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"À toute vitesse !" : exploitation du B. O. Découvrir le thème à travers les références proposées dans le B. O.

Le nouveau thème au programme en CGE au BTS, pour les sessions 2020 et 2021, est paru au B. O. n°10 du 7 mars 2019. En voici le détail.

Problématique

La vitesse permet de multiplier les possibles, de vivre avec intensité de nombreuses expériences. La vitesse est grisante, elle procure une ivresse qui nous ravit. Qu'il s'agisse du coureur, du cavalier ou du pilote, la quête du record nécessite exploits physiques et techniques. Le dépassement des limites qu'elle implique a quelque chose de fascinant.

La modernité et les progrès techniques modifient notre rapport au temps et à l'espace. La rapidité devient une compétence essentielle : il faut être réactif, prendre des décisions dans l'urgence, parfois au détriment de la réflexion et de la suspension du jugement. Les phénomènes d'accélération s'amplifient dans tous les domaines : moyens de transports toujours plus rapides, transmission des données en temps réel, gains de productivité, etc. Avec l'accomplissement quasi simultané de multiples tâches, notre perception de la réalité change et notre rythme de vie s'accélère. Il n'y a plus une minute à perdre.

Aller plus vite devrait permettre de dégager du temps. Nous avons pourtant souvent l'impression d'en manquer et d'être soumis à une permanente course contre la montre qui suscite pression et angoisse. Nous avons tendance à multiplier les activités ponctuelles qui n'apportent que des satisfactions éphémères. Comment ne pas céder à l'illusion du gain de temps ? La vitesse qui nous emporte incite à vivre dans un présent sans cesse renouvelé, dans une frustration perpétuelle. Comment, dès lors, garder le contrôle de nos vies sans nous laisser happer par la vitesse ?

La vitesse et l'intensité ont toujours été associées à des vies fulgurantes et exceptionnelles. Pratique de sports extrêmes, conduites à risque : certains choisissent de vivre vite et pleinement, quitte à mettre leur existence en danger. La lenteur semble être dévalorisée. Cependant de multiples activités humaines - création, recherche, artisanat, etc. - nécessitent patience et longueur de temps. Nombreux sont ceux qui refusent l'accélération constante de nos vies et prônent le retour à des rythmes plus lents, mieux ancrés dans les cycles de la nature et le respect des temps biologiques. Ne faut-il pas accepter de perdre du temps pour s'inscrire dans une durée épanouissante ? Comment trouver le bon tempo, le rythme qui convient ? Comment donc prendre le temps de vivre sans pour autant se priver de tous les possibles qu'offre la vitesse ?

Identifier les principales idées de ce thème et structurez-les comme si vous souhaitiez en faire l'examen à travers différents chapitres.

Mots-clés et expressions

accélération, aérodynamisme, allegro, atermoiement, bolide, circuit, contemplation, diffusion de l'information, élan, embouteillage, empressement, ennui, flow (rap), fulgurance, griserie, hâte, immédiateté, imminence, immobilité, immobilisme, indolence, inertie, information en temps réel, instantanéité, ivresse, lenteur, marche, méditation, optimisation, paralysie, paresse, patience, pesanteur, procrastination, promptitude, ralentissement, record, retard, rythme, slow, spontanéité, sprint, statisme, tapis volant, téléportation, tempo, temps médiatique, tergiversation, TGV, ubiquité, urgence, vélocité, virtuosité.

Expressions : vivre à cent à l'heure, vitesse de croisière, vitesse de la lumière, à la vitesse de l'éclair, tout schuss, vitesse grand V, excès de vitesse, course contre la montre, à toute allure, au pas de course, fast food, slow food, prendre de court, mur du son, en perte de vitesse, flux tendu, blitzkrieg, Formule 1, 24 heures du Mans, c'est un vrai marathon, fondre sur sa proie, perdre son temps, prendre son temps, tirer plus vite que son ombre, limitation de vitesse, mesure dilatoire, un train de sénateur, se hâter avec lenteur, festina lente, en mode accéléré, au ralenti, confondre vitesse et précipitation, illico presto, Chi va piano, va sano e va lontano, « Citius, Altius, Fortius », faire long feu, prendre de vitesse, à deux vitesses.

1. Pour chacun des deux paragraphes, vérifiez la définition des termes et expressions que vous ne connaissez pas
2. Choisissez deux mots-clés et une expression (ou l'inverse) qui ne soient pas synonymes. Donnez, pour chacun, un exemple, contextualisé et justifié, tiré d'une œuvre (différente pour chaque terme) de votre connaissance (roman, théâtre, poésie, cinéma, série...)

découvrir le thème en images

Théodore Géricault: "Le Derby d'Epsom"

Théodore Géricault, passionné de chevaux, réalisa Le Derby d'Epsom en 1821, prenant comme sujet l'une des plus prestigieuses courses hippiques anglaises.

1. Comment le peintre s'y prend-il pour figurer la vitesse?
2. Y a-t-il dans ce tableau quelque chose qui vous étonne?

Ce tableau suscita des polémiques dans les années qui suivirent, certains pointant son caractère irréaliste dans la peinture du mouvement des chevaux. Ainsi, l'inventeur, photographe et spécialiste du monde animal Étienne-Jules Marey soutient que les chevaux n'ont jamais à la fois les quatre jambes à l'horizontale, au-dessus du sol, lorsqu'ils courent, contrairement à ce que représente le tableau de Géricault. Car la course du cheval demeure à l'époque de Géricault difficilement observable (l'observation se fait à l’œil nu). Ce sera Eadweard Muybridge qui produire la preuve de cette erreur du peintre à travers une série de prises de vue désormais célèbre.

Étienne-Jules Marey

Le propos qui suit est repris de la notice wikipédia consacrée à Étienne-Jules Marey.

Portrait de Marey par Nadar, 1878.

Français né en 1830 et mort en 1904 est un médecin touche à tout et inventeur qui se spécialisa dans l'observation et l'analyse de ce qu'il appelle "la machine animale" dans un ouvrage de 1873, c'est-à-dire les mécanismes des différents modes de déplacement et de leurs diverses allures.

Dans les années 1870, il commence à étudier la « locomotion terrestre » et d’abord celle de l’homme. L’étude porte sur la marche, puis sur la course, déterminant ainsi les trois données de ces mécanismes : « sa durée, ses phases et son intensité ». Il enregistre également ce qu’il appelle les « réactions ». Marey s'intéresse d'abord à l'homme puis aux allures des quadrupèdes, notamment celles du cheval. Il comprend que le galop, allure rapide difficilement observable dans ses détails par l’œil humain, est mal interprété, y compris par les milieux savants, erreur que les peintres reproduisent dans leurs tableaux équestres quand ils montrent des chevaux au galop les quatre membres en extension au-dessus du sol. C'est ainsi qu'il remet en question la représentation de Géricault.

En 1878, Marey devient membre de l'Académie des sciences au fauteuil de Claude Bernard. Son intérêt pour l'étude du mouvement chez les êtres vivants est aussi vif et, après la découverte des travaux du Britannique Muybridge, qu'il rencontre en 1881, il utilise la photographie comme outil principal de ses recherches.

Pélican volant, chronophotographie sur plaque fixe, 1887.

En 1882, Marey invente la chronophotographie, procédé encore utilisé de nos jours, en s'inspirant du revolver astronomique de Jules Janssen (1874). Cette technique consiste à prendre en rafale des instantanés sur une même plaque fixe de verre enduite de gélatinobromure, avec un appareil de prise de vues muni d'un seul objectif — contrairement aux méthodes de Muybridge qui utilise plusieurs appareils et autant d'objectifs, et de Louis Aimé Augustin Le Prince — qui opère sur des sujets clairs disposés devant un fond noir afin de pouvoir analyser avec précision les différentes positions des corps au cours d'un mouvement.

Otto Lund épaulant en 1882 à Naples le fusil photographique de Marey.

En 1882 toujours, il met au point le fusil photographique, avec le fabricant d'obturateurs parisien Otto Lund. il s'agit d'un appareil qui peut photographier en douze poses d'1/720e de seconde chacune un sujet « sur nature » en épaulant comme avec un vrai fusil, permettant ainsi de suivre un mouvement particulièrement rapide. Il modernisera l'appareil les années suivantes, passant du verre au film comme support.

Durant l'été 1889, il réalise les premiers films scientifiques du cinéma, tels que "La Goutte d'eau tombant dans l'encre", à l'aide d'une caméra argentique qu'il développe en collaboration avec son bras droit, Georges Demenÿ et qu'il nomme "chronophotographe" (le mot "chronophotographie" sera retenu officiellement en 1889). Cette caméra photochronographique (première appellation) est brevetée le 3 octobre 1890 et modifiée en 1890 par Georges Demenÿ qui continue à améliorer l'appareil les années suivantes. En 1894, les deux hommes se séparent: Marey ne voit pas d'intérêt au développement de la technique autre que scientifique (le procédé lui sert à affiner ses études du mouvement animal) quand Demenÿ voit dans la recomposition du mouvement un potentiel spectacle. Dans le même temps, les procédés qui donneront naissance au cinématographe des Frères Lumières sont mis au point par Edison aux États-Unis.

Malgré ce "manqué" avec l'invention qui allait révolutionner le monde des arts au XXe siècle, l'influence de Marey sur ce domaine est considéré comme majeure.

  • Historiquement, le premier lightpainting a été créé en août 1882 par Étienne-Jules Marey: il s'est amusé à signer son nom avec une boule blanche en se déplaçant devant un mur sombre et en enregistrant photographiquement toute l'opération.
  • Le futurisme italien à partir de 1909 paraît entretenir des liens étroits avec la représentation du mouvement de Marey
  • Nu descendant un escalier n°2 de Marcel Duchamp (1912): le cubisme du peintre s'y exprime en filiation avec un cinéma encore dans son enfance. Marcel Duchamp cite explicitement Marey comme l'une des inspirations pour ce tableau.
  • Holy Motors, long-métrage de Leos Carax (2012): ce film est entrecoupé d'images chrono-photographiques, extraites de plusieurs films de Marey.
Premier lightpainting au monde : signature d'Étienne-Jules Marey en 1882.

Eadweard Muybridge

Le propos qui suit est repris de la notice wikipédia consacrée à Eadweard Muybridge.

Eadweard Muybridge (1830-1904) est un photographe britannique, renommé pour ses décompositions photographiques du mouvement (zoopraxographie, littéralement « description de la locomotion animale »).

Parti aux États-Unis en 1855, il y étudie la photographie et investit dans un matériel de pointe pour l'époque. Sa renommée grandit grâce à sa collaboration avec le United States Coast Survey en tant que photographe paysagiste. Ses reportages sur la guerre indienne entre le gouvernement américain et les Modocs, ainsi que les premières photos du parc national de Yosemite font sensation. Elles seront primées en 1867.

Photo of Vernal Falls at Yosemite by Eadweard Muybridge, 1872

La même année, il devient le photographe officiel de la présence militaire américaine en Alaska. Entre 1868 et 1873, il arpente le Far West, où il réalise 2 451 clichés . Parmi ses œuvres célèbres, citons son panorama à 360° de la ville de San Francisco (1878).

Panorama of San Francisco by Eadweard Muybridge, 1878.

Grâce à l'un de ses clients, Muybridge prend connaissance de la polémique sur le galop du cheval amorcé par Marey contre les représentations picturales du cheval, notamment celle de Géricault. Mais Marey et les scientifiques de l'époque manquent de preuves: un prix est offert à qui résoudra le mystère que Muybridge se propose de gagner en utilisant la photographie.

Le dispositif mis en place par Muybridge

En 1878 il dispose vingt-quatre appareils (des chambres photographiques) le long d'une piste équestre blanchie à la chaux. De minces fils tendus sur le parcours du cheval sont heurtés violemment par son poitrail lancé au galop et se détachent après avoir déclenché à distance les chambres photographiques l'une après l'autre. Muybridge obtient ainsi les fameux clichés qui confirment la théorie de Marey.

Il s'intéresse dès lors au mouvement, animal et humain. Il met au point le zoopraxiscope, un projecteur qui recompose le mouvement par la vision rapide et successive des phases du mouvement. Cet appareil se compose d'une grande lanterne de projection, d'un disque de verre présentant sur son pourtour des silhouettes peintes à partir des instantanés et d'un disque fenêtré tournant en sens inverse, servant d'obturateur. La machine est réalisée dès 1879. Ses travaux le posent en précurseur du cinéma.

L'appareil avec l'un de ses disques

À l'Exposition universelle de 1893 (Chicago), Muybridge donna une série de représentations sur la Science of Animal Locomotion dans le Zoopraxographical Hall, construit spécialement dans ce but dans la section « Midway Plaisance » du parc. Il utilisa son zoopraxiscope pour montrer ses films à un public payant faisant de ce pavillon, la toute première salle de cinéma commerciale

Le zoopraxiscope en action

Ces clichés mis à la suite les uns des autres peuvent ainsi donner une impression d'animation. On peut le voir ici par exemple. Muybridge appliqua son procédé à divers sujets, animaux mais aussi humains. On trouve ainsi des garçons jouant à saute-mouton ou encore une femme nue descendant un escalier, sujet qui inspirera, quelques années plus tard, le peintre Marcel Duchamp avec son Nu descendant un escalier n°2.

Marcel Duchamp: "Nu descendant un escalier n°2"

Cette toile de 1912 constitue l’œuvre qui amène Marcel Duchamp sur le devant de la scène artistique. Le travail sur ce sujet débute en 1911 avec une série d'esquisses et une première version, sur carton.

"Nu descendant un escalier n°1"

La deuxième version considérée comme aboutie et proposée pour être exposée, est une huile sur toile. Elle connut des débuts difficiles puisque même s'il se réclamait du cubisme, Duchamp vit son tableau refusé pour le Salon des Indépendants de 1912, notamment à cause de son titre qu'on lui demande de changer. Il s'y refuse. Le Nu sera exposé en octobre 1912 au Salon de la Section d'Or puis aux États-Unis en 1913 dans une grande exposition d'art moderne: l'Armory Show. Le tableau sera alors acheté et reste depuis aux États-Unis, au Philadelphia Museum of Art

"Nu descendant un escalier n°2"

Voici ce que Marcel Duchamp dit lui-même de cette œuvre:

« Cette version définitive du Nu descendant un escalier, peinte en janvier 1912, fut la convergence dans mon esprit de divers intérêts, dont le cinéma, encore en enfance, et la séparation des positions statiques dans les chronophotographies de Marey en France, d'Eakins et Muybridge en Amérique.

Peint, comme il l'est, en sévères couleurs bois, le nu anatomique n'existe pas, ou du moins, ne peut pas être vu, car je renonçai complètement à l'apparence naturaliste d'un nu, ne conservant que ces quelque vingt différentes positions statiques dans l'acte successif de la descente. (...)

Je me sentais plus cubiste que futuriste dans cette abstraction d'un nu descendant un escalier : l'aspect général et le chromatisme brunâtre du tableau sont nettement cubistes, même si le traitement du mouvement a quelques connotations futuristes. »

Ce propos rappelle explicitement le lien entre la décomposition du mouvement transcrit en peinture par Duchamp et la décomposition du mouvement abordé de manière scientifique par Marey et Muybridge. Mais il ouvre aussi la porte vers deux mouvements artistiques de l'époque avec lesquels il entre en résonance: le cubisme et le futurisme qui ont tous deux inspiré Duchamp. Dans le cubisme, l'artiste recompose un objet appréhendé depuis une multitude d'angles de vue. On représente plusieurs aspects simultanés d'un objet dans un même espace. Dans le Futurisme, mouvement italien des années 1910, l'artiste utilise formes, rythmes et couleurs pour créer un sentiment d'énergie et essayer de capter le mouvement. Le mouvement se caractérise en outre par un goût prononcé pour la vitesse et les machines, le mécanique.

Exemple de Futurisme: Luigi Russolo, Dynamisme d'une automobile, 1912-1913

Le Nu descendant un escalier n°2 se situe à la fois à la convergence des deux mouvements et en rupture avec chacun d'eux. Le choix d'un nu pose problème par rapport au futurisme qui le proscrit totalement de sa pratique. Pour autant, le tableau propose bien une décomposition du mouvement, comme le futurisme a pu le proposer juste avant Duchamp dans un tableau de Giacomo Balla: Dynamisme d'un chien en laisse.

Exemple de Futurisme: Giacomo Balla, Dynamisme d'un chien en laisse, 1912

Par ailleurs, ce nu apparaît d'emblée particulier puisque le modèle ne pose pas, comme il est de coutume, mais se déplace. Et cela pose question pour le cubisme puisque la démarche implique que l'artiste se déplace autour de l’œuvre pour la décomposer. Là, c'est le modèle qui se retrouve en mouvement. Il y a un dynamisme quand les cubistes veulent des formes figées.

Exemple de cubisme: Juan Gris, Nature morte au plat de fruits et à la mandoline, 1919,
Travail à la maison: allez sur le site du Ministère de la Culture "Moteur Collections" (bouton ci-dessus) et effectuez une recherche à partir de l'un des mots clés du programme. À partir du résultat obtenu, choisissez une œuvre et proposez-en une analyse en lien avec les enjeux du programme (et en particulier avec le mot clé choisi). Vous n'oublierez pas de préalablement présenter en détail l’œuvre choisie et d'en proposer une reproduction.

Découvrir le thème avec quelques textes littéraires courts

La bibliographie indicative propose plusieurs textes courts qui offrent la possibilité de défricher certains aspects du thème

"Le Lièvre et la Tortue" de Jean de La Fontaine (1668)

Fable parmi les plus célèbres, et les plus apprises dans les petites classes, "Le Lièvre et la Tortue", publiée pour la première fois en 1668, présente une course où l'animal le plus lent triomphe paradoxalement sur l'animal le plus rapide (pdf du texte ici)

1. Où se trouve la morale de la fable? Comment la comprenez-vous?
2. Que démontre la Tortue au Lièvre à travers ce pari et cette course?
3. Comment reliez-vous cette fable aux éléments de notre thème (aspects de la problématique, mots clés et expressions)?

Quelques rappels et prolongements autour de cette fable. Elle fut d'abord inspirée et adaptée, comme nombre de fables de La Fontaine, des Fables d'Esope, auteur grec des VIIe et VIe siècle avant Jesus-Christ. Voici une traduction de celle-ci:

La Tortue et le Lièvre, par Esope

Ensuite, la fable de La Fontaine fut illustrée par Gustave Doré au XIXe siècle:

Illustration du Lièvre et la Tortue par Gustave Doré

Enfin, signalons que cette fable fit l'objet de deux adaptations en dessins animés. La plus célèbre est celle des Studios Walt Disney, de 1935, issue de la série des Silly Symphonies, oscar du meilleur court-métrage d'animation en 1934 (le film est sorti le 31 décembre 1934).

1. Comment sont représentées d'une part la vitesse du Lièvre, d'autre part la lenteur de la tortue au début de la course?
2. Comment la constance de la course de la tortue est-elle mise en scène dans ce film d'animation?
3. À quels exploits se livre le Lièvre qui illustrent directement son exceptionnelle vitesse?
4. Pour quelles raisons le Lièvre perd-il la course?

"Le Réveil en voiture" de Gérard de Nerval (1832)

Ce poème de 1832 fut publié en 1853 dans le recueil Odelettes. Gérard de Nerval, poète de la première moitié du XIXe siècle ayant beaucoup voyagé (il est l'auteur, notamment, de Voyage en Orient qui s'inspire en partie de ses propres périples), y décrit une expérience de voyage en malle-poste (c'est ce que désigne le mot "poste" à la fin du poème), voiture à cheval transportant le courrier mais pouvant prendre quelques passagers et réputée plus rapide qu'une diligence (pdf ici).

Expliquez la vision, nouvelle, qu'a du monde Gérard de Nerval. De quelle manière tente-t-elle de traduire une impression de vitesse? Relevez et analysez au moins un exemple de cela.

"Voyage en Belgique" de Victor Hugo (1837)

Poète romantique, Victor Hugo ne fut pas, à la différence de Nerval par exemple, un écrivain voyageur. Néanmoins, un voyage en Belgique sera l'occasion de prendre goût aux possibilités offertes par le train. Il en témoigne dans une des lettres qu'il écrit à son épouse Adèle et qui peut être lue dans son intégralité ici (pdf de l'extrait ici).

1. La rapidité de déplacement d'un point à un autre offre des possibilités nouvelles à Victor Hugo: qu'en profite-t-il pour faire dès son arrivée en ville?
2. Quels sont les effets de la vitesse sur le paysage? Citez précisément le texte.
3. Quelle image utilise finalement Victor Hugo pour désigner le train? Pour quelle raison selon vous?

"Ode" de Valery Larbaud (1913)

Valery Larbaud est un poète français de la première moitié du XXe siècle. Il voyagea beaucoup en Europe, écrivit sous divers pseudonymes dont A. O. Barnabooth, publia des poèmes, nouvelles et romans et fonda Commerce, une revue littéraire européenne, proposant des traductions, avec Paul Valéry et Léon-Paul Fargue en 1924. Dans "Ode", en 1913, il témoigne de son affection pour le train (pdf ici).

1. De quelle manière Larbaud considère-t-il le train? Sur quelles caractéristiques se fonde sa célébration?
2. Analysez la dernière strophe: que permet le train au poète?

"Prose du Transsibérien" de Blaise Cendrars (1913)

Grand voyageur, Blaise Cendrars, né en 1887, fugua de chez lui, en Suisse, à 16 ans, pour un long voyage en Russie. Prose du Transsibérien, son poème le plus célèbre, revient sur ce voyage le long de cette ligne ferroviaire mythique, le Transsibérien, qui traverse la Russie jusqu'à la Chine sur plus de 9000 kilomètres. Ce poème est également connu pour être le "premier livre simultané": il fut illustré par Sonia Delaunay dans un format particulier. Dans le poème, le poète effectue le voyage de Moscou à Kharbine (Harbin, en Chine) en compagnie de Jeanne, jeune française. Le poème intégral peut se lire ici. En voici un extrait (pdf ici):

1. Ce poème est écrit en vers libres. Quel est l'intérêt d'une telle forme pour le sujet traité selon vous? Développez votre réponse avec des exemples précis.
2. Comment sont retranscrits la vitesse et les mouvements du train?
Extraits du "livre simultané" réalisé par Sonia Delaunay. Cliquez sur les images, notamment celle en haut à gauche, pour vous rendre compte de ce que certains ont qualifié, d'"éclatante carte routière verticale".
Comment interprétez-vous les choix graphiques et esthétiques de Sonia Delaunay?

Quelques textes d'idées pour découvrir le thème

Marinetti: "Manifestes du Futurisme"

Premier Manifeste (1909)

"Le manifeste du futurisme fut écrit par le poète italien Filippo Tommaso Marinetti. Il fut publié dans le quotidien italien Gazzetta dell'Emilia, à Bologne, le 5 février 1909, puis en français dans Le Figaro, le 20 février 1909. C'était le lancement d'une philosophie artistique, le futurisme, qui était un rejet du passé et une célébration de la vitesse, de la machinerie, de la violence, de la jeunesse et de l'industrie. C'était aussi un argument en faveur du rajeunissement et de la modernisation culturelle de l'Italie." (site Le Futurisme.net) (pdf du Manifeste ici)

Premier Manifeste du Futurisme paru en Une du Figaro le 20 février 1909
1. Quels sont les principes du Futurisme énoncés dans ce manifeste que vous pouvez relier à notre thème?
2. Effectuez une recherche sur le Futurisme. Résumez-en les grandes étapes et orientations et proposez 3 œuvres, de trois artistes différents, que vous relierez à notre thème.

Pour vous aider dans votre recherche, outre les indications de la page wikipedia donnée plus haut, vous pourrez vous reporter au site de l'exposition Le Futurisme à Paris qui s'est tenue au Centre Pompidou en 2009, pour le centenaire du Manifeste. L'exposition possède également une page wikipedia. En outre, vous pourrez visionner ici une vidéo intéressante sur l'événement et le manifeste lui-même.

Affiche de l'exposition Le Futurisme à Paris

Ce texte sera suivi, quelques années plus tard, en 1916, pendant la Première Guerre mondiale, d'un autre texte théorique qui viendra en préciser certaines idées, toujours avec le même esprit de provocation à l'égard de la bourgeoisie et de l'art institué (pdf ici).

La nouvelle religion-morale de la vitesse de Marinetti, ou le Nouveau Manifeste du Futurisme
1. Quelles vertus Marinetti accorde-t-il à la vitesse? Et à l'inverse que reproche-t-il à la lenteur?
2. Comment Marinetti considère-t-il les machines (et en particulier les automobiles)? À quoi les oppose-t-il?
3. Quel discours Marinetti tient-il sur l'amour, et sur son lien à la vitesse, dans ce texte?

Roland Barthes: Mythologies, "La Nouvelle Citroën" (1957)

Dans son essai Mythologies, l'essayiste Roland Barthes tente de saisir, dans de courts textes, des emblèmes, sortes de mythes modernes, de la société française d'après-guerre. Dans notre extrait, c'est à la célèbre voiture de Citroën, la DS, dont le premier modèle sortit en 1955, que le critique s'attache. La postérité du véhicule, qui deviendra la voiture officielle de la Présidence française sous le Général de Gaulle, dans des films et séries, en France et à l'international (on le trouve dans Battlestar Galactica, Buffy contre les vampires ou encore Mentalist , appuie son propos) (pdf ici).

1. Comment Barthes considère-t-il la DS?
2. Quels sont les attributs qu'il lui prête et qui semblent justifier cela?
3. En quoi y a-t-il, avec la DS, un renouveau dans le rapport à la vitesse automobile?

Notons qu'à l'automne 2005, pour les 50 ans de la sortie du véhicule, une grande exposition avait été organisée pour célébrer l'événement à la FIAC (Foire International d'Art Contemporain) de Paris. On peut retrouver ici quelques informations sur cette manifestation.

Clément Chéroux, "Vues du train" (1996)

Historien de la photographie et depuis 2016 conservateur en chef de la photographie du Musée d'art moderne de San Francisco, Clément Chéroux analyse, dans l'article "Vues du train", que l'on peut retrouver intégralement ici, la manière dont la vitesse du train modifie la vision des passagers (pdf de l'extrait ici).

1. Quels sont les différents impacts de la vitesse sur la vision du paysage par les passagers?
2. Quelles conséquences sur la peinture et les arts plastiques? Citez les exemples donnés dans l'extrait.
Turner, Pluie, Vapeur et Vitesse (1844)

William Turner, "Pluie, Vapeur et Vitesse" (1844)

Le peintre anglais Turner compose en 1844 cette toile dont le titre complet est Pluie, Vapeur et Vitesse - Le Grand Chemin de fer de l'Ouest. Cette toile représente une locomotive passant sur un pont de chemin de fer, construit entre 1837 et 1839, enjambant la Tamise à Maidenhead. La locomotive représentée était l'une des plus modernes de l'époque : la Firefly. Le tableau, brumeux, offre néanmoins des détails que l'on perçoit soit en zoomant dans la toile, soit en regardant cette vidéo qui recompose les effets de la toile:

1. Selon quelle composition est structurée le tableau?
2. Quels détails pouvez-vous repérer dans la toile?
3. En associant les réponses aux deux précédentes questions, comment interprétez-vous le tableau?

Parmi les différents détails à peine perceptibles, certains évoquent la présence d'un lièvre, sur les voies, en bas à droite du tableau. Il symboliserait la confrontation entre deux vitesses: celle naturelle de l'animal, à travers l'un de ses représentants emblématiques, et celle artificielle, de la machine, et son écrasante domination.

Jean-Philippe Domecq, "Ce que nous dit la vitesse" (2013)

Essayiste connu pour des travaux critiques de l'art contemporain et de son milieu, Jean-Philippe Domecq analyse la vitesse dès 1994 dans son essai Ce que nous dit la vitesse, réédité en 2013. Il se penche en particulier sur le sport automobile majeur: la Formule 1, et l'ivresse que la vitesse procure aux pilotes (pdf de l'extrait ici).

1. De quelle manière Jean-Philippe Domecq décrit-il la vitesse comme un besoin pour les pilotes de course?
2. Quels plaisirs la vitesse procure-t-elle aux pilotes?

"Rush", de Ron Howard (2013)

Sorti sur les écrans en 2013, Rush, de Ron Howard (Willow, Backdraft, Apollo 13, Un homme d'exception) raconte l'histoire - vraie - de la rivalité entre deux coureurs automobiles des années 1970: le britannique James Hunt (une fois champion du monde en 1976) et le l'Autrichien Niki Lauda (triple champion du monde en 1975, 1977 et 1984).

Quelles citations pouvez-vous relever dans cette bande annonce en lien avec la vitesse?

Aborder le thème avec des sujets

1. Par groupes de 3 (ou 4). Fabriquer un corpus de synthèse de documents avec une image un texte littéraire et un texte d'idées (les parties du Spark vous aideront à distinguer texte littéraire et texte d'idées). Élaborer un tableau de synthèse proposant au moins 3 pistes d'exploration.
2. Individuellement. Se répartir les pistes du tableau de synthèse. En rédiger chacun une différente.
3. Écriture personnelle: "Selon vous, en quoi la vitesse permet-elle de percevoir le monde différemment?"
Created By
aurélien pigeat
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