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La montée en puissance de fractal universe

Fraîchement signé sur le label Metal Blade Records, Fractal Universe entame une tournée française pour défendre son nouvel opus "Rhizomes of Insanity". Rencontre avec les quatre membres du groupe à l'occasion de leur passage au Gueulard Plus le 19 avril 2019.

Le Gueulard Plus : Fractal Universe s'est formé en 2014. 5 ans plus tard, c’est un peu la consécration d’avoir signé sur le label américain Metal Blade Records ?

Clément (batterie) : C’est sûr que ça booste notre visibilité et notre crédibilité. On misait beaucoup sur notre nouvel album “Rhizomes of Insanity” pour signer sur un gros label, donc on est contents de rejoindre Metal Blade Records. Ça annonce le début de plein de nouvelles choses, mais on doit rester assidus pour continuer à nous développer dans le bon sens.

Comment avez-vous approché ce label ?

Vince (chant, guitare) : Une personne qui travaille à Metal Blade Records nous connaissait depuis un moment. On a donc décidé d’y aller au culot et de lui envoyer notre album en lui demandant s’il pourrait lui plaire. Il se trouve que cette personne a bien accroché à notre projet et a voulu nous rencontrer par Skype pour en apprendre plus sur nous : connaître notre façon de travailler, nos ambitions, ce que l’on attend concrètement du label... Après cet entretien, elle a décidé de parler de nous à son équipe, et voilà où nous en sommes aujourd’hui.

Vous avez été programmés entre autres au Hellfest et aux MetalDays. Comment décrochez-vous de telles dates ?

Clément : On a pu jouer au Hellfest grâce au réseau POLCA (Pôle Musiques Actuelles de Champagne-Ardenne) qui souhaitait mettre en avant des groupes de metal du Grand Est. On était d’ailleurs parrainés par le Gueulard Plus. Ça nous a permis d’être sélectionnés par un jury pour jouer sur la Hellstage aux côtés de Yurodivy (groupe de post-hardcore alsacien).

Vince : Pour les MetalDays, on a déposé un CD sur place et on a été retenus par un comité d’écoute. On a aussi eu l’occasion de jouer au Motocultor Festival en 2016 par le biais d’un tremplin qu’on a remporté, le Headbang Constest.

Valentin (basse) : En 2018, on a été programmés au Fimu de Belfort (le Festival international de musique universitaire). Là aussi, on a été sélectionnés par un jury. Jusqu’à maintenant, on a toujours démarché les festivals de nous-même en suivant leur actualité ou en nous basant sur les dates de tournée des groupes qu’on aime bien.

Clément : On s’informe également des opportunités à saisir via notre mailing list. Pour jouer sur la Hellstage, c’est le Gueulard Plus qui nous avait mis dans la boucle. Maintenant, grâce à Metal Blade, on va démarrer une collaboration avec une agence de booking. On espère du coup passer par des circuits plus directs pour participer à ce type de festivals. Metal Blade nous a aussi mis en contact avec d’autres artistes pour partager des plans de tournées, donc affaire à suivre.

Comment vous préparez-vous avant chaque concert ?

Hugo (guitare) : On tient un rythme de répétition assez soutenu : en moyenne, on joue ensemble une à deux fois par semaine. À chaque répète, on prépare le set complet que l’on jouera lors de notre prochain concert. En ce moment, on travaille par exemple le nouveau set de notre sortie d’album. Pour nous préparer aux dates plus conséquentes, on privilégie les résidences artistiques au Gueulard Plus ou ailleurs. On en profite alors pour bosser au maximum le son, la prestation scénique et les lumières.

Clément : Il y a aussi l’entretien quotidien de l’instrument ; on joue chacun plusieurs heures par jour. Notre expérience nous permet déjà de mieux appréhender les concerts à venir. On a aussi fait beaucoup de résidences et de stages d'accompagnement scénique pour être bien rodés.

Vous avez une équipe technique qui vous suit ?

Vince : On essaye le plus possible de travailler avec nos propres techniciens. Deux personnes, une au son et une aux lumières, nous suivent régulièrement. On les embauche systématiquement dès que notre budget nous le permet, parce qu’elles font partie intégrante de notre identité. Ça fait toute la différence d’avoir “son” propre son et show lumière. Actuellement, on travaille avec Simon Muller qui est aussi le sondier de Smash Hit Combo. Pour les plus petites dates, on embarque avec nous notre matériel lumière qu’on programme sur ordinateur.

C’est quoi votre meilleur souvenir de concert ? Et le pire ?

Hugo : Personnellement, mon meilleur et pire concert c'était aux MetalDays en 2017. Le pire, parce qu’on avait vraiment très peu de temps pour nous préparer, 10 minutes pour les balances et changements de plateau. Quand le concert a commencé, un problème électrique a coupé le son de nos guitares. Sur les premières notes, on n’entendait donc que la basse et la batterie. On a aussi eu des problèmes au niveau des retours… Mais au final, le public était incroyable et le cadre vraiment unique, donc pour moi il s’agit d’un souvenir marquant malgré les conditions un peu chaotiques.

Valentin : Moi mon meilleur souvenir c’est le Motocultor, parce que c’est la première fois qu’on jouait sur une si grosse scène et devant un public aussi réceptif. Et le pire, c’était au Fimu l’année dernière, parce qu’à la moitié du premier morceau je n’avais plus de son, et le problème a duré pendant quasiment deux morceaux.

Clément : Un de mes meilleurs souvenirs c’était notre première release party au Gueulard Plus, parce que ça lançait notre album “Engram of Decline” et qu’il y avait beaucoup de monde pour l’accueillir. Et le pire c’était sur notre tournée anglaise, à une date où le bar qui devait nous accueillir découvrait notre existence le jour même du concert. En plus, il y avait un gros rendez-vous de bikers avec une scène en extérieur et un temps superbe, donc autant te dire qu’on a littéralement joué devant personne.

Vince : J’allais dire la même chose (rires).

En tant que groupe de death metal, vous parvenez à trouver votre public en France ?

Vince : Je pense que oui. Ici en Lorraine, on a une fanbase grandissante qui nous suit et ça fait chaud au coeur. Au-delà de ça, on a toujours de belles surprises quand on se produit dans des villes que l’on ne connaît pas. En festival aussi, l’accueil est souvent très chaleureux.

Clément : Paradoxalement, ce n’est pas en France que nos morceaux sont les plus écoutés. Il y a beaucoup de pays comme les États-Unis, l’Allemagne ou la Finlande, où l’on a des statistiques d’écoute 2 à 3 fois supérieures qu’ici. Par exemple, Helsinki est la première ville où Fractal Universe est écouté. C’est bien d’avoir un public aussi dispatché géographiquement.

Vous auriez envie d’y jouer ?

Clément : Oui forcément, on aimerait bien jouer en Finlande et on espère que l’opportunité se présentera l’année prochaine. On aimerait bien aussi bénéficier de l’appui de Metal Blade Records pour présenter notre nouvel album aux États-Unis. En tout cas, on va tout faire pour que ça devienne possible.

Vous avez été accompagnés par le Gueulard Plus. Qu’est-ce que ça vous a apporté ?

Vince : Le Gueulard Plus nous a soutenu dès nos tout débuts. On a bénéficié d’un accompagnement artistique et d’un coaching scénique avec Alain Aimé. On y a aussi joué en première partie des Black Dahlia Murder en 2015, et notre première release party s’est organisée chez vous en 2017. On est reconnaissants pour la confiance qui nous a été accordée, c’est important pour un groupe d’être épaulé par une structure comme celle-ci. C’est d’ailleurs une des grandes chances qu’on a, en France, d’avoir à notre disposition des structures subventionnées qui puissent répondre aux attentes des artistes qu’elles soutiennent.

Clément : On a aussi été poussés par le Gueulard Plus pour figurer sur le programme d’accompagnement du réseau Multipistes, qui n’a pas forcément vocation à mettre en avant des groupes de metal. On les remercie pour ça, et pour tout ce qu’on a appris. La première répétition du groupe, quand on s’est formés, c’était au Gueulard Plus et c’est cool de voir tout le chemin qu’on a parcouru depuis.

Vous parliez d’autres salles dans lesquelles vous répétez ou êtes accompagnés, lesquelles ?

Hugo : Dans le cadre du dispositif Multipistes, on se rend à la BAM pour travailler notre jeu de scène. On a aussi quelques affinités avec l’Autre Canal, où l’on a tourné un de nos derniers clips. On a aussi déjà fréquenté La Souris Verte à Épinal et été Chez Paulette à Pagney. On essaye de se développer dans les grandes salles de la région et c’est plutôt positif pour nous.

Clément : C’est aussi intéressant de faire des résidences dans d’autres salles pour tester différentes configurations scéniques. C’est bien pour nos techniciens de travailler dans des environnements nouveaux.

Les Fractal Universe en résidence au Gueulard Plus.

Quels conseils donneriez-vous aux groupes qui veulent se professionnaliser ?

Clément : Mon premier conseil, c'est de travailler à un rythme soutenu pour proposer régulièrement de nouvelles compos. Concernant Fractal Universe, on essaye de tenir un rythme de sortie de 2 ans entre chaque album. C’est essentiel d’être régulier quand on fait du metal, parce que c’est un gage de sérieux auprès des labels. Mon deuxième conseil, c’est de faire beaucoup de concerts et de mettre la main à la pâte pour les booker soi-même. Mon dernier conseil, c’est de paraître le plus pro possible en proposant du contenu de qualité sur les réseaux sociaux. Il faut fournir beaucoup d’efforts mais ça finit par payer, on en est la preuve.

Vince : Je pense que les labels veulent vérifier que le groupe qui les démarche fournit déjà un énorme travail de son côté. Il faut montrer qu’on a la volonté de se produire partout et qu'on est prêt à s’engager sur une tournée. Il y a beaucoup de travail à fournir avant d’espérer arriver à un vrai résultat. Aussi, il ne faut pas hésiter à déléguer certaines tâches. On a fait énormément de choses par nous même jusqu’à notre dernier album, et là on commence à relayer une partie du boulot à d’autres structures spécialisées. Ça permet de nous recentrer sur notre projet.

Clément : Metal Blade voulait connaître tout le travail qu’on avait déjà fourni sur plusieurs années. Ils voulaient vérifier que l’on avait vraiment fait chauffer l’huile de coude avant d’engager leur confiance.

Comment vous arrivez à concilier vie professionnelle et carrière musicale ?

Hugo : On enseigne tous notre propre instrument, ce qui nous permet de garder constamment un pied dans la musique. Ça facilite aussi les choses quand on doit se rendre disponible pour partir deux semaines en tournée. Dans l’idéal, on aimerait bien vivre de notre musique.

Clément : C’est compliqué de ne vivre que d’un seul groupe. Quand on veut devenir musicien pro, il faut aussi savoir tout faire soi-même. Je pense qu'il faut se tourner vers d’autres métiers qui permettent de garder un pied dans la musique. À titre personnel, j’ai monté avec Flavien Morel un studio d’enregistrement qu’on commence à exploiter à Florange pour dégager des revenus supplémentaires. Ce studio, qui s’appelle Boundless Productions, est équipé d’une salle de prise et d’une régie. À terme, ça permettra une économie de moyens pour Fractal Universe tout en aidant d’autres groupes à se développer via l’enregistrement d’un EP. Je propose aussi des prestations de batterie en studio. Enfin, comme l’a dit Hugo, donner des cours de musique permet de garder le nez dans son instrument même si on ne compose pas pour Fractal Universe.

Vue de la salle de prise du studio Boundless Prod.

Vous aimeriez coacher des groupes pour les aider à se professionnaliser ?

Valentin : Je fais un peu de coaching en Franche-Comté. J’aide des groupes amateurs à se professionnaliser en leur apportant les connaissances que j’ai acquises grâce à Fractal Universe.

Clément : À terme, on aimerait partager notre expérience pour dire ce qui fonctionne ou non auprès des labels. On a déjà beaucoup tâté le terrain avec notre premier EP et l’album “Engram of Decline”, donc si notre expérience peut intéresser certaines personnes, qu’elles n’hésitent pas à nous contacter via notre page Facebook ou la boîte mail de Boundless Prod.

Vince : On a bénéficié de pas mal de programmes d’accompagnement, donc ce serait naturel de transmettre à notre tour quelque chose lorsqu’on sera prêts pour ça.

Un dernier mot ?

Clément : Merci à tous ceux qui liront cette interview. N’hésitez pas à faire un tour sur nos réseaux sociaux, et on vous donne rendez-vous très bientôt pour de prochains concerts !

Vince : Pour le mois d’avril, on sera en tournée française avec une première date le 19 au Gueulard Plus pour notre release party. Ensuite, on jouera à Limours le 20 dans le cadre de l’Asylum Metal Fest. Puis on accompagnera The Black Dahlia Murder le 23 avril à Paris, le 24 à Angers, le 25 à Lyon et le 30 à Mulhouse. Le 6 juillet, on se produira en première partie de Cannibal Corpse et Napalm Death à Limoges, et pour terminer on jouera le 27 juillet au Met’ Farm Festival à Distroff. On travaille actuellement avec notre nouveau partenaire K Productions pour être bookés en France et à l’étranger. On a hâte de monter sur scène et de vous rencontrer !

Un grand merci à Fractal Universe !

Site officiel • Facebook YouTube Instagram Bandcamp

Created By
Le Gueulard Plus
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Credits:

Letzien Photography / Vilpictures / Camille S.

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