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Bird box 2018 – États-Unis. Réalisation : Susanne Bier. Scénario : Eric Heisserer. Avec: Sandra Bullock, Trevante Rhodes, John Malkovich, Julian Edwards, Vivien Lyra Blair.

Bird Box. Il était difficile de passer à côté en cette fin d'année 2018.

Un film Netflix jouissant d'un pitch cousin de l'acclamé Sans un bruit et de la présence de Sandra Bullock en tête d'affiche. Sorti le 21 décembre, il a comptabilisé pas moins de 45 millions de spectateurs en une semaine, brisant les records du site. On pouvait donc en attendre beaucoup de Bird Box. Quitte à en espérer trop.

« Under no circumstances are you allowed to take off your blindfold »

L'humanité a été quasiment décimée. L'arrivée de créatures surnaturelles a scellé le sort des civilisations modernes. Il suffit de poser les yeux sur les monstres pour devenir fou et céder a des pulsions suicidaires violentes. Dans ce monde ravagé, Malorie va tenter par tous les moyens d'amener deux enfants jusqu'à un refuge. Un voyage qui devra s'effectuer les yeux bandés si le trio veut avoir une chance d'arriver vivant.

Eh bien... C'est décevant. Vu tout le foin qu'a fait Bird Box, clairement, on espérait mieux. Entendons-nous, le film de Susanne Bier n'est pas mauvais. Mais il laisse l'impression d'un potentiel gâché. Après un visionnage d'un peu plus de deux heures, ne reste en bouche qu'un désagréable goût de « tout ça pour ça ? ».

Du présent au passé, au présent, au passé...

Pourtant, ça ne démarre pas mal. Dans les premiers instants du film, on nous donne rapidement un aperçu de la situation et de la personnalité de notre héroïne. En quelques instants seulement, le décor est planté. C'est net, efficace. Puis, on nous lance sur un flash-back qui va commencer à nous donner quelques explications. Tout le film va se dérouler de cette façon, alternant les scènes du présent, soit le voyage jusqu'au refuge, et les scènes du passé.

Et, déjà, on sent venir le gros problème de Bird Box: son rythme. Si les flash-backs donnent les éléments clés pour comprendre l'histoire, ils sont beaucoup trop longs. Beaucoup trop nombreux aussi. Bourrés de références, ils alignent tous les clichés des productions de ce genre. Et puis, globalement, on sait à quoi s'attendre, qui va être encore là plus tard ou pas, alors à quoi bon ? On nous présente certains éléments comme des mini-révélations alors qu'en soi, on avait compris depuis longtemps comment les choses allaient, en gros, se dérouler.

Sentiments vs survie

Les retours en arrière permettent en fait de servir le sous-texte de notre intrigue, à savoir la place des sentiments quand il est question de survie. Portée par le personnage de Malorie, puis alimentée par des seconds rôles, cette question est nuancée à plusieurs reprises, montrant que faire du sentiment peut s'avérer bénéfique parfois, périlleux à d'autres instants.

Pourquoi pas ? Mais encore une fois, ce n'est pas bien original. Certes, on appréciera de ne pas tomber dans la mièvrerie trop poussée (quoiqu'à la fin, on glisse tout de même vers ça...). Mais cette question a été maintes et maintes fois soulevée dans de nombreux long-métrages, surtout dans le genre horrifique. Et, souvent, elle a été mieux exploitée.

« We're going on a trip now »

L'intérêt du film réside donc dans les passages concernant le voyage vers le refuge. Un périple qui se déroule dans des conditions difficiles. Ici, la dureté de Malorie envers les enfants est plus intéressante, dans la continuité de la toute première intervention, sèche et autoritaire, du personnage dans le film. On nous offre quelques moments de tension qui auraient pu être vraiment solides s'ils avaient été un peu mieux mis en valeur.

Bullock impeccable

C'est également pendant ces passages que l'on appréciera au mieux le jeu de Sandra Bullock. L'actrice est impeccable tout au long du film, mais c'est lors de ce voyage qu'elle sera la plus convaincante.

L'anecdote

Dans Bird Box, on n'aperçoit à aucun moment les créatures ayant causé la perte des humains. Pourtant, une scène faisant apparaître l'un des monstres a bel et bien été tournée. Mais, comme Sandra Bullock l'a confié lors d'une interview, le design de la créature a semblé à l'équipe du film plus ridicule qu'effrayant. Il a donc été décidé de ne pas montrer les monstres aux spectateurs.

Bird Box, c'est un potentiel gâché. On ne peut pas dire qu'on passe un mauvais moment devant, l'ensemble se tient assez pour que le tout soit correct. Mais on a vraiment l'impression qu'on aurait pu faire mieux. Un peu plus de scènes mettant en avant la cécité forcée, un peu moins de drama lors des flash-backs et un montage plus nerveux auraient pu rendre le tout plus intéressant.

Sans ça, on se retrouve avec un film correct, mais pas inoubliable.

2/5

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