PROFAP Professionnalisation et Structuration des filières agricoles dans 6 districts du pool, congo

Le Maire de Ribeauvillé et le Président du Département du Pool effectuent un point d’étape du partenariat à Ribeauvillé en juin 2016. La coopération décentralisée entre le Conseil départemental du Pool au Congo et la Ville de Ribeauvillé est née à la fin des années 2000. Avec l’appui de l’Ircod, elle s’est rapidement focalisée sur la relance de l’agriculture dans une zone fortement impactée par la guerre civile.
Séminaire de lancement du PROFAP – Kinkala, Congo, 2013. Le PROFAP, cofinancé par l’Union européenne, intervient dans 6 districts du Pool et vise à relancer l’économie locale via la professionnalisation et la structuration des filières bovine et avicole. Le projet soutient également le Conseil départemental du Pool dans l’animation de la concertation locale et l’élaboration d’une stratégie territoriale.

Parcelle cultivée, Ferme de Massounda. En soutenant une agriculture familiale et vivrière, le PROFAP contribue à l’amélioration des conditions de vie locales, notamment grâce à la diversification de l’alimentation et à la relance d’une économie de proximité, dans un contexte post-conflit.

Le projet renforce la diversification de la production agricole locale, traditionnellement basée sur le maraîchage, à travers le soutien à l’élevage avicole et à la production céréalière
Récolte de maïs dans le district de Boko. La production de maïs a été impulsée par le projet à travers la mise à disposition de semences adaptées au contexte local et la formation des agriculteurs. Le maïs permet de diversifier la production locale et s’inscrit dans la mise en place d’une filière avicole (le maïs permet de fabriquer l’aliment de volaille).
Formation des agriculteurs à la production de maïs. L’approvisionnement en alimentation de bétail (principalement maïs, compléments en vitamines et oligo-éléments) étant difficile dans le Pool, le projet met l’accent sur le renforcement de la production locale de maïs via l’accompagnement technique apporté par les Fermes pilotes aux producteurs bénéficiaires.

Formation des producteurs à Boko. Les producteurs de maïs participant au projet bénéficient d’une formation technique visant à améliorer les pratiques, en fonction de leurs moyens de production et de leur environnement.

Des bourses agricoles, organisées chaque année dans les 6 districts du projet, rassemblent les producteurs de maïs et les acheteurs (fermes fabricant l’aliment volaille) et permettent de définir les quantités à produire et les prix. Ce dispositif innovant a permis de soutenir la montée en puissance de la production, tout en sécurisant la filière économique et en renforçant la confiance entre producteurs et acheteurs.

Près de 300 agriculteurs et agricultrices ont été formés et suivis tout au long du projet par les techniciens de l’Ircod et par les fermes pilotes relais dans les districts.

Le projet soutient et encourage l’implication des femmes dans la production vivrière ainsi que leur participation aux formations et aux groupements de réflexion et de mobilisation locale. Le PROFAP a permis de faire émerger parmi les femmes partenaires du projet des agricultrices pionnières, sur les volets bovin, agricole et avicole.

Les femmes procèdent à l’égrenage du maïs en vue de la production des semences qui permettent chaque année d’approvisionner de nouveaux producteurs.

La production de maïs est passée dans les 6 districts du Pool de 50 tonnes en 2014 à 80 tonnes en 2015, et devrait approcher 90 tonnes pour 2016.

Les 6 fermes pilotes partenaires du projet fabriquent de l’aliment de volaille à partir du maïs produit sur le territoire. Le projet travaille sur la sécurisation de l’approvisionnement en compléments en vitamines et oligo-éléments afin de favoriser la montée en puissance de la filière avicole.

Le projet appuie la filière avicole à travers la mise à disposition de poules de race améliorée, ici des Sussex, et à travers la formation et le suivi de près de 250 aviculteurs.

Formation des éleveurs avicoles. Le PROFAP soutient la structuration de la filière avicole dans les 6 districts du Pool. Le choix de l’aviculture repose sur la volonté de promouvoir une agriculture familiale et vivrière, sur la base d’un élevage en cycle court pour des retombées économiques relativement rapides. La structuration de la filière repose sur les Fermes pilotes, qui bénéficient d’un appui prioritaire et ciblé de la part de l’Ircod. Elles sont notamment chargées de l’organisation des formations pour les éleveurs de leur district.

La formation des éleveurs avicoles aborde les différents aspect d’un élevage, à travers des exercices pratiques : la construction, l’aménagement et l’entretien d’un poulailler, l’alimentation de la volaille, le suivi technico-économique de l’élevage, la commercialisation de la viande ou des œufs.

Le projet associe les services techniques déconcentrés du Ministère congolais de l’agriculture, mais également les experts de l’AFDI du Bas-Rhin qui effectuent des missions d’appui-conseil sur le volet avicole en vue de renforcer les capacités technico-économiques des acteurs du terrain.

Une avicultrice partenaire du projet expérimente la variété JA657, proposée depuis 2015. Cette poule relativement rustique est bien adaptée aux conditions locales, notamment à un moindre accès à l’aliment.

Lorsque des projets d’élevage avicole se développent, les femmes en sont souvent les moteurs, elles assurent les activités. Elles sont réactives et dynamiques et souhaitent acquérir des connaissances sur les différents aspects techniques et économiques de l’élevage. C’est ce développement intégré et progressif des petits élevages qu’il est important de soutenir.  Bernard Wentz, expert et référent technique AFDI sur le volet formation.

Grâce à l’électrification en 2015 de 2 localités du Pool les partenaires ont pu mettre en place 4 couveuses électriques afin de faciliter l’accouvage des œufs produits localement et donc d’assurer la multiplication des poussins nécessaire au développement de la filière économique.
La spécialisation progressive des fermes pilotes dans les différentes phases d’élevage avicole (accouvage, pré-élevage…) facilite leur professionnalisation et augmente leur productivité. Elles deviennent des modèles à suivre pour les éleveurs de la zone qui ont suivi une formation, ce qui permet d’amorcer une véritable montée en puissance de la filière avicole.

Les partenaires ont également ciblé la filière bovine comme prioritaire, afin de relancer un élevage décimé par la guerre civile des années 1990-2000. L’élevage bovin se caractérise historiquement par une approche extensive de type ranching et des pratiques de métayage, que le projet a relancées depuis 2012.

Le choix de la filière bovine répond à un enjeu sanitaire et économique : en effet, à l’issue du conflit, la viande bovine, presque exclusivement importée, était chère et de mauvaise qualité. Le projet vise à relancer l’élevage bovin, dans un contexte environnemental très favorable dans le Pool.

Le projet forme les éleveurs et leurs bouviers, soit un total de 60 bénéficiaires, à travers des sessions théoriques et pratiques dispensées au Centre d’Appui Technique de Mpassa. A l’issue de leur formation, les éleveurs se voient remettre un kit constitué de 3 génisses et d’un taurillon, sous la forme d’un contrat de métayage.

Les apprentissages techniques permettent aux éleveurs de se professionnaliser dans la conduite de leur élevage. Des supports de vulgarisation technique ont été réalisés afin que les bénéficiaires puissent continuer à se former, avec l’appui continu des techniciens du projet.

Le projet assure l’approvisionnement en bovins, dans des conditions particulièrement difficiles. L’absence de cheptels de proximité nécessite d’importer les bêtes depuis le Cameroun ou la République démocratique du Congo. Une fois réceptionnés par les éleveurs, les bovins sont mis en métayage. Chaque métayer rétrocèdera au projet 7 bêtes qui seront ensuite diffusées à d’autres éleveurs.

Le volet bovin bénéficie de l’expertise technique de l’AFDI-67. Un vétérinaire spécialisé dans le bovin, qui avait vécu et travaillé dans le Pool dans les années 1990, apporte un appui conseil permanent à l’équipe projet (ici lors d’une mission).
Le cheptel bovin développé par le projet comporte des bêtes de race Shari (proche du zebu), Ndama et Lagune. Toutes ont la particularité d’être résistantes à la mouche tsé-tsé, critère essentiel dans le contexte du Pool.
Les bovins sont suivis tous les 3 mois par les techniciens du projet qui assurent les mesures techniques de base ainsi que les premiers soins.

L’entretien des bovins requiert des compétences spécifiques, que le projet soutient à travers un renforcement des capacités en continu, en étroit partenariat avec le Centre de métayage bovin, organisme national d’appui à la relance de la filière bovine.

Les éleveurs bovins se structurent en groupements de vulgarisation agricole (GVA), afin de s’entraider, de partager leurs techniques et leur expertise, et de se structurer en vue de participer au dialogue avec les autorités.
Suivi et soin des bovins, 2013.

Le projet soutient les échanges et partages entre professionnels agricoles, à travers des missions en Alsace et au Congo. Ces rencontres permettent de renforcer les liens entre les partenaires du projet, tout en contribuant à la professionnalisation et à la structuration des agriculteurs et éleveurs bénéficiaires.

Les partenaires animent également des échanges structurés au niveau des institutions, afin de renforcer les capacités du Conseil départemental du Pool en matière de pilotage stratégique dans le domaine de l’agriculture. Une délégation du Conseil Départemental du Pool a été accueillie en Alsace en juin 2016, et a tenu des rencontres autour de la structuration du monde agricole et du rôle des collectivités dans le développement rural.

Le projet PROFAP est mené, sous la coordination technique de l'Ircod, dans le cadre de la coopération décentralisée entre la Ville de Ribeauvillé et le Département du Pool, avec le soutien de la Région Grand Est, de l'AFDI 67 et de l'Union européenne.

L'Institut régional de coopération développement (Ircod) est une association de droit local créée en 1986 avec le soutien de la Région Alsace. Il rassemble près de 100 collectivités et associations alsaciennes à des actions de coopération dans les pays du Sud.

FIN

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