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Dolls : les poupées 1987 – États-Unis. Réalisation : Stuart Gordon. Scénario : Ed Naha. Avec : Carrie Lorraine, Stephen Lee, Guy Rolfe, Hilary Mason, Ian Patrick Williams.

Si les volontés des studios avaient été suivies, Dolls : les Poupées aurait été un film bien plus sombre. Les artisans du film ont préféré rester fidèles à leur vision. Et on les en remercie.

« Teddie will get you for that »

Judy, 7 ans, son père et sa belle-mère sont sur la route des vacances. Lorsqu'un orage éclate et que leur voiture est embourbée, ils sont obligés de demander asile dans une maison proche. Il s'agit de la demeure d'un couple de fabriquants de jouets et chaque pièce de la maison déborde de poupées. D'autres visiteurs les rejoignent et tout le monde décide de passer la nuit sur place. Mais quand les uns se couchent, d'autres s'éveillent. Et seule la petite Judy semble se rendre compte que, sous leurs airs de jouets innocents, les poupées sont vivantes.

À la base, le film ne devait mettre en scène qu'une seule poupée maléfique. Ed Naha, le scénariste a voulu étendre le concept et créer une armée de jouets, on l'a laissé faire. Des scènes plus sanglantes que celles du film avaient été tournées en plus. Cela n'a pas plu à l'équipe, et on les a laissé les enlever.

Les artisans de Dolls : les Poupées ont eu de la chance qu'on leur permette ainsi de faire ce qui leur plaisait. Et les spectateurs aussi, ont eu de la chance. Parce que, même s'il n'est pas très sérieux, Dolls : les Poupées est au final un film plein de charme.

Dès les premières minutes, ça fleure bon les années 80. Nuit d'orage et maison lugubre et sublime à la fois posent l'ambiance de notre conte macabre sur l'innocence dont la petite Jody sera l'héroïne. Carrie Lorraine est mignonne dans le rôle principal. La fraîcheur et la naïveté de l'enfant servent le propos du film à merveille. Mais c'est au final l'un des personnages les moins intéressants de notre petite bande.

+1 pour la belle-mère

Il y a le père et la belle-mère, d'abord. Cyniques, égoïstes, agacés par l'enfant qu'ils se contentent d'appeler « short stuff ». Le couple, et notamment Carolyn Purdy-Gordon dans le rôle de la belle-mère, est truculent. Mais ceux qui volent la vedette sont surtout les deux personnages masculins que sont Gabriel, le fabricant de jouets, et Ralph, le charmant benêt.

Dans le rôle de ce dernier, Stephen Lee est parfait. Un garçon gauche, immature, mais en même temps honnête et attachant, c'est un antihéros qu'on aime dès les premiers instants. Quant à Guy Rolfe dans le rôle de Gabriel, il est tout à fait dans le ton. À la fois charmant, inquiétant et quelque part fascinant, il s'intègre parfaitement dans le décor.

« Fuck you, clowny »

Grâce à eux, Dolls se pare d'un ton particulier qui fait son succès. Loin du film d'horreur viscéral, Les Poupées vogue sans arrêt entre ce côté cartoonesque conféré par les personnages de Jody et Ralph, maladroits et un brin niais, et un côté plus sombre que l'on retrouve à travers le décor lugubre de la demeure et qui explose lors des attaques des poupées. On n'est pas effrayé, il faut bien le dire. Mais on se laisse embarquer.

L'anecdote

Le look des deux jeunes femmes, Enid et Isabel, est inspiré de celui de Madonna. La chanteuse a d'ailleurs souvent été photographiée portant la même ceinture Toy Boy que celle portée par l'actrice Cassie Stuart dans le film.

Près de 30 ans plus tard, Dolls reste convaincant. Il s'est bonifié, même, arborant désormais un charme vintage qui lui sied à merveille.

Toujours très sympathique, Dolls : les Poupées permet vraiment de passer un bon moment.

3,5/5

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