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Le rein, nouvelle cible de la COVID-19

La COVID-19 est caractérisée par une infection des voies respiratoires et par une atteinte d’autres organes dont les reins. La fréquence élevée de manifestations rénales suggère que le rein constitue une cible privilégiée. Une étude menée aux Cliniques universitaires Saint-Luc a permis de mieux comprendre les mécanismes de cette atteinte rénale et ses implications pour les patients atteints de COVID-19.

Caractérisée par une infection des voies respiratoires, la COVID-19 peut également impacter d’autres organes dont les reins. Au plus fort de la pandémie, les néphrologues des Cliniques universitaires Saint-Luc ont été interpellés par une prévalence élevée de taux sanguins anormalement bas d’acide urique (hypouricémie) associés à une fuite d’acide urique et de protéines dans les urines des patients atteints de COVID-19. Ces observations suggéraient que le virus SARS-CoV-2 cause une atteinte spécifique du tube proximal du rein. Cette atteinte a été étudiée dans un projet de recherche réalisé en collaboration avec l’Institut de Recherche Expérimentale et Clinique de l’UCLouvain (IREC), l’Université de Zurich (Suisse) et la Duke University (USA).

L’attente rénale associée aux formes sévères de COVID-19

Le tube proximal rénal désigne une partie des reins qui réabsorbe protéines, acide urique, phosphore et acides aminés nécessaires au maintien de l’équilibre de l’organisme. Cette fonction vitale, médiée par divers récepteurs et systèmes de transport, peut être altérée au cours de diverses maladies (génétiques, toxiques, auto-immunes), causant une perte inappropriée de ces substances dans les urines. C’est le « syndrome de Fanconi rénal ».

L’étude réalisée aux Cliniques a mis en évidence que les patients atteints de COVID-19 présentent fréquemment un syndrome de Fanconi rénal et ce, dès l’admission aux urgences. Observées chez 20-80% des patients selon le paramètre considéré, ces anomalies sont associées aux formes plus sévères de la maladie et à un risque accru de progression vers l’insuffisance respiratoire et le besoin de mise sous respirateur.

Enfin, l’analyse au microscope de prélèvements issus de patients décédés du COVID-19 a montré que le défaut de fonction du tube proximal est associé à diverses altérations de la structure et de l’expression des systèmes de transport présents dans le tube proximal, en présence de particules possiblement virales dans les cellules.

Un biomarqueur pour identifier les patients à risque ?

Suite à ces observations, le projet de recherche supporte l’hypothèse que le virus SARS-CoV-2 infecte directement les cellules tubulaires du rein, causant une fuite urinaire de diverses substances. Cette fuite pourrait être utilisée comme biomarqueurs pour identifier les patients à risque de développer des formes sévères de COVID-19.

Ces résultats contribuent donc à une meilleure compréhension de l’atteinte rénale associée à la COVID-19, avec de potentielles retombées cliniques.