CARNAVAL DE DUNKERQUE D’OÙ VIENT CETTE TRADITION?

Des rues envahies par des milliers de carnavaleux dont les parapluies et déguisements faits de plumes, chapeaux à fleurs, paillettes et fourrures donnent vie à un vaste ensemble de couleurs bariolées offrant un curieux contraste avec la grisaille hivernale. Des chansons paillardes chantées à tue-tête, de la bière qui coule à flots, des kilos de harengs jetés de l’hôtel de ville. C’est le carnaval de Dunkerque. Pendant près de deux mois, de janvier à mars, la cité portuaire et les communes alentours sont métamorphosées et plongées dans une incroyable ambiance de fête débridée au rythme des Bandes, des chapelles*, des hymnes et des tambours. Au même titre que les carnavals de Rio, de Venise ou de Tenerife, le carnaval de Dunkerque est un incontournable que tout bon Dunkerquois qui se respecte ne manquerait sous aucun prétexte. Mais d’où vient cette tradition ?

Tout commence au XVIIème siècle avec le développement de la pêche à la morue en Islande. A cette période, la ville de Dunkerque venait d’être rattachée au royaume de France de Louis XIV (la ville fut achetée aux Anglais en 1662). Les Dunkerquois qui pêchaient habituellement le hareng dans la mer du Nord se tournèrent vers la pêche à la morue, leur permettant ainsi de s’affranchir de la concurrence des Hollandais. Ce nouveau type de pêche avait été rendu possible grâce aux accords passés entre le roi Soleil et le Danemark, ouvrant ainsi la voie aux marins vers ces nouvelles zones de pêche.

Les expéditions pouvaient durer environ six mois, entre avril et septembre et se déroulaient dans des conditions très difficiles voire dangereuses. Les marins dunkerquois (dont certains ne revenaient jamais de ces périlleuses aventures) touchaient une partie de leur solde avant le départ. Cet argent servait ainsi d’assurance à leur famille en cas de non retour. Avant d’embarquer, les marins se réunissaient une dernière fois autour d’un banquet, la « foye », en partie financé par les armateurs. Cette tradition a pu par ailleurs coïncider à plusieurs reprises avec les « jours gras » qui précèdent le Carême (période de 40 jours de jeûne avant Pâques) et qui firent l’objet de festivités religieuses à partir du Moyen-Âge. A l’occasion de ces banquets, les marins qui avaient déjà empaqueté leurs affaires pour leur long voyage, portaient les robes de leur femme et ornaient leur chapeau de fleurs. C’est la naissance de la « Visschersbende ». Si la tradition était dans un premier temps le fait de marins, elle s’est progressivement étendue aux autres professions de la ville.

Si la tradition était dans un premier temps le fait de marins, elle s’est progressivement étendue aux autres professions de la ville.

D’où viennent les « pépins » du carnaval de Dunkerque ?

Même avec un ciel bleu il ne faut pas oublier son parapluie

Les "pépins", ces hauts parapluies colorés sont indispensables au carnaval de Dunkerque. Ces parapluies portent les couleurs des associations organisatrices du carnaval et qui se consacrant le reste de l’année à des actions caritatives (vestiges des bals et œuvres de bienfaisance qui venaient en aide aux veuves et orphelins des marins). L’origine de ces parapluies remonterait au XIXème siècle. A cette époque, les paysans, appelés « berguenaere » en flamand, se rendaient au carnaval accompagnés de leurs inséparables parapluies. Pour se moquer d’eux, les carnavaleux décidèrent de les imiter en adoptant à leur tour des parapluies. Aujourd’hui, ces parapluies permettent aux membres des associations de se reconnaître dans la foule et viennent s’ajouter à l’ensemble fourmillant de couleurs du carnaval.

Les Pépins du Carnaval

A la fin du XIXème, la pêche à la morue décline et la tradition carnavalasque avec. Elle sera cependant relancée au début du XXème siècle sous l’impulsion de la municipalité. Interrompu pendant les deux guerres mondiales du XXème siècle, le carnaval reprit en 1946 dans une ville presque entièrement détruite par les bombardements. Le carnaval est depuis resté une tradition ancrée dans les esprits, presqu’un rite et surtout, une occasion de se retrouver en famille et entre amis, qu’importe son âge et sa classe sociale.

la fête touche à sa fin

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Jose Somolinos
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