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Au collège Max Jacob de Quimper ils jouent, chantent…et ça change tout

Les collégiens de la classe « musique » de ce collège de Quimper savent pourquoi ils se lèvent le matin. Ils chantent, découvrent un instrument, ensemble. Ça infuse dans toutes les matières. Quand il a ouvert la boîte rectangulaire noire, les clés nickelées de la clarinette ont brillé. Les yeux d’Hedi aussi. En cette soirée de novembre, lui et ses copains de sixième recevaient l’instrument qui les accompagnera pendant leurs quatre années de collège. Émus et fiers. À Max-Jacob, établissement quimpérois du réseau d’éducation prioritaire, la musique entre par toutes les fenêtres et les portes depuis la rentrée 2017. Et ça change pas mal de choses…

En ce début de printemps, les élèves de 5e de la classe à horaires aménagés musique (Cham) se tiennent debout, yeux fermés, dans une vaste salle. Hugo émet un son, repris par ses camarades. Bienveillants, les ados se prêtent à ce haïku sonore sans gêne aucune. Un « glou, glou » lancé par un petit farceur finit par les faire éclater de rire. « C’est une classe cool, lance Ewen, à la fin de la séance. Et ce n’est pas parce qu’on a six heures de musique par semaine qu’on ne progresse pas comme les autres… » Hugo, tromboniste, rebondit : « J’avais envie de faire de la musique. Aujourd’hui, je prends du plaisir tout en apprenant le trombone. »

Ces apprentis musiciens sont d’ailleurs les meilleurs ambassadeurs de la filière auprès des écoliers du secteur : « Une opportunité comme celle-là, on n’en a pas tous les jours !, a ainsi lancé Burak à des CM1.

Ouvrir une filière non-élitiste dans ce collège de quartier répondait à une volonté : « Favoriser l’accès à la culture pour tous », rappelle Sylvain Ferré, l’ancien principal. Le conservatoire de musique ? C’était terra incognita pour la plupart de la quarantaine d’élèves de la filière, avant… Aujourd’hui, ces apprentis altistes, flûtistes, hautboïstes s’y rendent en bus chaque mercredi matin. « Ils vivent une immersion musicale, résume le directeur du conservatoire, Julien Weill. Avec eux, on ne fait pas moins, on fait différemment. »

Et ça paye : « Se concentrer, écouter, créer, imaginer, improviser, se respecter, respecter le silence, la timidité de l’autre… Ils éprouvent cela au quotidien », relève leur enseignante d’éducation musicale, Isabelle Évano. « Ils savent pourquoi ils se lèvent le matin, ils partagent une réelle motivation, applaudit Kevin Le Bars, musicien intervenant. Certains portent déjà en eux un vrai propos musical, alors qu’ils peuvent connaître des difficultés dans les matières classiques… »

Une mélodie sans fausse note qui infuse : « Ils sont partants pour tout, très dynamiques à l’oral, s’enthousiasme leur enseignante de lettres, Louise Laurent. En 5e, ils conservent leur fraîcheur. » Et si le niveau scolaire est hétérogène, les derniers conseils de classe l’ont attesté : « Tous progressent. Ils acquièrent la notion de persévérance et de travail régulier.

Le programme est chargé d’ici la fin de l’année, entre la répétition d’un spectacle, les rencontres avec des artistes au Théâtre de Cornouaille, autre partenaire de la filière.

À l’image d’Ewen qui « part en voyage » dès qu’il joue du violon, Orlynna, Eloan, Jarod et les autres s’ouvrent à de nouveaux horizons, les pieds bien ancrés au collège.

Credits:

Texte Nelly Cloarec Photos Ym Quemener

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