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L’État s’engage pour les tiers-lieux dans les territoires « Nouveaux lieux, nouveaux liens »

Le 17 juin dernier, le Gouvernement a lancé son programme « Nouveaux lieux, nouveaux liens », porté par le ministère de la Cohésion des territoires et des Relations avec les collectivités territoriales. Un programme qui vise à pérenniser le fonctionnement des tiers-lieux et soutenir ce modèle qui, dans toute sa diversité, crée de l’activité économique, suscite de la cohésion sociale et transforme les territoires.
À cette occasion, 300 acteurs de la communauté des tiers-lieux étaient conviés à la Cité fertile, à Pantin (93), installée dans une ancienne gare de marchandises SNCF.
La première rencontre nationale des tiers-lieux a réuni 300 personnes sur le site d'une ancienne gare ferroviaire de marchandises, convertie en tiers-lieu professionnel et culturel.

« NOUVEAUX LIEUX, NOUVEAUX LIENS », UN PROGRAMME SPÉCIFIQUE POUR LES TIERS-LIEUX

« L’État s’intéresse aux tiers-lieux car ils correspondent à des besoins locaux d’animation sociale, de développement du télétravail, etc. Les tiers-lieux sont utiles à la cohésion de nos territoires et à la cohésion sociale. Nous souhaitons les accompagner, tout en respectant la liberté de ce mouvement. »

Jacqueline Gourault, ministre de la Cohésion des territoires et des Relations avec les collectivités territoriales

L’État veut s’inscrire au côté des porteurs de projets des tiers-lieux pour les aider à concrétiser et à pérenniser leurs initiatives. Cet accompagnement n’entend pas imposer un modèle, mais bien faire du sur-mesure afin de donner aux acteurs locaux les moyens d’agir et de diversifier leurs revenus, grâce à des services innovants et des outils partagés.

Les ministères de la Cohésion des territoires et des Relations avec les collectivités territoriales, du Travail, de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, de la Culture et le secrétariat chargé du Numérique ainsi que les partenaires associés au programme « Nouveaux lieux, nouveaux liens » proposent une offre de services. Elle va de l’aide en amorçage à la mise à disposition de locaux, en passant par l’apport de recettes de fonctionnement. « Le rôle de l’État est d’accompagner la créativité des territoires. Une aide financière va être dédiée au fonctionnement des tiers-lieux ainsi qu’à l’investissement », a annoncé Jacqueline Gourault, le 17 juin dernier, à la Cité fertile de Pantin.

Par son programme interministériel d’appui et d’accélération des tiers-lieux, « Nouveaux lieux, Nouveaux liens », le Gouvernement vise à :

  • rendre les projets de tiers-lieux soutenables dans les territoires, ruraux, périurbains, urbains et quartiers prioritaires de la politique de la ville ;
  • valoriser l’entrepreneuriat en favorisant la coopération ;
  • mettre en réseau et outiller ces communautés professionnelles.
Les 60 représentants de tiers-lieux qui composent le Conseil national des tiers-lieux ont participé à des ateliers de travail. Ils échangeront ensuite avec la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, en réunion. À l'occasion du déjeuner, plusieurs d'entre eux ont pu discuter avec la ministre Jacqueline Gourault.

Tiers-lieux : de quoi s’agit-il ?

Les tiers-lieux sont des espaces physiques partagés pour télétravailler, accéder à des services, transmettre des connaissances, démarrer une activité économique ou une création culturelle... Soutenus par des entreprises, des collectivités, des associations ou des particuliers, ils se sont développés en s’appuyant sur le déploiement du numérique. Chacun a sa spécificité, son fonctionnement, son mode de financement, sa communauté, mais une même philosophie : faire ensemble. De fait, les tiers-lieux constituent de nouveaux lieux de lien social et de projets collectifs, partout sur le territoire.

En savoir plus : télécharger le rapport sur les tiers-lieux, en France, Faire ensemble pour mieux vivre ensemble, réalisé par la Fondation Travailler autrement avec l’appui du Commissariat général à l’égalité des territoires.

1 800 tiers-lieux en France, en 2018.

Plus d'information : « Mission coworking – Territoires, travail, numérique »

Une offre de services pour développer les tiers-lieux

Bien implantés dans les grandes villes et les métropoles, les tiers-lieux peuvent aussi participer à l’aménagement des territoires périurbains, ruraux et des quartiers de la politique de la ville.

L’État va donc consacrer des moyens supplémentaires pour accompagner leur création, partout sur le territoire, et proposer des services « clés en mains » aux porteurs de projets de tiers-lieux. Focus sur les mesures.

• 45 millions d'euros dédiés à l’émergence de 300 Fabriques de territoire

• 15 millions d’euros pour l’appui à la création de tiers-lieux ruraux

• 1 maison France Service par canton

• 10 millions d’euros pour le Pass numérique

• 1 fonds d’investissement immobilier de type « ISR »

• 50 millions d’euros pour accompagner la création d’espaces de coworking

• 100 « campus connectés » en 2022

• 1 000 « Micro-Folies » en cinq ans

Retrouvez le détail des mesures du programme « Nouveaux lieux, nouveaux liens » dans le dossier de presse (pp. 13-17).

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Création du fonds d’investissement immobilier de type « ISR »

À l’occasion de cette journée, Amundi et le Fonds de co-investissement de l’Agence nationale pour la rénovation urbaine ont signé un engagement à créer un fonds d’investissement immobilier commun. Il sera dédié à l’émergence de tiers-lieux et d’espaces de coworking dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville, dans un délai de deux ans. Créé d’ici la fin de l’année 2019, ce fonds sera doté de 50 millions d’euros. Consulter le communiqué de presse de l’Anru.

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Zoom sur les 300 Fabriques de territoire

« Les tiers-lieux transforment le pays et créent de la valeur. 300 Fabriques de territoire vont voir le jour, dont 150 seront situées dans les quartiers prioritaires. »

Julien Denormandie, ministre chargé de la Ville et du Logement

L’État lance un appel à manifestation d’intérêt permanent doté de 45 millions d’euros pour identifier 300 Fabriques de territoire, existantes ou en projet, d’ici 2022. Objectif : développer des têtes de réseau dans les territoires qui sont dépourvus de tiers-lieux, avec 150 fabriques hors des grands pôles urbains et 150 dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville.

Leur rôle :

  • lieu ressources pour les porteurs de projets environnants ;
  • lieu de formation et d’apprentissage ;
  • lieu d’inclusion numérique pour les populations éloignées d’Internet et de ses nouvelles opportunités.

Concrètement, chaque Fabrique de territoire sera soutenue à hauteur de 75 000 à 150 000 euros sur trois ans, le temps pour cette structure de conforter son équilibre économique. Ce financement tiendra compte de son offre de services et de son lieu d’implantation.

Des ministres mobilisés

Muriel Pénicaud, ministre du Travail

« Le télétravail, ce nouveau droit consacré par la loi, nécessite des lieux dédiés pour permettre à chacun de travailler dans un espace partagé, sans être isolé. C’est pourquoi nous encourageons le développement des espaces de coworking partout sur le territoire. »

Franck Riester, ministre de la Culture

« Depuis vingt ans, le ministère de la Culture accompagne les lieux intermédiaires et alternatifs dédiés à la culture. Nous allons accélérer la création de 1000 Micro-Folies, grâce au numérique, pour rendre accessible une offre culturelle innovante. La culture est au cœur de l’attractivité des territoires. »

Frédérique Vidal, ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation

« En 2022, 100 campus connectés verront le jour. C'est une opportunité pour les jeunes, éloignés des grands centres universitaires, qui affrontent souvent un parcours d’obstacles pour accéder aux études supérieures. Nous leur permettons ainsi de suivre à distance une formation diplômante, avec des tuteurs et dans une ambiance de vie étudiante. »

Cédric O, secrétaire d’État chargé du Numérique

« Le Gouvernement soutient les initiatives locales qui permettent de créer, dans les territoires, des lieux de partage où le numérique est accessible à tous. Nous allons soutenir le développement des «Comptoirs numériques». C’est une condition essentielle pour que chaque Français puisse s’approprier les outils et cultures numériques en confiance. »

Un réseau de proximité à structurer

C’est aussi à l’occasion de cette journée nationale qu’a été installé le Conseil national des tiers-lieux. Il jouera un rôle d’instance de représentation provisoire et de dialogue. L’enjeu est de structurer cette filière et de professionnaliser son fonctionnement pour lui permettre de se consolider et de perdurer, tout en conservant sa souplesse et sa diversité foisonnante.

Pour les pouvoirs publics, cette instance, composée de 60 représentants de tiers-lieux, sera une interlocutrice de premier plan pour mettre en place la politique publique dédiée : « Nouveaux lieux, nouveaux liens ».

Consulter le dossier de presse.

« Une des demandes des tiers-lieux était d'être impliqués dans la mise en place d’une politique publique au service des tiers-lieux. Cette instance a la vocation de faciliter le dialogue entre les acteurs et le Gouvernement.»

Patrick Lévy-Waitz, président de la Fondation Travailler autrement

L'après-midi du 17 juin s'est déroulée autour d'ateliers abordant la place des tiers-lieux dans la cohésion des territoires avec les ministres Jacqueline Gourault et Julien Denormandie ainsi que le secrétaire d'État Cédric O, dans les nouveaux modes de travail et d'entrepreneuriat, ainsi que dans la transmission des savoirs et l'accès à la culture avec les ministres Frédérique Vidal et Franck Riester. Puis, Serge Morvan, commissaire général à l'égalité des territoires, et Patrick Lévy-Waitz, président de la Fondation Travailler autrement, ont clos cette première rencontre nationale des tiers-lieux.

Ils et elles font les tiers-lieux

François Taddéi, chercheur et directeur du Centre de recherches interdisciplinaires

« Les tiers-lieux sont des espaces de partage des connaissances et de formation, où l’on apprend des uns et des autres. Avec deux dimensions particulières : ici, il n’y a pas de cadre hiérarchique ni d’individualisme. Les tiers-lieux sont diamétralement opposés à cela. Ils proposent une nouvelle manière de construire, de s’organiser et de travailler collectivement. Ce sont des lieux où institutions, porteurs de projets, entreprises et citoyens repensent, ensemble, les moyens de faire et d’agir. »

Stéphane Vatinel, directeur de Sinny & Ooko et de la Cité fertile

« Accueillir la première rencontre nationale des tiers-lieux à la Cité fertile représente, pour moi, un acte fondateur. C’est une reconnaissance qui intègre ces lieux dans le paysage social, culturel, économique et environnemental des territoires.

Pour bien s’intégrer dans son environnement et inclure la population alentours, un tiers-lieu doit allier plusieurs vocations : professionnelle (coworking, incubateur, centre de formation, commerce…) et culturelle. Ouvert en journée, soir et week-end, il devient ainsi un lieu de vie pour les habitants, grâce à une programmation gratuite ou peu onéreuse (concerts, ateliers, expositions, forums, fête des associations de quartier…) »

Denis Lourdelet, maire de Carignan, commune rurale de 3 000 habitants, dans les Ardennes

« Pendant longtemps, notre territoire a fait du développement économique classique, en créant des zones d’aménagement concerté (Zac). Force est de constater que ça n’a pas fait venir de nouvelles entreprises. Or, ma commune a deux atouts : sa situation transfrontalière, à proximité de la Belgique et du Luxembourg, et sa bonne couverture numérique, renforcée par l’arrivée de la fibre, en 2020.

De là a émergé l’idée de promouvoir le télétravail dans notre territoire rural. Cela évite les nombreux déplacements de salariés navetteurs et maintient de l’activité économique localisée, ce qui intéresse les entreprises luxembourgeoises qui manquent de foncier et vont voir le nombre de jours de télétravail autorisé à 69 jours par an.

Nous avons donc décidé d’aménager un espace de coworking dans notre mairie et, même, de louer la salle du conseil municipal qui ne sert que toutes les six semaines, en l’équipant de visio-conférence. Les dix agents de la mairie vont bientôt partager ces espaces et le matériel avec les salariés d’une première entreprise qui veut développer le télétravail. »

Voir aussi nos interviews vidéos de porteurs de projets qui font vivre la dynamique des tiers-lieux au niveau local. À notre micro : Marie-Laure Cuvelier, responsable de la Coopérative tiers-lieux, un réseau de professionnels en Nouvelle-Aquitaine, et Annick Jehanne, co-fondatrice de Plateau fertile, basé à Roubaix (Hauts-de-France).

Created By
Communication du CGET - Juin 2019
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Credits:

© L. Rumeau/CGET - C. Bonnin et A. Salesse/Agence du numérique - B. Bechet/Picturetank

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