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Leprechaun 1993 – États-Unis. Réalisation : Mark Jones. Scénario : Mark Jones. Avec : Warwick Davis, Jennifer Aniston, Ken Olandt, Mark Holton, Robert Hy Gorman.

Quand on parle des grands méchants de sagas horrifiques, plusieurs noms viennent en tête.

Michael Myers, Jason, Freddy, le Xénomorphe, les cénobites, Chucky et consorts. Mais il y a un nom qui est assez souvent oublié : le leprechaun. Le petit homme en vert a eu droit à son premier film en 1993. Six suites et un reboot ont enrichi la saga. Alors, pourquoi cet insolite antagoniste n'a-t-il pas plus marqué les mémoires ?

« Have you seen a crock of gold lying around? »

Alors qu'il était parti pour enterrer sa mère en Irlande, Daniel O'Grady revient les mains chargées d'or. Quand sa femme exige des explications, il lui explique qu'il a volé cet or à un leprechaun. Ce que Daniel ne sait pas, c'est que le lutin l'a suivi jusqu'aux USA pour récupérer son bien. In extremis, Daniel arrive à l'enfermer dans une boîte, avant d'être victime d'une attaque cardiaque. Dix ans après, le leprechaun est toujours enfermé dans le sous-sol de la maison des O'Grady. Mais l'arrivée de nouveaux propriétaires va lui permettre de s'échapper et, à nouveau, de partir à la recherche de son or.

À sa sortie, Leprechaun a été étrillé par les critiques. Et on ne peut pas leur en vouloir. Leprechaun accumule les défauts. Le plus gros est de ne pas avoir assez bien choisi quel ton adopter.

Si l'on en croit Warwick Davis, l'acteur interprétant notre antagoniste, Leprechaun a d'abord été pensé comme un film d'épouvante pour enfants. Ça se voit. Dans les effets spéciaux tout droit sortis d'un épisode de Fais-moi peur, dans certaines transitions vidéo, dignes d'un montage sous Windows movie maker, mais aussi dans le scénario.

Certaines situations sont tellement invraisemblables que seuls des enfants pourraient les accepter sans relever. Quant à la caractérisation des personnages, elle est incroyablement clichée, notamment en ce qui concerne l'héroïne. Le message, enfin, est niais au possible. Bref, un film pour public de moins de 12 ans.

En soi, sous cette formule, Leprechaun aurait pu marcher. Comme une sorte d'initiation soft au genre. Sauf que, toujours selon Warwick Davis, la production a décidé de s'adresser à un public plus âgé.

Des scènes ont donc été ajoutées afin de saupoudrer de gore et de violence le long-métrage. Résultat, le film est trop sanglant pour des enfants. Et il est beaucoup trop niais pour des adultes.

Ceci dit, avec le temps, Leprechaun s'est un peu bonifié. Parce qu'on ne peut décemment pas le prendre au sérieux. Quand il est sorti, on l'a regardé et critiqué comme s'il s'agissait d'un véritable film d'horreur. D'où sa déchéance.

Aujourd'hui, à une époque où les nanars sont révérés par une partie du public, il peut plaire. Son humour, certes enfantin, possède un charme suranné. On peut le regarder un peu à la manière d'un Gremlins ou d'un Dolls, même s'il est de moins bonne qualité.

« Burn in hell, you little green bastard! »

Quant à son antagoniste, sauvé par l'interprétation truculente de Warwick Davis, il ne déçoit pas. Il est ridicule, certes. Mais c'est ce à quoi l'on s'attend en regardant un tel film. Et ainsi, il peut s'avérer appréciable.

L'anecdote

Dans l'une des scènes, le leprechaun devait manger des céréales Lucky Charms, dont l'emblème est un leprechaun. La marque General Mills avait donné son accord mais a révoqué sa permission en voyant le film. La scène a dû être filmée une nouvelle fois avec une paquet de céréales parodiant les premières. De plus, une phrase prononcée par le personnage d'Alex, qui disait au leprechaun que sa chance avait tourné, a été changée pour devenir : « Hey Lep ! Fuck you, Lucky Charms !»

Leprechaun ne peut pas être qualifié de bon film. Ce serait malhonnête de dire le contraire. Mais on ne passe pas un mauvais moment devant. Si l'on envoie le film avec le recul nécessaire, on peut même se surprendre à esquisser quelques sourires.

Très loin du chef-d'oeuvre, Leprechaun reste tout de même (un peu) plaisant.

2/5

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