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25 mars, Dimanche des Rameaux

Que célébrons-nous le dimanche dit des rameaux ?

Le dimanche des Rameaux et de la Passion du Christ ouvre la semaine Sainte qui nous conduit à la résurrection du Christ le matin de Pâques en passant par l’abaissement de la croix. Jésus a été acclamé comme un roi, comme le Seigneur, en entrant à Jérusalem avant, quelques jours plus tard d’être abandonné de tous et de mourir en croix.

Les deux faces du mystère du salut, le mystère de Pâques sont associées dans cette célébration: la gloire de la Résurrection et l’abaissement de la croix, le triomphe et l’abaissement que l’apôtre Paul évoque aussi ensemble, comme étant indissociés, dans l’hymne aux Philippiens (2, 6-11)

Le Christ Jésus, ayant la condition de Dieu, ne retint pas jalousement le rang qui l’égalait à Dieu. Mais il s’est anéanti, prenant la condition de serviteur, devenant semblable aux hommes. Reconnu homme à son aspect, il s’est abaissé, devenant obéissant jusqu’à la mort, et la mort de la croix. C’est pourquoi Dieu l’a exalté : il l’a doté du Nom qui est au-dessus de tout nom, afin qu’au nom de Jésus tout genou fléchisse au ciel, sur terre et aux enfers, et que toute langue proclame : « Jésus Christ est Seigneur » à la gloire de Dieu le Père.

Notre liturgie de ce jour fait donc mémoire de ces deux événements et est une porte d’entrée dans cette semaine sainte qu’elle annonce dans l’unité de ce qu’elle signifie : la célébration du salut donné à tous les hommes en Jésus-Christ.

Dans les premiers siècles de l’Eglise, par exemple à Jérusalem, la Semaine Sainte était vécue comme une longue et unique célébration du jeudi au dimanche de Pâques où elle trouvait son accomplissement dans la joie de la résurrection, ceci afin de signifier son unité : c’est le même et unique mystère du salut dont nous faisons mémoire du jeudi au dimanche et qui se trouve pour ainsi dire condensé dans le dimanche des Rameaux qui nous l’annonce dans son unité. C’est aussi ce que nous le faisons à chaque messe, à chaque eucharistie.

Que signifie « faire mémoire »

Mais que signifie « faire mémoire » ? Le danger est de comprendre cette célébration des Rameaux comme un simple rappel d’un fait historique qui s’est produit il y a 2000 ans.

Faire mémoire, est bien plus que cela : c’est rendre à nouveau présent pour nous, pour chacun de nous en particulier, aujourd’hui, l’événement qui fut historique en son temps. Pour autant on ne tombe pas dans le mimétisme, la reconstitution à l’identique : le prêtre n’arrive pas en chevauchant un ânon. La liturgie nous donne à vivre l’événement autrement, par la Parole, par les rites, celui des rameaux par exemple et par les prières liturgiques que nous propose le Missel.

Aujourd’hui c’est nous qui acclamons le Christ en élevant nos rameaux car aujourd’hui il vient encore pour chacun de nous et aujourd’hui comme chaque jour de notre vie il nous est donné de l’accueillir dans la liturgie et dans notre vie. Ces paroles d’acclamation, par lesquelles nous reconnaissons que Jésus est le Seigneur, nous les redisons aussi à chaque messe au moment du Sanctus : Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! Hosanna au plus haut des cieux !

A chaque messe nous proclamons que Jésus est le Seigneur, comme l’ont fait en leur temps tous ceux qui l’ont acclamé à Jérusalem.

Même si l’année liturgique nous donne à vivre chaque année les mêmes fêtes, pour autant nous ne tournons pas en rond : l’Eglise avance à la rencontre du Seigneur, elle est en marche, en pèlerinage sur la terre et chaque jour qui nous est donné dans l’histoire, la fait avancer un peu plus. C’est pourquoi, on peut représenter l’année liturgique non pas comme un cercle fermé qui repasse toujours aux mêmes endroits, mais comme une spirale ascendante qui nous fait monter, nous rapproche du moment où le Christ reviendra.

Le chemin de Croix, depuis la Passion de Jésus jusqu'à aujourd'hui

Le témoignage des Évangiles

A strictement parler, le premier chemin de croix de l'histoire, celui de Marc tient en peu de mots: ils l'emmènent pour le crucifier et ils réquisitionnent Simon de Cyrène (15,21), ils amènent Jésus au lieu-dit Golgotha (15,22), ils le crucifient (15,24), Jésus, poussant un grand cri expira (15,37), il (Joseph d'Arimathie) descendit Jésus de la croix et le déposa dans un tombeau (15,46). Jésus affreusement seul subit les actions des soldats. Le seul sympathisant intervient après sa mort. En revanche, Luc voit une grande foule suivant Jésus et on lui doit une station, celle de la rencontre avec les femmes de Jérusalem Lc 23,27-31). Jean est seul à mentionner explicitement que Jésus porte sa croix (19,17). Il fait intervenir Marie, la mère de Jésus, mais dans un autre contexte.

Vers le chemin de Croix

Au IVe siècle, la dévotion à la Croix occupe une place importante dans la spiritualité chrétienne. Les pèlerinages au Golgotha et au Saint Sépulcre connurent une grande popularité. On éprouvera le besoin de fixer l'itinéraire de Jésus pour refaire son chemin. La doctrine de la Croix connaîtra un essor au Moyen Âge. Les fils de saint François, fidèles à leur maître, intensifient la piété populaire en prêchant de manière réaliste sur la Passion du Christ. La spiritualité de la Croix contribue à rendre la vie humaine plus supportable en cette période difficile. On peut trouver au XIIIe siècle un antécédent historique dans la dramatisation des Mystères du Christ. On va exprimer sa participation à la Passion en refaisant le parcours de la via dolorosa. Le chemin de croix en 14 stations dans l'ordre que nous connaissons peut dater de la première moitié du XVIIe siècle.

Le chemin de Croix aujourd'hui

Le chemin de Croix qui dans son élaboration doit beaucoup à la piété populaire est source de biens spirituels dans trois directions principales :

1) Il est à la fois communion et imitation, communion au Mystère de la Passion, et appel à imiter Celui qui s'est livré aux souffrances par amour pour nous.

2) Il est aussi invitation à prolonger la méditation sur ces différents tableaux qui nous disent les souffrances du Christ pour nous, une méditation largement ouverte à la Parole de dieu.

3) Appel finalement à la prière, une prière qui unit les souffrances du monde aux souffrances du Christ.

Marc, l'évangéliste du Samedi Saint

Alors que chaque vendredi saint nous entendons le récit de la Passion selon saint Jean, ce dimanche des Rameaux et de la Passion, c'est la Passion selon saint Marc qui sera proclamée, puisque la liturgie dominicale invite à suivre pas à pas tout au long de l'année ce parcours évangélique. Simple doublon ou chance offerte d'entrer dans la Semaine sainte de manière plus originale ?

Goûter l'évangile de l'année liturgique

En annonçant Jésus mort et ressuscité salut pour tous les hommes, les premiers chrétiens, très vite, sont revenus, pour en déchiffrer le sens, sur les faits marquants du drame qui a ébranlé leur vie. Dans l'évangile de Marc, le premier en date et le plus bref, la Passion affleure dès le début de l’Évangile et le récit que nous entendrons est proportionnellement le plus développé. Surtout, Marc a sa manière d'insister sur la solitude de Jésus. Il y a d'autant plus de cohérence à entendre son récit de la Passion dans l'assemblée liturgique que des efforts ont été entrepris dans le diocèse pour aider à goûter la Parole de son Évangile : le livret de Prions en Eglise, le spectacle l'homme libre dans la tempête, les propositions dans les mouvements, les groupes de prière, etc.

Entrer dans la Semaine Sainte

Rassemblés au début de la Semaine sainte pour commencer avec toute l'Église la célébration du Mystère pascal, nous recevons dans le récit de la Passion, plus qu'une vision globale des événements, une inspiration pour chaque jour de la semaine. Les trois premiers jours de la semaine ne sont pas une parenthèse entre les Rameaux et le jeudi saint. Les textes d'évangile proposés ramènent au récit de la Passion avec l'onction de Marie-Madeleine, l'annonce de la trahison de Judas et du reniement de Pierre, tandis que les premiers chants du Serviteur font entrer progressivement dans ses souffrances. Et, à partir de la Cène du Seigneur, il peut être fructueux de méditer conjointement les récits de Jean et de Marc.

L'Évangéliste de l’abandon

L'Évangile de Marc c'est la révélation d'un Mystère qu'il ne faut pas dire trop vite sous peine d'être mal compris. C'est l'incompréhension des disciples, toujours en retard d'un temps, stupéfaits, effrayés chaque fois que la révélation propose un pas en avant. C'est encore la fuite de ces mêmes disciples qui laissent Jésus seul au moment crucial. C'est même le silence des femmes apeurées devant la révélation du Mystère et qui garderont le silence. Des théologiens ont parlé de la « Christologie du Samedi Saint », de ce moment d'abandon, de vide, étape indispensable de la foi en la victoire irréversible du crucifié. Marc est l'évangéliste qui donne à vivre le plus intensément ce vide et cet abandon, préalables indispensables à l'envoi vers la Galilée du diocèse de Créteil.

Le geste des Rameaux

Les Rameaux évoquent l'entrée triomphale de Jésus à Jérusalem acclamé par une foule compacte. On se focalise sur les rameaux, mais de quel geste s'agit-il ? Marc, Matthieu et Luc parlent des gens qui étendent leurs manteaux sur le chemin, geste qui rappelle celui des officiers de Jéhu en signe de son intronisation comme roi (2 R 9,13). Matthieu et Marc ajoutent que d'autres jonchent la route de branches coupées aux arbres (Matthieu), ou bien de feuillages coupés dans les champs (Marc), terme désignant un lit, une couche qui peut être composé de paille ou de feuillage. Pour Jean, on prend des branches de palmiers pour aller à la rencontre de Jésus (Jn 12,13). Depuis l'époque des Maccabées (IIe siècle avant J.C.), elles sont le symbole des souverains victorieux et du nationalisme juif. Ce n'est pas le rameau que l'on fait bénir discrètement pour le ramener dans sa maison. C'est une acclamation royale dans une liesse populaire.

Le signe du rameau béni est vécu dans toute sa dimension lorsqu'il se fait hommage au Christ et reconnaissance de sa puissance de salut, lorsqu'il conduit à participer à l'ensemble de la liturgie en ce dimanche et des Rameaux et de la Passion. Il invite à entrer fermement dans la Semaine sainte, ouvert au Mystère du Christ qui s'offre pour notre salut.

Nos assemblées accueillent un certain nombre de personnes qui ne retiennent que le dimanche des Rameaux, dont le souci majeur est d'emporter chez soi un rameau bénit, plutôt deux fois qu'une, en signe de protection pour la maison. Il arrive aussi qu'on dépose un rameau sur la tombe familiale. Ce lien, si ténu soit-il, avec la célébration mérite d'être accueilli. Il n'empêche que le rameau bénit ne signifie pas protection automatique, mais engagement à un compagnonnage avec Jésus jusqu'au bout du chemin qu'il a suivi.

A toi qui es venu chercher un rameau

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