UN CADEAU DURABLE Le legs d’Yvonne Penner à l’inclusion scolaire

Pionniers dans le domaine de l’inclusion scolaire, Irma et Peter Penner attribuent à la générosité de leur fille le mérite d’avoir changé notre compréhension des avantages d’une communauté inclusive. En jetant un regard en arrière sur sa vie, ce qui ressort est un legs d'empathie et de gentillesse qui sera ressenti par les générations à venir.

« Quand Yvonne avait deux ans, se rappelle Irma Penner, le personnel médical nous a fortement conseillé de la placer dans un établissement. »

Il s’est avéré que de telles pressions, ainsi que la persévérance correspondante nécessaire pour les supporter, deviendraient un trait caractéristique de la famille Penner. En fait, en refusant d’isoler leur fille dans un milieu institutionnel, Irma et Peter ont joué un rôle de premier plan dans le mouvement naissant de l’inclusion et de l’intégration communautaire. Grâce en bonne partie à leurs efforts, les familles du Nouveau-Brunswick comme la leur disposent désormais d’une plus vaste gamme d’options pour le développement sain de leurs enfants.

Yvonne with her nieces

UNE MENACE AU SYSTÈME

Mal diagnostiquée dès son plus jeune âge, Yvonne Penner a vécu une période où les pratiques répressives du passé ont cédé la place à un système plus accommodant et plus réceptif aux valeurs de l’inclusion scolaire. L’évolution des mentalités n’a cependant pas fait oublier complètement les misères que la famille a subies. Les souvenirs qu’Irma entretient d’Yvonne enfant sont peuplés de moments où les systèmes censés soutenir la famille se sont à maintes reprises avérés aliénants.

« Les personnes en poste voyaient des obstacles plutôt que des possibilités », explique Irma. Elle estime que leurs efforts visant à inclure Yvonne étaient en quelque sorte perçus comme des menaces au statu quo, même si ce qu’ils souhaitaient avant tout, c’est que leur fille vive la même expérience que les autres enfants de son âge.

Estimant qu’Yvonne méritait une place dans une classe ordinaire aux côtés de ses pairs, le couple a sollicité le soutien d’autres familles se trouvant devant des difficultés semblables.

« NOUS NE SOMMES CERTAINEMENT PAS LES SEULS »

C’est par l’entremise d’un autre parent vivant une situation similaire qu’Irma a pris connaissance de l’Association du Nouveau-Brunswick pour l’intégration communautaire. Dès lors, les Penner ont su qu’ils avaient trouvé le soutien dont ils avaient besoin.

« Nous avons commencé à aller aux rencontres, connu d’autres parents et formé un groupe. Ensemble, avec l’Association, ils nous ont aidés à faire pression sur le gouvernement pour des services de relève. »

En repensant à cet épisode de leur vie, les Penner estiment que c’est le sentiment de solidarité avec les autres familles favorisé par l’Association du Nouveau-Brunswick pour l’intégration communautaire qui, en fin de compte, les a aidés à revendiquer un meilleur accès à l’inclusion scolaire.

« Le plus important, c’est que nous ayant pu établir des liens avec d’autres parents qui comprennent, mentionne Peter. On s’échange des renseignements et on se passe le mot. »

« Même si le système essaie de nous dire que cela ne fonctionnera pas, sachant que nous avions leur appui, nous pouvions tenir notre bout. Et faire avancer les choses », dit Peter Penne en réfléchissant au soutien de l’ANBIC.

UN PROGRÈS S’AMORÇA

En écoutant les parents d’Yvonne raconter son histoire, ce qui est devenu évident au sujet du parcours de leur fille, c’est que le concept de classe inclusive était, à l’époque, encore étranger et menaçant aux yeux de nombreuses personnes participant au processus décisionnel. Comme le mentionne Irma, beaucoup de l’action qu’ils ont menée au nom d’Yvonne a simplement consisté à expliquer les buts de l’inclusion dans la perspective d’un parent.

« EN GROS, NOUS AVONS SIMPLEMENT DIT : “NOUS VOULONS QU'ELLE PARTICIPE AUTANT QU’ELLE PEUT. ET S’IL ARRIVE UN ACCIDENT, IL ARRIVERA”. ON Y FERA FACE COMME AVEC N’IMPORTE QUEL AUTRE ENFANT.

la différence qu’apporte l’inclusion scolaire

Ces photos illustrent la très réelle transformation qu’a subie Yvonne à la suite de son passage d’une classe séparée à une classe inclusive. La photo de gauche a été prise au cours de l’année scolaire 1984-1985, qu’Yvonne a passée dans une classe séparée. Au centre, nous voyons Yvonne après son insertion dans une classe partiellement intégrée. Finalement, Yvonne a passé l’année scolaire 1986-1987 dans une classe complètement inclusive, où elle s’est épanouie parmi ses pairs tout comme « n’importe quel autre enfant à l’école ».

L’INCLUSION COMME VECTEUR DE CHANGEMENT

Même si les bienfaits chez Yvonne sont vite apparus, le plus inattendu, c’est l’effet bénéfique de sa présence chez ses pairs. L’effet transformateur qu’elle a eu sur un élève en particulier reste frais dans leur esprit.

Quand Yvonne était en huitième année, l’un de ses camarades décida de célébrer la fête du poisson d’avril en jouant un tour à leur enseignante. Reconnu comme étant l’intimidateur de la classe, le coupable en question était un garçon nommé John qui avait déployé de grands efforts pour enduire la chaise de l’enseignante de poussière de craie. La blague a toutefois mal tourné, l’un des camarades de classe de John ayant échangé la chaise de l’enseignante pour la sienne, de telle sorte que la blague s’est retournée contre lui.

Alors que ses camarades se réjouissaient du sort bien mérité de l’intimidateur, Yvonne a eu une réaction fort différente, la tournure des événements l’ayant émue aux larmes.

« Yvonne était très sensible », explique sa mère. « Elle n’aimait pas qu’on se moque des gens. »

Chose étonnante, la sensibilité d’Yvonne a suffi à ramollir la disposition de John, à tel point que le lendemain, on l’a vu aider Yvonne à monter l’escalier et patiemment lui porter attention à l’école.

Même si Yvonne était elle-même souvent mal comprise, l’histoire des Penner illustre néanmoins qu’elle était profondément consciente des besoins des autres. Sa sensibilité, alliée à sa grande empathie, a eu un effet transformateur dans son entourage.

Bien que la volonté de changement les ait motivés pendant des décennies, les Penner se réjouissent que certaines choses soient restées pareilles. Lorsqu’ils songent à leur relation de longue date avec l’Association du Nouveau-Brunswick pour l’intégration communautaire, il leur paraît évident que l’organisme ne les a jamais lâchés.

« L’ANBIC a encore les valeurs qu’elle avait au commencement, observe Peter. Comme parents, nous sommes beaucoup plus optimistes. » C’est ce sentiment de continuité qui donne de l’espoir aux gens que l’Association du Nouveau-Brunswick pour l’intégration communautaire appuie.

CRÉDIT PHOTO

Nous remercions chaleureusement la famille Penner de nous avoir généreusement fourni des photos pour aider à raconter l’histoire d’Yvonne. Nous sommes aussi reconnaissants envers les nombreux photographes qui ont rendu leur œuvre disponible par le recours aux licences Creative Commons.

Created By
NBACL Wilson
Appreciate

Credits:

"Forest, Landscape, Sun" by Mandy Fontana is licensed under CCO 1.0 "Poppy Gypsophila Elegans" by Lee_seonghak is licensed under CCO 1.0

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