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Le FC Nantes a 75 ans Avec 8 titres de champion de France et 3 coupes de France, le FC Nantes fait partie des grands clubs du foot hexagonal.

Fondation. Printemps 1943 : Jean Le Guillou, un entrepreneur nantais spécialisé dans le BTP - on lui doit notamment les halles de Talensac et le stade de Malakoff avant Guerre - s’intéresse à l’éclosion d’un club professionnel de football à Nantes. L’équipe phare est alors le Cercle Saint-Pierre. Mais il stagne au niveau amateur en division d’honneur de la ligue d’Anjou. Ce projet mobilise les principaux dirigeants des clubs de foot locaux. Dont celui de la Mellinet, Marcel Saupin, patron d’une entreprise de constructions métalliques.

Inauguré en 1937, le stade Malakoff accueille les matches du SNUC (rugby) jusqu'en 1940, puis le FC Nantes à la Libération. Il sera rebaptisé "Stade Marcel-Saupin" en 1965 (crédit : Archives municipales).

21 avril 1943, la naissance du FC Nantes

Canari. Le 21 avril 1943, le Football club de Nantes est fondé. Jean Le Guillou, principal financier et premier président, donne à l’équipe les couleurs de la casaque de son écurie hippique : le fameux jaune "canari" et le vert.

Le FC Nantes, version 1945/1946 (crédit : DR)
“Les statuts du FC Nantes ont été signés en 1943 par des gens d’horizons totalement différents, issus à la fois des patronages catholiques et des clubs laïcs marqués à gauche. On trouve aussi ceux qui collaborent et ceux qui résistent, notamment des gaullistes provenant des "patros" et des communistes provenant des sociétés laïques. Une époque bien singulière”, relate Bruno Lautrey, ancien journaliste à Presse-Océan et dont le père Pierre Lautrey, dirigeant de la Saint-Pierre, fit partie du groupe fondateur du FC Nantes.
Le FC Nantes, en 1945, acquiert le statut professionnel et intègre la D2, sous la houlette de Marcel Saupin qui prend les rênes du club après Guerre. (crédit : DR)

Vers la D1

José Arribas, architecte du "jeu à la nantaise". À la Libération, c’est Marcel Saupin qui assure la direction du club - Jean Le Guillou a fui la France après avoir collaboré avec l'ennemi durant la Seconde Guerre. Un club qui va gravir les échelons sportifs petit à petit avec le difficile apprentissage du professionnalisme. Le FC Nantes doit attendre 20 ans avant d’accéder à la première division. Le déclic a lieu avec l’arrivée comme entraîneur de José Arribas en 1960. Adepte du spectaculaire football brésilien et de celui du Liverpool de Bill Shankly, il amène avec lui de nouvelles méthodes de jeu et d’entraînement. Sous ses ordres, c’est le début de la saga du FCN et de l’invention du jeu à la nantaise : le principe majeur repose sur la maîtrise du ballon. Avec une approche favorisant le jeu en mouvement, où le collectif prime sur l’individuel.

José Arribas, recruté en 1960, est l'entraîneur du FC Nantes jusqu'en 1976. Ironie de l'histoire : Nantes est ce port qui en 1936 permit au bateau sur lequel il avait trouvé refuge avec sa mère, son frère et sa sœur, d'accoster après avoir fui Bilbao et la Guerre civile espagnole. Son père en sera victime. (crédit : DR)
“Le "jeu à la nantaise" ? C'est mieux se connaître pour mieux se comprendre. Une expression et une intelligence collectives comme fil conducteur. Jouer juste !”, souligne Raynald Denoueix, ancien joueur, formateur puis entraîneur du FC Nantes.
En 1963, le FC Nantes accède à la D1, 20 ans après sa fondation / De gauche à droite, au second rang : Bout, Jort, Eon, Gonzales, Strappe, Le Chenadec. Accroupis : Couronne, Guillot, Santos, Blanchet, Boukhalfa. (Photo : Roger Krieger.)

Champions ! En 1963, 20 ans après sa création, le club monte en D1. En 1965, pour sa seconde saison dans l’élite, le club est sacré champion de France ! C’est le premier des huit titres que les Canaris remporteront.

Philippe Gondet, buteur de légende du FC Nantes (DR)

"Gondet ! Ton but !". Il fut l’un des artisans du premier titre en 1965. Et trouva le chemin des filets à 36 reprises la saison suivante. Depuis, aucun joueur français n’a fait mieux. Surnommé «Le vautour» par ses adversaires pour son sens inné du but, Philippe Gondet s’est éteint en janvier dernier. De 1960 à 1971, il porte haut les couleurs du FC Nantes dont il reste le meilleur buteur de l’histoire du club. En 195 matches avec les Canaris, il inscrit au total 146 buts ! «Gondet… Ton but !», lancé par un supporter à Marcel-Saupin, deviendra mythique et une injonction pour encourager l’attaquant sélectionné 14 fois avec les Bleus. Avec lesquels Philippe Gondet dispute la Coupe du Monde 66 en Angleterre. Mais sa carrière sera entravée par deux graves blessures aux genoux.

La formation, "ADN" du FC Nantes

(à g.) Henri Michel (saison 1968-69) avec Suaudeau face à l'OM et avec Blanchet (saison 1966-1967) [Crédits : Archives municipales de Nantes]

Pionnier. La formation va également devenir la pierre angulaire du club. Dans sa structuration, le FCN est le premier à nommer en 1968 un directeur sportif, l’ancien défenseur international Robert Budzinsky et Jean-Claude Suaudeau, autre ancien joueur de la Maison jaune, pour encadrer les jeunes pousses du club. La détection permet d'attirer de jeunes talents venus de l'Ouest puis de la France entière, comme Henri Michel.

Capitaine exemplaire des Canaris, originaire d'Aix-en-Provence, et qui portera les couleurs du FCN de 1966 à 1982. Malheureusement, celui que les supporters du FC Nantes ont élu comme le "Joueur de légende" est décédé le 24 avril dernier.

Le FC Nantes, saison 1980/1981, au Parc des Princes (Archives Aimé Dartus collection). En haut: H. Michel, JC Bertrand-Demanes, O. Sahnoun, P. Rio, M. Bossis, T. Tusseau / En bas : O. Muller, B. Barronchelli, V. Trossero, G. Rampillon, L. Amisse.

D'Arribas à "Coco" Suaudeau. José Arribas quitte le club en 1976. Son bilan parle pour lui : la montée en D1, 3 titres de champion de France (1965, 1966 et 1973, 2 places de dauphin et 3 finales de Coupe de France). Jean Vincent (champion en 1976 et 1980 et la Coupe de France 1979), puis Coco Suaudeau (champion en 1983) consolideront cet héritage.

Le FCN, qui refuse en 1979 l’offre de Lagardère d’aider le club (il est un fervent admirateur du jeu à la nantaise et sponsor maillot avec Europe 1), se heurte à des problèmes financiers et ne peut plus, dans les années 1980, suivre la course aux capitaux lancée par certains clubs français comme Bordeaux, Marseille et Paris. Le départ de Thierry Tusseau pour les Girondins de Bordeaux à l'issue de la saison 1982/1983, couronnée du titre de champion de France et d'une finale en coupe de France (marquée par le but d'anthologie de José Touré), l'illustre.

De Marcel-Saupin à la Beaujoire

Le 28 avril 1984, le FC Nantes livre son dernier match à Saupin, face à Saint-Étienne. Après un demi-siècle d’épopée sportive, le stade implanté en bordure de Loire dans le quartier de Malakoff fait place à celui de la Beaujoire (crédit : DR)

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Depuis les années 70, c’est le "Clasico" de la D1. Au cours de cette soirée printanière d’avril 1984, les Canaris reçoivent leur grand rival de l’A.S. Saint-Étienne dans leur enceinte de Marcel-Saupin, théâtre légendaire de bon nombre d’exploits dont ces six titres de champions de France, acquis depuis 1963, année de leur accession au sein de l’élite. Massés dans les tribunes, les 17 000 spectateurs assistent à la victoire du FC Nantes grâce à un but de leur avant-centre Vahid Halilhodzic. Le dernier sur cette pelouse. Bientôt, c’est le tout nouveau stade de la Beaujoire qui va résonner des clameurs et des chants des supporters. L’aboutissement d’une volonté politique gouvernementale puis de la détermination visionnaire d’un maire : Alain Chenard.

16 mois seront nécessaires pour la construction du stade de la Beaujoire. Il est livré en mai 1984 pour l'Euro de football organisé par la France. (crédit : Régis Routier).

La Jonelière. Le centre de formation du FC Nantes, aménagé dans son écrin de verdure sur les bords de l’Erdre, figure parmi les pionniers en Europe. Ouvert en septembre 1978, il a permis à plusieurs générations de joueurs d'intégrer les rangs professionnels nantais. 22 sur 27 en sont issus lors de la saison du 8ème titre en 2000/2001. Certains ont mené une carrière internationale de haut niveau. Parmi eux, trois sont devenus champions du monde en 1998 et d'Europe en juillet 2000 : Marcel Desailly, Didier Deschamps – actuel sélectionneur des Bleus - et Christian Karembeu.

Marcel Desailly intègre le centre de formation du FC Nantes en 1983, puis les pros en 1986. (Crédit : DR)

Génération dorée

FCNA. En 1992, le FCN est sauvé in extremis du dépôt de bilan par l’intervention de la Ville, de la CCI et du Conseil général. Il est renommé FCNA. Grâce à la génération dorée emmenée par Makélélé, Karembeu, Loko, Ouédec et Pédros, le club renaît de ses cendres.

"Coco" Suaudeau, en discussion avec Nicolas Ouédec lors d'un exercice à l'entraînement (crédit : Michel Fraudeau)

Record. Après le titre de 1995 et l’incroyable parcours avec 32 matches sans défaite - record inégalé - puis une demi-finale de la Ligue des Champions en 1996 face à la Juventus de Turin, Coco Suaudeau jette l’éponge en 1997. Il laisse sa place à Raynald Denoueix.

Après une défaite 2-0 à l'aller, le FC Nantes l'emporte 3-2 contre la Juventus de Turin. Insuffisant pour accéder à la finale que remporteront les "Bianconeri" (photos : Stéphan Ménoret)
Raynald Denoueix, formidable éducateur et formateur, entraîneur du FC Nantes de 1997 à 2001. Il a également été joueur de 1966 à 1979. (crédit : Stéphan Ménoret)

8ème étoile. Formateur et éducateur talentueux, il a eu en charge plusieurs générations de joueurs à la Jonelière, de 1982 à 1997. Successeur de Jean-Claude Suaudeau, il gagne deux coupes de France en 1999 et 2000 et remporte contre toute attente le titre (le 8e et dernier) en 2001.

En février 2002, le FC Nantes tient tête à Manchester United, en Ligue des champions. Laurent Blanc s'interpose devant Viorel Moldovan (crédit : Régis Routier)
Face aux "Red Devils", le FCN arrache le match nul 1-1 ( photos : Régis Routier).

44 saisons en Ligue 1. L'éviction de Raynald Denoueix, en décembre 2001, marque une rupture dans l’histoire du club et l’amorce d’un déclin sportif, malgré une finale de la coupe de la ligue en 2004 au stade de France. Une première fois en 2005, le FC Nantes sauve in extremis sa place dans l'élite lors de la dernière journée. La descente en Ligue 2 intervient en 2007, après 44 saisons dans l’élite. Un record.

Loïc Amisse, joueur emblématique du FC Nantes de 1973 à 1990, a grandi aux Dervallières. Il occupe le poste d'entraîneur de 2003 à 2004 (photo : Régis Routier).

Renaissance

Rachat. Le club est racheté par l'homme d'affaires franco-polonais Waldemar Kita en 2007. Un an plus tard, le FC Nantes retrouve la Ligue 1 mais redescend en Ligue 2 à l'issue de la saison 2008-2009. L'année de ses 70 ans, en 2013, le FCN revalide son ticket pour l'élite.

Après quatre saisons en Ligue 2, le FC Nantes renoue au printemps 2013 avec l'élite, soutenu par ses supporters. Lors du dernier match à domicile face à Sedan, ils étaient près de 37 000 dans les tribunes de la Beaujoire. (photo : Régis Routier).

75 bougies pour le FC Nantes !

C'est donc le vendredi 20 avril que le FC Nantes a fêté son 75ème anniversaire à l'occasion du derby face au Stade Rennais, dans le cadre de la 34ème journée de Ligue 1. À cette occasion, le club a convié tous ses anciens joueurs professionnels. Et le FCN a pu compter encore une fois sur le soutien de ses fidèles et fervents supporters, le peuple de la Beaujoire, véritable 12ème homme.

La tribune Loire, cœur battant de la Beaujoire (photo : Régis Routier)
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Ville de Nantes .
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