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One missed call 2008 – États-Unis. Réalisation : Éric Valette. Scénario : Andrew Klavan. Avec : Shannyn Sossamon, Edward Burns, Ana Claudia Talancon, Ray Wise, Azura Skye.

0% au tomatomètre. Il faut quand même le faire.

Pour ceux qui ne voient pas, il s'agit du système de notation du site Rotten Tomatoes, qui agrège les critiques cinématographiques. Et sur les 80 critiques recensées par le site pour One Missed call, aucune (AUCUNE !) n'est positive. Ça ferait presque mal au cœur mais, il faut bien le dire : après avoir vu le film, franchement, on comprend.

« That's not my ringtone »

Après avoir perdu une de ses amies, Leann reçoit un étrange message vocal. Dans ce message daté du surlendemain, la jeune femme s'entend elle-même hurler. Deux jours plus tard, Leann est percutée par un train. L'une de ses amies, Beth, aidée d'un policier qui a perdu sa sœur dans des circonstances similaires, décide de mener l'enquête.

One Missed call est considéré comme l'un des pires, voire le pire, remake américain d'un film japonais. N'ayant pas vu l'original, il m'est difficile de m'exprimer sur ce point. Mais même sans prendre en compte le côté remake, on ne peut décemment pas dire qu'il s'agisse d'un bon film. Tout ou presque y est raté.

À commencer par l'histoire. On se détache très vite de ce qui se passe à l'écran, tellement tout est cliché. Enfin, non, ce n'est pas tout à fait vrai. Certains éléments sont inattendus, mais pas parce qu'ils sont audacieux : parce qu'ils sont incohérents. Comme cette mort à la Destination finale qui ne colle tout simplement pas avec le propos du film.

De manière générale, d'ailleurs, le scénario est insatisfaisant. Ainsi, l'une des questions cruciales entourant le fond du film ne trouvera jamais de réponse. D'autres éléments n'apportent absolument rien, comme le passé de l'héroïne, qui n'a pour objet que de rajouter du pathos à l'histoire. Au final, on trouve le temps long alors que le film ne dure que 80 minutes. Le twist final, pas surprenant une seconde, confirme le désastre.

« That's your voice. That's you. »

Et ce ne sont pas les personnages qui relèvent le niveau. Ni les acteurs qui les interprètent. Nos deux héros, joués par Shannyn Sossamon et Edward Burns, sont inexpressifs au possible. D'autres sont carrément insupportables, comme Johnny Lewis dans le rôle de Brian. Ray Wise, pourtant un habitué du genre, est cabotin de bout en bout et tape rapidement sur les nerfs. Seule Ana Claudia Talancon arrive à maintenir la tête hors de l'eau. Sans être extraordinaire, la jeune femme a au moins le mérite d'être (un peu) attachante dans son rôle.

Côté technique, c'est inégal. Il y a du très mauvais (ces effets spéciaux numériques, mon Dieu), et du moins mauvais. Il y a même un tout petit peu de bon. Les cadrages. Plusieurs plans intéressants nous sont offerts par Eric Valette, notamment lors de la scène de l'exorcisme (qui, en dehors du cadre dans lequel elle se déroule, s'avère malheureusement assez pathétique). Mais ça ne suffit pas car niveau mise en scène, le réalisateur rate beaucoup de choses.

D'abord, avec des effets censés donner du dynamisme. Flashs lumineux, accélérations et passages épileptiques sont de la partie, mais ça agace plus qu'autre chose. Mais surtout, il manque de l'ambiance. C'est particulièrement flagrant dans le deuxième tiers du film. Alors qu'on se trouve dans un bâtiment désaffecté, avec un compte à rebours et une vie en jeu, on ne ressent pas une seconde la moindre tension. On suit les événements d'un œil las. Eric Valette ne parvient pas à nous faire nous intéresser à ce qui se passe alors que sur le papier, la scène pouvait promettre une ambiance intéressante (si l'on excepte, encore une fois, les incohérences du scénario).

L'anecdote

L'opportunité de réaliser le film a été donnée à Guillermo del Toro. Celui-ci a décliné l'offre, préférant se concentrer sur Hellboy II.

Il n'y a rien à sauver dans One missed call. Pourtant, j'avais vraiment envie d'être indulgent avec le réalisateur Eric Valette, qui m'avait laissé un bon souvenir de Maléfique, son premier film. Mais je ne peux pas. One missed call n'offre rien de plus que 80 minutes d'ennui.

Un film qu'il vaut mieux éviter.

1/5

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