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Visite des quartiers populaires

Visite pastorale en quartiers populaires

Depuis le mois de novembre, notre évêque a entrepris une visite pastorale* des quartiers populaires. Cette visite fait suite au synode et met en œuvre la première orientation : Oser une Église de la rencontre et du dialogue.

Plus de 34 visites ont été organisées dans différents quartiers de notre diocèse, dans 16 villes, à l'initiative de fidèles, prêtres, diacres, laïcs religieux et religieuses vivant ou investis dans ces lieux.

Au cours de ces rencontres, se sont retrouvés des croyants, des non-croyants de toute culture qui ont partagé difficultés et joies.

Cette visite a touché les cœurs de ceux et celles qui se sont sentis accueillis et écoutés et qui ont découvert une Eglise proche des hommes et des femmes de notre diocèse.

C’est quoi, les « quartiers populaires » ?

Depuis le synode diocésain, notre évêque a mis en place une « pastorale des quartiers populaires » et il a même effectué une « visite pastorale » de ces quartiers. Certains s’interrogent : c’est quoi, les quartiers populaires ? D’autres haussent les épaules : ce sont plutôt les quartiers « impopulaires », ceux qu’on montre du doigt, ceux qu’on stigmatise, ceux qu’on appelle les « quartiers sensibles » !

On parlait autrefois des « grands ensembles » : cela avait l’avantage de souligner un vivre ensemble qui rassemblait beaucoup de monde, d’origine les plus diverses. L’habitat social était d’abord un habitat collectif et les HLM ont d’abord été un grand progrès social pour tous les mal-logés et les familles qui habitaient les bidonvilles. Dans notre diocèse, il y a toujours eu une attention aux « cités populaires », nombreuses dans notre département. Des journées rassemblaient les chrétiens vivant en cités, ainsi que les communautés religieuses qui y vivent toujours… Il y a même eu une équipe de « prêtres en cités », qui ne vivaient pas dans un presbytère mais en appartement dans une des cités du département. Et puis, on a élargi aux « quartiers populaires » : il y a les cités, bien sûr, mais pas que. C’est plus large. Les quartiers, c’est aussi les périphéries de nos villes, selon l’expression du pape François.

Le paradoxe de ces quartiers, c’est qu’ils concentrent effectivement un certain nombre de difficultés sociales, en termes de précarité, d’insécurité, d’incivilité, mais en même temps, ses habitants y sont très attachés, ils aiment leur quartier. Pourquoi ? A cause de l’entraide, à cause du mélange des cultures et des religions, à cause de la richesse de la vie associative, à cause des relations. Les chrétiens qui vivent dans ces quartiers ne veulent pas y être enfermés, mais ils veulent être reconnus comme une richesse pour notre Eglise et pour notre société : il s’y vit des belles réalités, le Royaume de Dieu y est présent, ils ont envie d’en témoigner à leur manière, toujours festive

Un service de la pastorale des quartiers populaires, pourquoi ?

Trois intuitions pastorales sont aux sources du service diocésain de la pastorale des quartiers populaires.

Tout d’abord, le synode diocésain dont la première orientation missionnaire est « Oser une Eglise de la rencontre et du dialogue ». Notre évêque y témoigne : « J’ai entendu le témoignage de nombreux diocésains (…). Ils disent l’importance pour l’Eglise de ne pas s’affirmer comme une contre-culture mais d’être présente dans des rencontres et des dialogues fraternels et exigeants au cours desquels chacun apporte et reçoit. Une Eglise de « plein vent », heureuse de partager les richesses de sa tradition et de sa sagesse, et de les mettre au service du bien commun et du combat pour la dignité humaine »

C’est pour soutenir et mettre en lumière cette Eglise de plein-vent que le service de la pastorale des quartiers populaires a été créé et envoyé.

Pour servir une Eglise qui se fait conversation, selon l’expression du Pape Paul VI dans l’encyclique Ecclesiam suam au n° 67 : « L’Eglise doit entrer en dialogue avec le monde dans lequel elle vit. L’Eglise se fait parole ; l’Eglise se fait message ; l’Eglise se fait conversation (…) »

Notre première orientation synodale croise cet appel du pape Paul VI pour servir l’Evangile en tant qu’Eglise présente dans les lieux de fracture d’humanité, dans les quartiers populaires, où les questions sociales sont posées radicalement, où s’élaborent les nouveaux chemins du vivre ensemble et où l’on se nourrit de la Parole de Dieu et en la partageant. Ajoutons simplement qu’au moins 50% des habitants de notre diocèse vivent dans ces quartiers populaires.

L’autre lieu-source du service de la pastorale des quartiers populaires est dans l’intuition des évêques de la Province de Paris qui, depuis 2010, ont entrepris un état des lieux sous forme d’enquêtes sur l’évangélisation en monde populaire.

Ces enquêtes ont révélé des lignes de fond d’une présence multiforme du Christ et de son Evangile dans beaucoup d’expériences rapportées, mais aussi des attentes au sujet des méthodes d’évangélisation qui appellent des conversions. Les quartiers populaires de nos villes y sont apparus comme des lieux d’humanisation et de socialisation, où des hommes et des femmes adviennent en humanité de façon nouvelle et inédite. Comme des lieux de spiritualité où l’Evangile est annoncé et accueilli. Des lieux de convivialité où l’on cultive l’estime de soi et l’estime de l’autre. Des lieux où habitent les disciples du Christ, selon la belle expression de la constitution pastorale sur l’Eglise dans le monde de ce temps : « Les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des hommes de ce temps, des pauvres surtout, et de tous ceux qui souffrent, sont aussi les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des disciples du Christ, et il n’est rien de vraiment humain qui ne trouve écho dans leur cœur » (GS n°1).

Et de ce fait, l’Église ne peut plus penser sa mission dans ces quartiers à partir de la seule approche territoriale. Elle doit aussi garder un regard de foi sur la cité, « un regard contemplatif qui découvre ce Dieu qui habite dans ses maisons, dans ses rues, sur ses places », comme dit le pape François dans la Joie de l’Evangile (EG n°71).

La joie de l’Evangile, notamment les n° 71-75 qui développent les défis de la culture urbaine, est le lieu- source majeur de l’intuition instituant le service de la pastorale des quartiers populaires dans notre diocèse. Nul doute que cette partie de l’exhortation apostolique où le pape François invite les chrétiens à rencontrer Dieu au cœur de la ville a influencé la réflexion durant notre synode. Qu’y lisons-nous ?

Que Dieu habite la ville. « La présence de Dieu accompagne la recherche sincère que des personnes accomplissent pour trouver appui et sens à leur vie. Dieu vit parmi les citadins qui promeuvent la solidarité, la fraternité, le désir du bien, de vérité et de justice. Cette présence ne doit pas être fabriquée, mais découverte, dévoilée » (n° 71)… D’où l’importance du regard contemplatif qui doit guider la pastorale des quartiers populaires.

Que « dans la vie quotidienne, les citadins luttent très souvent pour survivre et, dans cette lutte, se cache un sens profond de l’existence qui implique habituellement un profond sens religieux » (n°72)

• Que les transformations et la culture qu’expriment les quartiers populaires (« grandes aires », dit E.G n°73) sont un lieu privilégié de la nouvelle évangélisation.

• Que l’Eglise est appelée à se mettre au service d’un dialogue difficile (…), car les villes sont des scènes de protestation de masse où des milliers d’habitants réclament liberté, participation, justice et différentes revendications qui (…) ne peuvent être réduites au silence par la force (E .G n° 74)

• Qu’il y a tant de maux, de trafics et diverses formes de corruption dans les quartiers…et que « la proclamation de l’Evangile sera une base pour rétablir la dignité de la vie humaine…le sens unitaire et complet de la vie humaine que l’Evangile propose(…), meilleur remède aux maux de la ville… Vivre jusqu’au bout ce qui est humain et s’introduire au cœur des défis comme ferment de témoignage, dans n’importe quelle culture, dans n’importe quelle ville, perfectionne le chrétien et féconde la ville » (E G n°75)

L’exhortation apostolique « La joie de l’Evangile »(E G) est donc comme une boussole pour orienter la réflexion et l’action pastorale dans les quartiers populaires, où nous voulons être aux côtés des témoins de ce Dieu qui n’a pas abandonné la ville, parce qu’il est présent dans le cœur des hommes.

Et nous voulons y être présence d’une Eglise qui soutient l’audace de vivre !

Comment développer une pastorale en quartiers populaires

Cette pastorale spécifique se situe à la fois à un niveau diocésain et à la fois sur le plan local.

Ces deux niveaux sont complémentaires pour que cette pastorale soit un lieu de socialisation, de fraternité et d'évangélisation auprès des habitants, des fidèles de ces quartiers, mais aussi pour toute l'église diocésaine.

IIs s'enrichissent mutuellement l'un par ces réflexions, ces propositions, ces ouvertures à d'autres pastorales, et l'autre par des expériences vécues sur le terrain par les uns et les autres dans les quartiers proprement dit, avec les communautés de proximité lorsqu'elles existent ou dans les paroisses lorsqu'elles sont au cœur de la cite.

L'ensemble de cette pastorale doit nourrir et féconder notre église diocésaine.

Dans une première partie, regardons comment ce service diocésain participe au déploiement de cette pastorale, et dans une seconde partie, nous examinerons ce qui se vit déjà localement et qui est en germe suite à visite pastorale de notre évêque.

Sur le plan diocésain,

La commission cités est née en 2003 suite à un partage en conseil diocésain de la mission ouvrière où plusieurs avaient souligné ce qui se vivait dans les quartiers populaires. Cette commission était principalement destinée aux chrétiens dans ces lieux pour qu'ils se ressourcent, qu'ils témoignent, qu'ils relisent à la lumière de la parole de Dieu les merveilles de Dieu dans la vie des hommes et des femmes de ces quartiers.

Avec le synode, des demandes nouvelles et complémentaires ont été formulées:

- Aller à la rencontre des habitants du val de marne là ou ils vivent et notamment dans les quartiers populaires

- Les écouter

- Se faire proche

et leur faire découvrir une Eglise ouverte où chacun a sa place et que " La joie de l'Évangile est pour tout le peuple, personne ne peut en être exclu ". (E.G23)

C'est pourquoi , le décret 32 des actes synodaux a proposé la mise en place d'un service diocésain pour accompagner, soutenir ce qui se vit déjà sur le terrain., susciter de nouvelles initiatives. Il s'agit d'aller aux périphéries territoriales, humaines existentielles comme nous invite le pape François.

Depuis le mois de mars, l'équipe s'est constituée avec deux objectifs

- Organiser la visite pastorale de notre évêque

- Soutenir des fraternités de quartiers pour un plus long terme.

Sa mission est donc :

• De repérer, de susciter des personnes vivant dans ces quartiers ou à proximité qui acceptent d'être référent pour l'équipe diocésaine en vue de favoriser des échanges entre le diocèse et le local.

• De susciter des initiatives diocésaines pour relier, relire et faire rencontrer des acteurs du terrain. C'est ainsi que dernièrement l'équipe diocésaine a organisé une soirée de relecture de la visite pastorale avec des invitants, des invites et des personnes intéressées par la pastorale quartiers populaires

A titre d'exemple ,voici quelques convictions qui se sont dégagées au cours de cette soirée:

- " une visite au cœur de nos vies"

- "Une proximité de la vie qui révèle que le Christ est venu dans nos vies humaines , dans nos relations humaines.

- "Renforcer des rencontres interreligieuses pour qu'il y ait la confiance entre les gens"

- Cette visite, c'est la joie de l'Évangile, cela ressemble à Jésus qui pose sur nous et nous dit" Tu m'intéresses, tu es quelques' un à mes yeux" .

- "Il y a eu de la joie que L'évêque vienne nous visiter dans notre maison"

- "Nous lui avons parlé de nos difficultés mais aussi de nos joies"

• de sensibiliser et de renouveler l'Église diocésaine par le témoignage, en manifestant un église en sortie et non ecclesio- centrée mais aussi en travaillant en transversalité avec d'autres pastorales comme la pastorale des migrants, le service d'évangélisation des jeunes, la mission ouvrière, la solidarité, les relations avec les musulmans , les mouvements d'Église...

Ce n'est pas l'affaire de quelques uns, c'est l'affaire de toute l'Église. Cela rejoint les invitations répétées du pape François et qu'on trouve dans la joie de l'évangile dès le premier article., je le cite:

" Dans cette Exhortation je désire m'adresser aux fidèles chrétiens pour les inviter à une nouvelle étape évangélisatrice marquée par cette joie et indiquer des voies de l 'Église dans les prochaines années." (E.G1)
ou encore lorsqu'il s'exprime au conclave des cardinaux" Il y a une tension entre le centre et la périphérie..il nous faut sortir à la rencontre de la périphérie. Nous devons combattre la maladie spirituelle de l'Eglise qui l'amène à se replier sur elle-même: quand cela se produit, L'Eglise elle-même devient malade[..] Entre une église qui va dans la rue et qui a un accident et une Eglise intoxiquée d'autoréférence, je n'hésite pas à choisir la première".

Quelques réflexions notées à la soirée de relecture qui concernent notre Eglise:

- "Une Eglise qui écoute la vie des gens"

- "une Eglise qui rencontre des croyants de toute religion, des incroyants et qui partage avec eux le repas

- " un Eglise de proximité où la vie des habitants n'est pas extérieure "

- " Un Eglise qui nous parle du Royaume de Dieu. Chacun a sa place"- Un Eglise qui nous révèle un Christ qui porte nos fardeaux".

- Un Eglise qui nous révèle l'union intime avec Dieu et tout le genre humain"

Après avoir vu comment cette pastorale porte la mission diocésaine, regardons ce qui alimente cette pastorale au niveau local et qui se construit au jour le jour avec des acteurs de terrain: des prêtres, des diacres, des communautés religieuses, des chrétiens.

Cela commence par une présence signe pour d'autres :

Une religieuse témoigne:"

" 26 décembre, on frappe à la porte : nos 2 petits voisins (5 et 8 ans) accompagnés de leur papa, viennent nous souhaiter Bon Noël en réponse aux vœux de la communauté distribués dans chaque boîte à lettres des voisins. Ils sont heureux aussi de nous dire : « hier soir nous avons participé à la messe de Noël et nous vous avons vues là-bas ». Un temps d’échanges qui se poursuit aussi avec les petits-enfants des autres voisins du palier qui admirent l’étoile de noël de notre porte. Un peu de gaité dans notre monde en respectant aussi les traditions religieuses de nos voisins."

ou encore cette femme qui nous lit cette lettre reçue de ses voisins

"Nous tenons à nous excuser pour le bruit. notre fils de 17 mois est très énergique, nous essayons au maximum de le canaliser. Vous ne vous êtes jamais plaints, mais nous tenons tout de même à nous excuser car ça doit être contraignant pour vous. Nous vous remercions pour votre patience et votre compréhension. Mr. Et Mme ....
Ps ; Ce n’est pas grand chose Madame, mais pour nous faire pardonner je tiens à vous offrir l’une de mes réalisations, en espérant que ça vous plaira."

Puis cette présence peut prendre la forme d'un accompagnement qui aide la personne à grandir en humanité , à prendre place dans l'églises et dans le monde.

Voici ce que dit Azzedine: personne musulmane qui a rencontre sur son chemin une religieuse

"Issu du quartier des navigateurs ou j 'ai grandi au hall n°5. J'ai toujours côtoyé ces petites sœurs de l'assomption, et en particulier Maguy , qui m'a tout appris et que je n'oublierai jamais, car aujourd'hui elle m'a laissé un héritage que je préserve avec mon copain Maurice. Il faisait bon vivre quand elle (Maguy) était là, même que l'on se voyait après le boulot sur le banc de la cité pour échanger ensemble le devenir du quartier car elle s'en préoccupait."

On peut noter aussi que la relation se construit par un faire ensemble à travers des actions collectives, de l'entraide , un attention à l'autre ou en cherchant comment remédier aux problèmes rencontrés ; d'incivilité, de commerce parallèle, du non respect, privés d'emploi...

Véronique , gardienne d'immeuble raconte comment elle développe un jardin partagé au pied des immeubles , ce qui facilite la rencontre, l'échange des amitiés se créent , le climat change entre les habitants del'immeuble.

Un autre gardien s'inquiète de voir de plus en plus d'enfants seuls au bas des immeubles ou des jeunes en bande qui peuvent faire peur .Il dit :" je vais parler avec eux, je ne prends pas un ton supérieur, je ne les agresse pas , je discute avec eux pour essayer de concilier la vie entre les habitants. Il faut apprendre à vivre ensemble."

Il y a aussi tous ces gestes d'entraide qui existent au quotidien et qui donnent du goût à la vie. Patrick indiquait comment il accueille à tous les repas un adulte handicapé vivant seul dans son appartement ou encore cette aide ménagère qui aide une personne isolée à retrouver sens à sa vie en regardant la croix de la cathédrale et qui du coup ne parle plus de la mort.

D'autres ont parlé de la vie associative, du centre social, de l'amicale de locataires, des conseils de citoyens , du secours catholique ou secours populaire pour assurer une présence, pour aider les personnes en fragilité , pour construire des projets, pour défendre des droits. Tous ces lieux sont des lieux de vie où s'apprend la grammaire du vivre ensable quelque soit l'âge, la culture, la religion de l'autre. Etre présent avec d'autres pour agir au bien être et à la dignité de chacun pour construire un mode plus juste. N'est ce pas le projet de Dieu pour les hommes pour que l'humanité devienne la commune humanité .

A cote des ces engagements humains , civils, il ya tous ces gestes et propositions qui permettent à des voisins de découvrir la parole de Dieu, de rencontrer des chrétiens heureux, de partager des temps de prière, de s'organiser avec d 'autres paroissiens pour animer une communauté de proximité, pour proposer des rencontres chrétiens musulmans, d'apporter un rameau aux personnes de l'immeuble. Toutes ces audaces missionnaires témoignent de la résurrection du Christ aujourd'hui."Vous êtes le sel de la terre et la lumière du monde dit Jésus à ses disciples " lls savent (les disciples ) que le Ressuscité est avec eux tous les jours jusqu'à la fin du monde : ils ont avec eux la force de l'Esprit, et c'est maintenant à eux, à l'Église, d' en témoigner comme tous ceux qui suivent le Christ aujourd'hui.

Voici quelques exemples recueillis pendant la visite pastorale

la création d'une maison d'Evangile

Carmen"Il y a quelque temps, je suis allée à la réunion d’information sur la Maison d’évangile à Créteil [...]C’est une vraie expérience qui me frappe beaucoup.

Je me suis demandée comment faire une Maison d'Evangile, comment commencer ? La première chose que j’ai faite, cela a été de regarder l’immeuble. J’ai décidé de commencer par le plus proche parce que je ne connais pas les gens, bien que sous soyons arrivées aux Mordacs depuis presque 10 mois.

Voilà, je commence par aller voir combien il y a d’appartements dans notre escalier. J’ai pensé que c’était mieux d’aller visiter et frapper à chaque porte, que ça serait plus humain, même si les gens n’ouvraient pas.[...]

je suis allée visiter les voisins et j’ai frappé à la porte de chaque appartement. J’y suis allée à midi, l’après-midi, et le soir, parce que tout le monde travaille et que les gens arrivent à des heures différentes. Toutes les personnes ont ouvert la porte et se sont montrées très gentilles, disant : « Merci, je vais participer. » Il n’y a que 4 appartements qui n’ont pas ouvert parce que personne n’était là et j’ai mis l’invitation dans la boite aux lettres ce qui a permis à une dame de trouver l’invitation et de m’en reparler.

Eugénie: Notre projet est né en 1995 de ma volonté de réunir ma famille autour de l'Evangile chaque semaine. Au fil des ans, nos enfants, leurs conjoints, nos petits enfants, des amis, quelques chrétiens aussi l'ont agrandi.

Ce groupe de partage de la parole de Dieu s'est appelé jusqu'à présent "Partage biblique, partage de foi".

Je me suis dis qu'au regard de ce que j'ai traversé dans ma vie, des épreuves surmontées avec mon mari et mes enfants, ainsi que la manifestation de la miséricorde de Dieu dans tout cela, cela valait la peine d'être témoigné, partagé et nourri."

Ou ce geste de Patrick à l'occasion des Rameaux

"Au mois d’avril dernier, au retour de la célébration des rameaux, j’ai pris « le risque » d’offrir du buis à quatre familles de mon immeuble. Toutes m’ont remercié de ce geste, certains étaient touchés. Auparavant, nous avions de bonnes relations, mais désormais, il y a un petit quelque chose de plus. Ce n’est pas du communautarisme, mais tout simplement une joie de se reconnaitre comme ayant des racines communes."

Et maintenant comment continuer.

Ces visites ont donné envie aux invitants et aux invites de continuer. Ils ont eu de la joie de partager leur vie leurs espérances , leur foi , leurs solidarités.

Il faut continuer ce qui existe déjà: maison d'Evangile, groupe de Parole, temps de prière avec une communauté religieuse

Participer à la vie de la cité en s'engageant dans la vie associative, donner du temps , aller à la rencontre des habitants, tisser des liens, accueillir les nouveaux, se respecter En un mot vivre et faire ensemble.

Créer des fraternités dans la continuité ce qui s'est vécu au cours des visites de notre Évêque; beaucoup le souhaitent des temps de partage de la vie, de la Parole de Dieu des temps conviviaux et fraternels où chacun peut dire ses joies et ses peines, vivre des solidarités humaines. Toutes ces initiatives diverses et variées témoignent de la résurrection du Christ avec la grâce de l'Esprit

Développer une pastorale des quartiers populaires ,c'est conjuguer tous les verbes ci-dessous

- Aimer, accueillir, accompagner, annoncer, Appeler

- Ecouter - Entendre les cris

- Intégrer et s'intégrer - Interpeller

- Regarder sans juger- regarder pour faire grandir

- S'intéresser à l'autre à sa vie, sa culture, sa religion, à ses joies ses peines

- Tisser des liens- mettre en relation

- Prendre soin

- Partager

- Contempler prier, Célébrer

- Repérer

- Relier

- Rencontrer

Visite chez les gens du voyage

La visite pastorale de Mgr Santier en quartiers populaires est aussi passée chez les Gens du Voyage du diocèse de Créteil. Ce fut l’occasion pour le père Santier de rencontrer de nombreux « voyageurs » sur leurs différents lieux de vie.

Ainsi notre évêque a t’il retrouvé Cameron, (jeune voyageur de 17 ans, converti, baptisé à Longpont, puis confirmé l’an dernier au cours du pèlerinage annuel à Villecresnes), Sylvie engagée dans l’équipe diocésaine des Gens du Voyage, où elle s’occupe particulièrement des demandes de baptêmes, mais aussi Emile, dit « Pépin » et sa femme, « Mémé », qui font partie de la petite équipe diocésaine des voyageurs. (Emile est heureux d’avoir reçu sa lettre de mission des mains de l’évêque. Il s’occupe des jeunes avec beaucoup d’enthousiasme. Mais aussi Michaël et Peggy qui fait le caté. Ce fut une « mini réunion de quartier », où les couples ont parlé de leur vie sur l’aire des voyageurs, des difficultés de promiscuité. Chacun a pu exprimer les difficultés rencontrées auprès des pouvoirs publics et dans la société, parler du racisme auquel il est confronté, aux soupçons dont il est souvent affublés… Mais aussi de son rêve de vivre sur un terrain privé pour être tranquille et vivre en clan familial, permettre à ses enfants de s’installer et dans l’avenir vivre avec leur future famille auprès d’eux.

Le père évêque s’est également rendu auprès des voyageurs de Villeneuve Saint Georges et la journée s’est terminée vers 19h, à la chapelle St Jean, où la communauté du groupe de prière des Gens du Voyage attendait pour partager un repas léger avant la célébration eucharistique qui devait clôturer cette longue visite pastorale. Le Père Jacques, responsable du Secteur Pastoral de Villecresnes, le Père Jean Baptiste, curé de la Paroisse, le Père Barnabé, prêtre accompagnateur des voyageurs et les membres du CEP étaient également présents/

Cette ultime rencontre, avant la célébration eucharistique, a vraiment été un temps de partage et d’amitié où tous ceux qui souhaitaient dire un mot à leur évêque ont pu le faire. L’Eucharistie présidée par le Père Santier fut l’occasion d’offrir au Seigneur les superbes fruits recueillis tout au long de cette journée.

Et maintenant Arc’ensemble

Pour que les fruits de cette visite deviennent féconds pour notre Eglise diocésaine un rassemblement Arc 'ensemble est organisé le lundi 21 mai au gymnase de Vitry sur Seine. Ce rassemblement veut être festif, convivial, fraternel. Tous les habitants (croyants ou non) du Val-de-Marne y sont conviés.

A cette occasion, le père Santier donnera des orientations pour déployer la pastorale des quartiers populaires. Le nom du rassemblement veut souligner plusieurs aspects :

Le mot arc rappelle le dialogue de Dieu avec Noé qui venait de passer 40 jours et nuits dans l'arche afin de se protéger du déluge : Et Dieu dit à Noé : « j'ai placé mon arc dans la nue, et il servira de signe d'alliance entre moi et la terre. [....]15 et je me souviendrai de mon alliance entre moi et vous, et tous les êtres vivants, de toute chair[....]Tel est le signe de l'alliance que j'établis entre moi et toute chair qui est sur la terre ».

• Le mot ensemble indique l'importance du vivre et de faire ensemble pour construire un monde nouveau, fraternel juste qui soit signe d'espérance et de joie. "Seul on avance plus vite, ensemble on avance plus loin "nous dit un proverbe africain.

Les deux mot associés montrent l'importance du lien entre les hommes entre eux et avec Dieu, signe d'un amour qui dépasse qui fait grandir chacun dans son humanité mais qui fait grandir l'humanité toute entière .

PRIERE

Seigneur, donne-moi le temps de poser mon regard

sur les évènements et les personnes de mon quartier

et de les voir avec Ton regard d’amour et d’attention.

Ces gens que chaque matin je croise

sans toujours vraiment les voir

à longueur de jours, de mois, d’années.

Donne-moi le temps de poser mon regard sur les êtres que j’aime,

mais aussi sur tous ces visages inconnus,

qui passent devant ma maison,

que je croise dans un escalier,

à qui je donne un sourire, un bonjour,

à qui je glisse un « message » dans la boîte à lettres.

Donne-moi de les regarder avec Ton regard de lumière

quand, parfois, je ne les vois même plus,

tant le souci de mes affaires, de mon travail, de mes fatigues,

parasite mon cœur et mon corps.

Oui, donne-moi de prendre le temps de les découvrir,

de les apprécier, de me laisser surprendre encore et toujours

par ceux et celles qui habitent mon quartier.

Oui, donne-moi de prendre le temps

d’écouter leurs histoires, leurs joies et leurs peines,

d’être un peu Ton oreille qui écoute,

Ton visage qui éclaire, Tes mains qui réconfortent.

Apprends-moi à les porter dans mes prières

quand, le soir, je me tourne vers Toi.

Oui, Seigneur, je vais prendre le temps de Te rencontrer

dans mes frères et sœurs que tu me donnes de croiser

chaque jour dans la rue.

Oui, je vais prendre le temps de Te les offrir,

chaque dimanche, à l’eucharistie,

pour qu’ils soient remplis de ton Esprit d’amour et de vie !

Amen

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