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The Lodgers 2017 – Irlande. Réalisation : Brian O’Malley. Scénario : David Turpin. Avec : Charlotte Vega, Bill Milner, David Bradley, Eugene Simon, Roisin Murphy.

Qu’évoque le terme “gothique” pour vous ?

Pour beaucoup, la première idée à venir sera celle de ces personnes adorant le noir, vénérant la mort et chargeant leurs yeux de lourds traits d’eye-liner. Mais le gothique, c’est loin d’être seulement ça. Architecture, littérature, cinéma… Le terme est transversal, utilisé dans de nombreux domaines différents. Dans le cinéma, le mot gothique est souvent lié au cinéma d’épouvante. Et c’est aussi le terme qui résume le mieux le film The Lodgers.

« It’s midnight. They’re coming. »

1920. Dans un village isolé d’Irlande, les habitants se remettent peu à peu des conséquences de la Première Guerre mondiale. Lorsque Sean revient mutilé après avoir participé au conflit, il fait la connaissance de Rachel. Cette jeune femme mystérieuse vit seule avec son frère dans une immense demeure. Tous deux doivent suivre trois règles strictes : être couchés à minuit, ne jamais laisser entrer un étranger et ne jamais abandonner l’autre. Ce règlement leur est dicté par d’étranges présences menaçantes qui semblent résider sous la maison.

The Lodgers, c’est un peu un Gothique pour les nuls adapté en film. Immense demeure sombre et menaçante, check. Présences peu amicales rôdant dans les ténèbres, check. Musique oppressantes, jeux de lumières et symbolisme omniprésent… check, check et check.

D’un point de vue ambiance, il n’y a ainsi rien de vraiment original. Les poncifs du genre sont réunis. Mais c’est exécuté très correctement. L’atmosphère qui porte le film est oppressante, mystérieuse, et bien installée par la réalisation. Rien d’extravagant, mais de belles choses, notamment à la fin. La photographie y est pour beaucoup, plusieurs plans sont intéressants.

Love can be worse than hatred.

Niveau scénario, c’est plus mitigé. Deux questions principales portent le mystère de notre intrigue. Tout d’abord, il y a ce que les présences exigent de Rachel et de son frère. Ce point-là est globalement raté. Le problème n’est pas dans le fond, mais dans la forme. On tente de nous faire languir très longtemps sur une question à laquelle on aura répondu de nous-mêmes depuis déjà un certain temps.

Sur le fond, cette fameuse réponse s’intègre très bien à l’histoire, elle est même capitale pour comprendre le film. Mais justement, elle est tellement logique qu’on résout l’équation très vite. Et une fois qu’on a compris, on trouve plutôt lourdingues les nouveaux indices qu’on nous balance encore, alors qu’on aurait dû passer à autre chose. On appréciera tout de même le côté malsain de la relation entre le frère et la sœur, qui va crescendo et qui est plutôt bien représentée.

Des antagonistes dont on ne saisira jamais la nature

Deuxième grande question de notre scénario : la nature exacte de ces présences. Ou créatures. Ou fantômes. On ne saura jamais vraiment. Sur ce point, l’histoire privilégie le flou. On reste dans la brume. On tire nos propres conclusions, mais rien ne vient clairement nous dire à quoi exactement nous nous frottons. Une bonne chose pour les fans de films qu’ils peuvent interpréter et décortiquer.

Du côté de l’interprétation, il y a de bonnes choses. Charlotte Vega, Rachel dans le film, porte le long-métrage sur ses épaules. Elle n’est pas le seul personnage important, mais elle est clairement notre héroïne. Et si on notera bien quelques faiblesses de jeu, son interprétation reste globalement satisfaisante. Eugene Simon s’en tire correctement dans le rôle de Sean, sans plus. Quant à Bill Milner, qui joue Edward, c’est moins convaincant. Le jeune homme n’est pas très subtil. On ne ressent jamais la moindre sympathie pour lui, il apparaît directement comme étant peu attachant. À sa décharge, ’écriture de son personnage n'aide pas. Enfin, les fans de la saga Harry Potter pourront se réjouir de voir David Bradley, soit Argus Filch, concierge de Poudlard, dans un second rôle.

L’anecdote

Le film a été tourné en grande partie à Loftus Hall. Ce site est très connu en Irlande. Selon les légendes locales, il est hanté par le Diable ainsi que par le fantôme d’une jeune femme. Le lieu est privé, mais est régulièrement ouvert aux amateurs de paranormal comme attraction touristique.

The Lodgers n’est pas un mauvais film. Les amateurs de longs-métrages atmosphériques d’épouvante seront servis. Mais du point de vue du fond, c’est un peu trop léger pour convaincre. Une oeuvre à regarder pour son esthétisme et son ambiance.

Le reste n’est pas plus intéressant que ça.

2/5

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