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Le théâtre antique se refait une beauté retour en images sur trois ans de travaux

Après huit mois de chantier, les échafaudages sont petit à petit démontés sur le mur extérieur du théâtre antique. Patiemment, les techniciens ont œuvré pour permettre aux pierres de recouvrer tout leur éclat. Un travail minutieux dont ils ont maintenant l'habitude. Car avant de s'attaquer à cette partie de l'édifice romain, architectes et ouvriers ont déjà mené à terme deux tranches de travaux.

Détail architectural sur le mur extérieur.

C'est en 2015, après avoir observé des chutes de pierres sur le circuit des visiteurs, que la Ville, la Directions des affaires culturelles et la Région ont pris la mesure de l'urgence d'une telle restauration. Ce sont donc les arcs quadrifons, à l'entrée du théâtre, qui ont été les premiers à recevoir un coup de neuf, au début de l'année 2016. Depuis, les travaux ne se sont pas arrêtés, s'accordant toutefois une pause au moment de l'été pour permettre à la saison culturelle d'être organisée.

Chaque rentrée voit s'ouvrir une nouvelle tranche de travaux, en fonction des urgences constatées. Après les arcs quadrifons, cela a été au tour des parascenias Est et Ouest. Deux parties très dégradées du bâtiment. Avec le temps, le pierres se sont délitées et l'emplacement des parascenias les ont exposées encore plus aux intempéries.

Détail architectural des parascenias.

Pour chaque partie, le procédé est le même. Les techniciens commencent à effectuer une purge, puis consolident l'ensemble des parements avant de les nettoyer. La consolidation se fait avec de l'eau de chaux. Un procédé qui permet de reminéraliser la pierre. Les techniciens passent ensuite plusieurs couches de produit pour former une protection naturelle. Sur certaines parties, fortement exposées au vent ou à la pluie, il a été nécessaire de poser une couverture de plomb permettant d'empêcher de nouvelles infiltrations d'eau. Et pour savoir quel est le meilleur traitement à proposer, chaque pierre a été auscultée.

Des couvertures de plomb ont été posées.

En septembre dernier, ce sont les parements du mur extérieur qui ont été auscultés. Dix-sept étages d'échafaudages ont été installés devant le monument. Et comme, à chacune des tranches de travaux, les archéologues ont été invités à parcourir chacun des étages. Partis à la recherche d'indices pour en apprendre davantage sur le célèbre édifice. L'occasion pour eux de voir de plus près les derniers éléments d'un chapiteau initialement accroché à la façade. Une fois les échafaudages enlevés, ils seront facilement observables par les visiteurs, la pierre étant plus claire, et plus résistante que les autres. Les traces d'un grand portique ont elles aussi été découvertes. On y voit les saignées dans les parements et des éléments de fixation qui seront bientôt analysés par les archéologues. En tout, 110 mètres linéaires de pierres ont été traités et consolidés.

Depuis le début du chantier, les techniciens doivent composer avec des invités pas toujours bienvenus dans le théâtre antique : les pigeons. Si le mur extérieur n'est pas la partie préférée des volatiles, des grilles ont été installées pour éviter que les oiseaux viennent détériorer la pierre. Des grilles de ce type avaient déjà été placées sur plusieurs parties du bâtiment, largement plus touchées par la présence des pigeons. Ailleurs, se sont carrément des filets tendus voire des fils électro-répulsifs qui servent à protéger le théâtre.

"Avec tous les éléments de décors présents, cela va être une tranche majeure" Renzo Wieder

En septembre, les échafaudages reviendront mais cette fois-ci de l'autre côté de l'édifice. C'est le mur de scène qui va passer entre les mains expertes des techniciens. Là aussi, d'importants travaux de consolidation vont être nécessaires. mais c'est certainement la tranche qui réservera le plus de surprises archéologiques. "Avec tout ce que nous avons découvert sur la façade nord, on se dit que sur ce côté, avec tous les éléments de décors présents, cela va être une tranche majeure. On doit se poser les bonnes questions. Que veut-on étudier", s'interroge encore Renzo Wieder, l'architecte en charge des travaux. Il faudra faire des choix, car les archéologues ne pourront pas, en seulement huit mois, trouver l'emplacement exact des 6000 pièces de décors qui attendent encore dans le dépôt archéologique de la ville.

Du côté de la Ville, l'engagement pour ce chantier d'envergure, qui devrait durer encore plusieurs années, est aussi financier. Si la Direction régionale des affaires culturelles a financé 40% des travaux et que la Région Provence-Alpes-Côte-d'Azur, pour sa part donné 10% du montant total, la municipalité a engagé 50% des financements. Un chantier qui aura coûté, après les huit années de travaux, plus de 6 millions d'euros.

Après le mur de scène, plusieurs autres tranches de travaux vont s'enchaîner : les gradins, les galeries et les vomitorium auront aussi droit à un coup de neuf. De quoi permettre au théâtre antique, qui veille depuis plus de 2000 ans sur les Orangeois de retrouver sa jeunesse passée...

Auguste veille sur le théâtre.

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