J4 ATELIER #1 KARATÉ / THÉÂTRE NADIA DUMONT / LAURENCE FISCHER / DARIA LIPPI

JOUR 4

Nadia DUMont

SALUT
éCHAUFFEMENT

Debout. Pieds à la largeur du bassin. Regard à l'horizontal. On se concentre sur la respiration et sur notre ancrage au sol. On donne une lègère poussée dans le sol qui permet de décompresser le bassin qui se tasse sur les jambes et de décompresser la colonne vertébrale. On imagine un fil au-dessus de notre tête qui nous tire délicatement vers le ciel.

Respiration

On inspire, on monte les bras. On expire on descend les mains devant soi, paumes vers l'extérieur, et on imprime à l'air une pression légère. On relâche.

x 3

On croise les doigts devant la poitrine, sur l'expiration on pousse vers l'avant paumes de main vers l'extérieur. On pousse la colonne vers le haut, on pousse les pieds dans le sol. On fait comme un piston avec tout le corps. On inspire. On expire, on fait la même chose vers le ciel en gardant les épaules basses. On inspire on revient au centre, on expire on fait la même chose mains vers le sol. On fait plusieurs cycles. On relâche.

Bras

On fait des grands cercles parallèles avec les bras, sans les croiser. En avant puis en arrière.

Bassin

On écarte légèrement les jambes. On bascule le bassin en avant et en arrière. Même chose en latéral. On cherche la rotation, sans bouger les épaules ou les hanches. Le poids du corps est sur tout le pied, des orteils au talon. Dans un sens, puis dans l'autre. On relâche.

Étirement

Avec le bras, on vient attrapper le côté de la tête opposé, on laisse faire le poids du corps, on étire, on ne s'arrête pas dans l'étirement on continue le mouvement avec le buste, on laisse glisser le bras et on fait la même chose de l'aute côté. C'est comme une caresse, on accompagne le buste sur le côté. On garde notre attention sur le fait de pousser dans le sol, l'ancrage au sol est notre base. On part de cette conscience du sol, des jambes, du bassin qui est notre socle. On étire vers le haut à partir de cette base et c'est seulement après qu'on étire le buste sur le côté. On conserve l'étirement, on pense à l'image de la cuillère qu'on a utilisé pour les abdominaux. On respire.

On va ajouter une spirale. Pour être sûr d'être bien sur vos appuis, soulevez les orteils, on porte le poids sur les coussinnets. On pousse bien dans le sol, on ne cambre pas. C'est une poussée des lombaires. Tout le haut du corps est étiré. La main vient chercher sous la cage thoracique, elle l'ouvre, le dos pousse dans les pieds. On fait comme un massage de la cage thoracique. Quand la cage est bien tournée, on laisse le bras continuer sa route et on va chercher loin derrière. Le regard suit la main. On revient au centre, on inspire, et sur l'expire on fait la même chose de l'autre côté. Le regard est à l'horizontal, on regarde loin, et on voit un bateau, on le suit. Le bassin tourne en suivant le mouvement de la cage. Le bras est long, comme s'il voulait se décrocher de vos épaules. Ca fait travailler tout ce qu'il y a entre les omoplates, ca fait respirer.

x 6

Enroulé du dos

On écarte légèrement les jambes, un tout petit plus grand que la largeur des hanches. On relâche tête, épaules, bras, on enroule. A la fin du mouvement on reste en bas, on relâche. On sent l'extension, les jambes restent tendues. Pour remonter, on plie les genoux, on pousse dans le sol, on déroule vertèbre après vertèbre, on retrouve la sensation du piston. Plus on est sur les coussinets des pieds, plus ça étire. Au niveau de la respiration, j'inspire, sur l'expiration j'enroule, arrivée en bas, je relâche, j'inspire, j'expire comme je veux, et pour remonter, j'inspire et sur l'expiration je pousse dans le sol pour dérouler.

x 2

Réveil musculaire

De l'intérieur de l'épaule à la paume de main, on tape avec le poing x3, puis on balaye, essuyage x3.

Du poignet jusqu'à l'arrière de l'épaule, on tape avec le poing x3, puis on balaye, essuyage x3.

Sur ces trajets, on respecte le sens du circuit énergétique. Avant du corps : partie yin, féminine, accueil, douceur, partie la plus fragile, ouverture. Arrière du corps : partie yang, masculine, partie la plus forte. C'est moins gênant quand quelqu'un vous pose la main sur le dos que lorsque quelqu'un vous pose la main sur le ventre. En yin, on part de l'intérieur du corps vers l'extérieur du corps, comme les plantes qui partent de la terre pour monter vers le ciel. Et quand on part du poignet vers le haut, on passe sur toutes les parties yang, les parties les plus robustes, les méridiens partent de l'extérieur vers l'intérieur, c'est la pluie qui tombe sur la terre. Comme on veut réveiller les circuits, on va dans le sens des méridiens. Si vous voulez vous décontracter, vous allez à l'inverse. La vitesse agit aussi : vite on dynamise, lentement, on calme.

Hanches

Pieds parallèles, poids du corps sur tout le pied. Vous pouvez soulever légèrement les orteils pour être sûr d'avoir l'appui sur tout le pied. Vous bougez les hanches, avant, arrière, imaginez que quelqu'un vous tient le genou, donc il ne bouge pas. Et on reprend l'exercice précédent en gardant le mouvement de hanches. Au niveau de la pression de vos mains, c'est un essuyage : comme si vous aviez des gouttes d'eau sur le corps que vous vouliez enlever.

Colonne

Au sol. Assis, paumes de pieds ensemble devant soi. Les mains attrappent les chevilles. On pousse dans le sol, on redresse le bas du dos, on dresse la colonne. On imagine que le bassin c'est un pot, et que la colonne vertébrale c'est une plante qui est attiré vers le ciel. Plus vos appuis sont forts dans le sol, plus vous pouvez pousser dans vos fesses et vous étirer.

Assis en tailleur. On croise les bras et on attrappe les genoux. On redresse le dos. On inspire. Sur l'expiration, on plie sur les coudes et on laisse aller la colonne vertébrale vers l'avant. On revient à la verticale en poussant sur les fesses. On peut vraiment relâcher, le dos s'arrondit légèrement. On laisse faire la pesanteur x3. On fait la même chose mais en croisant les jambes dans l'autre sens.

Jambes

Assis, pieds au sol, genoux pliés. On tape avec les poings de l'extérieur des hanches, au petit orteil.

x3

On ouvre les jambes au sol, genoux pliés. On tape avec les poings de l'intérieur de la cheville jusqu'au pubis.

x3

On balaye : on part de l'intérieur de la cheville, on remonte jusqu'au pubis, on passe derrière les fesses et on redescent par l'extérieur jusqu'au petit orteil. C'est fluide. On respire.

Pieds au sol, genoux pliés devant soi, les mains sont à la base de la cheville, on monte et on descende le long du mollet en faisant des pressions. C'est dynamique. On secoue les mollets, puis les quadriceps. On bouge la masse musculaire.

On plie les genoux sur le côté.

Puis on reste sur un côté, on bascule les hanches, et on ramène son pied arrière pour étirer le quadriceps et le psoas. Des deux côtés. La jambe d'appui est relâchée. On respire calmement, inspire et expire on la même importance.

Abdominaux

1) On regarde devant soi, le ventre comme une cuillère. L'idée c'est de contracter vraiment tous les muscles, d'être en hyper-contraction jusqu'au tremblement. Ce n'est pas un caprice que je fais, c'est un caprice qui vient par la contraction.

2) Respiration du chien.

Exercice préparatoire : par deux. Jambes à la verticale, mains poussent vers le ciel, amènenent la tête. Le partenaire attrappe les poignets et tire légèrement vers le haut pour aider cette poussée. Le ventre est comme une cuillère. On évite le plus possible la cambrure. L'expiration sonore finale ne vient pas de la gorge. C'est le diaphragme qui vient se coller sous les poumons. Après ça on fait une petite apnée. L'expiration accompagne le relâchement des muscles. Le partenaire lâche les poignets, jambes et bras descendent ensemble. On le fait deux fois chacun.

Tout seul :

Travail préparatoire Kata

Tour

1) On part tous d'un côté du tatamis et on marche jusqu'à l'autre côté. Rythme soutenu. On fait un aller – retour.

2) On marche, arrivé au milieu du tatamis, on fait un tour sur soi – même par l'intérieur, par l'épaule, on tourne sur les coussinnets des pieds, et on reprend la marche. Sur la marche, le regard est devant, à l'horizontal. Sur le tour, on conserve ça, il y a un moment où on le perd mais tout de suite on revient à l'horizon. Vous choisissez un point devant vous et vous le lâchez le moins possible au moment du tourné. Aller et retour x2.

3) Préparation : On se met dos au départ de sa marche. On ouvre la hanche doite et on pose son premier pas, le regard est à l'horizontal. On revient dos x10. Même chose jambe gauche x10. On marche. On fait un tour sur soi – même mais une fois que l'appui est pris, la jambe vient derrière. C'est comme si vous aviez quelqu'un qui vous pousse par le dos, ça vous amène en avant, et par le dos, vous passez. Je commence à tourner mon pied d'appui avant, je fais glisser ma jambe derrière et je réattaque.

4) On marche dans toute la salle. Quand je compte, vous faites ce tour avec la jambe qui glisse vers l'arrière, et vous reprenez votre marche. On accélère le rythme de la marche et vous faites des tours quand vous voulez. On ralentit, même chose.

Jambe gauche devant, position zen kutsu dachi. On reste 10 temps. On tourne la hanche en gardant bien le genou dans son axe devant, 10 temps.

A partir de cette position, la jambe arrière se décale, elle vient croiser la jambe avant. On tourne sur soi – même sur les coussinets des pieds et on se retrouve en zen kutsu dachi jambe droite devant. On reste 10 temps. On tourne la hanche, 10 temps. La jambe arrière vient croiser derrière, on tourne sur les coussinets, on revient parallèle.

On tourne de droite à gauche sur les coussinets des pieds. Le regard reste devant. La hanche tourne naturellement. 10 temps.

Travail du tour en ligne

On déplace la jambe mais on doit penser qu'on ramène quelque chose comme une longue robe, il y a un effet d'enroulé. On regarde légèrement derrière nous, là où on a poser son pied, et on tourne. On est sur les coussinets des pieds pour pouvoir bien tourner. On respire sur le mouvement. J'inspire je prépare, je décale le pied, regard, expire, j'arrive. Sur le tour, pensez à conserver l'écartement initial de vos pieds. Il faut que votre jambe arrière aille au-delà de votre jambe avant. Si vous n'amenez pas la jambe assez loin, vous vous retrouvez sur une seule ligne, vous n'avez plus votre équilibre.

Coups / Défenses

Oï zuki :

Sur place, coup de poing, oï zuki x10. On le refait, on cherche la vitesse, donc on est décontracté au maximum, sur le 10ème, on fait le kiaï.

Gedan baraï :

Sur place. Le poing droit monte à l'épaule gauche on inspire. Sur l'expire, on tire, on descend, on balaye, on bloque. On a une inspiration longue, une expiration rapide. Même chose de l'autre côté, on alterne.

Contraction / Décontraction

Debout, décontracté, on respire. Sur l'inspiration on reste décontracté, sur l'expiration on contracte les cuisses. Puis on contracte les mollets. On essaye de vraiment découper, d'être précis sur ce que l'on contracte. Il y a des conséquences, des résonnances dans le reste du corps bien sûr, mais on essaye de centraliser la contraction. On contracte les fessiers. Les épaules sont relâchées. La colonne vertébrale est toujours étirée vers le ciel. On ajoute les muscles du périné, ils sont plus à l'intérieur du bassin, essayez de visualiser. On ne va pas jusqu'au tremblement.

On fait l'exercice plusieurs fois, à chaque fois Nadia donne le ou les muscles à contracter : mollets, quadriceps + ischios jambiers, fessiers, périné, abdominaux, mollets + quadriceps + ischios, mollets + quadriceps + ischios + fessiers, mollets + quadriceps + ischios + fessiers + périné, mollets + quadriceps + ischios + fessiers + périné + hara. On relâche, on fait des petites vibrations dans le corps.

On l'a fait lentement pour percevoir chaque partie du corps.

On va maintenant faire décontraction, contraction, décontraction, contraction décontraction. On a besoin du sol, on pousse vers le bas, mais ça ne doit pas vous faire remonter. C'est comme en karaté. J'ai besoin du sol, mon bassin ne remonte pas.

On fait ça parce que c'est exactement pareil pour gedan baraï. Quand vous armez vous êtes en décontraction, et ensuite vous contractez, vous poussez dans vos appuis.

Coups / Défenses

Sur place, jodan age uke.

Gedan baraï en déplacement, d'un côté et de l'autre avec le tour que l'on a travaillé.

Jambes

Les poings devant soi, un peu plus haut que les épaules, coudes fléchis, regard à l'horizontal. On monte les genoux à la poitrine en alternant. On conserve sa verticalité x10. Sur le dernier on garde le genou à la poitrine. On relâche, l'autre jambe.

Puis on monte genou poitrine, on tend, on plie, on pause. Des deux côtés x3.

Puis x10 plus rapide.

Puis x10 plus rapide et en laissant souple le bout de la jambe et le pied. On vise le centre d'un personne qui serait en face de nous.

Rotation

On va reprendre le travail de rotation qu'on a commencé, mais cette fois-ci on va le faire autour d'un carré de combat. Je me déplace autour du carré, le carré est sur ma gauche. Pour prendre les angles, je vais utiliser la rotation, je place ma jambe gauche en avant, je tourne et je reprends mon déplacement. Si je suis à droite du carré de combat, je passe ma jambe droite et je fais ma rotation, puis je reprends ma marche. C'est le même principe que de face, mais je fais un quart de tour. Et on cherche à être de plus en plus dans un mouvement lié.

Pour l'exercice suivant, on fait la même chose mais à l'angle de notre carré on se met en position gedan baraï et je fais mon demi-tour, je stabilise. On le fait en étant à gauche du carré, puis à droite. Pensez à bien décaler vos pieds, vous ne devez pas vous retrouver sur la même ligne.

KATA

Je vous ai fait travaillé cette rotation parce qu'en fait, on s'en sert pendant tout le kata, et sur la fin, on s'en sert encore plus.

Après le kiaï souvenez-vous, on part par le dos. Mon pied est posé, je peux tourner et m'arrêter. N'hésitez pas à décomposer au début.

Exercice

Je donne mon dos à Laurence, je suis en garde, elle est en garde. Elle donne le coup de pied maîtrisé, elle me touche avec les coussinets des pieds. Même chose, mais je suis face, le coup de pied vient dans le ventre. Dans les deux gardes. J'ai confiance, j'ai les mains derrière le dos. Je lui donne mon ventre, elle va venir. C'est juste je touche, je reviens pour celui qui donne le coup de pied. On monte le genou, on tire les orteils. Mae geri = coup de pied de face.

Reprise du kata

Sur le premier demi-tour, pensez au regard. Vous regardez derrière votre épaule, il y a un ennemi, il y a du danger. Et vous tournez, vous dégagez, et coup de poing.

Travail autonome avec corrections au cas par cas.

Application gedan baraï

J'offre mon dos au partenaire, je lui fais déclencher son attaque, son coup de pied mae geri, je regarde derrière mon épaule, et au moment où il arrive, je fais mon demi tour et je fais mon gedan baraï. Et on peut faire ça sur un quart de tour, un demi tour, un tour complet...

Autre application gedan baraï

LAURENCE FISCHER

SALUT court
YAKU ZUKI

Par deux. Jambe gauche devant, corps à 45°. Je frappe, je ramène. Je me concentre sur mon passage de hanche. Je trouve ma distance. C'est toujours le même qui travaille. 1 minute chacun. La jambe arrière pousse dans le sol pour permettre la rotatiton de la hanche, mais après elle suit la jambe avant. Et elle suit en gardant le même écart de jambe. On vous tire le genou de la jambe avant, imaginez un fil invisible. C'est une fente avant. C'est tout le corps. Relâchez les épaules. Sur le déplacement vous gardez le même écart de jambes. Votre poids est toujours au centre du corps, si vous restez sur l'arrière vous n'avez pas de puissance, si vous entrez trop sur le partenaire, vous n'êtes plus à distance, vous prenez un risque en combat. Il faut distinguer le mouvement de jambes de la rotation de la hanche, mais c'est tout le corps qui va vers l'autre. Le buste reste droit.

Déplacement

On est en position naturelle de combat, les pieds ne sont pas sur la même ligne. Pour le moment on ne s'occupe pas de bras. On avance. Ce qu'on doit ressentir c'est qu'on a une poussée jambe arrière, sur les coussinets du pied, et en même temps, on me tire le genou de la jambe avant. La jambe arrière est pliée, sinon vous ne pouvez pas pousser, on est en combat, on pense mobilité. Pensez impulsion jambe arrière.

Comme on a travaillé le demi-tour avec Nadia, on le fait, et on repart dans l'autre sens.

Sur place

On ajoute le poing avant. Le coude est dans l'axe de la jambe avant. Et on travaille comme pour le genou de la jambe avant : c'est souple, on vous tire le poing, ça part droit. Pensez à la rotation du poing. N'hyper-tendez pas le coude. On est en position basse, on est en combat, le corps à 45° pour ne pas offrir trop de surface au partenaire. Dans chaque garde.

Même chose en déplacement. On pousse bien sur la jambe arrière. Le poing arrive en même temps que la jambe. C'est tout le corps. On est tiré. Le coude reste bien collé au corps. On reste bas, on ne saute pas. Kaité, on tourne.

Même chose avec yaku zuki.

On pose, on frappe, en même temps. Et quand on a donné le coup, on reste pas. C'est snappé, comme un fouet. On conserve la notion d'équilibre, il y a une rotation mais sur un axe. On passe la hanche. Le hara est tendu, on n'est pas mou sinon le poing ne peut pas être précis. On n'est pas contracté non plus, ça respire, on ouvre la cage thoracique, les épaules sont basses. Coude collé au corps, on tire en face de soi, c'est naturel.

Même chose avec kiaï.

Travail avec partenaire

On prend les cibles. Même chose, on a notre déplacement, notre coup de poing, mais cette fois on a aussi la sensation de l'impact. On garde la sensation de la hanche. Quand on a une ceinture c'est facile : si la ceinture tourne c'est qu'on a fait passer la hanche. 1 minute chacun. Puis on change de garde. Celui qui a la cible est bien de face, celui qui travaille est en position de combat, 45°. On garde le snappé : j'avance, je touche, je ressors. Pour sortir c'est le même déplacement, à l'inverse : je pousse sur ma jambe avant avec les coussinets, on tire ma jambe arrière.

Pensez la rotation sur un axe : la hanche passe, les épaules suivent, ça déroule et bim. On cherche, pas de jugement.

On se met dans sa garde préférée et on ajoute le kiaï. 10 chacun, au signal. On change de garde. Pensez à allonger.

Mawashi Geri

On travaille par deux. Celui qui a la cible va vers le pied avec la main. Il n'y a pas d'appréhension, sinon je prend le coup. Je vais vers le pied, comme je vais vers le ballon, sinon je subis. Le fait de s'engager fait que même si vous prenez le coup, vous aurez moins mal parce que vous n'aurez pas subi.

Du point de vue de la technique : équilibre, transfert de poids, concentré, lâché. On reste bas, on ne saute pas. Il n'y a rien dans le pied, on snape. On pense à son viseur, à la rotation sur le pied d'appui. Plus on tourne, plus c'est facile. Et on vise la tête. Le partenaire se protège donc pas d'appréhension. On frappe.

1 minute chacun. Puis on changera de garde. On commence jambe gauche. Pour bloquer, je prèfère qu'on croise, même si on peut aussi bloquer avec les main du côté où le coup arrive. C'est celui qui a la cible qui déclenche l'attaque : vous êtes en garde, quand vous voulez vous montez la cible à l'oreille et le partenaire déclenche. Kamaé, en position.

Même chose : 5 à droite, 5 à gauche, toujours le même qui travaille. Le kiaï arrive sur l'impact. On est détendu, souple, fluide. On ne cherche pas à y aller en force. Il n'y a que le hara qui est contracté.

C'est le 4ème jour, on a accumulé de la fatigue donc la décontraction elle est obligatoire. Si vous vous crispez, votre corps vous le dit tout de suite, il n'a pas l'énergie suffisante pour en perdre.

Déplacement : travail en miroir

On travaille sur avant – arrière, quand on veut changer de direction, on pousse sur la jambe avant et c'est la jambe arrière qui ouvre en arrondi sur le côté. On fait varier le rythme, la distance, on joue sur pression, relâchement, on peut changer de garde. On reconvoque les sensations d'appui qu'on avait sur nos déplacement : si e veux avancer sur le partenaire, je pousse sur la jambe arrière, si je veux me retirer, je pousse sur la jambe avant. On reste bien bas, jambes fléchies, talons décollés pour être mobiles. Celui qui fait travailler, s'il a l'impression que son partenaire est trop loin, il s'arrête, l'autre teste sa distance en faisant sa technique, maïté zuki par exemple.

Celui qui fait travailler doit savoir ce qu'il fait faire à l'autre : il a un objectif. On fait cet exercice avec la contrainte de l'aire de combat. L'aire de combat c'est le carré rouge et vous pouvez aller dans la ligne bleue autour, vous êtes dehors si vous sortez du bleu. 45 secondes chacun. On change de partenaire, on refait 45 secondes. Soyez précis sur les indications que vous donnez à votre partenaire, on travaille ensemble. Celui qui travaille, pensez réaction, ne soyez pas en retard, identifiez dans la seconde ce que vous recevez de votre partenaire en sensation. Prenez le temps de la touche quand le partenaire s'arrête, on est en combat, vous y allez doucement mais vous touchez. Faites attention à contrôler votre avant arrière, si vous mettez trop de mouvement du bassin vous coupez l'énergie entre le haut et le bas : c'est tout le corps.

Maintenant celui qui fait travailler, il doit surprendre son partenaire, casser le rythme, imposer autre chose, on le bouscule, on l'empêche de s'installer. C'était intéressant sur le travail précédent de se caler sur l'énergie de l'autre, de prendre sa garde, son rythme, la façon dont il se positionne. Maintenant on est en combat, j'ai un objectif, je dois mener le jeu. On travaille vraiment le rythme, la surprise. On met son partenaire dans un rythme qui « endort », et quand il est bien avec nous, pam, on change.

On ajoute à cette notion de rythme et de surprise, pression – relâchement. Je peux être souple quand je mets la pression. Ce n'est pas parce que je laisse venir l'autre que c'est détendu, et ce n'est pas parce que je vais sur lui que je suis contracté.

On travaille toujours sur la distance. C'est notre base. A n'importe quel moment celui qui fait travailler peut s'arrêter et pour que je puisse mettre ma technique, je dois être à distance.

Maintenant, les deux travaillent en même temps. Au départ on est sur un même rythme puis il y en a un qui prend le lead, qui propose changement de garde par exemple. Ensuite je vais dire par exemple accélération, pression, ou accélération – relâchement, etc. Sur le relâchement on a souvent plus d'amplitude, une vision plus globale du travail. Etre relâché ça ne veut pas dire qu'on est pas prêt à partir, ce n'est pas passif. Et les deux ensemble appliquent la consigne, les deux en même temps, comme ça vous avez la sensation de ce que produit votre action en même temps que vous le faites.

Dans l'intensité, vous faires du bon travail. La difficulté c'est de garder sa distance dans l'accélération, et de se faire des propositions. Servez vous de l'espace pour vous aider. Vous pouvez accélérer chacun à votre sauce. Pour surprende le partenaire en combat, il faut savoir se servir de son espace. C'est un point crucial, si je reste toujours sur une ligne, je suis prévisible. Mais même en travaillant avec l'espace, je garde ma distance pour être efficace sur l'impact. Il y en a un seul qui travaille cette fois.

Faites attention à ne pas vous mettre la pression tout seul, c'est à l'autre que vous mettez la pression, vous vous êtes détendu.

Vous n'êtes pas obligé de reculer quand vous relâchez la pression et d'avancer quand vous la mettez.

Par réflexe, quand on perd on a tendance à aller sur l'autre et quand on mène à relâcher. Mais on peut changer de stratégie.

Essayez de ne pas donner d'ndications à votre partenaire ni dans le visage, ni dans la respiration.

C'est très important ces histoires de pression, relâchement. Dans un autre espace - temps, pour certains combattants, ça peut être extrêmement complexe : je suis en finale, je mène mon combat, « je suis champion du monde ». Si je ne gère pas la pression, le fait que je sois le meilleur, 4 je peux perdre. L'important est de rester, tenir les 2 minutes, maîtriser les actions que je fais les unes après les autres.

Soyez précis sur l'intention : si je mets la pression, il faut que le partenaire le ressente.

On va essayer de conserver ce travail, l'idée de déplacement, de pression, de relâchement, mais de l'appliquer avec les techniques.

Donc c'est la même chose mais quand le partenaire me met la pression, au lieu de reculer pour conserver la distance, dès que je sens qu'il est dans ma zone, je mets ma technique. Je réagis à l'intrusion. Donc moi qui travaille, j'attends, le partenaire va venir. Si je rentre trop sur lui alors au moment où il me met la pression et où je dois faire ma technique, je suis trop près. Soyez vraiment dans la sensation, c'est fin : je sens qu'il me met la pression, je mets ma technique, et toujours pareil, c'est de la touche.

SALUT

DARIA LIPPI

Marches en A/B

On commence aux extrémités de l'espace, le plus loin possible de tout le monde, au bord des tatamis, les talons foulent le vide. On entre dans l'espace avec un « Ça part ». On marche en B (je suis touché par le sol). Notre premier pas est déjà en B. Puis on fera Reset et on reprendra une marche en A (je touche le sol), puis à nouveau Reset et on marchera en B. C'est juste un rappel des sensations qu'on a eu hier.

Dans cette marche, quand je croise la voie, le rail de quelqu'un, je vais vers lui. Quand nous avons trouvé notre distance vitale, notre cercle de solitude, on s'arrête. Dans un « ça part » on déclenche une action en espérant que l'autre fasse la même. L'action est en A ou en B selon la marche dans laquelle je suis.

Il y a des hasards. Le premier hasard c'est que ma route croise celle de quelqu'un d'autre. Je l'accepte. Je ne sais pas avant le « ça part » quelle sera l'action. On cherche des stratégies pour ne pas le savoir. Et quand je repars, je suis touché par le sol si je suis en B ou je touche le sol si je suis en A, toute mon attention est là-dessus. Quand je suis en arrêt avant l'action je continue de toucher le sol ou d'être touché par le sol. On se souvient qu'une action n'est ni un geste, ni un mouvement.

On expérimente rythmes, directions, tout en conservant les sensations et en acceptant le hasard qui nous met en face de quelqu'un.

Maintenant, vous êtes libre de vos Reset, et vous pouvez changer entre marche A et B quand vous voulez. C'est votre choix, votre passage, selon votre humeur, l'état de votre corps, les autres. De quoi vous avez besoin ? Vous pouvez chercher un équilibre entre les deux, une alternance, un déséquilibre. Quand on est face à quelqu'un cherchez à savoir s'il est en A ou en B. Il n'y a pas de stop après l'action. Pas de fuite non plus. L'action, commence, se développe, trouve son acmée, et finit. Je peux ensuite passer à autre chose. Pas de jugement, pas d'erreur. Il y a de l'adaptation, inévitablement. Mais quoi que je fasse, j'ai bien fait, c'est un exercice, l'important est de collecter les expériences.

LES 8 PAS

On ne coupe pas avec la qualité que l'on a.

On fait les 8 pas tout de suite, en A, je touche le sol.

Puis en B.

Impressions, différences

Général : B est plus lent, le départ en B est moins évident, B beaucoup plus silencieux, en B plus de sensation-tension du groupe, pas plus courts en B

Une note technique : Attention dans les demi-tour on prend toujours un temps qui ne devrait pas exister. C'est le signe que l'intention n'est pas mobilisée assez tôt. C'est comme dans temps, contre-temps. Tu ne peux pas faire feinte—temps—frappe, tu fais feinte – frappe, tout de suite. Donc l'intention de la frappe suit immédiatement l'intention de la feinte. Le temps du suspens n'existe pas. D'un point de vue purement physique, comme en karaté, on doit rester en bas, on perd du temps si on passe par le haut pour tourner. La tête peut aider, le regard est très important.

Variation 1 : Les 8 pas avec 3 points de regard

On choisit trois points dans l'espace, pas plus grands qu'une pièce de monnaie. Mon regard n'a le droit de se poser que sur ces trois points. Je les place où je veux, ça peut aussi être dehors.

Pour l'instant on ne superpose pas les consignes : on lâche A et B.

On le refait avec les 3 points, décontracté, en A. Ne vous faites pas piéger par le « ça part », parce qu'il a quelque chose de B, une écoute, mais la marche n'est pas un « ça part ». Et attention à l'habitude : le groupe part toujours entre 20 et 30 secondes en ce moment.

Dans le « ça part » on apprend vraiment à se connaître. Et petit à petit, le moment où de l'extérieur on voit que vous vouliez partir et « ça ne part pas », vous le gommez. Vous le voyez, vous le laissez s'exprimer, mais de l'extérieur on ne le voit pas, c'est une impulse au sens physiologique, c'est musculaire, c'est la commande du mouvement. D'un point de vue neurologique, on a calculé que le moment où les neurones déchargent pour l'action, c'est 5 secondes avant le début de l'action. Mon cerveau envoie la commande du départ à mes muscles 5 secondes avant mon pas, alors que je ne savais pas que j'allais partir. Donc il faut être présent, il faut donner la commande sans arrêt « je pars, je pars, je pars, je pars », parce que ça peut partir n'importe quand et je dois pouvoir partir tout de suite. En même temps cela ne doit pas aboutir à la contraction musculaire, que sinon ça veut dire que j'ai laissé mes muscles partir. Mon cerveau part, mais pas mes muscles tant que ce n'est pas le moment de partir. Comme en rêve. C'est un beau travail.

Variation 2 : Nuée

On fait les 8 pas, toujours pareil. Sur mon 4ème pas, j'ouvre à 45°. Je suis sur un nouveau rail.

Variation 3 : Nuées (juste exemple pour le lendemain)

On fait les 8 pas. Une partie du groupe ouvre sur le 4ème pas à 45°, l'autre partie du groupe ouvre sur le 5ème pas.

TRAVAIL MONOLOGUES et DIALOGUES

Caroline

De mes mains propres de Pascal Rambert

On le voit une fois tel que Caroline l'a construit. Puis on applique des outils.

Coachs : Alice et Juliette.

Outils : B je suis touché par le sol et A je touche le sol.

Comme Caroline avance vers nous dans sa partition, les coachs, vous avancez avec elle, en restant toujours un petit peu en retrait.

Laurence – Juliette

Le Songe d'une nuit d'été, Hélèna – Démétrius

Outil : Bats-toi (= Ne pas avoir perdu d'avance). Stratégie. Temps / contre – temps. Coups.

Je n'ai pas encore le moment des coups. Vous avez monté l'intensité de la partition totale. L'outil stratégie consiste à savoir où l'on veut arriver, et y arriver en passant par plusieurs étapes. Stratégie ce n'est pas "réussir chacque coup", mais "réussir le coup fatal". Par exemple, Laurence, accepte d'être dominée, dis-lui oui oui, choisis le bon moment pour porter le coup et bam ! Indépendamment de la fiction du texte, à chaque fois que je peux mettre un coup je le mets. Pas à l'endroit où j'ai l'impression que c'est écrit, sinon le combat est joué d'avance. C'est le problème que nous avons au théâtre, le combat est écrit d'avance. L'avantage que ça nous donne, avec temps / contre – temps par exemple, c'est que si je m'arrête au milieu d'une réplique, mon partenaire ne peut pas enchaîner, je prends le contrôle du temps.

Il faut que nous, les acteurs, arrivions à inhiber en nous le sentiment, l'idée que le combat est joué d'avance. C'est difficile : nous connaissons l'issue du conflit et nous avons envie de la "justifier". Mais en faisant ça, l'issue du conflit devient évidente aux yeux des spectateurs aussi, il connaissent la fin avant la fin, c'est ennuyeux. On ne peut pas rentrer perdant, même si à la fin de la scène on perd. Ce n'est pas parce qu'on perd le combat qu'on a pas mis de coups, qu'on a pas gagné de points, qu'on n'a pas été à deux doigts de l'emporter. Il faut rester au présent, trouver comment gagner avec ce coup-ci, puis le suivant, puis le suivant, même si l'issue c'est que l'on perd. C'est l'outil "Bats-toi !"

Reprenons morceaux par morceaux et développons l'outil stratégie. Comment je porte mes coups ? Si je décide qu'un fragment est une attaque, un coup, c'est dans les yeux de mon partenaire.

On pense aussi à la façon d'encaisser le coup. Je vous suggère, avec stratégie, de cacher votre jeu. Comme en combat. Laurence quand ton oeil devient comme un oeuf en championnats du monde, tu ne te tords pas de douleur à terre, non ? Tu es en ioï, stoïque, tu signifie à ton adversaire : ce n'est rien, tu ne m'as rien fait ! Par exemple : Laurence quand tu reçois « je ne t'aime pas », ça fait mal, mais je respire, je m'étire, je me décontracte : je cache. Juliette : la chaise tire sur les cuisses, mais dès qu'elle rentre, tout va bien, tu contractes, tu souffres, mais tu ne lui montres pas.

Attention aussi : un coup ce n'est pas nécessairement une phrase, ce n'est pas nécessairement du texte, ça peut être une action silencieuse au milieu de mon texte ou une action au milieu du texte du partenaire. Par exemple Laurence, ton intention c'est de l'enlacer. Tu peux faire une feinte : je lui montre quelque chose elle se retourne, du coup je l'enlace. Et choisis bien quelle est ton intention avec cette action : tu veux lui dire ce que tu as à lui dire ? Tu veux goûter sa peau ? quel rythme ça entraîne ? Si tu veux qu'elle t'écoute il faut que cette action entraine son écoute. Si tu veux goûter sa peau, il faut que tu la forces à rester immobile, sinon tu ne peut pas te concentrer sur ta sensation. C'est concret.

Restez au présent, pensez une chose après l'autre : Laurence, quand Juliette commence la caresse sur ton bras, tu ne sais pas que derrière elle te repousse. Profite, tu as gagné. Et dès qu'elle se retourne, dès que tu vois ses yeux, tu comprends. Et ta stratégie devient « je suis d'accord avec toi », tu réponds oui de la tête à toutes ses questions méchantes, qui sont des coups. Tu nous a dit ce matin de ne pas subir, même quand on encaisse : "Je vais vers le pied qui frappe, sinon je subis. Le fait de s'engager fait que même si vous prenez le coup, vous aurez moins mal parce que vous n'aurez pas subi."

Cette chose là ça peut t'inquiéter Juliette. Tu enchaînes les coups, et elle encaisse, elle vient vers les coups. En conséquence ton départ est peut être moins confiant. Et ensuite, au moment où tu te dis « j'ai gagné », elle te met au sol. Pour ceux qui regardent ça devient vraiment intéressant, vous jouez sur l'élastique, on se demande sans cesse « qui gagne ? ».

Dès l'entrée, il faut que les spectateurs puissent être en alerte. Laurence tu cours, tu ne la vois pas, tu te retournes tu la vois, ça provoque quelque chose. Juliette tu es sur tes cuisses, tu l'entends, ça provoque quelque chose. Tout de suite en face, on est avec vous, on sait qu'il va y avoir combat, les deux sont en ioï.

Alice

L'échange, Marthe

Coachs : Thomas – Nadia

Outils : HaraTori + Distance, Temps / Contre-temps

Distance : Tu n'es pas obligée d'être en adresse par rapport à nous, je dois juste pouvoir lire dans ton corps « c'est la bonne distance » : je m'arrête là parce que c'est à cet endroit que je dois dire ça. C'est un choix. Tu peux même revenir en arrière si tu penses que tu l'as dépassé.

Hara : tu mets les mains sur ton ventre. Intéressant car quand tu utilises les mains ensuite, ça devient un vrai geste, c'est relié.

CHANT

En cercle, au sol, on se l'adresse. On pense petit espace, intimité, on choisit sa voix mais on ne se met pas en groupe de voix. On est plus dans la complainte que sur la place de village.

On le chante en B.

On n'est jamais seul sur ce chant. Même quand on attaque seul, il faut entendre l'harmonie des autres.

Debout, en A, volume, même qualité. Penser lié, il y a un continuum entre les notes, sans faire d'effets, mais on essaye de ne pas couper le son. Attention au tempo, les 1ères voix sont garantes de ça.

La dernière phrase c'est « la trompette ne s'arrête pas de sonner » : alors on garde le volume, on tient, c'est presque un crescendo. On fait une fin kata.

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