Profil attendu en fin de formation Education formation - UFRSTAPS UPEM

des savoirs théoriques pour comprendre une pratique

Les évolutions des savoirs sont constantes au point que certains savoirs deviennent obsolètes avant même l'entrée dans le métier pour l'apprenant (cf. les versions de logiciel). Comment former, avec ce renouvellement continu des savoirs ? En dotant l'apprenant de méta-connaissances et de connaissances transversales. Ces connaissances sont évolutives car elles ne portent plus sur un objet unique et adaptables car elles fonctionnent sur des principes et non plus sur des seules procédures spécifiques. D'où la thématique revendiquée de "l'apprendre à apprendre" et de l'apprentissage tout au long de la vie

Cela occasionne une transformation fondamentale de la définition de l'apprentissage : apprendre n'est plus seulement acquérir des choses nouvelles mais pouvoir s'insérer et apporter une plus-value à un milieu qui est déjà lui-même adapté et efficace.

Dans une période plus récente, cette transformation s'étend à la prise en charge ou à l'anticipation de problématiques sociétales auxquelles l'apprenant risque d'être confronté ultérieurement (gestion du stress au travail, obésité liée à l'alimentation, vivre ensemble, éducation aux risques ...). Les apprenants sont mobilisés sur des problématiques qu'il vont rencontrer plus tard et non plus sur le présent. L'apprentissage dilate le temps.

Une culture professionnelle complexe et multidéterminée à la source

Donc la mise en jeu d'un environnement où l'enjeu est l'adaptation de l'apprenant. Il se confronte à des aspects techniques (les gestes professionnels), technologiques (les outils et leurs usages prescrits), humains individuels (le relationnel) et collectifs (la collaboration et l'insertion dans une équipe) ... existants et qu'il doit apprendre

Le milieu professionnel n'attend pas l'apprenant, il lui demande surtout de s'adapter très vite aux fonctionnements existants et d'apporter des connaissances nouvelles tout en intégrant ce qui existe actuellement. Des règles propres, des modes et logiques de fonctionnement ont été développés au fur et à mesure de l'expérience collective. L'apprenant doit montrer sa capacité à s'intégrer dans ce milieu déjà construit indépendamment de lui, et à d'y apporter une bonification.

Ces données obligent la situation de formation à intégrer des aspects autres que la seule "bonne pratique" (l'acquisition de gestes professionnels), à les insérer dans des situations-cadre proches de l'exercice professionnel lui-même. D'où la place centrale des stages de pré-professionnalisation dans les formations initiales avec la centration sur les compétences produites par l'utilisation de connaissances acquises "en cours". Et le moindre intérêt accordé aux apprentissage par démonstration et recopie des bonnes pratiques

Des savoirs à spectre large et qui couvrent présent et avenir

L'insertion de plus en plus rapide dans un milieu professionnel est accompagnée dès la formation antérieure. Ce qui relevait de la découverte progressive du travail auparavant, devient immersion et efficacité immédiates. La problématique est celle de l'employabilité.

La nécessité d'insertion rapide dans un environnement renvoie à la fois à des compétences relationnelles liées à la dimension collective et une maîtrise de procédures spécifiques, la culture-métier. Cette culture s'appuie sur un cadre opératoire mais nécessite son enrichissement par des savoirs plus généraux de type méthode ou méta-connaissances, qui sont théoriques et plus éloignés de la réalité. Comme des savoirs nécessaires à l'action mais refroidis par le temps nécessaire de réflexion.

Pourtant, la culture-métier doit se détacher du temps présent (technologies, outils, fonctions présentes) pour intégrer les évolutions envisageables du métier : la formation personnelle doit se centrer sur l'actuel et le futur en prenant en charge l'adaptation à des contextes évoluant par l'apparition de nouvelles technologies (numériques par exemple) ou techniques (liés à de nouveaux outils).

l'apprenant s'auto-construit grâce aux ressources disponibles dans la formation

La compétence appartient à l'apprenant, il la développe par son expérience et au contact de la situation. Le maître gère ce contact : il est personne-ressources qui va lui proposer de développer cette expérience au travers de situations proches de celles du milieu professionnel support de la formation (stages, problèmes, jeu de rôles)

La compétence nécessite l'action en situation problème et des conditions à créer, l'apprenant doit être actif dans la résolution du problème. Le problème est un problème clé lié à une situation type du métier ou en dérivant directement et la solution ne peut pas être seulement expliquée, elle nécessite la mobilisation de ces connaissances propres et le partage de celles qui existent déjà. Le formateur-expert permet cette mobilisation en ouvrant la situation et l'accès aux ressources externes et internes. Un processus d'accompagnement sous tutelle "théorique".

Ce type de formation entretient une proximité avec l'auto-didaxie. L'apprenant est le moteur de son propre développement, les savoirs sociaux n'étant que des outils potentiellement utilisables dont l'usage se dilue dans l'expérience individuelle. L'individualisme se trouve renforcé dans cette démarche d'auto-confrontation au savoir au détriment du partage patrimonial des savoirs et de l'acculturation.

Created By
Claude KERMOAL
Appreciate

Credits:

Photos auteur - Remerciements aux étudiants du STAPS de Marne la Vallée - France

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