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La pub à la limite le salut de l’humain est dans la limite

L’autre jour j’étais interpellé par une bouteille d’eau : Réveille ton volcan ! Crois en toi ! me disait-elle...

Un des souvenirs d’enfance qui me revient le plus souvent - surtout quand je fais le ménage (ce qui arrivent malheureusement pas souvent) - est la chanson de pub “Meister Proper ist so sauber, dass man sich drin spiegeln kann”...

Et tous les matins quand je prends ma douche, le shampoing de ma fille me dit : Parce que vous le valez bien.

J’ose affirmer, chers amis, que les paroles qui nous frappent le plus dans notre vie sont des slogans de publicité. Et pour cause : dans le temps, les meilleurs talents en classe de baccalauréat littéraire allaient dans l’enseignement ou même dans la théologie ; depuis longtemps, il parait qu’ils trouvent leur vocation dans les agences de pub… d'ou leur parole nous rejoint ! Les vrais grands auteurs de notre temps sont les publicitaires.

Pour ce temps de culte, nous voulons laisser résonner une autre parole, qui au lieu de frapper l'oreille pour nous faire entrer en tentation, nous ouvre les yeux pour nous en sortir…

Lecture biblique : Livre de la Genèse 3, 1-5

Or le serpent était la plus astucieuse de toutes les bêtes des champs que le SEIGNEURDieu avait faites. Il dit à la femme : « Vraiment ! Dieu vous a dit : “Vous ne mangerez pas de tout arbre du jardin”… »

La femme répondit au serpent : « Nous pouvons manger du fruit des arbres du jardin, mais du fruit de l’arbre qui est au milieu du jardin, Dieu a dit : “Vous n’en mangerez pas et vous n’y toucherez pas afin de ne pas mourir.” »

Le serpent dit à la femme : « Non, vous ne mourrez pas, mais Dieu sait que le jour où vous en mangerez, vos yeux s’ouvriront et vous serez comme des dieux possédant la connaissance de ce qui est bon ou mauvais. »

Et si toute l’histoire de la tentation n’était qu’un énorme coup de pub ?

Si c’était l’interdiction annoncée à grands frais qui avait créé l’incitation à dépasser l’interdit, et donc la tentation, puis la chute ?

La pub, l’origine de tout mal…

Entrer dans le récit de la Genèse pose un certain nombre de difficultés dès que l’on ne veut pas s’en tenir aux caricatures habituelles qui disent en substance que tout le mal de l’humanité viendrait du péché de Genèse 3.

Cette fameuse histoire de la « chute » comprend en effet quelques incohérences qui nous alertent et nous questionnent dans une compréhension trop rapide et simpliste.

L’exemple le plus frappant est celui de l’interdit posé par Dieu de ne pas manger de l’arbre de la connaissance du mauvais ou du bon (= de la bonne ou mauvaise connaissance ?) : il est donné à l’homme avant que la femme ne soit créée (2,15+17). La femme n’a donc jamais entendu l’interdit bien qu’elle le répète au serpent ! Si vous tombez donc sur quelqu’un qui veut obstinément prendre ce texte à la lettre, au lieu de le prendre au sérieux, dites-lui, s’il vous affirme que c’est la femme qui est à l’origine du péché, qu’elle n’a jamais reçu l’interdit de ne pas manger de l’arbre de la connaissance du mauvais ou du bon, puisqu’elle n’y était pas…

En effet, ces textes ne sont pas des reportages historiques sur une origine datée perdue dans la nuit des temps. Ils sont plutôt une manière narrative de rendre compte du réel que nous expérimentons chaque jour.

Ce texte fondateur est là, au départ, pour aider l’israélite confronté aux religions antiques qui l’entourent, à se situer en tant que croyant du Dieu unique et en tant qu’humain, avec sa vocation particulière, au milieu des cultes païens idolâtres où le serpent et le figuier sont les symboles de puissance, de connaissance et de fertilité.

Les premiers chapitres de la Genèse sont une confession de foi fondatrice qui dit que l’homme n’est pas tout-puissant et qu’il n’a pas accès à l’immortalité (même s’il est acteur, créateur de vie). Mais l’humain tente toujours de repousser cette limite.

Alors que les deux humains viennent de céder aux cultes idolâtres de leur temps (représentés par le serpent et l’arbre), Dieu leur pose la question « Où es-tu ? ». Et ce n’est pas que Dieu aurait oublié ses lunettes ! C’est que, voulant se faire dieu, l’homme s’est perdu, il n’est plus dans son lieu, il ne sait plus où il en est, et par conséquent, qui il est.

Vu ainsi, le salut de l’humain est dans la limite. Et Dieu, qui est le Dieu sauveur, pose une limite à l’humain.

Quand leurs yeux s’ouvrent (3,7), c’est qu’une limite est posée : ils découvrent que l’autre n’est pas soi.

Quand il y a « hostilité » entre le serpent et la femme, c’est qu’il y a une limite : entre le monde animal et le monde des humains (le texte casse ici toutes les mythologies animales païennes).

Même la douleur et la peine au travail, qui nous sont souvent présentées comme punitions pour la faute originale, peuvent être lues comme des limites qui nous font du bien : le travail n’est pas illimité (ce qui se traduira par l’injonction du sabbat) et la différence entre les générations est marquée par la douleur (non, mon enfant ne sera pas moi-même).

Mais surtout, la limite est posée à l’immortalité en plaçant l’humain hors du champ de l’Arbre de vie. Non pas tant pour le punir, mais pour le faire correspondre à ce qu’il est, un errant ; pour le replacer dans son lieu : un chemin ; pour qu’il soit réellement humain.

Cette fameuse chute est donc réellement un acte de… salut : l’humain est ainsi replacé dans sa vocation qui est de connaître dans la complémentarité des différences et être créateur de vie, pour un autre.

Vous voyez, l’histoire de la tentation est au cœur de l’Évangile ! C’est une bonne nouvelle que d’apprendre que nos limites ne sont pas à notre disposition, mais qu’elles sont posées une fois pour toutes pour notre bien.

Je me demande quel slogan de pub pourrait nous aider à retenir cela, pour retenir plus facilement notre leçon de vie ? Je ne suis pas publicitaire, mais je tente ma chance :

« Mangez le fruit - vous n’en mourrez pas (tout de suite) » ; ou bien : « Ouvrez les yeux — vous serez comme des humains possédant la connaissance de ce qui est bon ou mauvais... »

Created By
Pasteur Rudi Popp Temple Neuf Strasbourg
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Credits:

Created with images by Tim Gouw - "untitled image" • PollyDot - "wild fig common fig ficus carica" • Engin_Akyurt - "apple dea gold"

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