des Cévennes à la Haute-Loire une petite escapade de trois jours, en passant par le Tarn

J'ai la chance de vivre à moins d'une heure des Cévennes, entre Montpellier et Nimes, alors j'ai profité d'une pause de 3 jours pour partir à l'improviste.

Départ de l'Hérault

Départ de chez moi, Saint Jean de Cornies, jeudi dernier, pour aller voir l'horizon de haut, direction l'Aigoual. J'ai pris la route passant par Saint Mathieu de Tréviers, à 15 minutes, d'où l'on a déjà une vue magnifique du Pic Saint Loup.

depuis la route entre Saint Beauzille de Montmel et Saint Mathieu de Tréviers

Quelques années auparavant, nous étions montés sur le Pic Saint Loup en famille. C'est une belle balade qui se fait tranquillement en 1 heure depuis le village de Cazevieille, mais cette fois-ci, je n'ai fait que passer sans m'arrêter.

Balade vers le sommet du Pic Saint Loup (2014)

Ensuite, récupération de la D986 en direction de Ganges au niveau de Saint Martin de Londres. De Saint Mathieu à Saint Martin, il n'est pas rare de voir des planeurs évoluer dans le ciel, car nous passons à proximité du centre de vol à voile du Pic Saint Loup, dont le chef pilote est notre voisin de rue, Michel, qui habite aussi à Saint de Cornies.

Entrée dans le Parc National des Cévennes

Après Saint Martin de Londres, je vais rejoindre l'Hérault, au niveau de Saint Beauzille de Putois. De là, la route va serpenter tout le long de la rivière, avec de nombreux agréables points de vue. Si comme moi, vous vous arrêtez souvent pour mieux apprécier et vous avancer jusqu'au bord de l'eau, vous risquez d'en avoir pour un moment avant d'entrer dans le Parc National des Cévennes, officiellement juste après Saint Beauzille.

Les bords de l'Hérault, le long de la route vers Ganges
Après la traversée de Ganges, je continue en direction de Pont d'Hérault, toujours sur cette belle route longeant la rivière. Après Pont d'Hérault, je vais prendre la petite route à droite au Rey, qui monte en serpentant vers Mandagout. Nous attaquons là les belles routes sinueuses Cévennoles où à chaque virage, une nouvelle vue magnifique apparait, donnant tantôt sur un verger fleuri, tantôt sur de belles maisons traditionnelles en pierre.

En route vers l'Espérou

Après Mandagout, ça monte sérieusement et la vue devient panoramique à chaque tour de virage. Attention, mieux vaut s'arrêter pour en profiter et se garer correctement si vous ne voulez pas finir au bas du ravin ! En cours de chemin, je m'arrête au Cap de Coste, où je rencontre Rebecca qui est en train de refaire quelques pancartes du GR pour indiquer le gîte d'étape dont elle s'occupe. Il fait déjà un temps magnifique et chaud pour un début Avril, mais il n'y a encore personne à part des chenilles processionnaires qui traversent la cour. Elle vient d'acheter une perceuse, et me demande un coup de main pour fixer la mèche. Rebecca respire la gentillesse, on le sent dès le premier bonjour. Allez visiter son site, et regardez cette video de Marc Khanne qui vous donnera une idée du lieu et du personnage.

A voir : les documentaires de Marc Khanne

Vous pouvez l'aider à terminer son prochain documentaire sur la transhumance.

Kilaï, ma compagne de route

Après une balade d'une demi-heure autour du gîte pour explorer l'endroit avec Kilaï, je reprends la voiture. Je m'arrête encore quelques fois pour marcher et entamer quelques sentiers que malheureusement, je n'ai pas le temps de faire en entier avant la tombée de la nuit. Le soleil est déjà bas quand j'approche des cascades d'Orgon. Il faudra que je revienne !

Du Bonheur vers Meyrueis

Je file direction l'Espérou, passe près de la rivière nommée le Bonheur, vers Camprieu. Lumière et arbres sont magnifiques. Je me dirige ensuite vers Meyrueis. Le village, hautement touristique en été, est désert en cette saison. Je monte vite fait admirer le point de vue depuis le rocher, avant d'aller dîner dans un petit resto au bord du ruisseau. Ensuite, direction Aiguebonne, où j'ai prévu de dormir au gîte d'étape, chez Claire et Denis.

Le Gîte d'étape d'Aiguebonne, près de Lanuéjols

J'arrive chez eux tant bien que mal vers 21h, il fait déjà nuit, et je débarque mes quelques affaires. Je serai seul dans le grand dortoir avec Kilaï. Un brin de toilette, et hop, je saute dans mon duvet.

Pause à Aiguebonne

Le lendemain matin, je monte à la salle d'accueil du hameau. Denis a prévu pour moi du café, du pain, beurre et confitures. Simple, mais efficace ! Il n'est pas là, car il s'occupe de sa belle-maman qui est assez âgée. Je déjeûne seul, en écoutant les oiseaux chanter devant la fenêtre. Il fait de nouveau un temps magnifique, mais il n'y a pas grand monde, à part un couple Parisien avec leur petite Suzanne âgée d'un peu plus d'un an. Ils habitent près du Père Lachaise, non loin du quartier où on habitait avant de quitter Paris il y a plus de 15 ans. On papote un peu, puis je vais traîner le reste de la matinée dans le hameau et visiter les environs de la rivière avec Kilaï, qui bien entendu, n'a pas pu s'empêcher de s'y jeter. Le hameau est paisible et très agréable, et vous en aurez une bonne idée en regardant leur site internet. Je pense que j'y retournerai l'été pour quelques jours avec le reste de la famille. Il y a de quoi se balader, se baigner, faire du VTT ou du cheval dans les parages, au vert et loin des spots super touristiques.

A mon retour, en fin de matinée, je m'arrête discuter avec Denis, qui me raconte un peu son histoire d'éleveur et d'agriculteur ayant vécu 40 ans sur place. Il aspire aujourd'hui à un peu de repos, tout en s'enthousiasmant avec Claire, son épouse, pour les médecines et pratiques traditionnelles d'origine Africaine avec lesquelles ils se sont familiarisés au travers de plusieurs voyages. Ils accueillent maintenant des stages et séminaires animés par plusieurs intervenants gravitant autour du sujet et sont très impliqués dans une association, Prometra, dont Claire, psychothérapeute et sophrologue, est la présidente.

Il est déjà midi quand je me décide à partir pour la suite de mon périple. Je salue Denis, puis direction Meyrueis m'acheter de quoi faire un sandwich avant de partir explorer les gorges de la Jonte. Mais en arrivant sur Meyrueis, j'ai eu envie de faire une halte au château de Roquedoles, dont on m'avait parlé. Il y a un agréable sentier qui parcours le parc du château, où se trouve étonnament un séquoïa, toujours impressionnant à voir. A première vue, celui-ci doit bien faire 50 mètres de haut. Moi qui rêve de visiter un jour Yosemite, voilà déjà un avant-goût !

Le Château de Roquedoles

Après un passage par l'office de tourisme et la boulangerie de Meyrueis, me voilà prêt à attaquer les gorges de la Jonte. Rien que la route elle-même est magnifique. Je laisse plusieurs voitures me doubler pour pouvoir profiter de la vue.

Sur la route des gorges de la Jonte

Quelque part entre La Caze et le Truel, dans les gorges de la Jonte
Gorges de la Jonte

Après de nombreuses haltes pour admirer la Jonte tout au long de la route, j'arrive au village du Truel, d'où part une petite route qui monte vers les sommets où nichent les fameux vautours qu'on voit déjà depuis la route tournoyer dans le ciel. Cette petite route monte à flanc de corniche en direction de la Viale. Un bon conseil, gardez vos deux mains sur le volant jusqu'au bout et ne vous y engagez pas si vous ne vous sentez pas à l'aise pour manoeuvrer sur le bord d'une corniche au dessus du vide. La vue est spectaculaire, mais il vaut mieux monter d'une traite jusqu'en haut et revenir à pied admirer la vue. La route n'est pas assez large pour laisser passer deux voitures, et il vous faudra manoeuvrer parfois en marche arrière jusqu'au prochain refuge pour laisser passer quelqu'un qui arrive dans le sens opposé. Emotions garanties !

La traversée du Tarn

Une fois là-haut, je fais un détour par le village de Cassagnes où la vue est encore magnifique. D'un côté, la Jonte, de l'autre, le Tarn. Puis je redescends vers le village des Vignes, côté Tarn, que je vais longer jusqu'à la Malène, où j'ai prévu de dormir au gîte communal. La route est encore un régal. Je croise quelques motards qui doivent avoir bien chaud, sous leurs équipements. Moi je suis en T-shirt, et je suis déjà en sueur !

Le long du Tarn

Arrivé à la Malène, c'est Sylvie et Werner qui m'accueillent. C'est eux qui gèrent le camping et le gîte municipal, et c'est leur première saison sur place. Ils étaient en Dordogne auparavant, m'expliquent-ils. Werner est Allemand, vivant en France depuis 30 ans, et il a l'air de parler le Français mieux qu'un autochtone. On fait rapidement connaissance, je lui parle de Marc, mon aîné qui fait Allemand en seconde langue et qui partira en échange scolaire à la rentrée des vacances de Pâques. A la Malène, comme partout où je suis déjà passé depuis mon départ, c'est un peu le désert, alors que l'été, l'endroit est envahi par les touristes.

Le gîte où je vais dormir se situe dans l'ancien presbytère de l'église qui date du XIème siècle. Pas mal, comme dortoir ! Surtout que je vais y être encore tout seul, ce soir-là.

Une pause à la Malène

Mon gîte à la Malène

Le temps de récupérer les clés du gîte et d'y déposer mes affaires, je pars ensuite en reconnaissance avec Kilaï dans le village. Je croise quelques âmes, mais c'est vraiment pas la foule. Je finis au resto-pizzéria au bord de la rivière, dans une agréable douceur de fin de journée. Une bonne Leffe en attendant le repas. Je suis le seul client pour l'instant. C'est un couple qui tient le resto. Elle au service, lui en cuisine. Elle craque pour Kilaï, qui a le chic pour séduire petits et grands partout où elle va. Ce soir-là, je me laisserai tenter par des tripes à mode du coin, servi avec frites et légumes. Simple, bon, copieux, pour un prix qui n'a rien à voir avec ce qu'on paierait en ville à Montpellier. Décidément, c'est cool de se balader dans l'arrière-pays hors-saison ! Après ça, une bonne nuit de sommeil et le lendemain, je continuerai à explorer le Tarn.

La Malène et le Tarn

Le lendemain matin, après une petite promenade aux alentours du village, je croise Charlie du Moulin de la Malène. Il me raconte l'histoire du Moulin, qui servait à faire de la farine il y a des siècles, mais qui maintenant, fabrique de l'électricité avec le courant du Tarn. Cette petite video faite par la famille datant déjà de quelques années vous présentera ses membres (montez le son !).

Après avoir joué un moment avec Kilaï dans l'eau, je reprends la voiture pour monter vers le Point Sublime en repassant par Les Vignes. De nouveau, la beauté tranquille des gorges du Tarn hors-saison. Ensuite, à partir de Les Vignes, la route monte en serpentant et là encore, je m'arrête à plusieurs virages pour admirer la vue.

Le Tarn vu d'en bas...

Puis d'un peu plus haut...

Le Point Sublime, 870m d'altitude

Comme son nom l'indique, c'est la claque dans la figure quand vous arrivez au bord !

Vue depuis le Point Sublime

Je suis resté là, à arpenter le bord de la corniche avec Kilaï, pendant un bon moment. La lumière n'était pas propice à faire de bonnes photos, mais j'avais juste envie de rester là, de profiter du spectacle, et à ne penser à rien d'autre. Franchement, c'est impossible de rester insensible à un endroit comme celui-là.

Mais mon périple touchait à sa fin. Nous étions Samedi, et mes loulous me manquaient. Cela faisait depuis lundi qu'ils étaient avec leur maman, leur Mamé et leur Papé un peu plus haut au Fraisse, en Haute-Loire, à 15 minutes de Saugues. Temps pour moi d'aller les rejoindre.

Une halte à Séverac le Château

Le plus rapide, ou plutôt, le moins long, était de reprendre l'autoroute A75 vers le nord, ce qui me faisait passer pas très loin de Séverac le Château, qu'on voit depuis l'autoroute à chaque fois qu'on va chez Mamé et Papé, mais où on n'a jamais pu s'arrêter. Alors cette fois-ci, personne ne rouspéterait si je prennais une heure pour faire la visite...

Séverac le Château

Bon, voilà, au moins, je ne mourrai pas sans avoir vu Séverac le Château ;o) !

Vers le Fraisse

Je pouvais repartir maintenant, direction Saugues. Cette portion de route-là, je la connais par coeur, alors je l'ai fait d'une traite, pendant que Kilaï ronflait à l'arrière, visiblement un peu fatiguée de ces deux derniers jours. Arrivé sans fanfare chez Papé et Mamé, au Fraisse, commune de Chanaleilles, ce fut les retrouvailles avec la marmaille, qu'on est ensuite allé fêter par une partie de foot endiablée.

Fin de week-end en famille

J'ai terminé le week-end avec le reste de la famille, petites balades et vélo tranquille.

Le lendemain, Mamé avait fait saucisse-aligot, qui rencontre toujours un franc succès avec les loulous.

Les loulous avaient encore une semaine de vacances, mais Annick et moi, on devait reprendre le boulot le lundi. Les meilleures choses ont toujours une fin, alors voilà, on a laissé nos petits monstres au Fraisse et nous sommes rentrés dimanche soir.

Ce petit récit a été fait en images avec :

smartphone Nokia Lumia 735

reflex Canon 5D mkIII + Canon 50mm f/1.4 et Zeiss 25mm f/2

Adobe Lightroom Desktop et Mobile

Adobe Spark

Toutes les photos sont de moi, merci de me contacter si vous voulez les utiliser : antoinenaudetphoto.com

La vidéo sur le gîte du Cap de Coste est de Marc Khanne.

La vidéo sur la famille du Moulin de la Malène est de Canoé Blanc.

Infos et itinéraires :

destination.cevennes-parcnational.fr

www.cevennes-tourisme.fr

Texte et photos © Antoine Naudet 14 Avril 2017

Credits:

Textes et photos © Antoine Naudet http://antoinenaudetphoto.com

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