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Rugby : Verdun devient le plus petit club de France de Fédérale 3 en 2014

Textes : Salvatore Barletta - Réalisation : Christophe Saulnier

En août 2019, le VRAC – Verdun Rugby Athlétic-Club - fêtera ses 40 ans d’existence. Pas de quoi pavoiser cependant face aux centenaires du département, les Mâcon, Chalon ou Le Creusot. Mais il lui suffira cependant de fermer les yeux et de revivre avec un franc sourire massif cette fabuleuse saison 2013-2014. Celle qui lui a ouvert les clés de la Fédérale 3. Un village d’à peine 1100 habitants, pour un budget ne dépassant pas les 110 000 euros, réussissait là où des monstres de l’ovalie régionale avaient échoué. Terminer parmi les deux premiers du championnat Honneur. « Lons était une sacrée écurie qui était descendue de Fédérale 1 quelques années avant, se souvient Baptiste Crapoix, président à l’époque. On avait fini deuxième derrière eux mais pour nous, c’était comme une victoire. En fait, notre seul regret est d’avoir perdu en finale à Beaune – 26-13 face à Lons- ».

Soutenu par son 3e ligne Theulot, le pilier Malaty marche sur la tête des Lédoniens. Photo DR

Remontons au mois d’août 2013. Verdun a soldé la saison précédente par une splendide quatrième place en Honneur et une qualification aux phases finales du championnat de France après une victoire en barrages. L’objectif était atteint. Brillamment atteint. « Pour cette saison 2013-2014, on disposait d’un staff complet. Un préparateur physique, Stéphane Bourgeois, un coach expérimenté avec Christophe Faure, et un entraîneur-joueur Florent Coco Lebeault, qui nous apportait aussi toute sa science de la vidéo » raconte Baptiste Crapoix, le président de l’époque.

En mai 2014, aux finales régionales de Beaune, Coco Lebeault et Stéphane Bourgeois semblent impuissants face à la suprématie lédonienne. Photo Salvatore BARLETTA

. L’entraîneur Christophe Faure, ancien talonneur de Chalon, concentré sur le bord du terrain, éclatera de bonheur après la victoire à Champagnole 26 à 7 le dimanche 16 mars 2014, synonyme d’accession assurée en Fédérale 3. Photo DR

Au niveau de son effectif, Verdun affiche complet. Un amalgame de joueurs d’expérience avec les Djuric, Boulicaut et des jeunes loups aux dents longues comme le demi de mêlée Paul Gaudillat.

« La force était notre convivialité, notre solidarité. C’était une bande de potes qui pouvait gravir des montagnes tous ensemble » confesse Jean-Luc Grenot, le dernier des Mohicans de la création du club en 1979. « Je suis arrivé la saison d’après » indique l’ex-capitaine des années 80.

Le talonneur Dubois, soutenu par Droux et Clavelier, déchire le rideau défensif de Saint-Apo. Photo DR

L’équipe du VRAC - Verdun Athlétic-Club version 2013-2014

Debout (de gauche à droite) : Pussot, Hermanwiller, Prost, Dion, Hugonnot, Clavelier, Boulet, Virot, Theulot.

Au milieu (de gauche à droite) : Boulicaut, Olivier, Bonnardin, P. Gaudillat, Dubois, Levasseur.

Accroupis (de gauche à droite) : Thibert, Rollin, Bourgeois (préparateur physique), F. Gaudillat, Djuric, Faure (entraîneur), Crapoix (président), Lebeault (entraîneur), Gustiniani, Bon.

L’objectif est fixé rapidement. La qualification en phases finales du championnat de France. Au moins pour égaler la performance de la saison précédente. « On voulait aller à Beaune disputer la finale mais sans vraiment admettre que ça nous ouvrait la porte de la Fédérale 3 » confesse Baptiste Crapoix. Verdun survole le championnat. Enfin presque. Seul Lons résiste aux offensives des hommes de Faure et Lebeault.

Le demi de mêlée Paul Gaudillat est à la manœuvre d’un pack verdunois qui avance. Photo DR

Laurent Boulicaut, 3e ligne centre, et capitaine (ci-contre à droite), se souvient de ces joutes fabuleuses suivies par des centaines de spectateurs au stade municipal du village. « J’avais quitté le foot à 16 ans pour le rugby avec Baptiste Crapoix. On venait de faire trois saisons en Honneur plutôt correcte et là, tout se passait comme dans un rêve. C’était incroyable l’ambiance qu’il y avait toute la semaine à Verdun. Le vendredi soir, on mangeait tous ensemble et le dimanche, même si on perdait, bon ça ne nous arrivait pas souvent (sourire), ce n’était pas grave. Tous les gars tiraient dans le même sens ».

Verdun réussit donc là où beaucoup ont échoué. Accéder au monde fédéral. « On allait complètement dans l’inconnu. Nous savions qu’il fallait se structurer, que le club serait dans la complication, récite Baptiste Crapoix. Mais c’était tellement bon qu’on ne pouvait pas refuser ». Et Verdun accepte cette offrande après avoir bataillé sur tous les terrains de Bourgogne. Sauf qu’il lui manque et manquera toujours la dernière marche. Le fameux bout de bois de Beaune.

« C’est notre plus grand regret. On est arrivé fatigué en finale contre Lons. Dommage, chez nous en match de championnat, on s’était envoyé comme des malades pour les titiller et on avait fait match nul (3-3 le 30 mars 2014), se remémore Laurent Boulicaut. Qu’importe, les souvenirs restent et resteront pour l’éternité. « Pas que ça. Grâce à cette saison magnifique, la municipalité avait rapidement réagi et nous avait bien aidés pour notre première saison en Fédérale 3. Et puis, il ne faut pas oublier que notre nouveau terrain, c’est aussi grâce à cette montée qu’on l’a obtenu » assure Baptiste Crapoix.

L'interview du président de Verdun, Baptiste Crapoix à l'orée de la saison 2014-2015 que le club disputera donc en Fédéral 3, diffusée sur le site du comité de Bourgogne à l'époque.

Samuel Dion, impérial en touche, capte encore à deux mains un superbe lancer de son talonneur Olivier. Photo DR
Le 3e ligne Theulot, désormais à Chalon, traverse balle en main le terrain. Photo DR

En Fédérale 3, Verdun lâchera prise assez rapidement. Six matches de suite sans victoire avant la délivrance le dimanche 16 novembre 2014 à la maison face au Rhône Sportif. Verdun s’impose 17 à 6. Ce sera le seul succès des hommes du président Crapoix en dix-huit rencontres. « C’était trop haut pour nous. Mais on ne regrette rien, cette première montée a donné une vraie dynamique au club. Maintenant, on peut situer Verdun sur la carte du rugby national » rappelle l’ex-N.1 du club verdunois.

Baptiste Rollin avec dans son sillage Gustiniani, Thibert, Djuric et Bonnardin. Les trois quarts verdunois sont à la fête face à Saint-Apo le 9 février 2014. Photo DR

Déjà un exploit en mai 1982

Verdun est champion de Bourgogne de Promotion Honneur cette année-là. Les finales régionales n’ont pas encore été créées et Verdun remporte ce titre après un succès logique face Asnières-les-Dijon, un match qui se joue à Auxonne à l’époque. Qualifiés pour les 16e de finale, les Verdunois, alors conduits par leur capitaine Jean-Luc « Porce » Grenot, et entraîné par l’ex-Chalonnais Gérard Catinot, sorti de sa retraite moins d’un an auparavant, domine Seichamps à Is. « J’avais une formation d’avant, de talonneur précisément, mais en ces temps-là, ceux qui tripotaient le ballon jouaient derrière, les autres devant. Moi, on m’avait mis centre » raconte en rigolant Jean-Luc Grenot. Le match suivant, à Bourbon-Lancy, c’est un Verdun épuisé par les longues batailles qui s’incline face à Lapalisse. « On avait vécu quelque chose de fort, ça reste » confesse le Porce.

Mai 1982 (32e de finale contre Seichamps, victoire).

Debout (de gauche à droite) : Moratin, Bailly, Genelot, E. Pirodon, Petit, Gaudillat, P. Meunier, Coulon, Dury, R. Meunier (président).

Accroupis (de gauche à droite) : Thomas, Augey, B. Pirodon, Grenot (capitaine), Bon, Martin, Spyteck, Michelin, Catinot (entraîneur-joueur).

Created By
Christophe Saulnier
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Credits:

Photos archives JSL

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