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L’étang du Stock des trésors à découvrir au fil de l’eau

Les Allemands l’appellent « Stocksee », le lac du Stock. Les Français lui donnent plutôt le titre d’étang. Mais autour de ce plan d’eau d’environ 700 hectares niché au sud de la Moselle, à quelques kilomètres de Sarrebourg, tous parlent la même langue : celle de l’harmonie parfaite entre nature préservée, bien6être et activités de loisirs.

Que l’on vienne pour observer les oiseaux émissaires du Parc animalier de Sainte-Croix tout proche, pour taquiner le sandre, pour se baigner, pour faire de la randonnée, du VTT, du paddle, pour s’offrir une balade en bateau ou une nuit insolite, qu’on y passe la journée, ses vacances ou qu’on en tombe amoureux au point d’y établir sa résidence secondaire, l’étang du Stock possède tous les atouts d’une destination incontournable.

Cet étang tentaculaire est en fait une constellation de petites baies de fraîcheur. Onze au total, portant des noms aussi charmants qu’étang des Souches, étang des Femmes, Colignotte, étang de la Blanche-Chaussée, du bois ou de la Grande Creusière… Une dentelle aquatique maintes fois remaniée et agrandie depuis le XIIIe siècle, bordée par huit forêts et quatre villages : Langatte à l’est, Rhodes à l’ouest, Kerprich-aux-Bois et Diane-Capelle au sud.

Il n’appartient à aucune de ces communes, mais à l’Etat, qui en a confié la gestion à Voies navigables de France (VNF), car sa fonction première est de servir de réservoir pour l’alimentation des canaux de la Marne au Rhin et des Houillères de la Sarre.

le coin de nature parfait pour des vacances fun et sportives

L’étang du Stock est aux plans d’eau ce que le couteau suisse est aux outils : petit mais qui permet de tout faire.

Côté Langatte, la zone de loisirs et sa plage surveillée offrent un espace de baignade avec pontons et toboggan géant. Sur le sable, il y a ceux qui préfèrent la bronzette et ceux qui veulent se défouler. En plus de la location de barques ou de pédalos, l’équipe d’animation met donc sur pied chaque été un programme complet d’activités, les fameux Langatte Summer. Et leurs rendez-vous devenus incontournables : les tournois de sandball au cours desquels il est possible de se confronter aux joueurs du club semi-pro de handball de Sarrebourg (Proligue) ; le plus beau feu d’artifice du secteur, tiré depuis les berges à la fin juillet et son grand bal associé ; les séances de cinéma en plein air ; le triathlon de la mi-août lancé en 2017...

Des courbatures ? Pas de problème ! Tout près de la plage, les saunas, hammams, bains bouillonnants du centre de bien-être sont parfaits pour se délasser. Et s’il vous reste encore un peu d’énergie, les 6 pistes du bowling sont là pour des soirées animées en famille ou entre amis.

Côté Rhodes, c’est sur l’eau que cela se passe. Ce village qui a tout d’une île est cerné par les pontons. On y circule en bateau aussi naturellement qu’en voiture. Les heureux propriétaires ont leur anneau dans le petit port du Club nautique local ou directement au bout de leur jardin. Les plaisanciers saisonniers peuvent apponter au camping. Et les touristes peuvent y louer des canoés, des barques, des planches de paddle, ou réserver des sessions de ski nautique ou de wakeboard. A la rame, à la voile ou à moteur, toutes les embarcations se croisent dans les méandres du Stock.

Autre excellente façon de faire le tour du Stock : s’aventurer, à pied ou à vélo, sur les sentiers qui entourent l’étang. Des balades faciles ou plus ardues, entre roseaux et magnifiques forêts de chênes, du barrage de Langatte au canal des Houillères à Diane-Capelle… A la découverte de villages pittoresques et d’un patrimoine confidentiel qui vaut le détour comme le cimetière anabaptiste de Rhodes récemment restauré, la chapelle de la ferme d’Albeschaux relevée par un groupe de bénévoles passionnés ou l’étonnant musée de la poupée à Diane-Capelle.

Des nuits de rêve

En matière d’hébergement, les rives de l’étang offrent tout le panel possible. Du traditionnel camping sous tente ou en mobil-home, aux chalets et gîtes familiaux, en passant par les chambres d’hôtes. Et pour les vacanciers en quête de nuitées insolites, le Stock a tout ce qu’il faut.

Les plus connues sont sans doute les lodges du Parc animalier de Sainte-Croix, à Rhodes, dont les fenêtres s’ouvrent sur les parcs des loups, des ours, des cerfs ou des coyotes. Pour y séjourner, il faut s’armer de patience car les réservations sont bookées sur plus d’un an.

Sur les berges toujours, mais côté Rhodes, de drôles de petites boites arrondies attirent l’œil. Ce sont des pods, des hébergements insolites que le camping propose depuis trois ans maintenant, et qui sous leurs allures de tanières minuscules peuvent accueillir quatre personnes. Un peu plus si l’on appartient à l’espèce des hobbits et que l’on réserve depuis l’univers fantastique de Tolkien auquel ces cabanes font immanquablement penser. Invitation supplémentaire au voyage, les locataires des pods ont accès à un Kota finlandais pour prendre leurs repas.

Autre formule tout aussi dépaysante, les lodges flottants du village lacustre de Langatte, inaugurés en 2018. On y accède uniquement en barque et une fois les amarres larguées, bercé par le chant des oiseaux et le clapotis de l’eau, on s’y sent comme un Robinson sur une île… Le confort en plus. Pour ceux qui se sentiraient moins l’âme d’un marin, fût-il d’eau douce, le village propose aussi des lodges sur pilotis ou perchés dans les arbres à 4 mètres de hauteur.

« Ici, on se sent apaisés »

Josianne Schuller et Yvon Schaeffer ont franchi pour la première fois les portes du camping de Rhodes il y a 4 ans. Par hasard. « Nous étions sur la route au volant de notre camping-car et nous nous sommes arrêtés pour une nuit. Yvon n’était pas très chaud. Lui, il ne jure que par le camping sauvage », se souvient Josianne.

Cet arrêt imprévu sur les bords du Stock a débouché sur un véritable coup de foudre pour ces septuagénaires strasbourgeois. Depuis, ils ont vendu leur camping-car et investi dans une petite caravane laissée à l’année à Rhodes. « Nous sommes là dès le jour d’ouverture. Nous venons tous les week-ends. Nous sommes devenus des habitués. C’est le compromis parfait entre camping sauvage et structure plus confortable. Il y a de l’entraide, des petites attentions entre campeurs et personnel, comme dans une famille ».

Tranquillement installés dans leurs fauteuils, face à l’étang, ils profitent simplement de la beauté et de la quiétude des lieux. « Ici, on se sent apaisés. Je ne sais pas si ça vient des oiseaux, du bruit de l’eau, mais c’est vraiment unique. Le matin, je prends des photos du lever de soleil que j’envoie à mes amis. Les couleurs sont si belles qu’ils me demandent où je suis. Et quand je leur réponds « A Rhodes ! », ils pensent que je passe mes vacances en Grèce. »

Le paradis des pêcheurs

Avec ses 710 hectares, l’étang du Stock est le paradis des pêcheurs. Depuis les berges, les pontons, les digues ou le fond de leurs barques, ils sont légions à lancer l’hameçon pour tenter d’attraper sandres, brochets, perches, silures, carpes, gardons, rotengles, brêmes ou carassins.

A terre, les places sont chères. Sur l’eau, la forme étoilée si particulière de l’étang, ses berges découpées, ses plis et replis le long des presqu’îles permettent aux uns et aux autres de se livrer à leur passion sans se voir ni encore moins se gêner. Avantage de l’étang du Stock, il est l’un des rares plans d’eau où la navigation des bateaux à moteurs thermiques soit autorisée. A condition bien sûr de respecter quelques règles de préservation de la faune et de la flore locale, notamment à proximité des herbiers ou des nombreuses roselières qui abritent quantité d’espèces d’oiseaux.

19 millions de m3 d’eau à gérer au jour le jour

Pour garantir des bonnes conditions de pêche aux disciples de saint Pierre, une bonne qualité des eaux de baignade pour les touristes, des espaces préservés pour le développement de la biodiversité, tout en gardant pour mission première la continuité de la navigation fluviale, les équipes de Voies navigables de France surveillent en permanence le niveau du Stock. Un travail d’orfèvre pour assurer une fluidité, depuis les premières gouttes puisées dans les Sarre rouge et blanche jusqu’aux derniers hectolitres reversés dans les canaux.

Les trésors engloutis

En période de forte sécheresse, lorsque les eaux du Stock se retirent, une large bande de pierre émerge du fond de l’étang des Dames. Et du fond des âges. L’ancienne voie romaine qui passait là retrouve la surface, le temps d’un été particulièrement aride. Un événement rare, survenu pour la dernière fois en 2018, qui ne manque pas d’attirer les curieux.

Autres vestiges du passé que l’on cherche à deviner lorsque le niveau du Stock est historiquement bas : les rues du village de Rhodes, volontairement noyées en 1932, quand l’étang a été rehaussé pour devenir l’un des maillons de la Ligne Maginot aquatique.

Des digues ont alors été construites en un temps record permettant l’accès au village depuis Languimberg à l’ouest et Albeschaux à l’est. Les berges ont été consolidées… Une fois les travaux achevés, les habitants ont assisté à la montée des eaux : la ruelle du Stock, au-dessous de l’église, avec ses jardins potagers, ses poulaillers et plus loin ses passerelles permettant aux paysans de rejoindre leurs prés, a été la première engloutie. Puis ce fut au tour des maisons de la rue du Petit-Pâquis. Dans le même temps disparaissaient le presbytère et les maisons autour de l’église du XIIIe siècle, ultime rempart contre les eaux, devenue presqu’île alors qu’au temps jadis, elle dominait sur sa butte.

A l’autre bout de l’étang, sur la digue de Langatte, une tour fortifiée lui répond. Erigée en son temps pour protéger les écluses, elle témoigne de l’importance que l’étang avait pour les nombreux seigneurs locaux qui se le sont disputé au fil des siècles. Toujours debout, ayant résisté aux attaques des Cosaques en 1812, la tour est une étape incontournable des promenades au bord de l’eau.

La petite Allemagne

Quand on découvre l’étang du Stock, on a du mal à le quitter. Voilà qui explique le nombre incroyable de résidences secondaires établies sur ses rives. Et les premiers à succomber au charme du Stock au point d’y revenir week-end après week-end, voire d’y passer leur retraite, ce sont les Allemands. La diaspora est telle dans des villages comme Rhodes que le bulletin municipal y est traduit dans la langue de Goethe et que deux des conseillers du maire sont de nationalité germanique.

Parmi eux, Martin Harbarth. Ce professeur de français à la retraite a eu le coup de foudre pour l’étang du Stock au milieu des années 60. « Avec mon épouse Adelheid, nous trouvions le temps long chez nous à Sarrebruck. Nous avions envie de nature. Ce sont des amis de notre club de tennis qui nous ont parlé du Stock. Dès notre première visite, cela a été une révélation. Ma famille est d’origine prussienne. Pendant la guerre, avec ma mère et mes quatre frères et sœurs, nous avons été déplacés à Lindau, à la frontière autrichienne. J’avais 5 ans. J’ai grandi là, accueilli par une famille de paysans, sur les rives du lac de Constance, avec les Alpes en toile de fond. Et j’ai adoré. J’ai retrouvé ça ici, l’eau, la ligne des Vosges au loin… J’ai tout de suite su que c’est là que je voulais vieillir. »

Il y a 23 ans, Martin et Adelheid ont donc acheté une maison à Rhodes. Là encore, les souvenirs d’enfance de Martin ont guidé leur choix. En visitant la petite propriété du charmant quartier balnéaire des Oiseaux, il est tombé en arrêt devant un majestueux noyer, comme celui qui trônait à Lindau, chez ceux qui sont devenus ses oncle et tante de cœur.

Bien décidé à ne pas jouer le simple touriste, Martin s’est investi dans la vie du village en créant et en présidant l’Association des propriétaires de terrains touristiques. « Il y a tellement d’Allemands ici qu’il fallait un médiateur. Car il faut bien le reconnaitre, certains ne jouent pas le jeu de l’intégration et ne se comportent pas toujours aussi bien qu’ils le devraient. » Ses compatriotes sont avertis, Martin a trouvé son petit paradis et compte bien le défendre.

Reportage : Stéphanie PAQUET

Photos : Laurent MAMI - Le Républicain Lorrain

Montage : Service Support ERV

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