Loading

Chroniques de Tchernobyl 2012 - États-Unis. Réalisation : Bradley Parker. Scénario : Oren Peli, Carey Van Dyke et Shane Van Dyke. Avec : Jonathan Sadowski, Devin Kelley, Ingrid Bolsø Berdal, Nathan Phillips.

Si vous en avez assez de passer vos vacances sur de sublimes plages de sable blanc, en train de bronzer un cocktail à la main, pourquoi ne pas vous lancer dans le tourisme de l’extrême ?

En vogue depuis quelques années, ces offres touristiques permettent de s’éloigner des sentiers battus en proposant des visites dans des zones considérées comme étant « à risque ». Parmi ces destinations : Tchernobyl, lieu de la plus grande catastrophe nucléaire du XXe siècle. Chaque année, ils sont plusieurs centaines de curieux à visiter les restes de Pripyat, ville voisine de la centrale, en dépit des risques dus aux radiations. C’est en partant de ce constat qu’Oren Peli a eu l’idée d’écrire le scénario des Chroniques de Tchernobyl.

"Have you heard of extreme tourism ?"

Chris est un jeune américain qui fait un tour d’Europe. Il est accompagné de Natalie, sa copine qu’il compte demander en mariage, et d’Amanda, une amie à eux. Arrivés à Kiev, en Ukraine, ils s’arrêtent chez le frère de Chris, Paul, qui y vit depuis plusieurs années. Ce dernier leur propose une visite un peu particulière : celle de la ville fantôme de Pripyat, juste à côté de la centrale de Tchernobyl. Ils seront accompagnés de Zoé et de Michael, un jeune couple de touristes, et seront guidés par Uri, un habitué de ce genre de visites. Mais arrivés sur place, ils se rendront rapidement compte que la ville n’est pas aussi déserte qu’on le croit.

Oren Peli s’est fait connaître en 2007, avec Paranormal Activity. Un film qui doit son succès à une ambiance efficace, mais certainement pas à son scénario qui tient sur une demi-feuille de papier. Et en regardant Chroniques de Tchernobyl, dont Oren Peli a écrit le scénario sans toucher à la caméra, on se dit qu’effectivement, le cinéaste devrait s’en tenir à la réalisation.

Un cliché, deux clichés, trois clichés...

Chaque amateur d’horreur possède une liste mentale des clichés de chaque sous-genre. Pour Chroniques de Tchernobyl, c’est bien simple : prenez tous les poncifs des films de zombies/infectés, et cochez chaque stéréotype que vous voyez à l’écran. A la fin du film, vous constaterez que votre liste est pleine à plus de 75%.

Chroniques de Tchernobyl est effarant de banalité. À aucun moment le spectateur ne ressent le moindre sentiment de surprise. Chaque tentative d’originalité est bâclée et sonne faux. Ils sont tout de même trois scénaristes, on est en droit de se dire qu’à plusieurs sur un même boulot, ils devraient quand même s’en sortir.

Des idées qui tombent dans le ridicule

Mais non, au lieu de ça, nos trois larrons se sont dit que « Tiens, on va faire un truc jamais vu : si on balançait un ours brun en effet CGI foireux qui n’a rien à foutre là, mais qui aura le mérite d’être accompagné d’un bon gros son inquiétant pour que les gens aient peur ? ». Ça vous paraît ridicule ? Ça l’est. Le côté radiations est pour sa part trop peu exploité et trop mal expliqué pour amener un quelconque intérêt.

La réalisation molle de Bradley Parker ne permet pas de relever la note du film. Le cinéaste n’arrive en aucun cas à maintenir une tension. Même lors d’une course-poursuite dans des souterrains qui aurait pu se révéler palpitante, on se surprend à penser : « Ouais, bon, ils courent… Et après ? »

Des décors impressionnants mais mal exploités

Idem pour l’ambiance. Un film qui se passe dans une ville désertée est toujours une occasion pour un réalisateur de monter une ambiance bien glauque et oppressante. Ici, il n’y a aucune aura particulière autour de la ville. Les immeubles sont vides et tombent en ruine, on est bien d’accord, mais ça ne provoque absolument pas de sentiment de malaise chez le spectateur. Pourtant, les décors sont impressionnants, mais Bradley Parker ne sait pas exploiter leur potentiel. Bref, le réalisateur a totalement raté son coup.

Du côté des acteurs, ce n’est pas mieux. Quand celui qui convainc le plus est l’acteur étranger qui parle avec un accent à couper au couteau, ce n’est pas bon signe. Le pire reste Jesse McCartney, avec ses airs de fils à papa bien sous tous rapports, qui nous donne simplement envie de lui botter le cul.

De leur côté, Ingrid Bolsø Berdal (Cold Prey et sa suite) et Nathan Phillips (Wolf Creek) sont transparents. En héros, Jonathan Sadowski ne s’en sort pas trop mal, mais reste très très loin de l’Oscar. Au final, seule Devin Kelley dans le rôle d’Amanda parvient à vraiment convaincre. Malgré de nombreuses faiblesses dans son jeu, elle est la seule qui parvient à rendre son personnage attachant.

L'anecdote

Pour des raisons évidentes de sécurité, le tournage ne s'est pas déroulé à Prypiat. La plus grande partie des scènes ont été tournées dans une ancienne base militaire, près de Budapest. Celles en souterrain ont été tournées à Belgrade.

Avec Chroniques de Tchernobyl, on se rend compte que ce qui marche pour faire le succès d’un film aujourd’hui, ce n’est pas sa qualité, mais les noms qui y sont rattachés. J’espère qu’à l’avenir, Oren Peli se contentera de la réalisation et de la production de films qui le méritent, tel Insidious.

Pour moi, en tout cas, le fait de voir son nom dans la case scénario d’un prochain film sera loin de me tenter.

1/5

Report Abuse

If you feel that this video content violates the Adobe Terms of Use, you may report this content by filling out this quick form.

To report a Copyright Violation, please follow Section 17 in the Terms of Use.