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Carnet de JO : des Bretilliens à Tokyo Une aventure olympique

5 femmes, 4 hommes. Au total, neuf athlètes bretilliens ont été sélectionnés pour participer à ces Jeux olympiques et paralympiques 2021, organisés cet été à Tokyo au Japon. Canoë-kayak, rugby à 7, para-badminton, para-athlétisme, les sportifs bretilliens s'illustrent dans de diverses disciplines.

Après avoir été reportée l'année dernière en raison de la situation sanitaire liée à l'épidémie de Covid-19, cette édition nippone tant attendue tient ses promesses. Certains athlètes bretilliens nous partagent leur expérience.

Rugby à 7 : les filles à la manœuvre

Arrivées sur le sol nippon le 11 juillet, Jade Ulutule, Caroline Drouin et Yolaine Yengo (remplaçante), les trois Bretilliennes sélectionnées pour intégrer l'équipe française olympique de rugby à 7, ont rejoint leur camp de base pour achever leur préparation à Fujiyoshida.

"La préparation s'est très bien passée, dans des très bonnes conditions. Nous avons eu un super accueil dans la ville de Fujiyoshida, tout a été mis en place pour qu'on évolue dans les meilleures conditions tout au long de notre séjour", salue Jade Ulutule.

Les 3 joueuses affiliées au club du Stade rennais de rugby ont enchaîné les entraînements sur le terrain, afin d'affiner leur jeu, parfaire leur stratégie et leur condition physique. Une étape cruciale avant de disputer le premier match programmé ce jeudi 29 juillet. Les athlètes françaises affronteront l'équipe des îles Fidji.

L'équipe en coulisses lors de la cérémonie d'ouverture des Jeux Olympiques d'été à Tokyo.

Ambiance de fête pour l'équipe française olympique féminine de rugby à 7, lors de la cérémonie d'ouverture des Jeux Olympiques de Tokyo le 24 juillet dernier.

Les joueuses se sont rapidement adaptées au climat chaud et humide du Japon, grâce à un entraînement préalable en chambre d'acclimatation en France. "Cela nous a permis d'être assez tôt opérationnelles sur place et de ne pas trop subir la chaleur et l'humidité du pays", explique Jade Ulutule.

Moments choisis de l'aventure bretillienne des joueuses du stade rennais de rugby.
L'équipe française olympique de rugby à 7 en entraînement.

Un terrain d'entraînement avec vue imprenable sur le mont Fuji.

Travail de touche avec le lift arrière : Caroline Drouin au lift et Jade Ulutule au saut.

Après une première immersion au village olympique à l'occasion de la cérémonie d'ouverture, l'équipe féminine a rejoint le site lundi. Un pas de plus vers le coup de sifflet des premiers matchs. "C'est vraiment chouette de pouvoir intégrer le village et de pouvoir vivre encore d'un peu plus près cette aventure olympique et de sentir que la compétition approche à grands pas".

La préparation s'est terminée ce mercredi 28 juillet avec un ultime entraînement pour les joueuses, avant le premier match olympique qu'elles disputeront demain.

Les Bretilliennes dans les starting-blocks.

"Demain, c'est le grand début de la compétition, donc forcément beaucoup d'excitation d'y être, mais aussi un peu de stress, car forcément on a envie de bien faire et d'y figurer de la meilleure des façons", confie Jade Ulutule.

Les Bleues enchaînent les victoires

Entrées de plein pied dans la compétition jeudi 29 juillet, l'équipe féminine de rugby à 7 a battu successivement les îles Fidji (12-5), le Brésil (40-5), puis le Canada (31-0), ce qui les placent en première position de la poule B.

Médaille d'argent pour les Bleues

Après avoir successivement battu toutes les équipes adverses, les Bleues se sont hissées en finale, lors de laquelle elles affrontaient l'équipe néozélandaise.

C'est une équipe soudée et conquérante qui est venue décrocher cette médaille d'argent olympique.

L'équipe féminine de rugby à 7 s'est finalement inclinée en finale (26-12), mais décroche la médaille d'argent, les Françaises accédant ainsi au titre de vice-championnes olympiques. Un superbe parcours et une magnifique récompense : "Cette médaille représente tellement... Un long chemin depuis cette déception à Rio. Chemin rempli d'obstacles, de moments difficiles avec des blessures, de doutes..."

"Des années de combat, de travail pour tenter de réaliser mon rêve, "notre rêve" ❤ Cette médaille vient récompenser le travail d'un groupe de 23 joueuses, de tout un staff", a commenté l'athlète bretillienne sur son compte instagram.

Retour triomphal à Paris

À leur retour sur le sol français, les joueuses de l'équipe féminine de rugby à 7 ont été reçues en véritables héroïnes par le public. "On a été accueilli par une foule en folie", raconte Jade Ulutule, désormais vice-championne olympique.

Scène de liesse au Trocadéro à Paris où les joueuses de rugby à 7 ont pleinement profiter de leur médaille olympique. (Crédit photo France Rugby)

Après être retournée à Paris pour le week-end de passation de Tokyo à Paris 2024, Jade Ulutule s'est accordée ensuite quelques jours de repos en famille dans le Jura, en attendant la reprise de la saison de rugby début octobre.

Guillaume Burger : un rêve devenu réalité

Arrivé le 16 juillet dernier au Japon avec son équipe, Guillaume Burger s'est rendu à Komatsu à 400 kilomètres de Tokyo pour les stages d'entraînements.

À partir de ce jeudi, le kayakiste rejoindra le village olympique. "Nous sommes en quarantaine pour l'instant pour 14 jours dans un hôtel qui nous ait réservé, avec seulement le droit de sortir pour aller s'entraîner, au bassin de kayak", explique Guillaume Burger. "Le personnel de l'hôtel s'occupe très bien de nous en organisant des petites activités pour nous faire découvrir le Japon de notre hôtel. On goûte à tous les plats... finalement, le temps passe assez vite !".

Les séances d'entraînements se déroulent sur un bassin partagé avec les équipes de la Nouvelle-Zélande, de la Slovénie et de l'Angleterre. La chaleur et l'humidité ambiantes n'entament en rien la motivation des athlètes. "On a tous hâte de commencer la compétition dans quelques jours."

Le 2 août prochain, le kayakiste Guillaume Burger va réaliser son rêve le plus cher : participer à une épreuve olympique en disputant l'épreuve des séries et quart de finale du K1 1000 mètres. Puis il enchaînera le 4 août avec les séries et quart de finale en biplace 1000 mètres avec Étienne Hubert.

Guillaume Burger, kayakiste participant aux JO, dans les vestiaires.

Le binôme est aussi récent que déterminé à gagner cette épreuve. "Notre duo est encore tout frais, et nous sommes très enthousiastes à l'idée d'en découdre", clame Guillaume Burger.

Guillaume Burger avec Étienne Hubert.

Affilié au club Canoë Kayak Club Ille-et-Rance, basé à Saint-Grégoire, ce kayakiste de 32 ans, titulaire d'un master en marketing, ne ménage pas ses efforts pour espérer décrocher une médaille olympique. La participation à ces JO de Tokyo vient récompenser 15 ans de carrière et un investissement sans failles.

Essayage d'une tenue traditionnelle nippone entre deux séances d'entraînements.

Enfant, il découvre le kayak lors d'une classe verte en Ardèche. Une révélation. Depuis, Guillaume Burger n'a plus lâché son kayak qui le mène aujourd'hui jusqu'à ces JO de Tokyo.

Lors des séries de kayak monoplace 1000 mètres ce lundi, Guillaume Burger et Etienne Hubert ne sont pas parvenus à se qualifier pour les demi-finales. Le kayakiste ne cachait pas sa déception, mais reste motivé pour mercredi prochain pour les courses de K2.

"Je suis déçu de ma performance du jour qui n'était pas fameuse. Maintenant j'ai une petite journée supplémentaire avant l'épreuve du biplace. Je vais me servir de l'expérience d'aujourd'hui pour m'améliorer et je suis super motivé pour montrer de meilleures choses", nous a confié Guillaume Burger.

Louis Radius : jamais 2 sans 3

Pour Louis Radius, ces Jeux de Tokyo ne sont pas une première olympique. Athlète de haut niveau en para athlétisme sur 800 et 1 500 mètres, il a déjà participé aux Jeux de Rio en 2016 et aux Jeux de Pékin en 2008. En 2016, il était revenu du Brésil avec une médaille de bronze dans sa valise.

Louis Radius s'entraîne toute l'année à Saint-Malo et au stade Robert Poirier à Rennes (photo : instagram)

Licencié au club d'athlétisme EAPB - Entente Athlétique de Brocéliande - en Ille-et-Vilaine, Louis Radius a l'habitude de s'entraîner sur les stades bretilliens (Saint-Malo, stade Robert Poirier à Rennes).

"On a hâte d'y être !"

Sélectionné pour ces Jeux Paralympiques de Tokyo qui débuteront le 24 août, Louis Radius a suivi une préparation physique intense en vue de la compétition.

"Pour les athlètes, les JO c'est 3 ans de préparation, là on a hâte d'y être, ça commence à être long, hâte de communier avec les Bretons, les Français... Autant les sports collectifs, les athlètes sont ensemble, autant dans les sports individuels, on peut rapidement se sentir un peu seuls..."

Crédit photo : Florent Pervillé

Louis Radius a passé 10 jours de stage intensif à Saint-Raphaël dans le Sud de la France. Une dizaine de jours d'entraînements quotidiens avec des températures frôlant les 33 degrés, "soit sensiblement les mêmes qu'au Japon", note-t-il.

En para athlétisme, les conditions climatiques peuvent considérablement impacter les performances. Si le mercure méditerranéen se rapprochait de celui de Tokyo, le thermomètre breton en ce début du mois d'août stagne à des températures bien plus fraîches.

Récupération physique avec son kinésithérapeute (Crédit photo : Florent Pervillé)

"Le différentiel de chaleur entre Saint-Malo et Kobé va être de 15 à 16 degrés...Comme c'est un sport d'extérieur et continu, nous sommes très sujets à l'hygrométrie. En ce moment au Japon, c'est la période des typhons, les conditions extérieures peuvent se compliquer avec du vent, de la pluie... nous devons rester très vigilants par rapport à ça", explique Louis Radius.

Séance posturale de Louis Radius lors de son stage intensif de préparation à Saint-Raphaël.

Crédit photo : Florent Pervillé

"Les entraînements deviennent de plus en plus qualitatifs, je commence à monter en puissance", confie l'athlète à quelques jours du départ pour le Japon.

"Je me suis donné la finale comme objectif"

Après avoir excellé dans plusieurs disciplines sportives comme le tennis, la danse ou le football américain, Louis Radius a choisi l'athlétisme en 1996. Il a aujourd'hui à son actif un palmarès impressionnant. Double médaille d'or en championnats d'Europe en 2016 (800 et 1500 mètres), il avait décroché la médaille de bronze sur le 1500 mètres à Rio en 2016, puis le bronze aux championnats du monde de Londres en 2017 et l'argent aux championnats d'Europe de Berlin en 2018.

Source : France Paralympique.

"En terme d’objectifs, à Rio j’étais vice champion du monde en titre et j’ai décroché une médaille de bronze. Pour Tokyo, je me suis donné comme objectif d’être en finale et dans le top 6 des jeux, car depuis Rio j’ai eu des pépins physiques, je prend de l’âge aussi", précise l'athlète de 41 ans.

Le décollage pour le Japon est prévu le 14 août à 23h30 heure de Paris pour Louis, qui restera en base arrière à Kobé du 15 au 23 août, avant de rejoindre le village olympique.

Embarquement immédiat pour Louis Radius, direction le Japon.
Bien arrivé en terre olympique

Louis Radius a bien atterri au Japon et a rejoint la base arrière de Kobé pour une acclimatation en douceur. "Les conditions climatiques sont chaudes et humides avec beaucoup d'averses", décrit Louis.

Ce papa et sa fille suivent Louis Radius au quotidien dans tous ses entraînements.
Un comité d'accueil très "kawaï".
"À partir de demain, on enclenche la seconde"

Le champion en para athlétisme poursuit sa préparation physique intensive en vue du début de la compétition, avec une montée en puissance progressive des séances. "Les entraînements sont de qualité. À partir de demain (19 août), on enclenche la seconde avant le premier cycle qui durera une semaine", explique Louis Radius.

À quoi ressemble la journée type d'un athlète préparant une compétition olympique ?

9 heures : départ à l'entraînement pour une "mise au vert"

12h : Retour à l'hôtel - repas et sieste. Les repas sont servis sur des tables de 4 sur plateau en plexiglas. "On respecte toujours cette bulle sanitaire", commente-t-il.

Au niveau de l'alimentation, les repas sont "japonisants, très indivisés, et très qualitatifs", aux dires de l'athlète. "On ne va pas grossir", ajoute-t-il.

16h30 : Départ pour l'entraînement au stade. Louis Radius s'entraîne lors des sessions du soir, car ses compétitions sont prévues sur les mêmes horaires. L'objectif étant de se retrouver dans les conditions les plus similaires possibles au Jour J.

J-1 de la compétition et un "état d'esprit positif"

En ce 2 septembre, cela fait 3 semaines et demi que Louis Radius a atterri au Japon. Après plusieurs jours passés à Kobé, dans une ambiance "assez province et assez campagne" - dixit l'athlète -, Louis Radius a rejoint Tokyo où il a assisté à la cérémonie d'ouverture des jeux paralympiques.

La délégation française lors de la cérémonie d'ouverture des jeux paralympiques.

"À Tokyo, c'est vraiment l'ébullition d'une grande ville comme Paris, avec beaucoup d'attraits et un climat propice à la performance même s'il fait très chaud", confie-t-il.

Louis Radius en selfie paralympique.

Pour le champion qui n'avait jamais mis les pieds en terre nippone, la perception du Japon a évolué durant les dernières semaines. "Les qualités des Japonais sont leur bienveillance, leur disponibilité, leurs valeurs, leur côté nature aussi, ils sont vraiment ancrés sur les 4 saisons. Autre chose qui m'a marqué : la qualité de service et la propreté dans la rue, dans les transports, c'est assez fort pour le souligner".

Côté préparation physique, à la veille de la première épreuve qu'il disputera samedi 4 septembre à 12h15 heure française, Louis Radius se "sent très bien".

"Les séances d'entraînement sont très qualitatives, après un repos mardi et mercredi (ndlr : 31 août et 1er septembre), on part sur un warm-up (technique d'appuis/course) très léger jeudi et vendredi un échauffement pré-compétition", détaille-t-il.

"Positif, bienveillant, relâché, concentré sur l'objectif" : l'état d'esprit du champion s'avère excellent. Ses nombreux soutiens et le staff qui l'épaule dans la compétition y contribuent grandement. "La famille, les amis, les gens qui m'accompagnent sur ma pratique de haut niveau sont des soutiens très importants pour moi. Il y a les citoyens français aussi, les gens qui nous regardent, c'est essentiel", poursuit-il. Rendez-vous donc à 12h15 samedi 4 septembre heure française pour suivre Louis Radius dans cette première épreuve.