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Cold Prey III 2010 - Norvège. Réalisation : Mikkel Brænne Sandemose. Scénario : Peder Fuglerud et Lars Gudmestad. Avec : Ida Marie Bakkerud, Julie Rusti, Kim S. Falck-Jørgensen, Pål Stokka, Arthur Berning.

En soi, Cold Prey n’avait que peu de chances de réussir.

Venu d’un pays qui, à l’époque, n’était pas particulièrement reconnu pour ses productions d’horreur, proposant une histoire convenue et sans nouveauté, il aurait facilement pu être oublié. Pourtant, grâce à une réalisation sérieuse et des intentions honnêtes, il a réussi à se faire un nom. Quelques années plus tard, sa suite a pris le même chemin, arrivant à se hisser au même rang que son prédécesseur. Mais toute belle histoire a une fin. Et la saga Cold Prey doit désormais s’arrêter, après un troisième opus plus que décevant.

Dans les années 70, un garçon, fils des gérants d’un hôtel de montagne, disparaît sans laisser de traces. Malgré l’enquête et les recherches, il ne sera jamais retrouvé. Douze ans plus tard, l’hôtel, abandonné, attire un groupe d’amis curieux qui décident de camper dans la forêt environnante. Ils seront un par un pris en chasse par un tueur mystérieux.

C’est consternant de constater à quel point Cold Prey III se détache de tout ce qui avait fait le succès de ses prédécesseurs. La tension ? Absente. Le piolet, arme de prédilection du tueur ? Absent. La neige et le froid glaçants et menaçants ? Absents. Le préquel n’est en fait qu’un prétexte de capitaliser sur le succès des films précédents pour tenter de refaire de l’argent.

Des personnages peu sympathiques

La caractérisation des personnages, qui jouait un rôle certain dans la réussite des deux premiers, est ici en berne. Nos victimes sont des jeunes abrutis (qui se pointent quand même pour camper une nuit entière avec juste six bières et pas de nourriture). On ne s’intéresse pas à eux ni à leur sort une seconde. Seule Hedda, l’héroïne, parvient à gagner un peu de points avec le temps, quand l’emphase est vraiment mise sur elle. Mais elle est loin d’avoir le charisme d’Ingrid Bolso Berdal dans le rôle de Jannicke.

Du côté des antagonistes, ce n’est pas vraiment mieux. On n’apprend pas grand-chose sur notre tueur, si ce n’est le fait qu’il a développé une relation étrange avec une figure dominante après que ses parents se sont débarrassés de lui. La figure dominante en question, une sorte d’ermite misanthrope, tape sur le système rapidement et n’apporte quasiment rien.

On oublie l'hôtel des deux premiers opus

Si on ne peut pas compter sur les personnages, on aurait pu compter sur l’environnement. Eh bien non. L’hôtel est complètement oublié. On y passe six secondes avant que nos protagonistes n’en ressortent et on ne le reverra pas du film. Quant aux extérieurs, Cold Prey III a choisi de placer son action en été. Plus de grandes étendues enneigées et anxiogènes. On nous sert une forêt au bord d’un lac, Jason Vorhees style.

Le côté slasher est gommé au profit d’une ambiance survival qui ne prend jamais vraiment vu le désintérêt qu’on a pour le sort des personnages. Le mode opératoire du tueur a changé, et celui-ci a abandonné le piolet pour toutes sortes d’armes. On a pratiquement l’impression que l’antagoniste n’est pas le même que dans les précédents opus.

L'anecdote

Cold Prey III a été le premier long-métrage du réalisateur Mikkel Brænne Sandemose. Par la suite, celui-ci s'est plutôt spécialisé dans les films d'aventure inspirés des mythes et légendes puisqu'il a réalisé Le Secret du Ragnarok, Espen : le gardien de la prophétie et la suite de ce dernier, dont la sortie est prévue en 2019.

À vouloir s’émanciper de ses grands frères, Cold Prey III perd ce qui faisait l’âme de la série. Résultat : un troisième opus qui n’arrive pas à la cheville de ses prédécesseurs.

Et qui signe la fin d’une saga pourtant prometteuse.

1/5

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