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"Retour sur mon voyage en Irak et Jordanie avec Action Contre la Faim pendant les vacances de la Toussaint 2018", par bruno plougastel

Historique :

La course ACF existe depuis 1998. Cette année-là, 21 collèges y participaient. Répondant à la proposition d’un parent d’élève, le collège E.Quéau s’engageait dans cette action de solidarité. Aujourd’hui ce sont 1300 établissements scolaires qui sont concernés et « s’engager dans une action humanitaire » fait aussi partie du programme d’Enseignement Moral et Civique. Le collège de Portsall est le seul établissement de France à avoir participé aux 21 courses. Pour marquer le vingtième anniversaire de l’évènement, l’association parisienne a voulu organiser un voyage sur le terrain avec 2 coordinateurs de la course. C’est ainsi que j’ai été choisi par une équipe nationale.

Mai 1998 : les 170 collégiens de Portsall se lancent dans la course (Le Télégramme). Seul collège au départ, en 2001, ce sont déjà 6 autres collèges du département qui suivent le mouvement.

Objectifs :

L’an dernier la sensibilisation des élèves se faisaient sur les interventions d’ACF dans les camps de réfugiés en Irak. Avec une mission d’observation, il s’agissait donc quelques mois après la course d’aller voir sur place comment les fonds récoltés peuvent être utilisés. Le but était aussi de réaliser des films de promotion de la course et de ses impacts.

Programme :

Après une formation de sécurité au siège à Paris, destination Erbil, grande ville dans le Kurdistan irakien où ACF a sa principale base dans le pays. Nouvelle formation sécurité avec le responsable local et rencontre avec les équipes. Le dimanche départ pour Dohuk au Nord-Ouest du pays : rencontre avec le personnel local d’ACF (essentiellement des kurdes) qui interviennent surtout dans le domaine de la santé mentale et dans la création d’opportunités de travail pour les jeunes adultes.

Photo : L'équipe ACF à Dohuk

Source : IDPs and Refugees in Duhok Governorate

Lundi

Le lundi direction Zakho à quelques km des frontières turque et syrienne : visite du camp de Chamiskho (25000 personnes surtout des déplacés internes). Ouvert depuis 4 ans, ce camp fonctionne aujourd’hui comme une véritable ville. De nombreux commerces y sont installés, 5 écoles fonctionnent pour 8000 élèves avec 3 sessions par jour, un centre de santé… Ici ACF a financé la formation de 238 jeunes (couture, coiffure, boulangerie, réparations de mobiles,…), 102 ont reçus une aide pour leur installation professionnelle, 54 suivent un apprentissage dans la ville proche ou plus loin car ici le camp est très ouvert sur l’extérieur. Cette aide concerne les déplacés mais aussi les populations locales kurdes les plus vulnérables. L’entretien avec quelques-uns de ces bénéficiaires a permis de se rendre compte de leur grande capacité de résilience.

Visite du centre de formation professionnel de Zakho tout près du camp. Ici l’atelier PVC.
Visite d’une pâtisserie ouverte par un réfugié syrien qui a bénéficié d’une aide à l’installation avec ACF. Installé dans village proche de Zakho, le commerce marche très bien car il est le seul dans la région.. Depuis son ouverture, il a même embauché deux personnes.

Mardi :

Le mardi retour sur Erbil avec un cours de géopolitique de la part de Vizente, un géographe espagnol qui dirige ACF en Irak, pour mieux comprendre les enjeux sur ce territoire meurtri par plusieurs années de guerre. L’objectif de l’association est maintenant d’ouvrir des bases au sud du pays (Bagdad, Mossoul,...) car la situation militaire s’est relativement calmée et les besoins sont énormes. ACF pourrait par exemple participer à la construction d’une canalisation immense pour l’alimentation en eau de la partie détruite de Mossoul.

Mercredi :

Le mercredi, arrivée à Amman en Jordanie et direction Irbid près de la frontière syrienne. La région est celle qui accueille le plus de réfugiés syriens et 80% d'entre eux vivent avec la population jordanienne et non dans des camps, Ici ACF intervient auprès des réfugiés syriens intégrés dans la population mais aussi auprès des communautés hôtes souvent pauvres. Il s’agit d’améliorer l’accès à l’eau et à l’assainissement. Des emplois sont créés également pour la gestion des déchets permettant à des hommes et femmes sans activité d’avoir un petit revenu.

Installation de réserves d’eau et mise en place de compteur individuel pour les réfugiés mais aussi pour les populations hôtes pauvres. La Jordanie est parmi les 10 pays les plus déficitaires au monde sur le plan des ressources hydriques renouvelables. L’arrivée des migrants y exerce donc une pression supplémentaire, mais elle est assumée.
Des emplois sont créés également pour la gestion des déchets permettant à des hommes et femmes sans activité d’avoir un petit revenu.

Jeudi :

Le jeudi, visite du camp d’Azrak près de la frontière syrienne (36 000 personnes). ACF y a mis en place un réseau de distribution d’eau remplaçant les camions citernes et divisant ainsi le prix de l’eau par 10. Sur le camp sont également organisées des sessions d’informations à l’hygiène et l’alimentation auprès de femmes et d’enfants.

La station de distribution d’eau domine le camp installé en plein désert. Aujourd’hui ACF a relayé sa gestion à une entreprise privée.
Travaux d’accessibilité pour des toilettes. ACF emploie ici les habitants du camp
Des intervenantes ACF organisent des sessions de formations à l’hygiène, à la gestion de l’eau et à l’alimentation auprès de femmes du camp. Celles-ci ensuite sont chargées à leur tour de transmettre les messages avec des kits d’informations dans les « quartiers » du camp.
Vues du camp d’Azraq. Construit en 2013, il accueillait 54000 personnes en 2016. Aujourd’hui 18000 réfugiés syriens sont repartis.

Impressions :

J’ai bien-sûr été impressionné devant la capacité de résilience des réfugiés et des déplacés, devant leur volonté de reconstruire une vie dans les camps, véritable fourmilière humaine, ou à l’intérieur des villes et villages. Impressionné aussi la capacité d’accueil de la Jordanie : les réfugiés représentent 27% de la population dans le gouvernorat du Nord. De quoi en prendre des leçons…

Ce qui m’a aussi beaucoup marqué, c’est le professionnalisme d’ACF, son organisation très structurée, avec des salariés passionnants et passionnés.

Sauf au Yémen où l’aide alimentaire reste d’actualité, les missions d’ACF au Moyen Orient portent surtout sur l’après urgence : eau, assainissement et hygiène, développement de moyens d’existence, travail de santé mentale.

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