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Le baptême, signe d'un amour premier 1 Corinthiens 13

« Trois choses sont toujours là : la foi, l'espérance et l'amour. Mais la plus grande des trois, c'est l'amour... »

On dirait, chers amis, que l’apôtre Paul essaye de nous emballer par une chanson romantique, à travers son hymne à l’amour !

Mais le comprenons-nous toujours pour ce qu’il veut réellement signifier dans son contexte ? Il n’est pas illégitime de le lire lors de mariages, comme nous le faisons souvent, mais il faut se rappeler que son véritable contexte est celui de la communauté, du vivre-ensemble, de l’amour-connaissance plutôt que l’amour-éros. Si le chapitre 13 de la Première Lettre aux Corinthiens est tout entier consacré à l’amour, c’est parce que, pour Paul, l’amour-connaissance est la clé pour une bonne intelligence de ce qu’exige la vie en général, et de la vie communautaire en particulier.

Il se trouve justement que le signe de cet amour premier, l’amour qui fait vivre, pour les chrétiens, c’est le baptême qu’Alexandre vient de recevoir et dont le souvenir nous est ainsi rappelé, à chacune et chacun de nous.

Le baptême signifie : on n’est jamais chrétien tout seul, mais on le devient par l’amour reçu – de la part de Dieu et au sein de la communauté de ses enfants.

Comme on peut s’aimer soi-même seulement si l’on est aimé par un autre, le baptême marque tout le temps de la vie chrétienne. Le geste d’être aspergé d’eau est accompagné par un verset biblique qui rappelle que le baptême est un acte de Dieu : par ce geste, c’est Lui qui parle pour dire sa foi en une personne humaine. Le baptême est à recevoir "gratuitement", même s’il appelle ensuite une réponse de la personne baptisée, à travers sa vie, et éventuellement par la confirmation.

Si la première partie de l’hymne à l’amour est assez évidente et peut presque se passer de commentaire, la deuxième, qui se concentre sur les caractéristiques de l’amour, est riche d’enseignements. Finement, Paul reprend à peu près toutes les questions qui ont été traitées dans les chapitres précédents de sa lettre.

On peut imaginer le malaise des Corinthiens en lisant ou en écoutant ces versets car Paul est en train de leur dire : « Voilà tout ce que vous ne mettez pas en pratique ! Vous n’avez pas trouvé l’attitude juste face aux questions qui se posent. »

Plus spécifiquement, sur la question des dons spirituels accordés aux membres de la communauté - question à laquelle ce chapitre apporte un éclairage décisif -, on peut noter que ceux-ci ne souffraient pas d’un manque d’enthousiasme, en particulier pour tout ce qui pouvait augmenter leurs connaissances. Ils en étaient, au contraire, particulièrement gourmands. Mais ils n’ont pas compris le vrai sens des dons qu’ils avaient reçus : ils ont été donnés par Dieu pour que se construise une vie avec d’autres et non pas pour flatter l’ego de ceux qui les possédaient !

Paul l’avait déjà exprimé au chapitre 8 : « La connaissance enfle, mais l’amour édifie » (8, 1). Maintenant, il consolide ce point : « L’amour est patient et bon, il n’est pas envieux, ne se vante pas et n’est pas prétentieux » (13, 4). Quand l’amour a toute sa place, une communauté peut vivre, se développer et, au besoin, se refaire. Elle n’est plus le lieu de rivalités, de rancunes et de jalousies sans fin.

On dit à juste titre que « l’amour donne sens à un monde qui serait autrement inintelligible ». L’expression est belle. Il y a, de fait, une intelligibilité propre à l’amour-connaissance, une manière de connaître la vie en aimant qu’aucun ordinateur, aucune intelligence artifielle ne pourra jamais imiter.

Aussi, je crois que la communauté de Taizé, leur proposition de vie oecuménique en rassemblements, est une école d’amour de la vie en Eglise.

Parce qu’il ne suffit pas de s’en tenir à des principes ou de savoir qui a eu tort et qui a eu raison sur une question qui a divisé les Eglises.

Quand il s’agit de la vie dans l’Église, ce sont ceux et celles qui aiment qui trouvent les réponses justes, la justesse d’un comportement et les actes qui correspondent le mieux à ce qui peut construire. Contrairement peut-être aux Corinthiens, Paul n’oublie pas que nous sommes en route, que nous avançons cahin-caha. Et que fort heureusement pour nous tous, « l’amour est patient »... Amen !

Credits:

Created with images by Adrien Olichon - "untitled image" • Temple Neuf Strasbourg • ebpilgrim - "walk stroll path" • Valentin B. Kremer - "A weekend in Paris"

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