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"Ce gars là, je le kiffe" MERCREDI 3 OCTOBRE

A 20 balaies, on n’a pas toujours un plan de carrière bien calé, bien carré. On prend un premier job, on fait ses classes, on essuie les plâtres et on se fait une petite idée du monde du travail mais si opportunité il y a, si le lit est plus douillé ailleurs, pourquoi ne pas foncer et saisir sa chance.

Coup de téléphone au bureau de VO2, une voix connue, celle d’Alain Sauveplane, c’est notre conseiller au Crédit Agricole. Sa question est directe « est-il vrai que vous recrutez un maquettiste ? ». La réponse est toute aussi directe « oui car nous souhaitons étoffer l’équipe ». Car VO2 est cette année là à son apogée après des records de vente enregistrés avec le preview des J.O. d’Atlanta puis avec le numéro suivant sorti à peine la flamme olympique éteinte. Et puis, il y a un petit frère annoncé, Endurance Magazine et pour que la famille soit complète, VO2 Athlé pointe son nez pour compléter l’offre presse autour de cette nébuleuse, la grande famille de l’athlé, si complexe à appréhender.

C’est ainsi que Arnaud, le fils d’Alain est recruté comme maquettiste. By by Toulouse, il quitte son job chez Leclerc, s’en est fini des catalogues publicitaires. Il rentre au bercail, back to Millau pour une longue carrière, embarqué dans toutes les aventures de presse et éditoriales de ce petit groupe de presse caché dans les ruelles du vieux Millau. Derrière son grand écran et sa petite pomme, sa dextérité à monter des pages est impressionnante. Il voit débarquer Internet jetant le trouble comme un corbeau noir frottant son plumage sur le blanc d’une robe de mariée. Qu’importe Arnaud se forme au montage vidéo et participe même aux premiers directs réalisés dans les entrailles des grands championnats comme pour les Europe à Barcelone et lors du Mondial en salle à Bercy. Arnaud est ainsi de tous les combats pour une certaine idée de la presse, de l’info et…de l’organisation. Car bien entendu, ses talents, son regard quotidien sur les grands causses qu’il balaye du regard chaque matin qu’il se lève, s’exprimeront pour la réalisation de toutes les chartes graphiques des Templiers à partir de 1998, un bail de 20 ans déjà. Et pour mieux sentir la fibre Templiers, iI passe même du côté coureur en 2003 avec une idée généreuse, miser sur ses chances de finir les Templiers et collecter des fonds pour une œuvre humanitaire. C’est l’année de la neige sur le St Guiral, Arnaud rentre trempé et frigorifié mais son sprint, Sylvie, son épouse à ses côtés, en dit long sur le bonheur de vivre avec ses tripes une telle aventure.

Et bien entendu, Alain le banquier qui voulait être cuistot puis chasseur alpin, rentre lui aussi dans la ronde des Templiers en 1998. Parachuté à Revens, il apprend vite le métier aux côtés de Jean Pierre. Il s’en souvient encore, sa mémoire est infaillible « on prenait les chronos à la main sur une feuille de papier avec l’heure de passage ». L’année suivante, on le bombarde chef de poste, son CV prend une ligne, les galons se gagnent plus vite qu’à la banque. Destination Camprieu pour l’Endurance Trail puis le dimanche Trèves dans la vallée du Trévezel «c’est là que j’ai découvert Christophe Jacquerod». Du haut de ses 74 ans, il ajoute «je ne sais pas pourquoi mais ce gars, je le kiffe».

Ainsi Alain Sauveplane de poste en poste, neuf ans à Trèves, une année à Causse Bégon, un passage à la Roque et Pierrefiche et désormais fidèle à St André de Vézines a tout connu des Templiers, son évolution, sa révolution. L’épreuve s’étoffe, Alain le mesure avec l’arrivée progressive puis massive des suiveurs «à Trèves, c’était devenu comme le Tour de France». Coureurs, suiveurs qui se mélangent aux chasseurs « il y avait une belle entente, même avec les chasseurs, eux rentraient de la chasse pour la troisième mi-temps».

Cette année, il fêtera ses vingt ans de fidélité sur les Templiers. Qu’en retire-t-il ? Spontanément, il précise «des rencontres. On apprend à connaître les gens. C’est un enrichissement que l’on n’apprend pas dans les livres». Il a un petit faible pour les vainqueurs qui ont cette pointe d’humilité les poussant à se mélanger avec les bénévoles, il cite Thierry Breuil, Gil Besseyre qui à chacune de ses victoires revenait la nuit tombée accueillir les derniers coureurs. Cela permet d’effacer les angoisses, les coups de grisou, les prises de bec comme lorsque l’on est chargé de faire respecter la barrière horaire, le cauchemar de tous les chefs de poste «Je me souviens une fois, j’ai failli me coucher en travers dans le chemin pour interdire à trois coureurs de se sauver. Je peux vous dire qu’on a l’adrénaline». Il ajoute en se frottant les mains «on se dit que l’on sert à quelque chose. On sent qu’on vit».

Arnaud Sauveplane a désormais créé son agence mais reste le designer et le graphiste des Templiers et bénévole chargé de la presse

Created By
GILLES BERTRAND
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Credits:

Gilles Bertrand Photography

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