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Notre circuit en famille sur les Plages du Débarquement A quel âge peut-on expliquer l'histoire à ses enfants ?

Vous vous êtes peut-être déjà demandé à quel âge on pouvait parler du Débarquement à ses enfants. On vous emmène avec nous sur les Plages du Débarquement et dans les sites liés à la Bataille de Normandie. Apprendre en s’amusant, même sur un sujet aussi sérieux, c’est possible. Suivez-nous !

A quel âge peut-on confronter les enfants à l’Histoire ?

Simon à Arromanches

Je me présente. Moi, c’est Dominique. Simon, 7 ans et demi (il insiste sur le demi) et Chloé, 10 ans, eux, m’appellent maman. Mehdi, mon mari, et moi sommes passionnés d’histoire. C’est donc tout naturellement que nous décidons d’embarquer les enfants pour un week-end axé sur le D-Day. Je pense que les enfants sont en mesure de comprendre cette période sombre de l’Histoire à partir de 7/8 ans. A l’âge où ils ne croient plus au Père Noël en somme… Pour notre périple, nous avons choisi de «poser le camp» à Bayeux. C’est une ville qu’on adore, avec ses ruelles pavées, son héritage médiéval très bien conservé et ses bons petits restos. Nous rayonnerons donc à partir de Bayeux.

Une plage, une histoire…

Jour 1. C’est le début des vacances scolaires. On arrive à Courseulles-sur-Mer. Pour un mois d’avril, le temps n’est pas au beau fixe. Le ciel est gris, on sent quelques gouttes par moments, et surtout il fait un froid de canard ! Les enfants n’ont pas l’air de se plaindre, enfin pour le moment… A peine garés sur le parking du Centre Juno Beach, ils courent vers la plage. Une longue plage de sable. L’endroit même où les troupes canadiennes ont débarqué en 1944. Spontanément, Chloé me demande «Maman, au moment du Débarquement, c’était marée haute ou marée basse ?». Je lui réponds que c’était marée basse et que la mer était bien plus agitée qu’aujourd’hui. Après avoir gambadé dans le sable avec son frère, Chloé a l’impression «d’avoir du sable partout dans les bottes et le jean, c’est horrible !». Ah… les enfants et leurs sens de la mesure ! On entre ensuite dans un bunker. Chloé nous pose un tas de questions. Simon, lui, brandit un pistolet fictif. Je préfère le reprendre : «Pas de bataille, Simon, s’il te plaît !». Mehdi fait remarquer aux enfants le panneau « interdit de marcher sur les dunes ». Nous sommes sur un espace littoral protégé.

Courseulles-sur-Mer

Le Centre Juno Beach : un musée pensé pour les enfants

Les personnages dessinés et les panneaux bleus servent de repères.

Chloé et Mehdi découvrent le Canada des années 30 et les conditions de vie difficiles.

Au Centre Juno Beach, les enfants peuvent manipuler.

Chloé et Simon au top de leur concentration !

A la fin de la visite, on compte le nombre de "points coquelicots".

A quelques mètres de la plage, se dresse le Centre Juno Beach. C’est le musée canadien des Plages du Débarquement. A l’extérieur, le totem interpelle les enfants. Ce lieu de culte a été offert par de «vrais» Inuits, descendants des premiers habitants du Canada. Dans le musée, nous faisons la connaissance de Vincent, l’un des jeunes guides québécois de Juno. Il nous explique, avec son «drôle d’accent» comme il dit, le déroulement de la visite. Puis, la séance débute. Le film de 4mn est projeté dans ce qui évoque un bateau à fond plat. Les témoignages sonores nous plongent dans l’histoire de ces soldats et de leurs familles restées au pays.

Nous voici ensuite dans l’espace dédié au Canada des années 30. Le parcours «Explore Juno en famille» est tout nouveau. Ici, les enfants peuvent manipuler, c’est vraiment chouette. Chloé entend parler, aux côtés de son papa, de la discrimination pratiquée dans les années 30 au Canada. Un pays d’immigration… mais pas pour tout le monde. Prévoyez minimum 1H30 pour visiter le musée. A la fin de la visite, on s’amuse à compter le nombre de «bons points» récoltés, «points coquelicot». C’est la première fleur à avoir repoussé sur les champs de bataille après la Première Guerre mondiale. En fin d’après-midi, on se dirige vers Bayeux. On a loué un gîte face à la cathédrale. Ce soir, ce sera crêpes pour tout le monde !

Les caissons du Port artificiel d'Arromanches

L’incontournable de l’étape : le port artificiel d’Arromanches

Jour 2. On s’est levé tôt ce matin. Aujourd’hui, le soleil brille ! On arrive à Arromanches sur les coups de 9h30. L’heure idéale, avant que les vagues de visiteurs ne déferlent. On s’est garé juste à côté de la plage, dans un quartier résidentiel. Il n’y a pas d’horodateur dans cette rue, c’est toujours ça de pris ! S’il n’avait pas fait si froid, nous nous serions garés tout en haut, au niveau du musée Arromanches 360. En été, on peut emprunter une navette gratuite. Nous voilà en train de marcher sur le sable, qui s’étend à perte de vue. C’est agréable de se trouver là. Les embruns du matin nous réveillent, ainsi que le souvenir de ces hommes qui installèrent ce port artificiel impressionnant. A marée basse, le premier caisson est accessible. Partie de cache-cache assurée pour les enfants ! Avant de partir, Chloé et Simon prennent la pause devant la fresque «Please, no more war, love» (littéralement : s’il vous plaît, plus de guerre, mais de l’amour »). On leur dit de faire attention tout de même car le trottoir est assez étroit à cet endroit et la fresque se trouve dans un virage.

Un déjeuner légèrement contrarié

Pour la pause déjeuner, on a décidé de braver la météo, un peu fraîche encore. Direction Saint-Laurent-sur-Mer, pour un pique-nique devant la statue Les Braves. La marée monte. Les enfants courent autour de la statue. Arrive ce qui devait arriver. Chloé et Simon se laissent surprendre par une petite vague. Leur pantalon est trempé ! Heureusement, il y a de quoi se changer dans la voiture. Au moment de "plier le camp", une troupe de soldats néerlandais passe sur la plage. Interpellée, Chloé me demande «Maman, ils veulent nous protéger des Allemands ?». Je lui réponds que non, que les Allemands sont nos amis à présent. Après notre petite mésaventure, on s’installe dans le bar restaurant le D-Day House. On nous accueille avec le sourire. Un petit café pour Mehdi et moi, et ça repart ! Nous prenons la route du Cimetière américain de Colleville-sur-Mer. Nous comptions également faire la Pointe du Hoc, un site impressionnant avec ses cratères creusés par les bombardements, mais nous n’aurons pas le temps. Une prochaine fois.

American Battle Monuments Commission (ABMC) – Normandy American Cemetery / Colleville-sur-Mer

Les 9386 croix du Cimetière américain

On se gare sur un grand parking. Il y a beaucoup de monde ce jour-là, mais bien moins qu’en été. On entend parler anglais ou américain, pas toujours facile de faire le distinguo. Au début de la visite, on marque un arrêt devant le grand miroir d’eau qui semble se jeter dans la mer, au loin. Une carte indique la progression des troupes. Nous voici devant la tristement célèbre Omaha Beach (plage d’Omaha). Difficile d’imaginer, dans ce décor peuplé de pins marins et de longues plages de sable, que des milliers de soldats ont péri ici même. L’image de ces 9386 croix, d’un blanc immaculé, est un moment fort en émotion. Simon, lui, se faufile entre les croix. Il lit à voix haute le maximum de prénoms : «Kenneth», «Frank», «Albert»… Mon petit garçon rend hommage, à sa façon, aux soldats disparus.

La cérémonie des couleurs : l’émotion à son paroxysme

La cérémonie de descente du drapeau américain a lieu tous les jours, à 16h ou 17h, en fonction de la saison. Les visiteurs commencent à affluer. Il y a beaucoup d’ados et pré-ados aujourd’hui. C’est un peu bruyant. Puis le silence se fait. Mehdi, les enfants et moi nous serrons fort la main. Au son du clairon, le drapeau américain est descendu, puis consciencieusement plié. Retentit alors la sonnerie aux morts. Là encore, pas un bruit ne vient rompre ce silence solennel, si ce n’est ce petit vent qui s’est levé. Nous quittons ce lieu de mémoire emblématique. Ce circuit aura permis aux enfants de mettre des images sur les cours d’histoire, c’est tout de suite plus concret. C’est important pour nous de leur inculquer des valeurs de paix. Nous regagnons Bayeux. Le lendemain, nous nous baladons dans cette jolie cité médiévale, miraculeusement épargnée par les bombardements de 1944. Nous prenons notre temps, rentrons dans les échoppes. Nous savourons l’instant présent et mesurons la chance que nous avons de vivre dans un pays en paix.

Cathédrale de Bayeux / Tapisserie de Bayeux © E.Benard / échoppes à Bayeux

Plus d’infos et nos bonnes adresses

Courseulles-sur-Mer

Il existe une visite guidée du bunker (infos Centre Juno Beach)

Tarifs 2019 du Centre Juno Beach : adulte : 7 euros / gratuit pour les moins de 8 ans / Forfait familles (maximum 2 adultes et 3 enfants de + 8 ans) : 23 €

Pour le déjeuner, on vous conseille la Maison Bleue. Décor fantastique, juste à côté du musée. Le menu enfant est à 11 euros et les moules marinière avec frites maison sont à 15 euros (tarifs 2019).

Bayeux

Nous nous sommes régalés à la crêperie Au Louis d’or.

Passage obligé la Tapisserie de Bayeux, classée à l'Unesco. Il s'agit d'une immense "BD" de 70m de long relatant l'épopée de Guillaume le Conquérant.

Arromanches

Pour avoir accès au premier caisson et prendre de belles photos, renseignez-vous sur les marées sur le site du SHOM

Cimetière américain de Colleville-sur-Mer (ABMC – Normandy American Cemetery)

La parking est gratuit, tout comme l’entrée au cimetière.

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