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La maîtrise inversée Cercle scolaire de Val-de-Ruz

Nous travaillons pour ce qui nous grandit

L’hétérogénéité des élèves n’est pas un problème, c’est une opportunité : tout élève est capable de maîtriser toute matière, à condition de disposer de temps et de soutien.

La classe de maîtrise inversée propose une organisation du travail délocalisée qui favorise un apprentissage actif, individualisé et en collaboration, en permettant aux élèves d’atteindre une série d’objectifs pédagogiques selon leur rythme et leurs choix.

Organisation de la classe inversée :

  • Les élèves travaillent en petit groupe ou individuellement selon leurs choix et à leur rythme. Ils sont acteurs et responsables de leurs apprentissages.
  • Les enseignants fournissent les supports d’enseignement, valident les acquisitions des élèves et aident les élèves dans leur organisation et leur travail.
  • L’évaluation est progressive et formative. On signale les problèmes et on valide les bons résultats. On organise des remédiations aux résultats insuffisants si l’élève le souhaite.

Des apprentissages individualisés

Dans une classe traditionnelle, il n'existe qu'un seul et même tempo, imposé à tous par l’enseignant. Obligé de suivre son rythme, l'élève le plus rapide va vite s'ennuyer et décrocher. Paradoxalement, il peut être amené à perturber la classe par désœuvrement. L'élève qui a besoin de davantage de temps reste à la traîne. Le rythme est adapté à un élève hypothétique moyen. C'est un modèle unique qui convient à peu d'élèves.

De même, il est très peu probable qu'un enseignant puisse identifier les lacunes de chacun. Et même si c'est le cas, il ne peut analyser ce qui a mené chaque individu à passer à côté de tel ou tel concept. Il n'en a pas le temps, tout simplement, surtout si l'heure est essentiellement consacrée à un cours magistral. Par ailleurs, il est pressé par le programme. La classe doit avancer.

Ainsi, à force de catégoriser et de créer des modules d'enseignement d'une durée identique, on prive nos élèves du bénéfice de créer des connexions. L'approche traditionnelle s'avère immuable : on prend un fait et on le traite de façon isolée. On passe une, trois ou six semaines dessus, on fait un contrôle et on tourne la page. Pas étonnant qu’autant d'élèves oublient le sujet aussitôt le contrôle terminé…

Or, aucune notion n'est distincte d'autres notions. Le savoir est continu : les idées s'enchaînent.

Dans la mesure où l'apprentissage engendre des changements physiques dans le cerveau et où le savoir consiste non pas en une progression linéaire mais en l'approfondissement d'un vaste réseau de concepts et d'idées, nous parvenons à cette conclusion surprenante : il n'existe pas de façon d'apprendre identique. On peut standardiser les programmes, mais pas les apprentissages.

Avec l'apprentissage individualisé, grâce aux outils numériques, le rythme convient à chaque élève parce qu'il est dicté par chacun. Si une leçon est rapidement assimilée par un élève, celui-ci peut avancer, évitant ainsi l'ennui. Si un sujet s'avère difficile, il est possible de mettre sur pause, ou de revenir en arrière pour s'exercer de nouveau sans éprouver de honte ni retarder toute la classe. Ainsi, utilisée à bon escient, une simple capsule vidéo permet à l’enseignant d’enseigner davantage et à la classe de se transformer en atelier où la collaboration l’emporte sur la passivité.

La classe de maîtrise inversée offre la flexibilité et l'adaptation au rythme de l'élève, qui sont deux caractéristiques essentielles à un apprentissage actif et motivant. De plus, cette organisation du travail place l'école dans une dynamique en phase avec les réalités de monde du travail.

Sources : « L’éducation réinventée », éd JC Lattès de Salman Khan et « La classe inversée », éd Goulet de Jonathan Bergmann et Aaron Sams

Nous travaillons pour ce qui nous grandit