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Centre éducatif fermé Le Marquisat : dernière case avant la prison pour les ados Au centre éducatif fermé de Gévezé, près de Rennes, douze garçons âgés de 14 à 17 ans conquièrent leur autonomie. Reportage.

Depuis son ouverture à Gévezé, dans une ancienne ferme rénovée, le 11 janvier 2007, le centre éducatif fermé Le Marquisat accueille des mineurs principalement originaires du Grand Ouest.

Ce service social classifié établissement de placement PJJ (protection judiciaire de la jeunesse) est situé à proximité des institutions judiciaires de Rennes : cour d'appel, tribunal de grande instance.

Le centre permet aux mineurs de réapprendre les règles du quotidien.

Le Marquisat : Dernière case avant la prison

« Je ne me sens pas vraiment enfermé ici. Ce qui est lourd, par contre, c'est qu'on ne peut pas fumer. » À son arrivée au centre éducatif fermé (CEF), il y a deux mois, Wassim (prénoms d'emprunt pour les mineurs), 16 ans, a, comme tous les jeunes, signé un projet de sevrage du tabac.

L'interdiction de la cigarette agace aussi Jason. « Bon, après, c'est pour une période de temps... ». Le placement s'étend sur six mois, une fois renouvelable.

La prise en charge scolaire est assurée en interne
Dans les chambres simples à un lit, une fenêtre à l'opposé de la porte ne s'ouvre que sur une petite largeur, de chaque côté
Le centre accueille douze garçons

Entre leur réveil à 8 h et l'extinction des feux à 22 h 30, les mineurs placés dans le CEF ont des journées bien rythmées.

La nuit, deux veilleurs sont présents. Cinq caméras sont ouvertes sur les couloirs et l'extérieur du bâtiment. Une vidéo surveillance qui marque, autant que les hautes grilles qui entourent le centre, la privation de liberté.

Cinq caméras sont ouvertes sur les couloirs et l'extérieur du bâtiment. Une vidéo surveillance qui marque, autant que les hautes grilles qui entourent le centre, la privation de liberté.

Les huit ados présents ce jour-là sont pour beaucoup des délinquants récidivistes, placés au CEF en application d'un contrôle judiciaire ou d'un sursis avec mise à l'épreuve. Un neuvième a fugué. Un autre doit arriver dans les jours à venir, de Nantes.

Un nouvel horizon

Dehors, ces mineurs ont commis des infractions graves. Ici, ce sont tous des « gamins », des « mômes », des « jeunes ». La vingtaine de spécialistes qui les encadre leur ouvre un nouvel horizon.

Une pédagogie pluridisciplinaire est au service du projet éducatif individuel du mineur délinquant, placé au CEF pendant une période de six mois, renouvelable une fois.
Une salle de vie est équipée de banquettes, d'un baby-foot et de télévisions. les jeunes s'y rendent lors de leurs périodes de temps libre.

Dans cette alternative à la détention, chaque mineur est orienté vers des activités sociales, scolaires ou professionnelles. La classe est assurée par une enseignante spécialisée. Le garçon est accueilli seul ou avec un autre placé, « en fonction du degré d'autonomie et de leur personnalité ».

Dans la salle de sport, Anthony, en sueur, équipé de gants de boxe, absorbe les chocs. Auprès de Jean-Baptiste, éducateur technique en menuiserie, Julien, écouteurs dans les oreilles, s'applique à la réalisation d'une table basse. Il s'impatiente un peu. « Je n'aime pas travailler le bois, souffle-t-il. Je fais ça pour les points. »

Une place importante est accordée au développement physique des jeunes.

« Tirer l'ado vers le haut »

Le CEF a mis en place un système d'évaluation d'échelons, de paliers et de sanctions. Le comportement des ados fait évoluer leur prise en charge. Au début de leur accueil, la famille les visite au centre, sans retour possible au domicile. Aucune sortie à l'extérieur n'est permise, pour des loisirs.

Aux paliers suivants, l'étau se desserre. Même chose lorsqu'il s'agit d'argent : chaque adolescent reçoit de 8 € à 16 € par semaine, en fonction du « palier » atteint. « Ce système de sanctions positives dit au jeune : tu as fait des efforts, on le reconnaît et on le valorise, présente Sébastien Marchand, directeur général de l'association Diagrama, qui gère le CEF. L'objectif est de tirer l'ado vers le haut, pas de le saquer. »

Kelvin, transféré depuis la maison d'arrêt de Fleury-Mérogis, l'assure : « Quand je sortirai de là, je ferai peintre en bâtiment. Il faut juste que je me comporte bien pendant six mois et c'est tout. »

David banga, adjoint, sébastien Marchand, directeur général de l'association diagrama, Julien ouzilleau, le directeur du CEf Le Marquisat, et Fabrice Seznec, l'un des deux chefs de service educatif.
Created By
Angélique Cléret Philippe Chérel
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Credits:

Photo : Philippe Chérel. Texte : Angélique Cléret. Edition : FG. Derrien.

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