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Article à retrouver dans le Femme Mag de mars.

Aïsha Ravate

La créativité débordante

Designer et artiste

Cette fibre artistique qu'elle éprouvait depuis l'enfance, Aïsha Ravate s'est toujours efforcée de la faire vibrer dans son métier de designer. Après quatorze années à s'épanouir dans son travail à Paris, à travers son studio de création Sainte Anne, elle est de retour à La Réunion pour se consacrer à de nouveaux projets. « J'étais tout le temps dans le rush, » confie la jeune femme de 35 ans qui se voue désormais au design intérieur, design de mobilier et design textile, tout en terminant des contrats signés à Paris, notamment le design d'un espace de 600 mètres carrés. Elle travaille actuellement sur la décoration d'une villa de trois étages s'inspirant de l'architecture tropicale. Cela demande une recherche de matériaux et de mobiliers. Mais un autre projet lui tient aussi à cœur : la préparation de son expo qu'elle veut aboutie, quitte à prendre son temps. Diplômée de la prestigieuse école Boulle, après des débuts dans une agence de pub, elle a su conquérir la capitale. L'artiste designer s'est plongée dans l'univers des formes, de l'esthétisme et des couleurs pour y faire jaillir le meilleur. Son book fait rêver, une scénographie pour le Musée des Arts Déco, deux défilés de mode au Palais de Tokyo et au Musée de la mode, chef décoratrice sur la série Addict pour Canal+, une collection art de la table pour Habitat... Son travail très inspiré par La Réunion et sa nature exubérante ainsi que sa touche féminine ont trouvé écho sous la grisaille citadine. Enfant, elle aimait dessiner et observer sa mère si douée et si créative « qui l'inspire encore tous les jours ». Aïsha Ravate n'a pas fini de nous étonner.

Aïlye Souton

Une force en soi

Championne de France de Kyokushinkaï

Sa sœur aînée partage une même passion pour le kyokushin, une des nombreuses formes de karaté, où les coups sont portés. Mais c'est elle qui a commencé. A 6 ans, l'énergique gamine veut en découdre comme les karatékas qu'elle a admirés lors d'un gala d'arts martiaux. A 13 ans, toujours aussi déterminée, elle sait ce qu'elle veut : devenir une sportive de haut niveau. 39 kilos sur la balance mais ses coups portent. La technique suit. Championne de La Réunion, elle vient de remporter, dans sa catégorie minimes, l'Open de France qui se déroulait les 19 et 20 janvier à Paris, après avoir échoué en huitièmes en + de 45 kilos au championnat du monde KWF au Kazakstan. Les JO, elle en rêve. Et elle garde bon espoir que sa discipline y soit enfin inscrite. Elle sera au Portugal en novembre prochain pour une compétition comptant pour le championnat d'Europe où elle a fini troisième en 2017. En Australie l'an dernier, à Maurice... son kimono dans la valise, des éternelles baskets aux pieds, elle représente haut les couleurs de La Réunion. Dans sa chambre, 16 coupes alignées que snobe son chat Luna. Et un bureau où elle fait ses devoirs comme toute bonne élève. « Je donne tout ce que j'ai, » confie-t-elle, à l'école comme en sport, même investissement, même combat. Sur le tatami, elle assure. Sur le ring aussi, car Aïlye pratique le kick-boxing, une discipline complémentaire à la sienne. Jusqu'à présent, elle n'a jamais mis son adversaire KO. Nous si.

Chloë Serres

De l'amour

Thérapeute et fondatrice de Love is good therapy

“Un seul mot nous libère du poids des souffrances de la vie et c'est le mot amour”. Une citation qui résume à elle toute seule le travail de Chloë Serres. Cette jeune femme, mère attentionnée mais flippée, amie complètement perchée, fan des chips au piment comme elle se décrit, n'est pas une thérapeute comme on a l'habitude d'en voir. Point de divan, ni de carnet, Chloë accueille ses patients sous une pergola où les rubans de dentelle des attrape-rêves se balancent au gré du vent. La suite, elle se raconte dans sa petite cabane au fond du jardin. Là encore, pas de fioritures, mais de l'écoute, de l'empathie et de l'amour, beaucoup d'amour, c'est la base même de ses soins. L'amour, la plus universelle, la plus formidable et la plus mystérieuse des énergies cosmiques. “Tout le monde à un moment ou un autre s'interroge sur son rôle, sa mission de vie”, confie cette féministe dans l'âme. Ces questions, ces moments de doute, de flottement, Chloë les a elle-même vécus. Un poste à responsabilités, un mari, deux enfants, un chat, des maisons, des voitures, mais toujours cette insatisfaction persistante, cette tristesse immuable qui la consume de l'intérieur. Et puis, la claque : elle perd son mari et sa fille aînée dans un accident de voiture. Elle-même en réchappe de peu. C'est à partir de cet instant qu'elle décide de laisser libre cours à son don. Elle s'envole alors pour La Réunion, cette île qu'elle ne connaît pas, mais qui l'appelle à cor et à cri. Ici, elle lâche prise, s'abandonne à la quiétude ambiante et retrouve la paix. Pour Chloë, il n'y a pas de petit ou de grand traumatisme, juste une personne qui souffre. “C'est fondamental de se faire accompagner pendant une période, s'accorder des temps de pause et d'échange, pouvoir se libérer et trouver des solutions à deux. Aucune émotion ne m'échappe, aucun problème ne me résiste”, conclut-elle avec le sourire.

Emilie Carpaye

Devoir de mémoire

Ethnologue, chargée de mission recherches à La Saga du Rhum

Elle n'aurait jamais accepté un emploi qui ne la passionne pas. L'ethnologie l'a prise aux tripes, et tant pis si les débouchés en sciences sociales sont rares. Dès l'obtention de son Master à la Sorbonne il y a quatre ans, Emilie Carpaye devient chargée de recherches à La Saga du Rhum. Par le prisme du rhum, ses travaux portent un regard nouveau sur la société réunionnaise à travers ses dimensions historiques, patrimoniales et culturelles. « Le rhum reste un sujet méconnu, contrairement au sucre, il représente pourtant 300 ans d'histoire de notre île, » révèle-t-elle. Après son mémoire et une exposition en 2015 à l'occasion des 170 ans de la société Isautier, elle vient de contribuer à la rédaction du premier livre sur l'histoire du rhum à La Réunion ; ouvrage qui vient appuyer l'exposition « Secrets de rhum », actuellement visible à la Saga du Rhum. Ses deux grands-pères ont travaillé à l'usine de Bois Rouge. Sa propre histoire résonne. Les rencontres humaines, ces témoins d'un passé noble, lui donnent des ailes. Elles sont le sel de son métier, si on ajoute le dépouillement des documents d'archives qui lui demande de la persévérance. Les mémoires s'évaporent avec le temps. Elle se fait un devoir de les mettre sous la lumière. Sa mission : « Que les Réunionnais s'approprient fièrement leurs traditions et leurs savoir-faire, leur patrimoine toujours vivant. J'ai la chance de travailler avec une équipe soudée qui fait du rhum un produit noble », tient à rappeler la jeune chercheuse de 28 ans, passionnée, curieuse, humble, Réunionnaise dans l'âme.

Eloïse Von-Pine

La green attitude

Créatrice de l'e-shop Green Myself

Depuis quelques années maintenant, on assiste à un boom du bio sur notre île : les magasins spécialisés fleurissent, les rayons bio des supermarchés s'agrandissent, les sites de vente en ligne de cosmétique bio éclosent… Parmi ceux-ci, Green Myself, son deuxième bébé comme aime à l'appeler sa créatrice, Eloïse Von-Pine. L'e-shop a été lancé en août dernier, un virage vert pour celle qui travaillait auparavant dans le prêt-à-porter. “J'étais moi-même déjà très sensible aux cosmétiques bio, confie la jeune femme originaire de La Rivière. En fait, je faisais de l'eczéma, à côté de ça, j'entendais parler des parabens, des perturbateurs endocriniens, j'ai donc voulu me tourner vers des produits plus sains pour traiter ce problème de peau”. À l'annonce de sa grossesse, il y a deux ans et demi, elle décide de démissionner pour se consacrer pleinement à son bébé. Là où beaucoup y verraient une décision insensée, elle, y voit une prise de risque, un acte de courage. “D'une manière ou d'une autre, je savais que j'allais m'en sortir”. Encouragée par son compagnon, elle lance Green Myself. “J'ai tout appris sur le tas : les normes, les différents ingrédients, les bons comme les mauvais, surtout les mauvais !”, sourit-elle. Outre les marques françaises, Green Myself propose des marques internationales, qu'on ne trouve pas forcément sur l'île. L'occasion de faire découvrir de nouvelles choses à ses “Green lovers” comme elle les appelle désormais. La jeune femme a d'ailleurs tissé des liens très forts avec sa communauté et prend le temps de répondre à tous les messages qu'elle reçoit. “Avec la vente en ligne, on peut vite tomber dans l'impersonnel”, regrette-t-elle. Une belle façon également de véhiculer son message : “Il faut toujours croire en soi et se donner les moyens d'aller au bout de ses projets”.

Juliana M’Doihoma

Engagée pour le peuple réunionnais

Conseillère régionale chargée de l’économie solidaire et de la cohésion du territoire

Sa motivation première, servir La Réunion. C’est l’essence même de l’engagement politique de Juliana M’Doihoma, la plus jeune conseillère régionale, 34 ans, au sein de la majorité de Didier Robert. Originaire d’un quartier populaire de Saint-Louis, elle baigne dans l’univers politique depuis l’enfance. Ses parents étaient militants communistes. Pourtant, elle ne s’est jamais reconnue dans ce parti dont les pratiques, en particulier à Saint-Louis, étaient trop souvent en décalage avec l’idéologie prônée. Pour Juliana M’Doihoma, le déterminisme social n’existe pas : « Si on veut quelque chose et qu’on se donne les moyens pour l’obtenir, peu importe le milieu d’où l’on vient, on peut réussir. On n’est pas condamné à l’échec ! ». Et son parcours en témoigne : diplômée de Sciences-Po Toulouse, titulaire d’un double Master 2 de la Sorbonne, l’un en droit public et l’autre spécialisé en gestion financière des collectivités locales. Durant ses études, elle se tourne vers le centre-droit où « le travail, la méritocratie et l’égalité des chances sont davantage encouragés ». Son retour au «péi » la conduit, en 2009, au Conseil général. En 2013, elle démissionne de son poste de cheffe de cabinet pour s’engager dans les municipales et devenir adjointe au maire de Saint-Louis chargée de l’économie sociale et solidaire et de politique de la ville. Elle donne alors une autre orientation à sa carrière professionnelle, étant par ailleurs attachée territoriale. En parallèle, depuis 2015, elle exerce son mandat actuel de conseillère régionale. Après s’être fermement dressée contre l’augmentation des indemnités des élus de Saint-Louis en mai 2018, elle se voit aussitôt retirer sa fonction d’adjointe. Peu importe. Les coups bas la forgent ! Décembre dernier, en pleine crise sociale, au nom de la moralisation de la vie publique, elle démissionne de son mandat municipal. Elle ne lâche pas pour autant le terrain politique dans sa ville natale. Elle s’attache à structurer le mouvement « Saint-Louis Dan Kèr » et à travailler directement avec les citoyens saint-louisiens et riviérois. « J’aspire aujourd’hui à ce que les cris poussés dans nos rues puissent trouver des échos concrets, notamment grâce aux projets que nous sommes en train de déployer au Conseil régional. Je veux contribuer à développer ma ville et mon île. Au-delà des querelles de partis, les solutions de bon sens doivent primer dans l’intérêt des Réunionnais ».

Edwige Le Gac

Remettre l'humain au coeur

Présidente de l'ADJ974

Le diabète de type 1 touche de plus en plus d'enfants, de plus en plus jeunes. Depuis un peu plus de deux ans, l'association des Diabétiques Juniors de La Réunion, financée par la Mutualité de La Réunion, représente, défend et soutient activement une cinquantaine de familles concernées par cette maladie auto-immune. A sa tête, Edwige Le Gac mène la problématique de front avec son équipe. Diagnostiquée à l'âge de 4 ans, sa fille, aujourd'hui âgée de 9 ans, vit comme n'importe quel enfant de son âge, malgré les six piqûres d'insuline par jour qu'elle s'injecte elle-même. « Je suis admirative de ma fille, elle est mûre pour son âge, quel courage ont ces enfants ! », constate tous les jours une présidente à l'écoute, qui encourage les rencontres entre familles où chacun, parent et enfant, apprend les uns des autres. Depuis qu'elle s'investit sans compter dans l'association, Edwige regarde l'avenir avec confiance : « Au final, tout le monde peut faire quelque chose de bien s'il le veut. Puis, quand on accepte la maladie, c'est un premier pas positif ». La mise en place d'un groupe de travail pour redéfinir, ensemble, (ARS, pédiatres, endocrinologues, écoles...) le système de parcours de soin, de la découverte de la maladie jusqu'aux problématiques rencontrées à la maison, est sa première réussite. Avec la venue du professeur Régis Constant, auteur de « Comment vivre et grandir avec le diabète de type 1 », à la Journée mondiale du diabète, elle a déjà marqué un grand coup auprès des familles et du personnel médical invités à ses conférences.

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