang mêlé d’eau qui jaillira de son cœur transpercé. La grenade, constituée d’une myriade de grains, représente son corps en tant que son Eglise le constituera d’une myriade de membres. La pomme évoque le rachat de l’humanité pécheresse. L’enfant semble dire : "Comme j’ai hâte d’accomplir jusqu’au bout l’œuvre de mon Père", et Joseph, nimbé de la lumière du Père, de le reprendre : "Ton heure n’est pas encore venue". » (Pierre-Marie Varennes)

Puisque Dieu lui-même lui a confié la mission d'élever son Fils unique et qu'il a accompli cette tâche de façon manifestement féconde, Saint Joseph mérite bien le titre "d'éducateur".

L'éducation que Jésus a reçue dans la Sainte Famille fut celle d'un enfant juif de l'époque. La principale responsabilité qui incombait aux parents consistait à exercer leurs enfants à vivre en membres de la communauté d'Israël : pas question donc de négliger la formation religieuse, ni de la séparer de la formation humaine. Les enfants sont instruits par la parole et par l'exemple de vie, tout au long du jour.

C'est ainsi que pour la tradition juive, Saint Joseph est effectivement et incontestablement le père de Jésus par cette fonction d'enseignant, qu'il a certainement assumée avec une très grande compétence, lorsqu'on se souvient de la réputation de sagesse des charpentiers.

Quand Jésus commence sa vie publique et parle ouvertement de son Père, ce mot désigne toujours Dieu le Père : une fois que Saint Joseph a accompli sa mission jusqu'au bout, il disparaît sans laisser de trace. Au fond, c'est bien la preuve que l'éducation est réussie : l'enfant est devenu une personne à part entière, capable d'assumer à son tour les responsabilités qui l'attendent.

Pour aller plus loin : enseignement du Père Joseph-Marie Verlinde, fsj

Conférence vidéo de Fr Élie Ayroulet,fsj pour le XIIème Symposium international

Priez pour nous ! - Invocation extraite des litanies de saint Joseph

7- Saint Joseph, ombre du Père

« Ite ad Joseph » (Genèse 41, 55)

Tableau Miraculeux de saint Joseph de Kalisz, Pologne
« Dieu le Père dit : “Allez à Joseph”. Joseph ressemble à Dieu le Père, il a le même visage, il Lui est uni. La Bible dit qu’il est un homme Juste, cela veut dire ajusté à la volonté de Dieu le Père en tout. Il est la tête de cette famille et il reçoit la lumière de Dieu, (exprimé par son front éclairé), ainsi peut-il guider Jésus et la Vierge Marie. Il fait le premier pas (exprimé par son pied également éclairé). Jésus-Christ tient fort son index droit car c’est Joseph qui l’introduit dans le monde des hommes et le prépare à accomplir sa mission. » Père Andrzej Latoń

Avant d’être père, Joseph est fils car on ne peut être père si l’on n’est pas fils et si l’on ne demeure pas fils. Être fils, c’est avoir un cœur qui écoute et qui obéit avec amour dans la foi la plus totale, la plus abandonnée qui soit.

Joseph a parfaitement éteint en lui tout mouvement de volonté propre, pour se soumettre entièrement à la volonté de Dieu, et devenir ainsi le fidèle collaborateur de son dessein de salut, au point qu’on a pu le nommer « l’ombre du Père ».

« Le Père habite l’âme de Joseph à tel point que quand on voit Joseph, on se met à genoux devant l’image du Père pour adorer le Père. Le Fils de Dieu s’étant rendu visible en prenant chair humaine, il conversait et traitait visiblement avec Dieu le Père, voilé sous la personne de saint Joseph par lequel son Père se rendait visible à Lui. Jésus-Christ regardait en Lui le Père éternel comme son Père, le Fils de Dieu voyait en lui les secrets de son Père, et il entendait de sa bouche la parole même de son Père » (Jean-Jacques Olier)
Priez pour nous ! - Invocation extraite des litanies de saint Joseph

8- Saint Joseph maître de vie intérieure

« Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j'ai mis tout mon amour » (Evangile selon st Matthieu 3, 17)

Georges de La Tour, l'Apparition de l'Ange à saint Joseph, 1640
St Joseph se nourrit de la Parole de Dieu (encore sur ses genoux) ; elle est pour lui la lumière de sa vie. Son cœur et son intelligence sont toujours disponibles pour la Parole de son Seigneur qui peut donc le solliciter jusque dans son sommeil. La flamme de la chandelle est cachée derrière la manche de l’ange, en contre-jour. Elle symbolise le Dieu de la 1ère Alliance que l’on ne peut regarder en face. L’ange lui apporte la lumière pour interpréter l’évènement qui s’annonce en Marie.

« Que celui qui n’a pas de maître dans l’oraison prenne ce glorieux saint pour guide, il ne risquera pas de s’égarer », nous dit sainte Thérèse d’Avila.

Le père Louis Lallemant (1588-1635), jésuite, avait choisi saint Joseph comme modèle de vie intérieure et pratiquait en son honneur les quatre exercices suivants, deux dans la matinée et deux dans la soirée :

  1. L’écoute du Saint-Esprit - Ce premier exercice consiste à élever son esprit jusqu’au cœur de saint Joseph et à considérer combien ce dernier a été docile face aux aspirations du Saint-Esprit : prendre la résolution de suivre plus fidèlement l’inspiration de la grâce divine.
  2. L’unité de la prière et du travail - Cet exercice a pour but de contempler avec quelle remarquable perfection saint Joseph unifiait sa vie intérieure et son travail : entrer en union avec Dieu et la préserver même au milieu de ses occupations qui semblaient les plus distrayantes.
  3. La dévotion à la Vierge Marie - Ce troisième exercice permet de s’unir spirituellement à saint Joseph en tant qu’époux et protecteur de la Mère de Dieu : se dévouer à aimer le patriarche de la Sainte Famille par amour de sa sainte épouse.
  4. L’adoration de l’Enfant Jésus - Enfin, cette quatrième pratique consiste à retrouver l’adoration profonde et le service paternel que saint Joseph portait envers le Christ enfant : se joindre à lui dans son adoration et son service du divin enfant avec à la fois tendresse et vénération profonde.

Pour aller plus loin :

  • conférence du Père Verlinde, fsj
  • conférence vidéo de sr Véronique-Marie, fsj intitulée "Saint Joseph, maître de vie intérieure, conduis-nous sur le chemin de l'éternité"
Priez pour nous ! - Invocation extraite des litanies de saint Joseph

Pôle n°4

Saint Joseph dans le monde

Les Apparitions de saint Joseph

KNOCK

(en Irlande)

Apparition silencieuse de Knock, Irlande, 21 août 1879 © Bro. Jeffrey Pioquinto SJ | CC BY 2.0

A Knock, ce jeudi 21 août 1879, l’archidiacre Kavanagh, connu pour sa dévotion à Notre Dame, a offert une centième messe pour les âmes du Purgatoire par l‘intercession de la Vierge Marie. Malgré sa pauvreté, le peuple avait permis au prêtre de le faire.

Des famines successives ont dévasté le pays et des sociétés secrètes ont envahi les villes et les villages. Le curé de Knock, s’est prononcé contre eux. Pour cette raison, il est menacé de mutilation physique.

Dans ce petit bourg, vers dix-neuf heures, Mary McLoughlin, quarante-cinq ans, et Mary Byrne, vingt-neuf ans, aperçoivent des « images lumineuses » sur la façade de l’Eglise paroissiale. Elles s’approchent.

Le soir approche, le temps change et il s’est mis à pleuvoir. Notre Dame est bien là, silencieuse, en prière. Elle est accompagnée de Saint Joseph, et de Saint Jean l’Evangéliste. La vingtaine de personne qui rejoint l’église paroissiale devant laquelle se déroule les apparitions verra aussi, à droite, un autel avec un agneau de quelques semaines, entouré d'anges et, derrière lui, une grande croix. Les voyants sont trempés par la pluie, mais pas une goutte ne tombe sur le mur extérieur de l’église ou sur la vision. La petite assemblée prie le chapelet tandis que l’apparition se poursuit. Elle dure deux heures et disparaît à la tombée de la nuit.

Dans cette apparition empreinte d’un grand silence et d’une certaine solennité, la Vierge est debout, vêtue de blanc, « les mains étendues comme celles du prêtre à l'autel et paraissant en prière ». Elle porte une couronne d’or.

« St Jean était habillé comme un Evêque en train de prêcher. Il portait une petite mitre sur la tête », précise Hill qui a vu également des anges.

Saint Joseph, tourné vers Notre Dame, et habillé de blanc comme elle, semble prier, les mains jointes. Il est ici au cœur du mystère de la Rédemption. Par son attitude priante, aux côtés de Marie Médiatrice et Reine de l’Univers, dans ce tableau où l’Agneau immolé est offert sur l’autel, il nous montre le chemin de l’eucharistie, lui, le juste, (cf. Mt 1,19) le père nourricier du Pain vivant.

Neuf ans plus tôt, le 8 décembre 1870, le bienheureux pape Pie IX proclame saint Joseph patron de l’Église universelle, par le décret Quemadmodum Deus. Nous pouvons lire cette apparition à Knock comme une confirmation divine que St Joseph veille sur le Corps mystique et intercède pour nous.

Dans son exhortation apostolique Redemptoris Custos, Jean Paul II nous disait : « Puisque l'amour « paternel » de Joseph ne pouvait pas ne pas influer sur l'amour « filial » de Jésus et que, réciproquement, l'amour «filial» de Jésus ne pouvait pas ne pas influer sur l'amour « paternel » de Joseph, comment arriver à reconnaître en profondeur cette relation tout à fait singulière? Les âmes les plus sensibles aux impulsions de l'amour divin voient à juste titre en Joseph un exemple lumineux de vie intérieure. » (V, 40)

Saint Joseph, apprend nous à prier, conduis-nous à Jésus par Marie !

Le 19 mars 2021, en la fête de Saint Joseph, le pape François élevait Knock au rang de sanctuaire marial et eucharistique international.

Enseignement du Père Verlinde :

KALISZ

(en Pologne)

Le Tableau Miraculeux de la Sainte Famille est le trésor le plus estimable de la Basilique dans lequel Saint Joseph de Kalisz (en Pologne) reçoit les honneurs particuliers. On doit ce tableau à Stobienia (un habitant de la campagne de Szulec près de Kalisz). L’auteur du tableau est inconnu.

Le tableau, une huile sur toile de lin de 2,46 sur 1.74 mètres, (aux coins supérieurs coupés), présente Jésus comme un petit garçon mené par la main Joseph et Marie. Celle-ci tient un sceptre dans sa main droite tandis que Joseph tient une fleur de lys dans sa main gauche.

Le sanctuaire Saint-Joseph à Kalisz en Pologne, photo Derbiszewski.

L’expression théologique du tableau est riche. Deux lignes sont clairement visibles. La ligne verticale montre la Sainte Trinité – en haut la silhouette de Dieu le Père, plus bas l’Esprit Saint et Jésus- Christ. La ligne horizontale, montre la « Trinité Terrestre » la Famille de Nazareth- avec au milieu l’Enfant Jésus tenu par la main par ses Parents.

L’origine du tableau fut miraculeuse car il fut peint selon les indications de Saint Joseph lui-même. On rapporte que Stobienia souffrant beaucoup d’une dure maladie et n’ayant aucun espoir, priait Dieu de le laisser mourir. Il s’est adressé à St Joseph, le Patron de la Bonne Morte. La nuit suivante un homme âgé vint chez lui et il reconnut Saint Joseph. Celui-ci dit au malade : « Tu guériras quand tu feras peindre le tableau de la Sainte Famille avec inscription « Allez à Joseph » et que tu l’offriras à l’église collégiale de Kalisz. » Quand le malade vit le tableau et l’embrassa, il guérit.

Le tableau a été mis dans l’église collégiale et les fidèles qui y viennent reçoivent depuis le début différentes grâces et sont témoins de miracles par l’intermédiaire de Saint Joseph.

En 1767 le tableau a été reconnu en tant que « fameux pour ses grâces » (imago gratiosa), trois ans plus tard la Commission du Primat de Pologne a annoncé que le tableau était « miraculeux » (miraculosa).

Le 31 mai 1783 pape Pie VI a couronné la copie du tableau de Kalisz. Ce fut un précédent dans l’histoire de l’Eglise car c’était la première fois que l’on couronnait Saint Joseph.

Le développement du culte de Saint Joseph remonte à la moitié du XVII ème siècle, donc à l’époque du tableau.

De nos jours, il y a ses événements importants qui ont eu une grande influence sur le développement du culte de Saint Joseph de Kalisz. Un d’eux c’est le 29 avril 1945 : une libération miraculeuse des prisonniers du camp de concentration de Dachau. Quand le commandant du camp a donné l’ordre de brûler le camp et de massacrer les prisonniers, les prêtres (856) présents se sont mis sous la protection de Saint Joseph de Kalisz et ils ont commencé une neuvaine à Saint Joseph. Ils la terminèrent le 22 avril. Le 29 avril 1945 à 18 heures la section de reconnaissance de l’armée américaine a libéré le camp. La libération est survenue trois heures avant le massacre planifié. Les prisonniers l’ont considérée comme un miracle accompli grâce à Saint Joseph. Les prêtres libérés ont pris la décision que tous les 29 avril il y aura des pèlerinages au Sanctuaire de Kalisz pour remercier Saint Joseph de Kalisz.

En 1970 à l’occasion du 25 ème anniversaire de la libération du camp de concentration de Dachau, les prêtres ex-prisonniers ont fondé dans le sous-sol du Sanctuaire la Chapelle du Martyre et de la Reconnaissance. Il y a aussi le musée et les archive où l’on a rassemblé des objets utilisés par les ex- prisonniers des camps allemands.

La Chapelle du Martyre et de la Reconnaissance et le musée.

Pour aller plus loin : enseignement du Père Verlinde

FÁTIMA

(au Portugal)

Le 13 octobre 1917 est la date de la dernière apparition de la Vierge Marie à Fatima, au nord du Portugal. Notre Dame a promis un miracle et la foule est venu, nombreuse et attentive, chapelet à la main. Soudain la pluie cesse, l’assemblée voit le soleil faire des rotations et trembler ; il paraît brusquement se détacher du ciel et descendre sur la terre. Aucun observatoire astronomique n’a enregistré le phénomène : la thèse d’un phénomène naturel ne tenait donc pas : la foule, qui comptait entre 50 000 et 60 000 personnes (croyants et incrédules) ne s’y est pas trompé. Pendant les dix minutes où elle contemple ce miracle cosmique les trois voyants, François, Jacinthe et Lucie, voient derrière le soleil, une succession d’images brèves : Notre Dame habillée en blanc avec saint Joseph et l'Enfant-Jésus dans ses bras, vêtus tous les deux en rouge. Sœur Lucie précisera plus tard que "tous les deux semblaient bénir le monde avec des gestes qu'ils faisaient de la main en forme de croix" ; un deuxième « tableau » figurait Notre Dame des Douleurs avec Jésus bénissant le monde, un troisième présentait Marie sous l’aspect de Notre Dame du Mont carmel.

« Mon Père est toujours à l’œuvre, et moi aussi, je suis à l’œuvre » (Jn 5,17)

Le Christ et Saint Joseph bénissent la foule d’un seul cœur, d’un seul geste. Cette apparition est une invitation à nous laisser éduquer par Saint Joseph. Dans notre qui rejette le père, qui rejette l’autorité et la paternité, Saint Joseph est toujours disponible et toujours à l’œuvre : il ne nous abandonne pas.

Sans cesse, dans l’Evangile, il est question de la place du Père. Jésus nous en parle et veut nous le faire connaître.

Dans cette apparition qui nous parle des derniers temps, Saint Joseph, visage du Père pour l’Eglise, nous apprend à connaître et à aimer Jésus-Enfant. Aujourd’hui encore, Jésus et Joseph travaillent ensemble.

Pour aller plus loin : enseignement du Père Verlinde

COTIGNAC

(en France)

photo : Mme Marie-France Souffran

Le 20 février 1660, Louis XIV est venu remercier Notre Dame pour le don de la vie. Poursuivant son voyage, il arrive, au début du mois de juin, à Saint-Jean-de-Luz, pour y recevoir son épouse et c’est ce jour-là même que saint Joseph apparait au mont Bessillon surplombant le petit village de Cotignac.

En effet, le 7 juin 1660, vers treize heures, Gaspard Ricard d’Estienne garde son troupeau sur les hauteurs. La chaleur est accablante. Le jeune berger a très soif. Soudain, il aperçoit un homme d’imposante stature qui se tient près de lui et lui indique un rocher en disant : « Je suis Joseph ; lève cette roche et tu boiras. » Gaspard doute et lui répond « Je ne pourrai, elle est bien trop lourde ». Saint Joseph réitère son conseil. Gaspard déplace le rocher sans difficulté et découvre une eau fraîche qui commence à ruisseler. Lorsqu’il se relève, l’apparition a déjà disparu. Sans plus attendre, il va porter la nouvelle au village, et les curieux arrivent. Trois heures après l’évènement, en un lieu que tous savent être dépourvu de source, une eau abondante s’écoule.

Se rendent à la fontaine, de tous les endroits de la province et des pays environnants, des infirmes et des malades de toutes sortes, dont la plupart s’en retournent guéris, ou bien consolés de leurs infirmités.

photo : Mme Marie-France Souffran

En vous rendant à Cotignac, vous découvrirez aussi Notre Dame des Grâces, un lieu où la Sainte Vierge apparut à Jean de la Baume. Elle portait l’enfant Jésus et était accompagnée de l’Archange Saint Michel et de Saint Bernard. Ainsi, à Cotignac, se vérifient les paroles de l’évêque de Fréjus, prononcées le 31 janvier 1661 : « Dieu, par les grâces qu’il voulait accorder en l’honneur de Saint Joseph, voulait ne point séparer dans la dévotion des fidèles, les deux saintes personnes (Marie et Joseph) qu’il avait jointes sur la terre, pour le Mystère de notre salut… »

Pour aller plus loin : enseignement du Père Verlinde

Saint Joseph dans le monde

PHILIPPINES

La nation sera consacrée à Saint Joseph cette année

Les Evêques des Philippines consacreront les Philippines à la protection de Saint Joseph. La célébration aura lieu le 1er mai 2021, le jour de la mémoire de Saint Joseph travailleur.

Procession au sanctuaire de Saint Joseph de Mandaue

Dans la ville de Mandaue, près de Cébu, est situé le sanctuaire national de saint Joseph (National Shrine of St. Joseph). Dans ce sanctuaire est conservée la plus vieille image de saint Joseph des Philippines. Ce sont les jésuites qui l’apportèrent avec eux au XVIe siècle lorsqu’ils vinrent à Mandaue pour y prêcher l’Evangile, construisant la première église dédiée à saint Joseph. Depuis lors, cette image de saint Joseph avec l’Enfant Jésus est vénérée par les fidèles de Cébu.

San Jose de Mandaue, El Glorioso Patriarca
Le sanctuaire de Saint Joseph de Mandaue, Cebu

Saint Joseph de Mandaue et le Sinulog

Le sanctuaire de Saint Joseph de Mandaue joue aussi un rôle dans le festival annuel Sinulog en l’honneur de l’enfant Jésus (the Santo Niño) chaque troisième dimanche de janvier.

L’image de Notre-Dame de Guadalupe et celle de l’enfant Jésus sont apportées à l’église auprès de Saint Joseph. Après une nuit, les images sont transportées en procession fluviale sur un bateau le long du Mactan Channel.

La dévotion

La dévotion à Saint Joseph de Mandaue grandie chaque année, la fête paroissiale traditionnelle est célébrée le 8 mai avec grande solennité.

Le sanctuaire célèbre également la solennité du 19 mars avec une procession autour de l'image de la mort de Saint Joseph (La Muerte de San Jose).

Références : http://pintakasi1521.blogspot.com/2019/07/el-glorioso-patriarca-senor-san-jose-de.html

MONTREAL

Frère André : un homme de chez nous

Frère André : l'humble portier

Frère André, c.s.c. vœux perpétuels - Crédit photo: Henri Larin - 1874

Il s’appelait Alfred Bessette. Il vint au monde le 9 août 1845 et dès le lendemain, il était si frêle que ses parents l’ont eux-mêmes ondoyé.

Sa famille est pauvre et, quatre ans plus tard, elle s’installe à Farnham où le père peut mieux exercer son métier de bûcheron. Mais son métier le perd : il est tué par la chute d’un arbre. Alfred n’a que neuf ans. Sa mère se retrouve seule, à quarante ans, avec dix enfants : trois ans plus tard, la tuberculose l’emporte. « J’ai rarement prié pour ma mère, mais je l’ai souvent priée », dira plus tard frère André.

La famille est dispersée. Alfred a douze ans et il doit faire face à la vie pour se trouver un travail et apprendre un métier. Commencent alors pour lui treize années de vie errante, sans bagage et sans grand espoir, lui qui est à peine capable de signer son nom et de lire un livre de prière.

L'ouvrier

Petit ouvrier non spécialisé, perpétuel apprenti, exposé à l’exploitation des plus forts, ses forces grêles s’essaient constamment à un éventail de métiers. On le voit manœuvre dans les chantiers de construction, garçon de ferme, ferblantier, forgeron, boulanger, cordonnier, cocher. Puis, suivant le mouvement d’immigration des Canadiens-français de l’époque, il ira aux États-Unis travailler quatre ans dans les filatures. Il met tout son cœur à l’ouvrage : « En dépit de ma faiblesse, dit-il, je ne me laissais pas dépasser par les autres dans le travail… » Il revient au Canada en 1867, en même temps que des milliers d’autres Canadiens.

En 1870, Alfred se présente au noviciat de la Congrégation de Sainte-Croix, à Montréal. Son état de santé fait douter ses supérieurs de sa vocation. Finalement, il est accepté et s’appellera désormais André. Il est nommé portier au Collège Notre-Dame. « Quand je suis entré en communauté, racontait-il, mes supérieurs m’ont mis à la porte et j’y suis resté quarante ans sans partir…» À cette tâche, il en ajoutera d’autres : laver les planchers, nettoyer les lampes, rentrer le bois de chauffage, servir de commissionnaire.

L’homme d’une grande œuvre

Durant toutes ces années, une œuvre immense est en train de se réaliser. Des foules de plus en plus grandes se pressent à l’Oratoire. La première petite chapelle est érigée en 1904. Mais elle devient rapidement insuffisante pour recevoir tous ceux qui s’y rendent. On l’agrandit en 1908 et encore en 1910. Et c’est toujours trop peu : il faut une plus grande église en l’honneur de saint Joseph.

En 1917, on inaugure la crypte capable de recevoir mille personnes. Mais cette crypte n’est que la base d’un projet encore plus grandiose. Toute sa vie, frère André s’emploiera avec ses amis à construire un oratoire qui deviendra le plus grand sanctuaire au monde dédié à saint Joseph.

Pourtant, jamais il ne parle de « son œuvre ». Au contraire. Quand les foules viennent à l’Oratoire pour des grandes célébrations, il s’efface, se cache presque, derrière le chœur pour prier en solitaire.

En 1931, alors que s’érige la basilique, la crise économique force l’arrêt des travaux. En 1936, les autorités de Sainte-Croix convoquent une réunion spéciale pour décider s’il faut poursuivre le projet ou l’abandonner, d’autant plus que la neige et le gel menacent d’endommager la structure même de l’édifice en chantier qui est sans toit. Le provincial convoque frère André pour le consulter. Le vieux frère dit alors à l’assemblée réunie : « Ce n’est pas mon œuvre, c’est l’œuvre de saint Joseph. Mettez donc une de ses statues au milieu de l’édifice. S’il veut se couvrir, il y veillera… ». Deux mois plus tard, la communauté a en main l’argent nécessaire à la reprise des travaux.

L'homme au grand cœur

Frère André met un soin extrême à accueillir les gens qui se pressent autour de lui. Il passe de longues heures au bureau où des milliers de gens viennent le voir. Et le soir, ce sont les visites à domicile ou dans les hôpitaux en compagnie d’un ami bienveillant.

L’un d’eux confiera un jour : « Naturellement, frère André avait bon cœur, mais je crois que c’est plutôt l’amour du bon Dieu qui le portait à s’occuper des malades, des pauvres et des malheureux ». En fait, il met tellement de naturel et de bonne humeur dans ces sorties quotidiennes, que certains le considèrent comme « un vieux courailleux » qui aime se promener dans la voiture d’un ami! Mais le frère André réplique un jour : « Il y en a qui pensent que c’est par plaisir que je visite les malades. Après une journée de travail, c’est loin d’être un plaisir… ».

Dans sa bonté, il ne perd pas sa lucidité : « C’est étonnant, dit-il, on me demande souvent des guérisons, mais bien rarement l’humilité et l’esprit de foi. C’est pourtant si important… ». Ou encore : « Si l’âme est malade, il faut commencer par soigner l’âme. » Ou bien : « Avez-vous la foi?... » … « Croyez-vous que le bon Dieu peut faire quelque chose pour vous? » « Allez vous confesser au prêtre, allez communier, vous reviendrez me voir ensuite. ».

Frère André comprenait le sens et la valeur de la souffrance. Il a dit à ce sujet des mots d’une grande profondeur Par exemple : « Les gens qui souffrent ont quelque chose à offrir au bon Dieu. Et quand ils réussissent à s’endurer, c’est un miracle de chaque jour ! ».

Il dit à quelqu’un qui souffrait : « Ne cherchez pas à vous faire enlever les épreuves, demandez plutôt la grâce de bien les supporter… ».

L’homme de Dieu

On renconte encore des gens qui disent avoir reçu de frère André le don de guérir. Et pourtant, frère André a toujours fermement nié avoir quelque don naturel de guérisseur : « Je n’ai pas le don et je ne peux pas en donner » répétait-il. Lui, il suggérait de faire une neuvaine à saint Joseph, de se frictionner avec de l’huile ou une médaille du saint, voyant là « autant d’actes d’amour et de foi, de confiance et d’humilité. ».

De façon générale, il encourageait les gens à voir le médecin pour se faire soigner. Aux médecins, il disait : « Votre travail est beau. Votre science, c’est le bon Dieu qui vous l’a donnée. Il faut le remercier et le prier. ».

Dieu est amour et il nous aime : voilà le cœur de la foi chrétienne. Frère André savait si bien parler de l’amour de Dieu qu’il en faisait germer l’espérance dans le cœur de ceux qu’il rencontrait. Un de ses amis rapporte : « Je n’ai jamais amené un malade à frère André sans qu’il revienne enrichi. Quelques-uns furent guéris; d’autres moururent quelque temps après, mais le frère André les avait réconfortés… ».

Le chemin du ciel

Le ciel c’est vivre dans la maison du Père : « Vous savez, c’est permis de désirer la mort dans le but unique d’aller vers Dieu » … « Quand je serai mort, je vais être rendu au ciel, je vais être bien plus près du bon Dieu que je ne le suis actuellement, j’aurai plus de pouvoir pour vous aider. »

Quelques instants avant sa mort, il exprimera sa douleur : « Que je souffre, mon Dieu, mon Dieu ». Puis, à voix très basse, faiblement : « Voici le grain de blé ne meurt, il reste seul : s’il meurt, il porte beaucoup de fruits. » (Jn 12.24)

« Il a passé sa vie à parler des autres au bon Dieu et du bon Dieu aux autres. » Ce témoignage d’un ami nous donne la juste mesure de ce que fut sa vie imprégnée de foi et d’amour. On peut difficilement dire où, dans sa vie, commence le travail et où cesse la prière, tellement l’un et l’autre semblaient s’entremêler dans une même coulée. Il meurt le 6 janvier 1937, en sa quatre-vingt-douzième année. Les journaux ont défilé devant sa tombe et assisté à ses funérailles. Son corps repose aujourd’hui dans un simple tombeau à l’intérieur du magnifique sanctuaire qui s’élève maintenant sur le Mont-Royal.

L'oratoire Saint-Joseph de Montréal

Frère André, un homme de chez-nous, enraciné dans notre sol, a été un éveilleur et un entraîneur. Pour nous, il est encore un vivant symbole du renouvellement chrétien auquel nous sommes tous conviés. Ce qu’avec la grâce de Dieu, frère André a pu vivre, nous pouvons le vivre, nous aussi, avec la même grâce de Dieu.

Frère André est décédé le 6 janvier 1937 à l'âge de 91 ans à l'hôpital de Saint-Laurent.

Le frère André a été déclaré vénérable en 1978 par le pape Paul VI, puis béatifié par le pape Jean-Paul II en 1982. À la suite de la reconnaissance récente d'un cas de guérison « inexplicable », le pape Benoît XVI annonçait, le 19 février 2010, la canonisation du frère André : la cérémonie a eu lieu à Rome le 17 octobre 2010

Références :

Pour aller plus loin : enseignements du Père Verlinde

Pôle n°5

Saint Joseph du Rhône

À Chasselay - Saint-Joseph de Mont-Luzin - (69380), les Moines et Moniales de saint Joseph sont présents depuis 1994 : présentation de la communauté

L'adoration du Très Saint-Sacrement dans la grande chapelle de Mont-Luzin, photo F. Ayroulet.

La Famille de Saint Joseph est née de la conviction que la petite voie de la « sainteté au quotidien » est accessible à tous, même aux plus blessés d’entre nous, puisque Jésus n’est pas venu pour les bien-portants mais pour les malades (Lc 5, 31-32).

C’est pourquoi elle rassemble des baptisés de tous états de vie désireux de grandir « en grâce et en sagesse sous le regard de Dieu et des hommes » (Lc 2,52). Elle a choisi comme devise in simplicitate, prenant pour modèle la vie simple et cachée de la Sainte Famille à Nazareth. Au cœur de sa spiritualité, se trouve le mot Miséricorde : le Cœur de Dieu qui se penche sur la misère des hommes et continue à déverser ses grâces par le Cœur eucharistique de Jésus.

La Famille de Saint Joseph se structure autour d’une communauté monastique au sens le plus traditionnel du terme : une « école de service du Seigneur », selon l’esprit de la règle de saint Benoît, dans laquelle l’autorité paternelle de l’Abbé incarne celle de saint Joseph sur la Sainte Famille. La communauté comprend une branche masculine et une branche féminine, les moines et moniales collaborant ensemble dans la complémentarité de leur charisme respectif, sous l’autorité bienveillante de Marie et de Joseph.

Cette dimension contemplative s’articule avec un engagement apostolique dans les paroisses qui leur sont confiées, et dans l’accueil de personnes en difficulté. Le service de la nouvelle évangélisation se prolonge également dans des sessions de formation, adaptées aux différents âges et états de vie.

Le charisme de la communauté s’exprime tout particulièrement dans les retraites dites de « guérison intérieure » élaborées progressivement depuis la fondation (Pentecôte 1990), dans un esprit ignacien, au service de la maturation de la liberté filiale des participants.

Photo : F. Ayroulet

Les spécificités de notre vie contemplative :

Les Moines et Moniales de Saint Joseph vivent la Règle de Saint Benoît à l'école de Marie et Joseph, à Nazareth. (Lc 2,51-52)

D'où la présence de Moines et de Moniales sur un même lieu, pour bénéficier de la complémentarité de nos charismes respectifs, tels qu'ils s'articulaient au sein de la Sainte Famille. Notre vie contemplative est centrée sur la présence réelle de Jésus dans son eucharistie : nos offices monastiques ont lieu devant le Saint-Sacrement exposé et chacun reçoit une heure d'adoration dans la journée. La communauté a accueilli la grâce de louange du Renouveau Charismatique (beaucoup de chants du Renouveau dans notre répertoire) mais ancre aussi son chant dans la Tradition de l'Église (grégorien).

Saint-Joseph de Mont-Luzin

Miséricorde :

À l'adoration, bien sûr nous portons les intentions qui nous sont confiées et nous intercédons pour le monde, et à 15h nous disons le chapelet de la Miséricorde, comme Jésus l'a demandé à ste Faustine. Mais surtout nous sommes présents pour consoler le Cœur de Jésus ("Voici ce Cœur qui a tant aimé les hommes et qui ne reçoit qu'ingratitude" disait Jésus à ste Marguerite-Marie).

La Miséricorde, c'est Dieu qui nous reprend dans ses entrailles maternelles (raham-rehemim) pour nous réenfanter à nouveau dans la vie de la grâce reçue en germe au baptême. Pour renaître à cette vie dans l'Esprit (Jésus à Nicodème Jn 2), il faut un père et une mère, c'est pourquoi nous confions à Marie et à Joseph la croissance de ce germe nouveau reçu au baptême, la croissance de l'homme intérieur, pour qu'il grandisse jusqu'à sa pleine stature. (Eph 4,13). Ce qui console le plus le cœur de Jésus, c'est de lui permettre de vivre et régner en nous toujours davantage, jusqu'à dire avec st Paul : "ce n'est plus moi qui vis, c'est le Christ qui vit en moi" (Ga 2,20).

Les frères et sœurs laïcs partagent la spiritualité des moines et moniales et vivent de sa grâce au cœur du monde, prenant comme modèle la vie de la sainte Famille à Nazareth. Ils se retrouvent notamment chaque mois en fraternités géographiques autour de la Parole de Dieu pour prier, partager et approfondir le charisme de la Famille de saint Joseph.

La communauté monastique est implantée dans l’archidiocèse de Montpellier dans le sanctuaire de Saint Joseph de Mont-Rouge (Puimisson, 34480) et dans l’archidiocèse de Lyon à Saint Joseph de Mont-Luzin (Chasselay, 69380).

Pôle n°6

La statue de Mme Estelle Reverchon

Estelle REVERCHON, Artiste-sculpteur. Accueil

« Et si voir, c'était simplement accepter de se tenir au bord des choses et des êtres, respecter leur mystère et les réponses qu'ils donnent à la vie. Donner du mouvement, de l'élan, de la vie, au "figé" de l'instant. L’espace du désir. »

Contact : 29 rue Cavenne 69007 Lyon

Les photos et la composition visuelle sont de Mr Christophe Cheron

Pôle n°7

Saint Joseph et les enfants Le grand jeu de saint Joseph

Découvrez saint Joseph en jouant ! Venez découvrir le parcours ludique pour les petits et les grands qui vous attend dans la crypte au fil de l'exposition.

BRAVO !!!

Pèlerinage du 1er mai

Ce "Parcours saint Joseph" culminera par le traditionnel Grand pèlerinage du 1er mai, qui relie Fourvière à Saint Joseph de Mont-Luzin (18km)

ECRIRE À saint Joseph

Vous voudriez venir prier st Joseph mais vous en êtes empêchés ? Pourquoi ne pas lui écrire un courrier électronique ? Nous le déposerons pour vous dans sa chapelle !

Nous lui demandons pour vous toutes les grâces que le Seigneur veut vous donner, pour votre famille, votre santé, votre travail : les Moines et Moniales prient à toutes vos intentions !

Les extras

Année jubilaire dédiée à saint Joseph

2021 : Année jubilaire dédiée à saint Joseph

Je découvre la communauté

La Famille de Saint Joseph rassemble en une même famille spirituelle une branche monastique - les « Moines et Moniales de Saint Joseph » - et une branche laïque. La fraternité monastique - fondée en 1990 par le P. Joseph-Marie Verlinde - a choisi de suivre la Règle de st Benoît, vécue dans l’esprit de la Sainte Famille. Désireux de grandir « en grâce et en sagesse sous le regard de Dieu et des hommes » (Lc 2, 52), les frères et sœurs se mettent, comme Jésus et Marie à Nazareth, sous l’autorité de saint Joseph. Les membres laïcs et les oblats vivent cette même spiritualité au cœur du monde.

Je découvre la chaîne youtube de la Communauté

Vous pouvez aussi transmettre à vos amis ce lien direct et sécurisé, pour l'abonnement à notre chaîne youtube https://bit.ly/abofsjtube

Les formations du Cycle Bêta...

Toutes les vidéos du #CycleBeta

Conférences sur saint Joseph

Père Joseph-Marie Verlinde - 1er Mai 2020

Le Symposium international de 2017

Je rends visite à saint Joseph

En cette année jubiliare, vous aurez peut-être le désir de rendre visite à saint Joseph dans l'une de nos maisons, pour lui demander des grâces ou le remercier ?

Cette page vous a plu ? Vous pouvez mettre un petit ♥ en bas de page. MERCI pour LUI !

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StJoseph Pèlerin
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Famille de Saint Joseph - https://fsj.fr