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Instants patrimoine Saint-Nazaire sur les rangs pour le label Ville d’art et d’histoire

Saint-Nazaire s’est officiellement portée candidate auprès du Ministère de la culture pour solliciter le label Ville d’art et d’histoire. Cette labellisation est un enjeu prioritaire inscrit au schéma stratégique de la Ville et essentielle pour la mise en valeur, la protection et la promotion du patrimoine. Pour accompagner cette labellisation, nous vous proposons de partir à la découverte des richesses inédites de notre cité portuaire.

Fresque de l’ancienne école Jean- Jaurès (1933-1934) par Madeleine Massonneau.

Bien que connue et toujours restée plus ou moins visible, cette fresque a été dégagée lors des travaux de rénovation du bâtiment qui fut l’ancien Office Municipal de la Jeunesse et qui accueillera prochainement la Direction Enfance et Education.

La fresque couvre les 4 murs de l’ancien hall de l’école où se situaient à l’origine les logements des instituteurs. Cette école avait été en grande partie reconstruite dans les années 1930 par la Ville. La commande et l’exécution de la fresque prend place dans ce contexte. Malheureusement ce superbe bâtiment sera considérablement détruit par les bombardements pendant la Seconde Guerre mondiale.

Cette œuvre est un précieux témoignage des arts décoratifs de la période. Deux ambiances portuaires bien distinctes s’y découvrent. L’une est un portrait du port de Saint-Nazaire avec ses navires en construction. On y note aussi la silhouette d’un paquebot amarré qui pourrait symboliser la tête de ligne transatlantique. L’autre partie semble évoquer un port d’étier de la Presqu’ile guérandaise avec ses maisons en granit et son activité de pêche. La silhouette n’est pas sans rappeler l’étier du Pouliguen tel qu’il se présentait alors.

La fresque sera prochainement protégée et restaurée par la restauratrice Géraldine Fray, experte habilitée Monuments Historiques.

Villès-Martin. Un phare… à la plage.

Saint-Nazaire possède un important ensemble de phares et de balises. Le phare de Villès-Martin est construit en 1865, dans la foulée de la création du port. Sa forme est originale. Il se présente sous la forme d’une grosse colonne en pierres de taille. Eteint en 1941, il est rallumé le 5 août 1945. Il symbolise alors le soir où « les phares rallumés » ont marqué le retour de la paix. Depuis ce joli petit phare continue à veiller sur les navires… et sur les amateurs de plage de tous les âges.

Ancienne horloge de la gare ferroviaire

Cette ancienne horloge monumentale de la gare ferroviaire (Cie Paris – Orléans) a marqué pendant des décennies la vie des habitants. Monumentale, elle se situait alors sur la façade de la gare dans l’axe de la grande verrière.

Après-guerre, cette horloge sera mise à l’abri par la famille d’architectes Dommée. Ils la conserveront dans leur jardin avant d’en faire don à la Ville. En raison d’un problème de faiblesse structurelle, la repose sur le site d’origine n’est plus possible. Une étude va donc être lancée pour imaginer un nouvel emplacement. Pour l’heure, c’est un jeune expert en sculpture, Florian Gaget, qui s’occupe de sa sauvegarde.

3 questions à Florian Gaget

Comment vous êtes-vous orienté vers ce métier ?

Une passion d’enfant, née de la découverte à l’école de la sculpture et des échanges avec une sculptrice de mon village. J’ai commencé par un CAP et ensuite j’ai passé tous les diplômes qui permettent aujourd’hui d’être expert auprès des Monuments Historiques et des Musées de France. On m’avait conseillé d’apprendre le métier – très exigeant – pas à pas, j’ai pu ainsi comprendre chaque étape. Apprendre la taille de la pierre a été fondamental. J’ai ensuite fait des études d’arts plastiques et d’histoire de l’art. Enfin le Master de Tours.

Aujourd’hui vous êtes un expert reconnu et vous intervenez pour des grands musées comme le Louvre. Que pensez-vous de cette horloge nazairienne ?

Elle est bien sculptée. Une belle pièce. Et pas trop dégradée. Le nettoyage a révélé toute la finesse de la sculpture. J’ai effectué les relevés permettant de mieux comprendre comment elle était assemblée. Pour l’instant ce sont des hypothèses. C’est plus qu’une horloge, on pourrait parler « d’architecture sculptée » dont le remontage nécessitera beaucoup de vérifications.

Oui, car le poids n’est qu’estimatif … ?

Oui et loin de l’horloge de famille… la pièce une fois ré-assemblée pèsera plusieurs tonnes. Après le nettoyage et le repérage de tous les éléments j’ai procédé à leurs emballages afin de les protéger de la pollution et des oiseaux. Désormais nous allons pouvoir passer à la pesée.

Deux halles, deux histoires…

Saint-Nazaire possède deux halles couvertes. Elles sont des patrimoines du quotidien, fréquentées par des milliers de personnes chaque année.

Les halles centrales

Les halles et les deux immeubles qui les entourent forment un des ensembles les plus caractéristiques de la Reconstruction. En mai 1948, l'architecte Claude Dommée est chargé de la réalisation du nouveau marché. Les auvents nervurés de plus de 7 mètres de portée et la couverture constituée par des voutes de béton créent un effet puissant. 4 000m² sont couverts d’une seule volée sans supports intermédiaires. L’ouvrage est conçu de telle manière que dans un sens, l’œil découvre une voute pleine et dans l’autre, une verrière.

Tour de passe-passe ? Habileté d’une recherche architecturale, très maitrisée, qui permet de gérer l’éclairage naturel selon les nécessités du lieu. La lumière des halles ne vient que du nord évitant au soleil de réchauffer les étals, garantissant ainsi une meilleure conservation des denrées alimentaires. L’architecture bio climatique avant l’heure…

Les halles de Méan-Penhoët

Ces halles sont en fait les anciennes halles du centre-ville. Construites en 1877, elles s'élevaient vers l’actuel lycée Notre Dame. Vaste armature métallique, le bâtiment est caractéristique du style dit "Baltard" du nom du concepteur des immenses halles parisiennes. Au début des années 1930, la municipalité songe à reconstruire des halles centrales plus vastes. Les anciennes sont alors démontées et installées à Méan-Penhoët.

Les deux halles nazairiennes sont de beaux témoignages de l’histoire des marchés. Les produits souvent locaux qu’elles abritent sont aussi d’autres formes de patrimoine --- gustatifs cette fois-ci. Gourmands ? non amateurs de patrimoine. nous voilà tout excusés…

Un tableau d’honneur redécouvert

Partons à la (re)découverte d’un émouvant témoignage de l’histoire de la ville retrouvé après une éclipse de quelques 70 ans : le tableau d’honneur des employés municipaux morts pour la France.

C’est par une délibération du 5 février 1920 que le Conseil municipal décide d’honorer la mémoire des employés de la Ville morts pendant la Première Guerre mondiale. Cette belle plaque de marbre est alors installée dans le hall de l’Hôtel de Ville. La cérémonie d’inauguration, le 29 octobre 1920, se fera en interne, au sein des services de la Ville, sans inviter les familles afin de ne pas « raviver les douleurs ».

Après le nom et prénom de chaque agent vient son grade dans l’armée et son service de rattachement en tant qu’employé. 17 agents ont été tués. Si des services sont toujours d’actualité, comme le Service des eaux, ou encore la Police municipale, d’autres par contre, évoquent un temps révolu. Ainsi les préposés d’Octroi nous rappellent que l’entrée dans les villes était alors soumise, pour de multiples marchandises, au paiement d’un droit d’accès. Les « barrières d’octroi » étaient donc gardiennées. De tous les services, c’est la Police municipale qui compte le plus de victimes car, habitués au maniement des armes, les policiers étaient souvent envoyés vers des missions périlleuses.

Il est à noter dans cette triste liste, la présence de Jean Lavallée un des premiers tués nazairiens au front. Il était alors le jeune père d’un petit garçon qui portera le même nom que lui : Jean Lavallée qui deviendra un grand résistant exécuté par les nazis à Buchenwald en 1945.

Le tableau d’honneur sera sauvé des ruines de l’Hôtel de Ville en 1945 sur demande du maire François Blancho, puis remisé dans un entrepôt. Redécouvert récemment dans le cadre des recherches conduites pour la candidature Ville d’Art et d’Histoire, il est en cours de restauration selon la Charte de Venise. Il conservera ainsi la mémoire des traces des bombardements, tout en retrouvant sa forme d’origine.

Ecole Jean Jaurès : la fresque des jeux et des savoirs

Pour ce sixième rendez-vous d’Instants patrimoine, partons à la découverte de la fresque située dans l’escalier central de l’école Jean-Jaurès. Une œuvre qui fait la part belle à l’enseignement et à l’apprentissage chez l’enfant.

L’école Jean Jaurès est le premier bâtiment public reconstruit. La nouvelle école est un bâtiment très important de la Reconstruction, autant par sa taille, 4 000m², que par sa qualité architecturale. Elle est conçue comme un manifeste de la renaissance de la ville au cœur de laquelle l’enfant et l’enseignement prennent une place importante.

Construite en schiste et granite, tout en utilisant des planchers bétons, protégée par ses vastes toits d’ardoises, l’architecture est d’un style régionaliste tout en observant un plan et des dispositions modernes. L’école est orientée par rapport à la course du soleil et coupée des vents dominants du sud-ouest. Coté océan, l’école fait le « gros dos » à l’abri d’épais murs de pierre. A l’inverse elle est entièrement ouverte vers l’est afin de bénéficier de la lumière naturelle du matin lors des apprentissages « sur table ».

Innovant pour l’époque, le chauffage par le sol est une petite révolution. Il alimente les bains-douches situés de l’autre côté de la rue. Les deux bâtiments sont complémentaires : en semaine c’est l’école qui est la première consommatrice tandis que le weekend les flux s’inversent.

L’école Jean Jaurès devient le premier manifeste du « 1 % » à Saint-Nazaire, par son programme d’arts décoratifs. Cette loi, qui s’inspire de réflexions d’avant-guerre, prévoit d’affecter 1 % de la construction de toute nouvelle école à la réalisation d’une œuvre artistique. Une fresque est réalisée dans l’escalier central d’accès à la grande salle d’activités. Elle illustre la nouvelle donne éducative : la forme triangulaire de la peinture permet une lecture (à partir de la base) où se situent les premières expériences liées aux jeux, vers les enseignements-clefs. A la lecture (Molière), succèdent l’algèbre, la géométrie, la géographie (le globe), l’histoire. Celle-ci est personnifiée par un fortin au drapeau tricolore. La fresque semble rappeler que les apprentissages par le jeu ne sont pas à opposer à l’enseignement « de l’école ». Bien au contraire. L’un nourrit l’autre. Et à y regarder de plus près, voilier ou peluche pourraient bien provenir du sapin de Noël.

L’œuvre est réalisée par le peintre toulousain Arthur Fagés. De grande taille, 3 mètres sur 5 mètres, elle a été réalisée directement sur l’enduit.

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