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Most likely to die 2015 – États-Unis. Réalisation : Anthony DiBlasi. Scénario : Laura Brennan. Avec : Heather Morris, Perez Hilton, Ryan Doom, Chad Addison, Tess Christiansen.

Vous voulez un bon exemple de carrière en dent de scie ? Prenez Anthony DiBlasi et son parcours dans l'horreur.

En 2009, il réalise son premier long-métrage : Dread. Une adaptation de Clive Barker qui reçoit de très bons retours. En 2011, le cinéaste réitère dans le genre avec Cassadaga, un film qui sera cette fois mal reçu. Anthony DiBlasi remonte la pente en 2014 avec Last Shift, plutôt bien accueilli. Et en 2015, il a livré Most likely to die. Et, suite logique, il est retombé bien bas.

Dix ans après la fin de leur vie lycéenne, un groupe d'amis se retrouve afin de préparer une réunion d'anciens élèves. Ce qu'ils ne savent pas, c'est que le lycée a laissé chez certains de grosses rancoeurs. Ils le découvriront à leurs dépens quand un tueur en robe de graduation se met à les éliminer un à un.

Most Likely to die est pire qu'un mauvais film classique. D'habitude, un film raté, ça ennuie. Et quand il est vraiment très raté, ça peut faire rire. Mais ça n'énerve pas. Most likely to die, lui, agace. Irrite, même, sur bien des points. Et ça, c'est difficilement pardonnable.

Most likely to be cliché

Cette irritation se ressent dès la scène d'ouverture. Alors que le scénario dépeint un jeu du chat et de la souris qui pouvait être prometteur, l'ambiance ne prend pas. Tout ça à cause de la protagoniste de cette scène. Blonde un peu gourde et pas pudique, c'est le genre de personnage qu'on ne devrait plus retrouver que dans les comédies d'horreur se moquant du genre. L'actrice n'aide pas, et son jeu agace très vite. Ce qui devait être une scène tendue se révèle au final un moment plat qu'on est heureux de voir se terminer. Ça annonce la couleur.

Ce personnage de départ est le début d'une longue liste de clichés énervants qui agaceront tout au long du film : le gardien de la maison, creepy dès la première seconde, est, bien sûr, de la partie ; l'héroïne devra outrepasser sa faiblesse principale (qu'on nous serine toutes les trois secondes et demi), afin de s'en sortir ; les personnages qui, alors qu'un tueur les poursuit, se disent que c'est le bon moment pour se raconter leurs secrets inintéressants etc... On a même un dialogue entre l'héroïne et sa meilleur amie calqué sur une scène de Souviens-toi l'été dernier. Sans Sarah Michelle Gellar et Jennifer Love Hewitt, ça passe beaucoup moins bien.

Aucune sympathie pour les personnages

Les dialogues et la caractérisation des personnages sont particulièrement mauvais. Dès qu'on nous présente le groupe d'amis, âgés d'une trentaine d'années, on a l'impression d'être en face de mômes qui n'ont jamais vraiment quitté le lycée. Leurs interactions donnent lieu à énormément de scènes de drama inutiles qui alourdissent un film déjà poussif. Quant à notre héroïne, on ne l'apprécie pas une seconde. Glaciale, antipathique du début à la fin, on ne s'intéresse nullement à sa survie tellement elle tape sur les nerfs. On en vient par moments à même regretter que ce soit notre final girl.

En cause, notamment, le jeu d'Heather Morris. La jeune femme, qui a sûrement été castée afin de capitaliser sur le succès de la série Glee, ne convainc pas une seconde et émeut encore moins. Elle n'est pas la seule, ceci dit. La plupart des comédiens sont mauvais, à commencer par Perez Hilton, exaspérant de bout en bout.

Reste un seul élément qui pouvait sauver le film du naufrage total, les meurtres, importants dans tout slasher. Et là, il y a un peu de mieux. Il faudra passer outre le côté ridicule de l'arme principale de notre tueur, tout de même. Mais on notera deux scènes réussies : une décapitation et une mise à mort à l'aide d'une crosse de hockey. Ce n'est pas grand-chose, mais vu le peu de qualités du film, on s'en contentera. Ce qui est dommage, c'est que le principe des meurtres, à savoir faire coïncider les mises à mort avec les commentaires écrits dans les albums de promos de nos héros, aurait pu donner lieu à des meurtres très originaux s'ils avaient été mieux pensés et mieux scénarisés. De ce côte-là, il y avait vraiment un potentiel. Gâché, malheureusement.

L'anecdote

Perez Hilton, l'acteur interprétant Freddie, est connu pour son travail en tant que blogueur. Et c'est d'ailleurs pour cela qu'il a été casté, la production souhaitant absolument avoir une personnalité du web dans le film. Et il se trouve que Perez Hilton, avant d'être connu sur la toile, avait tenté de percer en tant qu'acteur.

La liste des défauts supplémentaires de Most likely to die est malheureusement longue : des incohérences dans l'histoire, une réalisation correcte mais pas merveilleuse, et des longueurs qui ponctuent le film. En fait, pour marcher, il aurait fallu que Most likely to die se prenne moins au sérieux. En jouant à fond la carte de la bouffonnerie et du cliché, il aurait pu devenir l'un de ces films qu'on regarde entre amis quand on veut juste se marrer ou simplement se divertir. Mais Most likely to die essaie de jouer les “vrais” films d'horreur. Du coup, on le juge comme tel. Et on s'énerve. Pour le potentiel gâché. Pour le jeu minable des acteurs.

Et parce que pendant près d'une heure et demie, on a purement et simplement perdu son temps.

0,5/5

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