Primaire de la gauche troisième débat

PAR MATTHIEU VERRIER ET HERVÉ FAVRE - LA VOIX DU NORD

Les sept candidats à la primaire de la gauche se sont affrontés ce jeudi soir lors d'un troisième débat télévisé, le dernier avant le premier tour de scrutin. Florilège des déclarations et détails des attitudes de chacun.

Jean-Luc Bennahmias

La phrase. « Benoît, te décourage pas. (Le revenu social) est la seule idée nouvelle qu'on ait proposée depuis des années. »

L'attitude. «Il faut que je me calme», disait Jean-Luc Bennahmias, jeudi matin. Le candidat du Front démocrate est passé à côté de son objectif. Chassée les premières minutes, sa spontanéité est revenue au galop. Pestant contre les règles de l’exercice et contre les journalistes, le candidat qui ne porte pas de cravate impose ses thèmes et propositions, comme des locaux pour les professions médicales dans certains territoires. Interrogé sur la construction de places de prison supplémentaires, il prône plutôt l’amélioration des conditions de travail du personnel pénitentiaire. Pour l’ex-Vert, la campagne est finie. Il retourne aujourd’hui chez lui à Marseille avec l’espoir de pouvoir peser demain dans le rassemblement de la gauche.

Benoît Hamon

La phrase. « La question vis-à-vis des générations futures se pose-t-elle en termes de dette comptable ou de dette environnementale ? »

L'attitude. Certaines séquences ont laissé s’installer un débat entre Manuel Valls et Benoît Hamon. Pugnace, le député des Yvelines défend le revenu universel attaqué par cinq de ses six concurrents. «Non», «faux», l’entend-on soupirer lorsque les piques fusent à travers le plateau. L’homme qui monte est attaqué sur l’évolution de sa proposition phare et sur le coût estimé désormais à 45milliards d’euros pour la première phase, la seule réalisable dans le prochain quinquennat. L’ex-ministre de Manuel Valls prône aussi des «écluses» aux frontières de l’Europe pour veiller au respect de normes sociales et environnementales dans nos importations et une harmonisation sociale et fiscale à l’intérieur même de l’Union européenne.

Arnaud Montebourg

La phrase. « Ce quinquennat est la dernière station service avant le lepénisme. »

L'attitude. Aura-t-il réussi à casser la dynamique de Benoît Hamon? Le débat tourne toujours autour du revenu universel. Le démondialisateur, plus incisif que lors des deux dernières éditions, porte les coups. Il dénonce le «coup de bambou fiscal» qu’entraînerait la proposition de son rival. Tout le monde paierait, pas seulement les riches. «T’as pas le droit, c’est pas sérieux», soupire Hamon. Manuel Valls a aussi droit à ses piques. Montebourg reproche à l’ex-Premier ministre d’avoir choisi une entreprise étrangère pour remplacer le fameux fusil Famas dans l’armée française. L’ancien ministre de l’Économie défend le réalisme de son projet de relance. «C’est comme ça que le président Obama a réussi le plein emploi», lance-t-il.

Vincent Peillon

La phrase. « J'en ai assez d'une gauche qui fait des promesses et qui déçoit le lendemain. »

L'attitude. Toujours aussi professoral, le député européen se targue de « parler sérieusement » des sujets abordés et d’abord de la maîtrise des finances publiques, condition indispensable pour ressouder le couple franco-allemand. Dans sa ligne de mire, le revenu universel de Benoît Hamon, le candidat qui monte dans les sondages : « une somme absolument considérable qui remettrait en cause toutes les autres protections sociales ». Face à Arnaud Montebourg, il réfute le repli sur le marché intérieur et reprend l’idée de « juste échange » portée par Martine Aubry en 2011. Il prône pour cela des clauses sociales, environnementales et fiscales dans les prochains accords internationaux. Ce qui suppose que les 28 bientôt 27 se mettent d’accord.

Sylvia Pinel

La phrase. « Pour relancer la croissance, il faut soutenir les entreprises pour qu'elles puissent créer de l'emploi. »

L'attitude. Une femme au milieu du plateau entourée de six hommes. Une veste rouge encadrée de six costumes sombres. Sylvia Pinel se démarque dans le débat. Sa parole,en revanche, peine à sortir des échanges. Mais, cinq ans après Jean-Michel Baylet, la candidate continue de creuser le sillon du Parti radical dans le paysage de la gauche. Encore une fois,elle défend le sérieux budgétaire et les aides aux entreprises. La vice-présidente d’Occitanie choisit lors de sa minute de sujet libre d’aborder la question de la dépendance. Elle propose la construction d’accueils de jour pour permettre aux 8,3 millions d’aidants familiaux de souffler. La benjamine de la primaire veut aussi lancer un nouveau plan sur l’autisme avec davantage de moyens.

François de Rugy

La phrase. « Si on commence par alourdir les dépenses et les déficits, on va encore alourdir la dette. »

L'attitude. Depuis le premier débat, le député de Loire-Atlantique joue la carte de l’écolo-réalisme. Sur la protection sociale au cœur de la campagne, il se situe au centre du débat, entre le « tout marché représenté par Fillon et le « tout État » défendu par Mélenchon. Il défend le rôle des Mutuelles dans le remboursement des soins, contre l’idée de tout transférer à la sécurité sociale. Lui président, il « ferait le ménage » dans tous les produits chimiques dangereux pour la santé. Il se montre bon élève au chapitre budgétaire en mettant en garde ses concurrents dépensiers. « Si on commence par alourdir les dépenses, on alourdit le déficit et la dette ». Il promet de remplir une « promesse non tenue» du quinquennat, en légalisant l’euthanasie, si besoin par référendum.

Manuel Valls

La phrase. « Je ne veux pas d'une gauche qui fait des promesses illimitées pour arriver à des impôts illimités. »

L'attitude. De débat en débat il doit jongler entre la défense de son bilan et la présentation de son programme.Sans dissimuler son agacement quand le CICE pour les entreprises est mis en cause : « Il y en a assez d’opposer le soutien à l’économie et la lutte contre la pauvreté. »Il s’affiche en candidat de la« gauche crédible » qui promet ce qu’elle pourra tenir sans matraquage fiscal ; qui n’oppose pas le sécuritaire et le laxisme. Sur la sécurité sociale que François Fillon a mis au cœur du débat, il se pose en défenseur du modèle français et prône la suppression du ticket modérateur. Il veut réformer les études médicales et repeupler les déserts médicaux en supprimant le numerus clausus qui limite le nombre de médecins formés chaque année. Un ajout à son programme : un service civique obligatoire de six mois.

Created By
Magalie Ghu
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Credits:

AFP

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