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Tetyana Obukhanych Docteur Es Bullshit Antivaxx

Nous connaissions déjà cette personne. Ses hauts “faits d’arme” en tant qu’antivaxx circulent déjà beaucoup.

Mais voici que cet article vient d’être porté à notre connaissance.

Elle y affirme, “preuves” à l’appui, que les non vaccinés ne présentent pas de danger, pour qui que ce soit.

Voyons donc voir ses arguments, et sa bibliographie :

La poliomyélite :

Premier article cité : Il montre que la vaccination induit une séroconversion (c’est à dire la production d’anticorps) contre la polio.

Dans cette expérience, deux groupes d’enfants reçoivent le vaccin à virus inactivé, selon des modalités différentes.

Un groupe témoin qui reçoit les mêmes vaccins, sauf celui contre la polio.

Chaque groupe reçoit ensuite le vaccin oral (à virus atténué), l’excrétion du virus est mesurée.

Tetyana Obukhanych utilise ce tableau, extrait de l'article :

Elle en tire la conclusion suivante : le vaccin à virus inactivé n’empêche pas la propagation du virus.

Sauf que les auteurs, dans la discussion, relèvent ce “détail” :

Oui, la quantité excrétée est plus faible chez les vaccinés (attention, l’échelle est logarithmique, donc l’écart est nettement plus important que ce que l’on pourrait croire si on ne fait pas attention à ce “détail”).

Il y a donc bien un effet du vaccin. Même si l'efficacité n'est pas de 100%. Nous nous retrouvons donc une fois de plus avec le sophisme de la solution parfaite : pour un antivaxx, si un vaccin n'est pas efficace à 100%, avec 0 effet secondaire, il n'est pas efficace.

A noter qu’en cas d’épidémie, ce n’est pas le vaccin inactivé qui est utilisé, mais le vaccin oral.

Le tétanos

Certes, c’est une vaccination “égoïste”, dans le sens où elle ne protège que le vacciné. Il n’y a pas de couverture vaccinale, pas de barrage à la propagation de la bactérie.

Mais enfin, est il déraisonnable de se protéger contre une maladie qui se traduit par des semaines d’hospitalisation, des traitements lourds, des symptômes extrêmement douloureux, et la mort dans près d’un tiers des cas ?

Nous avions déjà fait un article pour expliquer comment fonctionne ce vaccin.

La diphtérie

Ici aussi, vaccination “égoïste” : le bacille diphtérique agit en produisant une toxine, comme celui du tétanos.

Donc tout comme celui du tétanos, le vaccin contient une anatoxine. (voir l’article cité plus haut).

Pour ceux qui veulent savoir ce qu’est cette maladie, voir ici.

La coqueluche

Ici, Tetyana Obukhanych s’appuie sur cet article. Une étude faite chez les babouins, qui a montré que le vaccin protège le vacciné, mais ne l’empêche pas de propager le microbe.

Certes. Chez les babouins. Est ce transposable chez l’Homme ?

Ce argument a été étudié par Skeptical Raptor. (Les sources sont fournies en fin d’article).

Qui a pointé un argument malheureusement “négligé” par les antivaxx : il n’y a qu’un faible pourcentage de vaccinés qui propagent la maladie. Les non vaccinés sont des vecteurs nettement plus efficace du microbe.

Sinon, la vaccination “cocon” qui est préconisée pour protéger les nouveaux nés, en immunisant tout leur entourage, ne serait pas efficace.

Le fait que des mutants du virus existent ne signifient pas qu’il ne faut pas se faire vacciner contre la souche principale. Juste qu’il va falloir modifier le vaccin. Comme cela a déjà été fait pour le Prévenar ou le Gardasil, par exemple.

Hemophilus influenza

Ici aussi, le fait que de nouvelles souches sont en train de se répandre est mis en avant, pour dire qu’il est inutile de faire ce vaccin dans les zones où d’autres souches sont plus fréquentes.

Mais est il pertinent de refuser une protection contre une souche qui peut aussi exister, même si elle n’est pas la plus fréquente ? Ne plus faire ce vaccin aurait pour conséquence un retour des cas provoqués par la souche qu'il contient.

L’hépatite B

Ici, l’auteur reprend les poncifs habituels des opposants à la vaccination : les jeunes enfants n’ont pas de conduite, à risque, etc, etc.

Nous ne pouvons que vous inviter à consulter cette vidéo, qui explique à quel point les antivaxx se fourvoient : dans 30% des cas, la cause de la contamination est inconnue. La contamination intrafamiliale existe, même sans conduite à risque. Et plus la maladie est attrapée tôt, plus elle est susceptible d’évoluer en forme chronique, puis en cancer du foie.

Nos amis de Vaccins France ont aussi fait une FAQ au sujet de ce vaccin.

Continuons...

Après avoir ces énièmes arguments antivaxx “classiques”, nous arrivons au “plat de résistance” :

Les effets secondaires des vaccins

Et ici, nous revoyons poindre.... L’utilisation du VAERS !

Nous le répéterons chaque fois qu’il sera mentionné : ce n’est qu’une base déclarative.

Chacun peut y déclarer ce qu’il veut. C’est ainsi que des personnes soucieuses de démontrer qu’il n’a pas une grande valeur scientifique ont réussi à y faire enregistrer que le vaccin les a transformé en Hulk ou Wonder Woman.

Tetyana Obukhanych a donc utilisé cet article. Qui montre effectivement une augmentation des visites aux Urgences Hospitalières après les vaccins de 12 et 18 mois.

Avis aux antivaxx : merci de bien vouloir lire la rubrique “Discussion” : l’augmentation y est qualifiée de faible.

Et les symptômes (convulsions fébriles, éruptions de plaques rouges...) de “pas inattendus et cohérents avec les effets indésirables connus de la part de ces vaccins”.

De plus, “visite aux urgences” ne veut pas systématiquement dire “problème grave”. Les convulsions fébriles du nourrisson sont le plus souvent sans aucune conséquences, même si elles font très peur aux parents (mais n’importe quelle fièvre peut la déclencher). Et l’éruption... c’est souvent la “rougeolette”, bien connue des médecins.

Pour ce qui est de la énième réutilisation des épidémies de rougeole aux USA, dont celle de 2011, merci de consulter cet article du CDC. Qui précise bien que l’écrasante majorité des malades n’étaient pas vaccinés, ou n’avaient reçu qu’une seule dose.

Comme toujours, c’est le pourcentage de malades parmi les vaccinés et les non vaccinés qu’il faut voir, et pas le pourcentage de malades vaccinés et non vaccinés.

Il y a toujours un faible pourcentage de vaccinés qui ne développent pas d’immunité suite aux vaccins.

Dernier argument :

Les immunoglobulines permettent de protéger les personnes qui ont été exposées aux virus.

Certes. Encore faut il qu’il y en ait suffisamment (quand on voit que la rougeole est très contagieuse, on peut se poser la question), et que la personne soit identifiée à temps : étant donné qu’on peut être contagieux plusieurs jours avant l’apparition des symptômes, pour une personne immunodéprimée, cela veut dire qu’on peut avoir été exposé, et avoir la maladie qui se développe, pendant plusieurs jours, sans rien de fait pour la bloquer.

Est ce bien raisonnable ?

Conclusion :

L’auteur est parti de deux cas particuliers (la diphtérie et le tétanos), et d’une mauvaise utilisation de documents scientifiques, pour nier un fait pourtant irréfutable : pour bloquer la circulation des maladies, il faut une couverture vaccinale maximale. Et dans leur écrasante majorité, les vaccinés ne font pas circuler les microbes.

Elle a délibérément fait l'impasse sur toutes les maladies ne correspondant pas à ce qu'elle souhaite démontrer, et a usé de sophismes bien connus, comme celui de la solution parfaite.

Son exposé est donc tout sauf scientifique et crédible.

Pour en finir, voici un bref CV de l’auteur, très connue pour ses positions contre la vaccination.