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La Couvertoirade, village préféré des Français ? Par la rédaction de Midi Libre - Millau

La Couvertoirade est un lieu unique en France. Une forteresse, construite par les Templiers, qui fait partie des plus beaux villages de l'Hexagone. Elle a été sélectionnée cette année pour l'émission de télévision Le Village préféré des Français, diffusée le 19 juin sur France 2, présentée par Stéphane Bern. C'est l'occasion pour "Midi Libre" de vous emmener dans l'histoire de cette cité, mais aussi de vous faire découvrir la trajectoire de ses habitants, qui sont une poignée à vivre à l'année derrière les remparts. Enfin, vous découvrirez les coulisses du tournage de l'émission et l'avis de l'animateur vedette, lui aussi tombé sous le charme.

Au cœur de la cité templière

C'est un village hors du temps. Ici, les voitures n'ont pas de droit d'accès. Et une fois passé les remparts, on s'attend presque à être reçu par un chevalier. Car c'est dans l'histoire du Moyen Age que le village de La Couvertoirade tient sa légende. "Au milieu du XIIe siècle, le vicomte de Millau a fait don de terres sur le Larzac aux Templiers, explique Anne-Sixtine Alingrin, guide conférencière et responsable du point accueil du village. Petit à petit, ils se sont d'abord installés à Sainte-Eulalie-de-Cernon, puis par achat, troc ou don, ils ont agrandi leur domaine." Et c'est ainsi qu'en 1181, les chevaliers se fixent sur les terres de La Couvertoirade. À l'époque, l'endroit est désert, "seulement trois ou quatre fermes, reprend la jeune femme. Mais très vite, pour montrer leur puissance, ils font construire un château fort".

Construit en pente Le village restera en l'état pendant plus d'un siècle. Jusqu'à la chute des Templiers, accusés par le roi Philippe le Bel d'être des hérétiques. Après la dissolution des Templiers (1312), le pape fait don de l'endroit aux Hospitaliers. Cet ordre, lui aussi créé pendant les croisades, a pour objectif premier de prendre soin des pèlerins de Jérusalem. Ceux installés à La Couvertoirade font alors construire l'église, et comme souvent à cette période, des habitations poussent tout autour.

Ce n'est qu'au quinzième siècle que les remparts, qui font la popularité de la cité aujourd'hui, ont fait leur apparition. "On était en pleine Guerre de Cent Ans, reprend Anne-Sixtine Alingrin. Entre les batailles, certains mercenaires appelés 'les routiers', étaient installés dans la zone et pillaient les villages. C'est pour se protéger que les Hospitaliers ont décidé de construire la forteresse."

Structure qui demeure aujourd'hui, et qui paradoxalement n'a servi pour se défendre qu'une seule fois. "En 1562, lors des guerres de religions, les protestants de Millau et de Lodève cherchaient à convertir les catholiques du Larzac, détaille la guide. On ne sait pas bien comment ça s'est passé, mais au final, La Couvertoirade n'est pas tombée."

Dans le village, la vie s'est développée autour des "seigneurs" qui n'étaient jamais très nombreux, mais qui gouvernaient et prélevaient l'impôt sur l'utilisation du four à pain et du moulin. Les maisons, à base de pierres, sont à l'origine toutes bâties de la même manière. Au rez-de-chaussée une petite porte en bois pour entrer dans la bergerie. Un escalier extérieur et un petit balcon qui donnent accès à la pièce unique où vivent les familles. Et à l'étage un grenier, pour stocker la nourriture. Depuis, bien évidemment, il y a eu des réaménagements, mais les fondations restent les mêmes. Autre caractéristique de ce village atypique, il est construit sur une pente. "Le problème du Larzac, c'est qu'il n'y a pas vraiment d'eau, reprend Anne-Sixtine Alingrin. Les bâtisseurs ont su profiter de la forme du sol pour pouvoir récupérer les eaux de pluies."

De deux manières. Au sol en traçant des caniveaux pour faire ruisseler l'eau vers une lavogne, au cœur du village pour que les animaux puissent boire dedans. Et sur les toits en installant un ingénieux système de gouttières qui alimentaient les habitations. Ajoutez à cela une citerne naturelle grâce à un rocher creux très profond, et les habitants, qui n'ont été raccordés à l'eau courante qu'en 1975, étaient parés pour ne manquer de rien.

Ils sont La Couvertoirade

Au petit matin, les premiers rayons de soleil frappent la pierre. Les rues pavées s’éveillent et les troupes de touristes éclatent. Mais flaireront-ils, derrière leur objectif, la vie des héritiers de cette terre de caractère ?

Les tableaux de la lutte du Larzac, qui trônent encore sur tous les murs du salon, chez les Dupont. Les aquarelles de François Montès, derniers souvenirs de l'époque où ils n'étaient plus que 4 à vivre dans ces remparts. Le restaurant d’Olivier, son fils, où l’on vous rappelle qu’une limonade lozérienne vaut peut-être mieux qu’un célèbre soda noir au bandeau rouge. Les messages à Enedis contre le Linky, sans jamais une once d’animosité, flanqués sur toutes les boîtes aux lettres. Infatigable bruit du rouet sur lequel file Christiane Pinet.

Et puis les histoires de voisinage que l’on démêle et relie au fil des discussions. Sans jamais voir s’éloigner la bienveillance des Lacuperturadais pour leur voisin. Que La Couvertoirade devienne ou pas le village préféré des Français, ses habitants ont déjà conquis les cœurs.

Christiane Pinet a tissé son rêve au fil des années

Elle tisse. Les murs de pierre de sa maison au pied du château, dans les remparts du village, la voient faire depuis des années. "Avril 1971", pour être exact. Christiane Pinet, 82 ans, est devenue une ancienne du village. "La tisserande." Passion de toute une vie. Quand elle était petite, alors qu’elle vivait à Reims, Christiane en rêvait déjà. À l’époque, difficile d’aller jusqu’au BAC lorsqu’on souffre de dyslexie. "On m’a dit 'tu vas aller à l’usine', moi je voulais être prof de couture." Son CAP en poche, elle passe à travers les mailles du filet pendant un an où, devant s’occuper de la santé de sa maman à la maison, elle coud pour les gens du village.

Jusqu’à ce qu’elle découvre cette école de la Mutualité agricole où "les jeunes filles venaient six mois avant de travailler à la ferme, l’été". Elle y entre un peu "par hasard", n’a même pas le diplôme nécessaire. "Ça, ils ne s’en sont rendu compte qu’après." Au bout de cinq ans, toutes les filles de sa spécialité, elle comprise, sont recalées. Pas de monitorat d’enseignement ménager. Mais toujours l’envie de tisser. Christiane intègre une école pour filles de bonne famille, en Suisse. Elle leur apprend la cuisine française "et la couture, même si elles n’en avaient rien à faire". Elle tisse ses prochains liens avec des jeunes en difficulté, en Institut médico-pédagogique (IMP). Des "débiles moyens", disait-on. Un an d’internat et trois stages plus tard, la voilà éducatrice spécialisée. Enfin diplômée, mais épuisée. Après l’IMP, Christiane a passé ses cinq années en foyer de semi-liberté. Du "24h/24" à essayer de "réinsérer des jeunes" dans la société. Sa voix s’élève quand elle parle d’eux. Mais le besoin de transmission qui l’anime est dévoré par celui de tisser.

Elle cumule ses jours de congés qu’elle passe en stage chez Gilbert Delahaye, tisserand. Chez qui elle vivra un an, du côté d’Albi. "Il écrivait un livre et avait besoin de quelqu’un pour tenir la boutique." "Si j’ai un métier à tisser à disposition, c’est oui", lui a-t-elle dit. Loin de se douter qu’il connaissait une certaine Mme Quentin, une dame qui avait acheté des maisons à La Couvertoirade et cherchait à y installer des artisans "pour faire marcher le village". "Il m’a donné sa lettre, j’y ai répondu à la main." Le Graal. Et puis, si ça ne marchait pas, elle pourrait toujours redevenir éduc’. Alors Christiane débarque. "Avec ma 2CV et mon métier à tisser. Je ne suis jamais repartie."

"Je suis arrivée avec ma 2 CV et mon métier à tisser. Je ne suis jamais repartie."

La maison ? Mme Quentin lui prête juste à côté de son habitation actuelle. L’atelier ? Prêté aussi. "Je n’ai jamais eu à lui payer une facture." Les artisans ouvraient en juillet et en août, mais pas Christiane. Trop contente de tenir son rêve du bout des doigts, elle ouvre tous les jours. La vie était rustique, "pas d’eau courante, pas de fenêtre dans la chambre, juste un poêle à pétrole pour se chauffer". Qu’importe. "Tout ce qui comptait, c’était de pouvoir tisser." Malgré la glace sur sa porte en hiver, du soir au matin, elle travaille la laine et le lin. Puis vend ce linge de maison, ces écharpes, ces ponchos dans sa petite boutique où l’on trouvait, à l’époque, toutes les informations sur la lutte du Larzac, un long épisode qui l’a "attachée" à sa vie ici. Et même si, en tant que petite nouvelle, son installation n’a pas toujours été vue d’un très bon œil, et son investissement dans la lutte, encore moins, Christiane le sait. Ici, elle fait désormais partie des pierres.

La famille Montès, une institution dans les remparts

Lorsque François Montès a ouvert sa crêperie "le 20 juin 1971", la rue Droite était encore en terre. Il est le premier à tenter l’aventure. Le Parisien, à qui la retraite a redonné l’air tendre d’un enfant, raconte qu’il a "pris la voiture direction le Sud à 42 ans" parce qu’il n’y avait plus de boulot. "Bouffé par la photo", comme la plupart des dessinateurs de vêtements pour affiches publicitaires de l’époque. D’agence en agence, il raconte qu’il cherche un établissement pour monter "sa crêperie". On lui dégote une maison avec sa bergerie qui deviendra l’institution Montès. "J’ai appelé ma femme, je lui ai dit prend le petit, un train, et je viens vous chercher à Rodez."

Le couple ne repartira plus. Pas même lorsque l’hiver est glacial. Enraciné à La Couv’ grâce à "l’entraide entre les gens tous chaleureusement attachés les uns aux autres". "Ici vous savez, quand quelqu’un est malade, c’est tout le monde qui est inquiet." François nourrit les gens du village, il les peint aussi, dans des aquarelles troublantes de réalisme. Épanoui, le restaurateur regarde dans le rétro, contemple ses "20 ans dans le dessin, 35 dans la crêperie". Fier de voir "la crêperie continuer à vivre", reprise d’abord par sa femme Josette, puis par Manuel, le plus jeune de ses fils. "Il se faisait déjà ses crêpes en rentrant de l’école", ajoute le père. "Je fais mes saisons là-bas depuis mes 14 ans", sourit le fils, Manuel, 46 ans. Lui ne réside pas ici lorsque son commerce ferme l’hiver, mais à La Vacquerie.

À La Couv’, où il est revenu après des études dans le dessin de publicité, il peut "être au calme, avoir une vie simple qui me correspond et garder le temps de faire de petits voyages l’hiver avec [s] es deux enfants". Dans une ambiance où "tout le monde respecte le savoir-faire de l’autre, sans concurrence", reprend le passionné de photo. "Et ça, ça marque les gens qui passent ici." Qu’ils prennent une table à la crêperie ou Au 20, où Olivier, le frère aîné de Manuel, avec sa compagne Aurélia, servent du bon vin, du bio, du beau, du local, bref, du responsable. Lui, qui a comme résidence principale le Mas Raynal, est revenu travailler au village de son enfance en 2009 après avoir bougé pour travailler dans le dessin cartographique et fait un tour du monde. "Je ne pourrais plus retourner à la ville", assure le tenancier. Un mordu de son terroir, un peu inquiété par la visibilité que pourrait offrir l’émission de France 2. "J’aime bien qu’une ville garde son âme, son identité. On ne veut pas devenir les Baux-de-Provence", plaisante-t-il. Pas trop d’inquiétude à avoir tant que l’on croisera la famille Montès dans les remparts.

Les Chapuis, deux généreux épanouis loin de la capitale

Au guidon de sa trottinette, Carmen Chapuis dévale les rues pavées de La Couvertoirade, sa cité depuis 20 ans. Elle rejoint Jean-Pierre, son époux qui, à deux pas de leur librairie Le temps plié, tient une autre boutique, de souvenirs celle-ci. Le vocabulaire soutenu, la Parisienne explique qu’elle doit son départ pour l’Aveyron, en 1976, à "la crainte de s’embourgeoiser". Lui est dans l’audiovisuel, elle fondée de pouvoir, dans la banque. "Nous avions la volonté de vivre une expérience nouvelle", reprend-elle. Après avoir envoyé "1 600 lettres dans tout le sud de la France aux maires, notaires et curés", le couple finit par trouver sa future propriété à Sainte-Eulalie-de-Cernon. Ils arrivent pour "une reconversion culturelle, professionnelle et mentale", retrace Carmen. Avec comme but le commerce et l’associatif. Leurs valises posées, tous les deux s’intéressent au patrimoine. "Avec notre association Horizon 2 000, on a développé, sur le plan touristique, une dynamique."

En reversant, toujours, une partie de leurs bénéfices au Mali. Horizon 2 000 s’employant d’une part à promouvoir la culture, de l’autre, à soutenir les plus défavorisés. "On envoie notamment des fonds à l’orphelinat de San", précise Jean-Pierre. Mais les revenus étaient "notoirement insuffisants", reprend Carmen, si bien que monsieur doit remonter à la capitale. Alors quand se présente l’occasion d’acheter "cette maison à La Couvertoirade", ils la saisissent et transfèrent leur association. Le couple ouvre, dans la foulée et après quelques travaux, une librairie au rez-de-chaussée de leur habitation. Et lance même, avec le maire de l’époque, les visites guidées du village. Carmen a été charmée par "les grands les espaces, la congruence, si je puis dire, entre le patrimoine architectural et le naturel". Jean-Pierre, lui, a été apaisé par "la sécurité des remparts, la tranquillité". Ici, "on peut réellement parler de confort de vie", s’enthousiasme madame.

Et prendre le temps de s’adonner au caritatif. "Nos actions avec Horizon 2 000 sont financées avec les boutiques, explique Jean-Pierre. Avec les membres de l’asso, on envoie au Mali environ 25 000 € par an." Et comme la sienne n’apporte plus grand-chose du point de vue financier, "faute à la baisse de la CGS, notamment", selon le patron, à la fin de l’été, ils la laisseront tomber pour se rejoindre au Temps plié. Reste à savoir ce que Carmen fera de la trottinette.

Jacqueline et Jacques, depuis toujours sur le pont

Baladez-vous au village avec Jacqueline Dupont, elle vous montrera. Là, la maison d’un ami d’enfance qui reviendra en même temps que l’été. Ici, celle qui vient d’être rachetée par une cousine. Son mari, Jacques, 75 ans, a vu La Couvertoirade se transformer, dans les années 1970, lorsqu’ont été construites les habitations à la place des anciennes fermes. "C’est toute ma jeunesse, même si ça a beaucoup changé, qu’il y a plus de touristes et qu’on ne le contrôle pas vraiment." La maison sur la Placette, qu’ils investissent tous les ans quand arrive l’été, "était une ruine, un cazal comme on dit, qui appartenait à ma mère", retrace l’ancien maire. "On l’a fait remonter pendant deux ans." En y mettant "notre cœur et nos économies", enchérit Jacqueline.

"C’était difficile. Mais on avait le moral et l’espérance, et on avait raison."

Désormais, les deux anciens instituteurs y rassemblent les membres de leur famille pour les grandes occasions. De longs et joyeux repas au milieu des tableaux qui rappellent la lutte du Larzac, dans le salon. C’est à cette époque que Jacques était à la tête de la mairie de La Couvertoirade. Il y avait une liste contre l’extension du camp, et l’autre, pour. Celle de Jacques regroupe tous ceux du Larzac dès le premier tour. "C’était tendu, il y avait ceux qui avaient vendu leurs terres, et puis les autres, se rappelle-t-il. Alors, on calmait les gens."

Un moment "difficile, qui prenait du temps et de l’énergie", souffle Jacqueline. "Mais on avait le moral et l’espérance, et on avait raison." Enfin, "heureusement que Mitterrand est passé", reprend Jacques. D’ailleurs, quand ils parlent de l’annonce de sa victoire, les deux amoureux y sont encore. "Je voulais vite aller leur dire sur le Larzac, s’exclame Jacqueline. On a tout laissé allumé en partant." "C’était l’euphorie, reprend Jacques. Le jour de gloire." Autant de souvenirs à partager avec les anciens du village, pendant les soirées d’été, à l’heure de la pétanque quotidienne.

Un tournage pour gagner

Le tournage de l’émission de France 2 “Le Village préféré des Français” a eu lieu dans la cité templière à la fin du mois de mars. C’était alors le début de la grande compétition. Celle qui pourrait amener le village de La Couvertoirade vers un titre autant symbolique qu’honorifique. Les équipes de la boîte de production en charge de la réalisation de l’émission Le Village préféré des Français, diffusée le 19 juin sur France 2.

La cité templière, qui fait partie des 14 finalistes, représentera la Région Occitanie, dans ce rendez-vous présenté par Stéphane Bern. L’animateur était d’ailleurs dans le village à la fin du mois de mars. Son avion annulé, il a fait le déplacement en voiture de depuis Paris, pour pouvoir arpenter les allées à l’intérieur des remparts. C’est sous une météo compliquée que le tournage s’est déroulé. "L’objectif est de rendre compte de la qualité et de la valeur du village, détaille Valérie Inizan, en charge de la production de l’émission. Faire découvrir ce qui s’y fait et ce que les touristes peuvent y trouver quand ils viennent. C’est un mélange à la fois de patrimoine bâti, de patrimoine culinaire, d’histoire et même de choses un peu plus modernes qui peuvent intéresser ceux qui viennent en famille. On essaie de rendre compte de la richesse à travers le village."

L’équipe de tournage a donc commencé à réaliser des images sur le plateau du Larzac, pour situer géographiquement la cité. Puis les caméras et l’animateur vedette ont fait le tour du château, le seul de France construit directement par les templiers. Ils ont ensuite découvert l’église hospitalière. Avant de déguster du pain dans le four banal de la commune. "Il existe encore, et amène de la convivialité et du lien social", c’est important pour l’émission. Stéphane Bern a ensuite découvert la bergerie et les agnelles. Après une pause dans le restaurant du village, l’équipe a pris la direction de l’Acroroc des Infrus. "Le plateau du Larzac est une terre de rochers, c’est donc cohérent d’aller là-bas, reprend Valérie Inizan. Et puis c’est une activité plus moderne. C’est bien de la montrer."

Dans la cité, tout le monde avait répondu à l’appel de la municipalité, pour recevoir du mieux possible ce visiteur un peu spécial qu’est Stéphane Bern. Une petite séquence costumée, pour présenter les Mascarades médiévales estivales a été organisée. Et si la pluie a perturbé une partie de la matinée, il n’y a pas forcément de quoi être inquiet pour la diffusion. "C’est comme ça, c’est la vie des tournages, sourit la productrice. On s’accommode toujours de la météo. On le sait, on est habitué." Et pour rassurer les esthètes de l’image, l’équipe de tournage est arrivée un jour avant sur place. Et en a profité pour réaliser des prises de vue à partir d’un drone. Sous un grand ciel bleu.

Ça fait quelques années que vous faites cette émission. Vous arrivez encore à être surpris par ce que vous découvrez pendant les tournages ?

Oui, car je fais ce métier en n’étant jamais blasé ni cynique. J’ai cette capacité à m’émerveiller en permanence et à toujours trouver, de village en village, que la France est vraiment belle.

Que pensez-vous de cette émission ?

Le Village préféré des Français est une des émissions que j’aime le plus faire. Au fond, je pense qu’on est tous nostalgiques de nos villages. On en a tous un qui nous a marqué dans notre enfance. Un endroit où on a grandi, où on est allé en vacances. On vient tous d’un village. Ce n’est pas par gaîté de cœur que les gens sont allés s’entasser dans les périphéries des villes ou dans les métropoles. Je suis déjà venu plusieurs fois en Aveyron, mais je ne connaissais pas ce village de La Couvertoirade. Je l’ai découvert avec bonheur.

Qu’avez-vous vu qui vous a plu ici ?

Ce que je trouve merveilleux dans un village, c’est quand le maire n’a pas sacrifié le centre bourg au nom des intérêts financiers. Je pense que c’est lié à la tradition du Larzac. On ne fait pas n’importe quoi ici. On ne construit pas de façon abusive et intensive. Il y a une zone de protection. Cela ne veut pas dire qu’on vit en dehors du temps. Mais on a compris que ce qui faisait venir les visiteurs et ce qui fait le bonheur des habitants, c’est d’avoir préservé l’essentiel. Lors du tournage, j’ai discuté avec des habitants qui m’ont dit : "On sait pourquoi on est venus et on sait pourquoi on est restés." Cette beauté qui les a fait venir perdure. Je ne supporte pas quand la beauté des villages est sacrifiée aux intérêts économiques et financiers.

Vous parlez beaucoup du patrimoine, mais vous intéressez-vous aussi aux habitants ?

Oui. Ce ne sont pas des villages fossilisés, qui sont mis sous cloche. Ce qui fait leur beauté, ce sont les gens qui y vivent. Lors du tournage à La Couvertoirade, on a pétri la pâte et fait du pain, on est ensuite allé voir le potier. On a fait une visite de l’église avec une guide, le château avec une autre. Ce sont les gens qui font la richesse d’un village. Je crois que c’est cela l’art de vie à la française.

Vous avez un peu d’expérience. Est-ce que La Couvertoirade a des chances de gagner ?

Elle a des chances sur le plan purement esthétique. Après, ce qui fait la différence, c’est la mobilisation. Il y a des régions qui votent plus que d’autres. Les Alsaciens et les Bretons sont très forts pour ça. Est-ce que les Aveyronnais répondront ? Nous le verrons.

Les adversaires de "La Couv'"

Du haut en bas et de gauche à droite : Lama (Haute-Corse - Corse), Mittelbergheim (Bas-Rhin - Grand Est), Mirmande (Drôme - Auvergne-Rhône-Alpes), Monpazier (Dordogne - Nouvelle-Aquitaine), Roussillon (Vaucluse Provence-Alpes-Côte d'Azur), Le Mont-Saint-Michel (Manche - Normandie), Semur-en-Brionnais (Saône-et-Loire Bourgogne-Franche-Comté), Yèvre-le-Châtel (Loiret - Centre-Val de Loire), Asnières-sur-Vègre (Sarthe - Pays de la Loire), Île-de-Sein (Finistère - Bretagne), Janvry (Essonne - Île-de-France), Hell-Bourg (La Réunion), Cassel (Nord - Hauts-de-France).

Edition web / long format / rédaction : Camille André, Lola Cros et Guilhem Richaud

Crédits photo : Eva Tissot, Camille André, Guilhem Richaud et France 2.

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