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COMPTE-RENDU Ateliers du Sommet du sport de Montréal 2020

Un événement du Conseil du sport de Montréal

Le présent compte-rendu provient des discussions dans le cadre des ateliers de travail en sous-groupes lors du Sommet du sport de Montréal 2020, le 3 décembre 2020. Ce compte-rendu respecte les éléments de discussions ressortis lors des ateliers et répartis sur plus de 25 heures d'enregistrements vidéos. Il ne constitue pas le plan d’action ou les priorités du Conseil du sport, mais sera attentivement étudié par ce dernier au cours des prochains mois. Les éléments dans chacune des deux sections sont priorisés en fonction de leur fréquence de mention.

Quel est le plus grand impact de la COVID-19 pour votre organisation ?

1. Pertes financières :

  • Annulation d’activités et d’événements générant des revenus ;
  • Baisse ou arrêt d’inscriptions des membres ;
  • Augmentation des dépenses reliées à la gestion des restrictions sanitaires ;
  • Subventions gouvernementales parfois impossibles ou difficiles à réaffecter aux opérations journalières.

2. Problèmes d’accès aux infrastructures :

Éléments accentués en raison de la COVID-19 :

  • Fermetures complètes des sites ;
  • Communications et demandes des ressources disponibles difficiles, en raison de la complexité de la structure municipale (par arrondissement) ;
  • Complexité d’accès et de partage des plages horaires ;
  • Arrêt de l’entretien des terrains ou des installations sportives à la suite de coupes budgétaires (ou de personnel) ;
  • Disponibilité exclusive pour certains groupes identifiés.

Éléments non spécifiques à la COVID-19

  • Nombre restreint d’installations conformes aux normes de compétitions internationales ;
  • Nécessité d’ententes préalables avec les milieux scolaires.

3. Démotivations et démobilisations de certains acteurs principaux :

  • Épuisement des bénévoles assurant la gestion des opérations et la gestion de la clientèle (surtout dans les clubs et associations), en raison de la surcharge de travail affectée à la recherche de financement, d’équipement, d’infrastructures ou de ressources humaines ;
  • Essoufflement des gestionnaires de plusieurs organisations ayant à justifier certains refus d’accès ou l’application de certaines mesures souvent mal comprises de leurs clientèles.
  • Démotivation des athlètes à la suite de l’annulation des compétitions ;
  • Démotivation de la participation des jeunes et des athlètes à l'entraînement organisé, désormais tenu exclusivement en ligne ;
  • Difficulté accrue de recrutement au niveau des ressources humaines formées et qualifiées (animateur.trice.s, entraineur.e.s, officiel.le.s, juges de compétitions).

4. Disparités dans l’application des règles sanitaires et des consignes gouvernementales :

  • Pas de consensus entre les organisations ou entre les différentes infrastructures (privés, scolaires ou communautaires, etc.), ainsi que les directives gouvernementales changeantes qui donnent lieu à différentes interprétations dans la gestion des établissements ;
  • Exil d’athlètes dans d’autres régions ou d’autres provinces.

5. Création d’iniquités entre certains groupes :

  • Distinction plus marquée entre les milieux favorisés et moins favorisés, suite à la permission accordée exclusivement à la pratique de cours privés ;
  • Possibilités d’accès à des sites ou à des plages horaires (selon une programmation antérieure à la pandémie) parfois non représentatives de la pratique réelle dans certains arrondissements, favorisant la pratique de certains sports déjà établis ;
  • Iniquité du partage des plages horaires entre la pratique sportive libre et la pratique organisée.

Quelques effets positifs à conserver :

  • Mise sur pied de projets en lignes innovants conçus pour conserver la participation et le sentiment d’appartenance des membres. Tels que des défis sportifs, des tournois de jeux électroniques et des quiz ;
  • Meilleur taux de participation des intervenants aux réunions de conseils d’administration depuis la tenue en ligne des rencontres, permettant aussi de regrouper plus facilement les participants de différentes régions ;
  • Plus grande proximité entre les organisations de différentes instances et de différentes disciplines pour répondre à l’augmentation des besoins de suivis ;
  • Redécouverte et regain de popularité des parcs et des espaces extérieurs ;
  • Redécouverte et regain de popularité pour les sports individuels ou pratiqués en famille.
Danièle Sauvageau - Présidente du CA du Conseil du sport de Montréal et Sylvie Bernier - panéliste lors du Sommet
Panélistes et animatrice du panel : Bénéfices de la pratique sportive : William Fal​cão, Karine Côté, Caroline Calvé (animatrice), Marc-André Duchesneau et Sylvie Bernier

Quelle serait, selon vous, la vision collective du sport à Montréal sur un horizon de 3 ans ?

Les sous-titres correspondent aux éléments d'une vision collection et les énumérations correspondent aux actions prioritaires à poser pour y arriver au moment de la relance.

1. Cohésion du milieu sportif pour une vision globale de tous les enjeux :

  • Création d’une instance dirigeante chapeautant l’ensemble de la structure du milieu sportif, centralisant le partage d’informations et optimisant l’accès à toutes les ressources ;
  • Développer de nouveaux partenariats entre le milieu municipal, les écoles, les fédérations, les clubs privés, les entreprises et les centres sportifs pour optimiser l’accès aux infrastructures et aux installations ;
  • Élaborer une politique générale du sport à Montréal et se pencher sur la question de l’équité budgétaire entre les organisations, notamment, sur les critères de financement et de soutien ;
  • Continuer d’encourager les réunions et formations en ligne pour faciliter de meilleurs taux de participation et permettre aux intervenants de contribuer en tout temps à des prises de décisions ;
  • Concerter les efforts à la poursuite des communications et des collaborations entre organisations pour plus de soutien des clubs dans le besoin, en maximisant les ressources et l’échange de savoir ;
  • Mettre en marche une prise de données pour établir les États généraux du sport à Montréal. Cette démarche inclurait une évaluation globale des installations sportives actuelles en termes de priorités, de réparations et de maintenance ;
  • Constituer une cartographie des parcs, des loisirs, des centres et des installations sportives qui informerait sur la géographie et la concentration de la clientèle sportive. Ainsi que sur les ressources, les services offerts et les commodités de chaque infrastructures ;
  • Produire un guide de la pratique sportive sur l’île de Montréal qui clarifierait la structure des différents niveaux d’organisations et de paliers décisionnels ;
  • S’affranchir d’une vision du sport laissée à la discrétion personnelle des élu.e.s.

2. Reconnaissance de l’importance du sport et de la place essentielle qu’il occupe au sein de la société :

  • Permettre le plus rapidement possible la reprise du sport organisé en faisant valoir l’expertise des fédérations et des organisations sur l’aspect sécuritaire de la pratique encadrée ;
  • Raffermir le ton sur la question de l’importance du sport. Le sport comme question de survie de société ;
  • Faire comprendre que la vie sportive, en tant que langage universel, est un atout complémentaire au monde des arts et de la culture et qu’il est possible de se rallier autour d’enjeux communs ;
  • Augmenter la visibilité médiatique pour donner aux sports de différents calibres une meilleure vitrine aux yeux des Montréalais.e.s dans l’épanouissement de leur ville ;
  • Profiter de la prise de conscience actuelle des conséquences de l’inaction et de l’isolement des citoyens pour faire un rappel des avantages de la pratique sportive. Non seulement sur la santé physique, mais aussi sur la santé mentale, sur la réduction des coûts d'hospitalisation et sur l’intégration sociale des communautés ;
  • Investir en recherche pour se munir de données statistiques et rassembler les informations sur la pratique sportive afin d’appuyer les démarches au plan politique et étoffer le message diffusé à la population montréalaise.

3. Optimisation des stratégies de recrutement, de rétention (et de formation) de l’élite sportive et d’intervenants qualifiés :

  • Investir dans la sensibilisation, la prévention, la formation, la professionnalisation et la visibilité du sport ;
  • Accompagner les organisations en leur offrant un service d’aide de gestion, avec la Ville ou d’autres organisations plus professionnalisées pour les demandes de financement, de recrutement, de formation des entraîneur.e.s ou des intervenant.e.s ;
  • Continuer de développer des formations en formule hybride, en ligne et en présentiel ;
  • Proposer des partenariats avec les programmes Sport-études pour la formation d’arbitres, d’officiel.le.s, d'entraîneur.e.s et des juges de compétition ;
  • Créer de la documentation officielle dans les organismes, pour un meilleur suivi des formations, pour faciliter l’uniformisation des compétences et inciter chaque organisation de se munir d’un plan d’urgence ;
  • Faciliter le partage d’informations et de ressources humaines entre les organismes ;
  • Offrir des d’activités qui permettent l’échange entre le sport d’élite et l'initiation dans le but de servir une vision en continuum de différents calibres sportifs.

4. Plus grande diffusion et démocratisation de la pratique sportive :

  • Optimiser l’usage des locaux et des installations pour la pratique de certains sports en réglant la dualité entre le milieu scolaire et le milieu civil. Pour ce faire, nous pourrions par exemple développer des entraînements communs ou des plateaux sportifs polyvalents lorsque possible, et ce, à plus grande échelle que celle des arrondissements ;
  • Prioriser un plan de relance graduel et inclusif. Dans l’organisation d’événements commençant par des événements de moins grande envergure, afin de débuter le plus tôt possible et reprendre contact avec la population ;
  • Faciliter l’accès aux activités libres et organisées pour les jeunes et les adultes issus de milieux défavorisés, dans les plateaux sportifs de tous genres, que ce soit en termes financiers à l’inscription ou en revoyant les critères de subventions moins adaptés à de nouvelles réalités familiales ;
  • Développer et revaloriser les loisirs, la pratique libre et le jeu dans les politiques générales de promotion du milieu sportif afin de faire front commun ;
  • Envoyer un message positif de la pratique du sport organisé moins axé sur la performance et plutôt sur l’esprit communautaire ;
  • Se munir d’un plan de relance sans discrimination incluant les sports adaptés, les familles en difficulté, les sports méconnus, les volets féminins, les niveaux de sports amateurs, etc. ;
  • Faire la publication d’initiatives locales et la promotion d’événements locaux.

5. Revalorisation de la Ville comme métropole sportive :

  • Mettre sur pied une campagne d’information grand public pour la diffusion des bons coups réalisés dans le milieu sportif, les événements à venir, les moyens de s’impliquer ainsi que de l’information supplémentaire sur les infrastructures, les organismes et clubs de l’île de Montréal ;
  • Concevoir un événement d’envergure pour la célébration du sport de tous les niveaux, à l’échelle de l’île et impliquant les industries du tourisme et de la restauration. Nous pourrions, à titre d’exemple, créer un festival populaire et des circuits étalés sur plusieurs jours dans les grandes infrastructures (Stade olympique ∕ Parc Jean-Drapeau ∕ etc.), dans les parcs, les espaces verts et, possiblement, un quartier des sports. Il faudrait tenir compte de la concentration des infrastructures ou des installations dans un même endroit pour la tenue de plusieurs tournois et compétitions en simultanée ;
  • Fonder un comité responsable des communications dans la promotion des activités, des événements et des enjeux du milieu sportif, en partenariat avec les milieux du tourisme et des arts et culture.

6. Le sport dans une société qui encourage l’implication citoyenne et philanthropique :

  • Démontrer aux Montréalais.e.s que le sport ne concerne pas uniquement sa pratique, mais qu’elle comporte aussi tout un niveau l’engagement citoyen. Par exemple, par le bénévolat, la gestion et l’organisation d’événements, l’arbitrage, etc. ;
  • Faire un pont entre les ordres professionnels et les étudiants pour des possibilités de bénévolat incluses dans leur plan de cours, ainsi qu’un meilleur soutien pour les initiatives d’implication bénévole auprès des spécialistes du sport, et ce, de l’école primaire au niveau universitaire ;
  • Voir à l’implantation d’incitatifs gouvernementaux ou dans les milieux de travail pour faciliter l’implication bénévole et contrer la concurrence entre les heures rémunérées et le bénévolat.

7. Développement de la pratique sportive par l’approche multidisciplinaire :

  • Réfléchir aux moyens de développer une plus grande polyvalence des pratiques et habiletés sportives chez les jeunes qui se spécialisent souvent trop tôt. Favoriser l’exploration de différentes activités et sports en milieu scolaire tout sensibilisant les parents à l’existence de différents sports parfois moins connus ;
  • Faire cohabiter dans un même événement sportif les sports établis et moins connus ;
  • Amener différents milieux à collaborer pour l’instauration de programmes et d’activités à l’intérieur et à l’extérieur, selon les saisons. Impliquer, par exemple, la participation des camps de jour ou des activités citoyennes pour encourager la pratique sportive à l’année.

Credits:

© Pierre Paradis