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Rémi Cadoret Apprivoiser l'échelon supérieur

« L’équipe nationale de développement qu’on affrontait au PEPS avec le Rouge et Or, ce n’est même pas comparable à la formation actuelle. C’est vraiment plus fort! Ce sont tous des joueurs qui ont fait l’équipe nationale ou sont passés par les programmes nationaux, l’équipe junior, etc. Le niveau de jeu est très élevé, mais ça se passe quand même bien, j’aime ça! »

C’est de cette façon que le libéro du Rouge et Or Rémi Cadoret décrit son environnement sportif ces jours-ci. Depuis le début octobre, le volleyeur est retourné chez lui, à Gatineau, et s’entraîne avec l’équipe canadienne de développement. Outre la qualité de son jeu, ses relations personnelles ont pavé la voie à son arrivée au sein de la formation unifoliée.

« Mon père travaille au centre sportif de Gatineau et l'équipe nationale figure parmi ses dossiers. À leur arrivée en 2010, j’avais 14 ans et j’étais souvent présent. Je ramassais les ballons durant les pratiques », se remémore le membre de la première équipe d’étoiles du RSEQ au cours des deux dernières saisons.

L’ex Rouge et Or Vincent Pichette, que Cadoret a cotoyé dans le programme des Griffons du club de volleyball Cascade de l'Outaouais, faisait partie du personnel d’entraîneurs de la formation canadienne à l’époque. Celui qui dirige actuellement l’équipe canadienne de développement, Dan Lewis, y évoluait à ce moment en tant que joueur. À la position de libéro, de surcroît. « Dès l’annonce du passage de la Ville de Québec en zone rouge, j’ai parlé avec Gino Brousseau (l’entraîneur-chef du Rouge et Or) et Dan Lewis pour voir si c’était possible que je revienne à Gatineau et que je m’entraîne avec l’équipe. Même si ma présence n’est pas due à une invitation officielle, ils ne prendraient pas un joueur simplement pour en avoir un de plus. J’ai sauté sur l’occasion : toutes les façons d’être vu par l’équipe nationale sont bonnes ! »

Ça commence raide !

Les circonstances du premier entraînement de Rémi Cadoret avec sa nouvelle formation n’étaient, disons-le, pas idéales. Au terme du dernier entraînement en équipe du Rouge et Or avant le passage en zone rouge le mercredi 7 octobre en soirée, l’étudiant-athlète qui en est à sa deuxième année au baccalauréat en Kinésiologie à l’Université Laval est sauté dans sa voiture en direction de Gatineau. Dès le lendemain en début d’après-midi, il foulait le terrain du centre sportif de l’endroit, et la pratique n’a pas été de tout repos.

« Les gars testaient la vélocité de leurs services. Ils s’élançaient du plus fort qu’ils pouvaient et je me souviens m’être dit que ça n’allait pas être évident ici! Mais petit à petit, ton œil s’habitue à la vitesse et j’ai fini par être plus à l’aise. Disons que c’est un peu plus rapide que sur le circuit québécois! »

Fraterniser avec l’ennemi

Parmi le groupe, on retrouve un autre Québécois bien connu des habitués des duels Rouge et Or - Carabins des dernières années : le passeur de l’Université de Montréal Gabriel Chancy. Curieusement. L’ardent rival des Lavallois ces cinq dernières saisons étudie maintenant au MBA en ligne, en gestion des affaires numériques… à l’Université Laval. « Gabriel, c’est vraiment un bon gars. On joue l’un contre l’autre depuis qu’on a 12-13 ans et je n’ai rien à redire. Pour de vrai, c’est l’fun jouer avec Gab, on s’entend super bien. En plus, c’est ma ressource francophone dans l’équipe. Plus on parle français, plus les gars de l’équipe veulent parler français ! »

« Je dis souvent aux autres que ce ne sont pas les gars des Carabins que je n’aime pas, c’est juste la couleur du chandail et le logo ! », rigole Cadoret au sujet de son nouveau coéquipier Gabriel Chancy.

Depuis son retour à Gatineau, Rémi a quitté le nid familial pour s’installer dans une chambre située à quelques minutes du centre sportif. Luis Lange, un central qu’on a vu au PEPS lors du Championnat canadien 2019 dans l’uniforme des Cougars de l'Université Mount Royal, est son colocataire. Le numéro 4 du Rouge et Or continue d’harmoniser études à distance et volleyball de haut niveau, et emmagasine les conseils techniques et stratégiques des entraîneurs. « On me dit qu’on aime ma rapidité, mais je dois travailler ma stabilité et mon contrôle du ballon. De me faire coacher par un ancien joueur qui a joué à ma position, c’est très bon. »

Le nouveau colocataire de Rémi Cadoret, Luis Lange des Cougars de Mount Royal.

Il reviendra avec le Rouge et Or

Peu importe ce qui arrive, Rémi Cadoret a déjà pris la décision qu’il reviendra disputer une dernière saison avec le Rouge et Or en 2021-2022. « C’est sûr que je m’ennuie de Québec, de ma place, de mes amis, mais ce n’est pas dans les plans de revenir cet hiver, sauf s’il y a une saison officielle. Par contre, c’était clair dans mes discussions avec Gino Brousseau que j’allais revenir pour 2021-2022, parce que de toute façon, je veux terminer mes études. »

Rémi Cadoret à l'entraînement à l'automne 2020 sous l'oeil attentif de l'entraîneur-chef du Rouge et Or Gino Brousseau

D’ici là, il entend bien profiter de cette opportunité qui se présente à lui. « Je rêve d’être ici depuis mes années au Cégep. Mon objectif personnel est de me créer un chemin vers l’équipe nationale dans la prochaine année. Côté technique et stratégique, j’espère apprendre des meilleurs joueurs en jouant avec eux pour devenir moi-même un meilleur joueur. Peu importe si c’est par rapport à ma position ou une autre, j’assimile tout, car je me dis que je vais revenir avec les gars du Rouge et Or et je vais pouvoir leur partager les conseils appris ici. »

À son retour à Québec, la valise de Rémi Cadoret contiendra quelque chose qu’il n’avait pas à son arrivée à Gatineau : un bagage d’expérience unique avec la crème de la crème au pays.