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En direct du catéchuménat

De plus en plus de jeunes et d’adultes demandent à recevoir le baptême et sacrements de l’initiation chrétienne (confirmation et eucharistie). Il ne s’agit pas d’une mode nouvelle mais bien d’un renouveau qui s’enracine dans la tradition de l’Eglise, l’accueil des catéchumènes. C@P, ce mois-ci propose donc un gros plan sur le catéchuménat.

Les sacrements d'initiation

Il n'y a pas d'âge pour recevoir les sacrements du baptême, de la confirmation, de l’eucharistie. Lorsqu’une personne se présente à L'Église pour demander l'un de ces sacrements d'initiation, il est important de l'accueillir et de se réjouir, car les sacrements sont d'abord une Grâce que le pape François nous invite à redécouvrir : " L'Eglise doit être le lieu de la miséricorde gratuite où tout le monde doit se sentir accueilli, pardonné et encouragé à vivre selon la bonne vie de L’Évangile."

En accueillant les catéchumènes, L'Eglise célèbre l'action de Dieu qui appelle au salut tout le genre humain. L'initiation des adultes comporte une progression qui se déroule au sein de la communauté des fidèles.

Pour cela il est important d'éviter les questions « Pourquoi voulez-vous être baptisé(e) » ou encore leur dire, « vous recevrez le baptême dans deux ans, vous ne pouvez pas être baptisé à cause de votre situation actuelle ».

Rappelons-nous les paroles du pape François dans Evangelii Gaudium § 46 qui ouvrent un chemin : « L'Eglise est appelée à être toujours la maison du Père ». Un des signes concrets de cette ouverture est d'avoir partout des églises avec des portes ouvertes, mais il y a d'autres portes qui ne doivent pas se fermer, et même les portes du sacrement ne devraient pas se fermer pour n'importe quelle raison.

Ceci vaut surtout pour ce sacrement qui est la « porte le Baptême », l’Eucharistie même si elle constitue la plénitude de la vie sacramentelle, n'est pas un prix destiné aux parfaits, mais un généreux remède et un aliment pour les faibles. Nous nous comportons fréquemment comme des contrôleurs de la grâce et non comme des facilitateurs. Mais l'Eglise n'est pas une douane, elle est la maison paternelle où il ya de la place pour chacun avec sa vie difficile ».

Les sacrements d'initiation chrétienne

Etre initié aux trois sacrements d'initiation signifie devenir chrétien, ce qui est le fruit de la grâce de Dieu. Les sacrements de l'initiation nous font entrer dans le mystère du Christ mort et ressuscité. Ils ne sont pas des rites magiques mais font participer au mystère du Christ avec lui de la mort à la vie.

Les trois sacrements d'initiation: Baptême, Eucharistie et confirmation ne sont pas des étapes successives d'un engagement, ni trois parties complémentaires d'un tout mais forment un ensemble ni des étapes psychologiques.

Par le baptême, Dieu se déclare comme Père et fait de nous des fils, les hommes deviennent un seul corps dans le christ pour former le cœur de Dieu.

Dans la confirmation, marqués par le don de l'Esprit, Dieu se déclare dans la confiance : Tu es celui que j'ai choisi et affirme son amour pour nous.

Dans l'eucharistie, Dieu se présente comme nourriture, don total, ils mangent la chair et boivent le sang du Christ pour avoir en eux la vie éternelle et manifester l'unité du peuple de Dieu

Tout sacrement comporte trois dimensions :

• un signe, ce qu'on voit et qui nous révèle autre chose

• une parole, ce que l'on entend

• un symbole, ce que le signe et la parole expriment

A ces trois sacrements peuvent être associes trois verbes Baigner, oindre et nourrir, qui ressemblent aux gestes d'une mère à son enfant pour qu'il grandisse et qu'ils vive. Il est de même pour ces trois sacrements qui se rejoignent se répondent pour manifester l'unique mystère du Christ.

Le parcours catéchumenal

Cet itinéraire est organisé en 4 étapes et trois temps forts. Ces étapes permettent la maturation du candidat pour devenir chrétien après avoir reçu les trois sacrements.

1 ère étape : temps du pré-catéchuménat

C'est le temps du pré-catéchuménat, c'est le temps de la première évangélisation où le candidat découvre Dieu vivant, par son Fils Jésus- Christ. C'est un temps de discernement pour la/le candidat et les personnes qui participent à son cheminement de ses intentions au baptême en l'aidant à relire tous les aspects de sa vie

Cette étape s'achève quand le candidat exprime sa volonté de suivre le Christ et recevoir le baptême. Elle se conclut par la célébration en Eglise de l'Entrée en catéchuménat et ouvre à l'étape du catéchuménat proprement dit.

C'est une des étapes du baptême qui se traduit par un rite d'entrée dans l'église (dehors la personne frappe à la porte.

Intervient ensuite dialogue entre le célébrants et le catéchumène qui exprime son désir d'être baptisé, puis vient la « signation » sur les oreilles, les yeux, la bouche, le cœur , les épaules et le front afin que le catéchumènes écoute la Parole de Dieu d'ailleurs, ce jour là lui est remis officiellement le livre des évangiles ou une bible.

Il devient chrétien-catéchumène. C'est un statut dans l'église. et cela suppose une inscription dans le registre paroissial .

2 ème étape : temps de l'initiation chrétienne

C'est la période où le catéchumène découvre par des catéchèses du mystère du Salut , c'est aussi une familiarisation avec la pratique chrétienne, aux rites liturgiques , et à témoigner de sa foi des transformations et des conversions personnelles qui s'opèrent en lui.

Ce temps mène à l’Appel décisif, qui est en principe célébré le 1 er dimanche de carême à l'initiative de l’évêque.

C'est le deuxième temps fort qui termine ce temps du catéchuménat

Au cours de cette célébration, chaque catéchumène est présenté au célébrant, et est appelé nominalement et doit répondre à l'appel de son nom "me Voici", puis une fois appelé; , il inscrit son nom sur le registre prévus à cet effet. "votre nom est inscrit dans les cieux" luc 17, 24

Ils sont alors appelés (et non plus catéchumènes même si dans notre langage quotidien, on parle toujours de catéchumènes)

3 ème étape : temps de la purification et de l'illumination

Dieu scrute les cœurs. Ce temps est très court il se situe entre l'appel décisif et la Vigile pascale. il veut être un temps spirituel pour se préparer à recevoir les sacrements à la Vigile pascale. Trois scrutins sont à vivre respectivement le 3ème, le 4ème, le 5ème dimanche du carême pour aider le catéchumène à lutter contre les tentations, convertir les intentions et les à s'attacher davantage au Christ qui est pour eux le chemin, la vérité, la Vie. Au cours de ce scrutins sont accomplis des exorcismes

la messe du premier scrutin sera toujours la messe dite de la samaritaine (eau), la deuxième, celle de l'aveugle-né (la lumière), la troisième celle de lazaret(résurrection) , Ces trois scrutins rappellent les signes du bapteme et contribuent à la réception des sacrements

Cette étape se termine en apothéose, par la vigile pascale où sont dispensés les sacrements d'initiation : baptême, Eucharistie, confirmation (selon le rituel)

Sauf exception dans notre diocèse la confirmation se déroule à la Pentecôte ou à la Trinité (pour des raisons de nombre) sous la responsabilité de l'Evêque, mais demeure dans le temps Pascal

Puis vient la dernière étape, qu'on appelle temps de la mystagogie. C'est le moment de recueillir les fruits des sacrements reçus et entrent plus profondément dans la vie et la mission de l'Église c'est un temps d'approfondissement de la foi, du mystère Pascal, et de s'investir dans la communauté des fidèles, d'accomplir la mission de toute l'Église

On les appelle Néophytes, ou chrétiens fidèles. Ils deviennent disciples du Christ.

Catéchumènes : une chance pour nos communautés

Chaque année, nous constatons l’augmentation du nombre des catéchumènes, nous nous réjouissons en nous mobilisant pour trouver des accompagnateurs et organiser la préparation au baptême. Toutes ces personnes qui frappent à la porte de l’Eglise, qui nous disent avoir découvert le Christ doivent pouvoir être véritablement accueillies dans nos communautés. Après avoir vécu les célébrations des baptêmes dans nos paroisses et être entrés dans la joie de Pâques, nous constatons que la présence des catéchumènes est une chance pour notre Eglise, parce que cette présence constitue pour nous un appel à redécouvrir la beauté de notre foi et à poser un regard d’espérance sur notre Eglise.

Les adultes qui demandent le Baptême nous rappellent que l’Evangile est toujours à l’œuvre, que Dieu touche les cœurs des personnes à travers des moyens que nous ignorons et qui nous surprennent un peu. La présence de ceux qui cheminent vers les sacrements de l’initiation nous permet de goûter à la fraicheur de la foi des premiers chrétiens et de comprendre les problèmes auxquels ils faisaient face quand ils accueillaient les personnes qui n’avaient pas les mêmes références confessionnelles. La diversité de leurs histoires et la complexité de leurs situations nous obligent à relire ce qui est essentiel dans notre foi et notre attachement au Christ. Questionnés sur nos évidences, nous nous retrouvons obligés à trouver un nouveau langage sur notre foi, renouvelés dans la façon de la vivre et de la confesser.

En célébrant avec les catéchumènes les étapes du Rituel de l’Initiation Chrétienne pour les Adultes et en entourant ainsi ceux qui sont sur le chemin vers le Baptême, nous nous reconnaissons nous-mêmes sur le chemin parce que nous découvrons que nous avons toujours à répondre à l’appel du Christ, à nous laisser illuminés par lui, à découvrir les trésors de la Parole de Dieu et de la confession de la foi. Cette démarche nous rappelle également la foi n’est pas un acquis à pratiquer de façon autonome et solitaire. Il faut l’humilité de se laisser accompagner pour vivre de façon féconde la tension entre l’expérience personnelle d’avoir rencontré le Christ et la nécessité de discerner les exigences qui en découlent dans la communauté de l’Eglise.

Joie d’être accompagnateur

On peut recevoir un sacrement à tout moment. Mais qu’est-ce qui pousse un jeune à demander un sacrement ? Cette demande fait souvent suite à une rencontre, à un appel pour découvrir Jésus. Beaucoup de jeunes font cette démarche après un séjour à Taizé ou après un Frat. Voici ce qu’écrit Sophie au retour du Frat : « … Je rentre bouleversée par les témoignages de mes jeunes dont beaucoup ne sont (n’étaient) pas catholiques et n’avaient jamais rien vécu en Eglise. Nous leur avons montré une belle Eglise, jeune, dynamique et fraternelle qui prend au sérieux leurs aspirations. Beaucoup se posent désormais des questions très profondes, certains vont sans doute entamer une démarche de foi … » ou comme autres commentaires : « J’ai emmené à Lourdes des jeunes non baptisés qui sont venus parce que leurs copains, leurs copines y allaient avec tant d’enthousiasme… ils sont venus et ils ont vus ! Des jeunes heureux ». Et puis, les grands parents ont un rôle essentiel pour se lancer dans l’aventure. Nous rencontrons également beaucoup de jeunes baptisés bébé et qui n’ont reçu aucune catéchèse. En les préparant à la communion, c’est une grande découverte pour eux.

Le plus grand bonheur pour un animateur en aumônerie est de recevoir cette demande : « Je voudrais être baptisé ! » La préparation d’un jeune devient l’affaire de tous, chacun étant invité à témoigner de sa foi. L’important étant de créer un climat de confiance.

Pour l’accompagnateur c’est une grande richesse, c’est trouver les mots justes. Pas facile parfois, nous confie Léa : « L’autre jour, en voyant ses amis communier le jeune catéchumène me pose la question : pourquoi communier ? »

Quelle est la durée de la préparation ? Il n’y a pas de durée imposée, mais on peut partir sur la base de deux ans. Prendre le temps pour leur donner le goût de Dieu. Ne pas d’emblée donner les exigences « un chrétien va à la messe tous les dimanches ! » ou « tu dois suivre le temps de carême » L’essentiel est d’apporter les réponses à toutes les questions que se pose le jeune. Faire découvrir le sens du rituel de chaque sacrement. Un animateur me confiait : « je prends du temps pour expliquer le geste de l’imposition des mains de l’évêque sur les confirmands – puis en leur demandant par la suite de se mettre à genoux, cela ne pose aucun problème »

Pour la préparation des lycéens, voir des étudiants, nous nous réunissons un dimanche par mois autour de la Parole de Dieu : « Que me dit cette Parole aujourd’hui ? » Les échanges sont directs et plein de richesses. Certains demandent de continuer après le sacrement, comme dans les maisons d’Evangile.

Dans les établissements catholiques du Val-de-Marne, des jeunes et adultes se préparent à recevoir un sacrement. Pour beaucoup d’entre eux, c’est leur lieu de vie chrétienne et c’est donc tout naturellement qu’ils souhaitent cheminer en son sein.

Généralement, ces demandes permettent d’impliquer d’autres jeunes ou adultes déjà baptisés. Ils participent avec les catéchumènes aux rencontres de préparation et redécouvrent ainsi la grâce de leur baptême. Pendant le parcours de préparation est rappelé l’importance de rejoindre la paroisse. C’est dans ce cadre que sont célébrés le plus souvent les sacrements.

Cette année, 118 jeunes cheminent vers le baptême, 430 vers la première communion et 280 vers la confirmation.

Les sacrements de l’initiation chrétienne -Aperçu de leur histoire

Tout commence avec Jean le Baptiste, le baptiseur. Il propose un baptême dans l’eau, un baptême de conversion :

« Alors Jean, celui qui baptisait, parut dans le désert. Il proclamait un baptême de conversion pour le pardon des péchés. Toute la Judée, tous les habitants de Jérusalem se rendaient auprès de lui, et ils étaient baptisés par lui dans le Jourdain, en reconnaissant publiquement leurs péchés.» (Mc 1, 4-5)

Les foules lui demandaient : « Que devons-nous donc faire ? » (Lc 3, 10). Et il leur dit comment changer dans leur vie, ce qui ne convient pas. Cette conversion doit préparer les chemins du Seigneur, « et tout être vivant verra le salut de Dieu. » (Lc 3, 6)

Mais de même que Jean annonce Celui qui viendra après lui, est plus grand que lui et devant lequel il s’effacera, il avertit aussi les foules :

Il proclamait : « Voici venir derrière moi celui qui est plus fort que moi ; je ne suis pas digne de m’abaisser pour défaire la courroie de ses sandales. Moi, je vous ai baptisés avec de l’eau ; lui vous baptisera dans l’Esprit Saint. » (Mc 1, 7-8)

Ce baptême dans l’eau et l’Esprit Saint, Jésus, Dieu qui a pris notre condition d’homme sera le premier à le recevoir :

Dès qu’il fut baptisé, Jésus sortit de l’eau. Voici que les cieux s’ouvrirent et il vit l’Esprit de Dieu descendre comme une colombe et venir sur lui. Et voici qu’une voix venant des cieux disait : «Celui-ci est mon Fils bien-aimé, celui qu’il m’a plu de choisir.» (Mt 3, 16-17)

Entre la Résurrection et l’Ascension le Seigneur va confier une mission à ses apôtres :

«Allez ! De toutes les nations faites des disciples : baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit.» (Mt 28, 19)

Il institue ainsi le baptême trinitaire que nous connaissons et qui est donné avec les mêmes paroles

Ce baptême au nom de Jésus comme il est dit dans les Actes est autre chose que le baptême de conversion de Jean, même si la conversion est nécessaire pour le recevoir

Que se passe-t-il ensuite à l’aube du christianisme quand les témoins de la vie de Jésus sont encore là ?

Dans les débuts de l'Eglise il y a le baptême et l'eucharistie : dans les Actes des Apôtres on dit « la fraction du pain ».

Chaque jour, d’un même cœur, ils fréquentaient assidûment le Temple, ils rompaient le pain dans les maisons, ils prenaient leurs repas avec allégresse et simplicité de cœur ; (Ac 2, 46)

Nous en avons plusieurs attestations dans les Actes. Un passage de la première lettre aux Corinthiens nous montre que cela ne se passait pas toujours d’une manière digne et fraternelle et saint Paul rappelant le témoignage qu’il a reçu d’autres Apôtres est obligé de tancer les Corinthiens et de leur rappeler le sens profond de l’Eucharistie :

Puisque j’en suis à vous faire des recommandations, je ne vous félicite pas pour vos réunions : elles vous font plus de mal que de bien. Tout d’abord, quand votre Église se réunit, j’entends dire que, parmi vous, il existe des divisions, et je crois que c’est assez vrai, car il faut bien qu’il y ait parmi vous des groupes qui s’opposent, afin qu’on reconnaisse ceux d’entre vous qui ont une valeur éprouvée.
Donc, lorsque vous vous réunissez tous ensemble, ce n’est plus le repas du Seigneur que vous prenez ; en effet, chacun se précipite pour prendre son propre repas, et l’un reste affamé, tandis que l’autre a trop bu. N’avez-vous donc pas de maisons pour manger et pour boire ? Méprisez-vous l’Église de Dieu au point d’humilier ceux qui n’ont rien ? Que puis-je vous dire ? vous féliciter ? Non, pour cela je ne vous félicite pas !
J’ai moi-même reçu ce qui vient du Seigneur, et je vous l’ai transmis : la nuit où il était livré, le Seigneur Jésus prit du pain, puis, ayant rendu grâce, il le rompit, et dit : « Ceci est mon corps, qui est pour vous. Faites cela en mémoire de moi. »
Après le repas, il fit de même avec la coupe, en disant : « Cette coupe est la nouvelle Alliance en mon sang. Chaque fois que vous en boirez, faites cela en mémoire de moi. »
Ainsi donc, chaque fois que vous mangez ce pain et que vous buvez cette coupe, vous proclamez la mort du Seigneur, jusqu’à ce qu’il vienne.27 Et celui qui aura mangé le pain ou bu la coupe du Seigneur d’une manière indigne devra répondre du corps et du sang du Seigneur. On doit donc s’examiner soi-même avant de manger de ce pain et de boire à cette coupe. Celui qui mange et qui boit mange et boit son propre jugement s’il ne discerne pas le corps du Seigneur. (Co 11, 17-29)

Ce récit est très important à plus d’un titre : il est considéré, avec les récits des trois évangiles synoptiques, comme le quatrième récit de l’institution de l’ Eucharistie et il nous montre aussi que le repas eucharistique prenait place au cours d’un repas ordinaire, tout comme Jésus l’avait fait avec ses disciples le soir de la Cène. Au cours de ces repas quotidiens les Juifs récitaient les psaumes et les prières de bénédiction prescrits par leur religion : ce sont ces prières qui ont peu à peu évolué au cours des premiers siècles de l’Eglise et ont abouti, après des transformations et un élargissement de leur utilisation hors des milieux juifs au fur et à mesure que le christianisme se répandait, à ce que nous nommons maintenant les « prières eucharistiques » qui sont au cœur de la messe.

De nombreux baptêmes sont relatés dans les Actes des Apôtres sans que nous sachions grand-chose de leur liturgie, ni si même il en existait une bien structurée: Mais toujours, le don de l’Esprit est associé au baptême, ainsi que Jean Baptiste l’avait annoncé :

« Jean a bien donné le baptême d’eau, mais vous, c’est dans l’Esprit Saint que vous serez baptisés d’ici quelques jours. » (Ac 1, 5)

« Convertissez-vous, et que chacun de vous se fasse baptiser au nom de Jésus-Christ pour obtenir le pardon de ses péchés. Vous recevrez alors le don du Saint-Esprit. » (Ac 2, 38)

Dans ce verset tout est dit de la théologie du baptême et les précisons. « Vois où tu es baptisé, d’où vient le Baptême, sinon de la Croix du Christ, de la mort du Christ. Là est tout le mystère : Il a souffert pour toi. C’est en Lui que tu es racheté, c’est en Lui que tu es sauvé.» St Ambroise de Milan

« La plongée dans l’eau symbolise l’ensevelissement du catéchumène dans la mort du Christ d’où il sort par la résurrection avec Lui, comme « nouvelle créature. » Catéchisme de l’Eglise Catholique

Nous lisons dans les Actes que bien souvent de très nombreuses personnes se faisaient baptiser en même temps, mais deux récits émergent particulièrement : le baptême de l’eunuque par le diacre Philippe (Ac 8, 26-39) et le baptême du centurion Corneille par Pierre.

L’ange du Seigneur adressa la parole à Philippe en disant : « Mets-toi en marche en direction du sud, prends la route qui descend de Jérusalem à Gaza ; elle est déserte. » Et Philippe se mit en marche. Or, un Éthiopien, un eunuque, haut fonctionnaire de Candace, la reine d’Éthiopie, et administrateur de tous ses trésors, était venu à Jérusalem pour adorer. Il en revenait, assis sur son char, et lisait le prophète Isaïe. L’Esprit dit à Philippe : « Approche, et rejoins ce char. » Philippe se mit à courir, et il entendit l’homme qui lisait le prophète Isaïe ; alors il lui demanda : « Comprends-tu ce que tu lis ? » L’autre lui répondit : « Et comment le pourrais-je s’il n’y a personne pour me guider ? » Il invita donc Philippe à monter et à s’asseoir à côté de lui. Le passage de l’Écriture qu’il lisait était celui-ci :
Comme une brebis, il fut conduit à l’abattoir ; comme un agneau muet devant le tondeur, il n’ouvre pas la bouche. Dans son humiliation, il n’a pas obtenu justice. Sa descendance, qui en parlera ? Car sa vie est retranchée de la terre. Prenant la parole, l’eunuque dit à Philippe : « Dis-moi, je te prie : de qui le prophète parle-t-il ? De lui-même, ou bien d’un autre ? » Alors Philippe prit la parole et, à partir de ce passage de l’Écriture, il lui annonça la Bonne Nouvelle de Jésus. Comme ils poursuivaient leur route, ils arrivèrent à un point d’eau, et l’eunuque dit : « Voici de l’eau : qu’est-ce qui empêche que je sois baptisé ? »
Il fit arrêter le char, ils descendirent dans l’eau tous les deux, et Philippe baptisa l’eunuque. Quand ils furent remontés de l’eau, l’Esprit du Seigneur emporta Philippe ; l’eunuque ne le voyait plus, mais il poursuivait sa route, tout joyeux. (Ac 8, 26-39)
Pierre parlait encore quand l’Esprit Saint descendit sur tous ceux qui écoutaient la Parole. Les croyants qui accompagnaient Pierre, et qui étaient juifs d’origine, furent stupéfaits de voir que, même sur les nations, le don de l’Esprit Saint avait été répandu. En effet, on les entendait parler en langues et chanter la grandeur de Dieu. Pierre dit alors : « Quelqu’un peut-il refuser l’eau du baptême à ces gens qui ont reçu l’Esprit Saint tout comme nous ? » Et il donna l’ordre de les baptiser au nom de Jésus Christ. Alors ils lui demandèrent de rester quelques jours avec eux. (Ac 10, 44-48)

Dans ces deux récits nous voyons que le don de l’Esprit Saint est inséparable du baptême dans l’eau, et que le baptême est « au nom de Jésus » nous lisons aussi qu’une sorte de catéchèse le précède.

Après la génération des premiers témoins au fur et à mesure que les Eglises se multiplient, des usages liturgiques vont se mettre en place. Ils ne seront pas les mêmes partout, on distingue des familles liturgiques diverses.

Mais toujours les chrétiens se réunissent le dimanche, jour de la résurrection du Seigneur pour rompre le pain.

Dans les premiers siècles de l'Eglise une démarche d'initiation au baptême et par le baptême se met en place peu à peu, avec des rites qui n'étaient pas forcément les mêmes dans toutes les Eglises. Si on lit Origène de l'Eglise d'Alexandrie et si on lit Augustin de l'Eglise d'Afrique du Nord, on remarque que l'initiation n'était pas la même. Mais ce qui est toujours demandé c'est que le catéchumène opère une conversion dans sa vie et qu'il l'ajuste aux exigences de l'Evangile. Ainsi certains métiers sont considérés comme incompatibles avec le baptême : soit le catéchumène change de métier soit il renonce au baptême.

Un document très intéressant, La tradition apostolique, longtemps attribué à Hippolyte de Rome (IIIe siècle) renseigne très bien sur les rites du baptême de cette Eglise.

Le temps du catéchuménat, consacré à la conversion é avait lieu pendant le carême et l’évêque baptisait les adultes et les enfants la nuit de Pâques. En ressortant du baptistère où ils avaient été complètement immergés, nus, les nouveaux chrétiens, les néophytes, étaient revêtus d’un vêtement blanc symbolisant leur nouvelle condition, leur nouvelle vie. Ils rejoignaient l’assemblée dans l’église où leur initiation s’achevait avec leur première participation à l’eucharistie.

Dans les écrits des Pères de l’Eglise, de très beaux noms désignent le baptême : « bain de renaissance » ou « illumination » par exemple.

. Les sacrements étaient alors bien compris comme un commencement dans une nouvelle vie. Il n'était pas initié aux sacrements, mais initié par les sacrements.

Beaucoup d'Eglises pratiquaient ensuite une mystagogie des sacrements reçus, en particulier dans les homélies.

La mystagogie permet à ceux qui ont vécu des sacrements, baptême, confirmation, eucharistie etc.) d'en recueillir l'expérience et les fruits. Ainsi, la mystagogie invite, à laisser parler les rites et permettre aux nouveaux chrétiens, les néophytes, "nouvelles plantes", d'exprimer leur propre expérience.

Les Catéchèses mystagogiques de saint Cyrille de Jérusalem ou de saint Jean Chrysostome sont très célèbres.

Le lien baptême-don de l'Esprit était alors fortement marqué, il n'y avait qu'un seul sacrement, le baptême donné par l'évêque, au cours duquel l'immersion dans la cuve baptismale, était immédiatement suivie d'une onction conférant l'Esprit Saint.

C'est cette onction qui s'est peu à peu détachée du baptême et est devenue un sacrement à part, la confirmation, c’est-à-dire, « confirmation du baptême ». Cela s’est passé au cours du Moyen-Âge.

Que s’est-il passé ?

Aux premiers siècles seul l’évêque baptisait la nuit de Pâques et il baptisait aussi bien des adultes que des enfants car souvent des familles entières devenaient chrétiennes. La séparation se fait au IVe siècle, époque où la christianisation des populations avait suffisamment progressé pour que les baptêmes d'adultes nouvellement convertis aient quasiment disparu et où le baptême des petits enfants était devenu la règle générale. Les baptêmes des petits enfants se multiplient d’autant que beaucoup de gens voulaient faire baptiser leurs bébés le plus tôt possible en raison de la forte mortalité infantile l'évêque, ne pouvant être partout en même temps, il les délègue aux curés le représentant dans les paroisses et se réserve les onctions de la confirmation au cours de ses visites pastorales.

Mais si ce sacrement est nommé « confirmation », c'est par sous-entendu « confirmation du baptême », en particulier du don de l'Esprit.

Au XIIe siècle, le septénaire des sacrements de l’Eglise catholique était en place et si la théologie de certains sacrements comme celui du mariage s’est peu à peu approfondie, l’ensemble était bien en place et le Concile de Trente (1545-1563) qui s’est tenu en réaction à la Réforme protestante a réaffirmé avec force les dogmes de l’Eglise catholique tout en révisant les livres liturgiques, en particulier le missel romain dont l’usage a perduré jusqu’en 1969.

Le Concile de Vatican II a voulu une « restauration » de la liturgie afin qu’elle redevienne source de vie chrétienne, ce qu’elle n’était plus. Cette restauration avait été préparée depuis des décennies par le mouvement liturgique dont beaucoup de membres ont travaillé ensuite à la préparation des nouveaux livres liturgiques, fruits de cette restauration ; Restauration n’est pas réforme : restaurer un meuble signifie le remettre dans son bon état d’avant quand il a été abîmé. Le travail liturgique du Concile a permis de fait de retrouver, redécouvrir, remettre en usage des usages et des traditions des premiers siècles de l’Eglise qui s’étaient étiolés, perdus, oubliés (par exemple la prière universelle de la messe, ou « prières des fidèles »)

Une de ces restaurations particulièrement importantes a été la redécouverte de la démarche catéchuménale des adultes. Le rituel de l’initiation chrétienne des adultes en est le témoin. Notons qu’il existe maintenant trois rituels de baptême : Les Pères du Concile ont eu le souci pastoral que les livres liturgiques correspondentle mieux possible à la situation réelle des personnes, en particulier à leur âge. C’est pourquoi il y a un rituel pour le baptême des bébés et des jeunes enfants, un rituel pour le baptême des enfants en âge scolaire et le rituel de l’initiation chrétienne des adultes.

A retenir aussi : les nouveaux rituels des sacrements et des sacramentaux issus de la réforme liturgique mise en œuvre par le concile ont tous donné ou redonné une place importante à la Parole de Dieu dans les célébrations des sacrements et des sacramentaux, tant il est vrai qu'elle est la source et la norme suprême au dessus de laquelle il n'y a rien et qui ne peut être remplacée par aucune parole humaine.

Témoignages

Voilà plus d'un an que j'ai la joie d'accompagner Malika

Je suis témoin du chemin qu'elle poursuit. Elle se pose de nombreuses questions sur Jésus, sur sa vie chrétienne, sur la foi qu'elle découvre progressivement. Malika m'a dit que des choses avaient changées pour elle : "Il y a beaucoup de choses qui changent depuis que j'ai commencé. Maintenant je pardonne alors qu'avant, je demandais vengeance". Je ne juge plus, je fais un cheminement pour pardonner". "Je fais plus attention aux autres, je suis plus sereine, je prie Jésus pour qu'il m'aide, je lui parle quand j'ai des problèmes pour qu'il m'envoie des signes pour que je comprenne sa réponse". Pour elle : "C'est important de remercier Dieu. Il est là quand ça va mal et quand ça va mieux". Elle me dit : "Après nos rencontres, les choses continuent dans ma tête". L'attention aux autres est importante pour elle : "Si on aide les gens, si on évite de parler sur les gens, on va vers la pureté". "Aider quelqu'un nous fait du bien". La Parole prend de la place pour Malika : Quand j'ouvre la Bible, je me dis que cela me correspond". "Plus on se rencontre, plus j'ai envie de connaître Jésus". Quand on est à l'écoute de Jésus, on apprend à faire connaissance, mais quand cela ne va pas, je crie ma colère". Elle pense que : "La foi, il faut que cela grandisse en moi".

Témoignages suite de la confirmation à la célébration de Noël avec la mission ouvrière

Noémie :

Arrivée dans la cathédrale je me suis sentie apaisée car entourée de mes proches. Il est vrai que je vivais ma confirmation entourée de mes enfants et il a pu d'ailleurs arriver que je "décroche" mon attention de la cérémonie pour m'occuper d'eux. La cérémonie a été un moment émouvant pour moi ainsi que pour ma marraine. Le passage devant l'évêque était très fort et j'ai apprécié qu'il personnalise chaque intervention auprès de chaque confirmant. Voilà ce que je peux dire sur ce beau moment.

Coralyne :

Merci à l’évêque de m’avoir confirmé et merci a tous les confirmands pour vos partages. J’ai passé un très bon moment. C’est une étape de ma vie qui restera gravé. Cette confirmation n’implique et n’impliquera aucun changement dans ma vie, que ce soit dans ma foi ou dans ma vie de tous les jours, mais c’était une étape importante pour moi en tant que chrétienne. Je n’ai pas pris la décision de faire ma confirmation sur un coup de tête. J’y ai beaucoup réfléchi et ne regrette pas de l’avoir faite.

Marine :

Depuis que je me suis faite confirmée, j'ai le sentiment de me sentir plus grande, plus mature, de me concentrer sur des choses qui ont une réelle importance. Je consacre un peu plus de temps pour le temps de prière. J'ai gardé les textes étudiés lors de nos réunions que je relis quelque fois.

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