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La barrière des espèces nous protège-t-elle toujours ? Le cas des "cousins" de la rougeole

Un de nos followers nous a récemment communiqué cet article. Sa lecture s'est avérée des plus intéressantes. Pour les non familiers de la langue de Shakespeare, voici un résumé.

Son titre, déjà, interpelle : "des membres de la famille de la rougeole peuvent-ils passer de l'animal à nous ?".

L'article commence par un constat : la rougeole fait son retour, en particulier dans des pays qui n'avaient plus connus d'épidémie, simplement parce que la couverture vaccinale baisse.

Et cette couverture vaccinale basse entraine un danger caché, mal connu :

Le virus de la rougeole appartient à une grande famille : celle des morbillivirus, présents chez de nombreux mammifères... et capables de passer d'une espèce à l'autre !

L'hypothèse admise actuellement est que tout ces virus dérivent d'un ancêtre commun, présent dans le bétail, et qui se serait adapté à l'Homme quand la domestication a eu lieu, il y a des milliers d'années.

Le CDV canin serait, lui, un membre de cette même famille virale, passé de l'Homme au chien, en Amérique, lors d'une épidémie.

D'ordinaire, pour passer d'une espèce à l'autre, un virus doit s'adapter à la "machinerie cellulaire" du nouvel hôte. C'est ce qui est appelé : "la barrière des espèces".

Mais il semblerait que pour le CDV, cette barrière soit faible, puisqu'il a pu causer des ravages dans de nombreuses espèces animales, en plus de l'espèce canine.

En effet, le premier élément de cette barrière est le mécanisme qui permet au virus de s'attacher à la cellule et d'y entrer.

Or les protéines impliquées dans ce mécanismes sont très proches (pour les morbillivirus) chez les différents mammifères, ce qui simplifie le travail d'adaptation du virus.

Il suffit de deux mutations sur une seule protéine de surface du CDV, par exemple, pour qu'il puisse infecter les humains.

Il s'agit donc d'une menace à prendre au sérieux

La seule chose qui peut éviter que le CDV vienne infecter les humains, c'est la présence dans l'organisme d'anticorps acquis soit par la vaccination, soit après avoir eu la rougeole.

En effet, certains d'entre eux sont capables de réagir également avec le CDV, pour le neutraliser.

Mais que la couverture vaccinale baisse, et d'autres morbillivirus, comme le CDV, pourront en profiter pour coloniser de nouveaux hôtes.

Même si il n'y a pour le moment aucune preuve de passage d'un virus de cette famille vers l'humain, mais cette éventualité ne peut pas être écartée. Il suffit d'une population avec une couverture vaccinale plus basse pour que cela puisse se produire.

Donc même si la vaccination permet d'éradiquer le virus de la rougeole, il ne faudra pas pour autant stopper la vaccination. Sinon, le risque d'adaptation d'un autre morbillivirus à l'Homme, en particulier dans les pays où ces virus sont très présents, peut être élevé.

Par exemple, il y a déjà des cas d'infection de singes par le CDV.

De plus, les ravages du CDV chez ses victimes sont beaucoup plus importants que ceux de la rougeole.

Donc même si nous ne sommes pas sûrs à 100% que la barrière des espèces puisse être facilement franchie par un autre morbillivirus, pour nous infecter, il convient d'être très prudent, et de ne pas abandonner la vaccination.