Loading

Affaire Narumi : les mystères d’un assassinat sans corps Plongée dans une affaire hors normes, écartelée sur trois continents

La disparition de Narumi Kurosaki, dans la nuit du 4 au 5 décembre 2016 sur le campus de Besançon, reste à ce jour non élucidée. Les enquêteurs ont très tôt privilégié la piste criminelle. Selon eux, la belle étudiante japonaise a été assassinée par son ex-petit ami chilien, Nicolas Zepeda-Contreras, même si en dépit de recherches d’une ampleur inédite, le corps de la victime n’a jamais été retrouvé. Réfugié dans son pays, le suspect niait jusqu’à présent toute implication. Après trois ans de bataille à la fois judiciaire et diplomatique, l’extradition « surprise » accordée à la France par la Cour Suprême du Chili relance l’espoir d’obtenir un jour la vérité. Avec une question lancinante, qui hante cruellement les proches de la victime : où est Narumi ?

Un cri, puis le silence

Un cri dans la nuit puis le silence, qui trois ans et demi plus tard, se prolonge. Interminable. Opaque. Insoutenable. Qu’est-il arrivé à Narumi Kurosaki ? Quel drame s’est-il noué dans l’intimité de cette chambre 106, au premier étage de la résidence universitaire Théodore-Rousseau, à Besançon ?

5 décembre 2016, 3h21, campus de la Bouloie. Une quinzaine d’étudiants entendent un bruit décrit comme un cri « d’angoisse » ou « de souffrance », selon les versions. De peur, la majorité restent cloué dans leurs lits. D’autres, plus rares, risquent un regard dans les couloirs déserts. Une étudiante anglaise prénommée Rachel écrit même ce SMS glaçant, qu’on devine prémonitoire : « On dirait que quelqu’un était en train de se faire assassiner »… Plus personne ne reverra Narumi vivante.

L’inquiétude de ses amis bisontins est d’abord dissipée par de faux messages envoyés via le portable de l’étudiante nipponne, qui évoquent un voyage improvisé à Lyon pour un souci de visa. Son nouveau chéri, Arthur, reçoit quant à lui des mots de rupture auxquels il peine à croire. De jour en jour, le malaise grandit. Au Japon, sans nouvelle, la famille de Narumi est saisie d’angoisse. Âgée de 21 ans, la jeune et jolie étudiante venait de décrocher une bourse pour étudier en France, au Centre de linguistique appliquée (CLA) de Besançon. Enthousiaste, dynamique, curieuse et souriante, Narumi Kurosaki était animée d’une soif de vie contagieuse. Les siens la présentaient volontiers comme « un rayon de soleil ». Qu’une ombre a happé.

Tardivement alertée, la police ouvre une enquête pour disparition inquiétante. Nous sommes le 14 décembre. Partout sur les portes et murs du campus, puis de la ville, fleurissent des avis de recherche.

Il est déjà trop tard. Si le scénario retenu par la justice est correct, Narumi est morte depuis une semaine. Assassinée.

Les avis de recherche se multiplient sur le campus où étudiait et logeait Narumi. La police pose des scellés sur la porte de sa chambre, dans la résidence où elle a été vue pour la dernière fois.

L’enquête cible l'ex-petit ami chilien

L’affaire est confiée à l’antenne de police judiciaire de Besançon le 15 décembre 2016. L’hypothèse initiale d’un enlèvement avec séquestration évolue rapidement vers un probable assassinat, qui aux yeux de la justice, implique une préméditation. Les investigations convergent vers un unique suspect, comme une évidence. Nicolas Zepeda-Contreras, 26 ans à l’époque. L’ex-petit ami chilien de Narumi.

Ce possible crime affole tout le Japon. Les journalistes nippons débarquent en force dans le Doubs pour y mener une véritable contre-enquête. Face à cette incroyable pression médiatique, la procureur de la République de Besançon, Edwige Roux-Morizot, donne une première conférence de presse, durant laquelle est détaillé le profil « envahissant et inquiétant » du suspect sud-américain. Un Nicolas Zepeda obsédé par Narumi, révèle la procureur. Zepeda qui n’a pas accepté leur récente séparation. Zepeda qui l’a menacée dès septembre 2016, à travers une vidéo glaçante postée sur YouTube. Zepeda qui aurait fini par la tuer, avant de se débarrasser de son corps. La police tient son mobile et avec lui, une liste de preuves accablantes.

Dès fin décembre 2016, les médias japonais ont massivement relayé la disparition de Narumi et les mystères qui l’accompagnent.

Bien que présenté - à juste titre - comme brillant, cet étudiant-chercheur en sciences de l’entreprise laisse derrière lui de nombreuses miettes, ramassées avec méticulosité par les enquêteurs de la PJ. De son arrivée à l’aéroport de Genève le 30 novembre 2016, jusqu’à son départ le 7 décembre, les policiers reconstituent son parcours. Utilisation de sa carte bancaire, tracker de sa voiture de location, vidéosurveillance, données de téléphonie mobile : le Petit Poucet semble cerné.

En janvier 2017, un mandat d’arrêt international est émis via Interpol. Réfugié dans son pays natal, Nicolas Zepeda nie en bloc tout en semant les médias japonais, qui le traquent comme un gibier. Pensant devancer les ennuis, il fournit à la police chilienne une déclaration brève et spontanée, qui s’avèrera incohérente avec certains éléments objectifs du dossier. Le cri de Narumi ? Une relation sexuelle consentie. Sa venue à Besançon ? Presque un hasard, doublé d’une volonté de découvrir la Franche-Comté. Son passage par la sortie de secours ? Lié à la perte de son téléphone dans un buisson. Le reste ? Pas un mot…

Des preuves accablantes

La présence de Zepeda sur les lieux, le 4 décembre 2016 à Besançon, est avérée. Le Chilien a été filmé sortant d’un restaurant d’Ornans en compagnie de Narumi à 21 h 57, puis à leur arrivée sur le campus, à 22 h 58. Dans la nuit, à 3 h 21, résonnent des cris suivis d’un bruit sourd. L’empreinte digitale de Nicolas Zepeda-Contreras a été retrouvée sur une tasse de la chambre de Narumi, où rien ne manquait, pas même les chaussures de l’étudiante. A la notable exception d’une valise et d’une couverture. Le suspect ne réapparaît pas sur la vidéosurveillance de l’entrée principale : c’est via la sortie de secours, à l’arrière, hors du champ des caméras, qu’il s’est éclipsé.

Dès le 17 novembre, Nicolas Zepeda avait réservé une voiture de location, qu’il a restituée pleine de boue le 7 décembre. Entre-temps, avant et après la nuit fatidique, le véhicule a été localisé dans des endroits reculés et forestiers. Le 1er décembre à Dijon, le Chilien s’était procuré boîtes d’allumettes, produits inflammables et pulvérisateur de détergent dans un magasin de bricolage. Après le 5 décembre, les messages prétendument envoyés par Narumi sont imputés à Nicolas Zepeda, qui aurait utilisé les comptes de réseaux sociaux de sa victime pour semer le doute, gagner du temps et fuir au Chili.

Le coup de foudre entre Narumi et Nicolas a eu lieu au Japon, en février 2015. Leur relation, très fusionnelle, a duré "dix-neuf mois et seize jours", selon les déclarations de Zepeda-Contreras.

Le corps, pièce manquante du macabre puzzle

Aussi exemplaire soit-elle, l’enquête est fragilisée par une interrogation obsessionnelle : où est Narumi Kurosaki ? Guidées par le traçage téléphonique du suspect, les autorités ont organisé durant deux ans de nombreuses battues dans la forêt de Chaux (Jura). En vain. Les plongeurs ont fouillé la moindre rivière, plan d’eau ou cavité aquatique. En vain. Vingt tonnes de déchets ont été par ailleurs examinées, à la recherche de fragments humains. En vain. C’est la mine grave qu’en novembre 2018, Etienne Manteaux, nouveau procureur de Besançon, annonce la fin des recherches. Tirant un trait (temporaire ?) sur la possibilité d’une autopsie, élément clé de tout dossier criminel.

Plusieurs battues ont été entreprises dans la forêt de Chaux.

Le macabre puzzle est quasiment reconstitué, mais en son centre, cette absence de corps ouvre un vide béant qui profite au camp Zepeda. Conseillé par une équipe d’avocats de premier ordre, le Chilien reste arc-bouté derrière une ligne de défense fixe : pas de corps, pas d’homicide. Un état de fait qui côté français, a longtemps compromis tout espoir d’extradition. Du moins le pensait-on.

L’impossible deuil de la famille de Narumi

A Besançon, ce crime présumé au cœur du campus a provoqué fin 2016 une vague d’effroi, une cellule psychologique ayant même été proposée aux étudiants et au personnel. Si cette crispation collective s’est atténuée au fil des mois, douleur et horreur n’ont fait que creuser un sillon toujours plus profond dans le cœur des proches de Narumi Kurosaki.

En mars 2020, l’avocate bisontine de la famille de Narumi, Me Sylvie Galley, évoque avec pudeur les tourments de ses clients, tiraillés entre douleur et incompréhension.

Le cauchemar que traverse la famille de l’étudiante japonaise est aggravé par ces nombreuses zones d’ombre. Malgré de modestes revenus, son père, sa mère et l’une de ses deux sœurs sont parvenus à venir jusqu’à Besançon, en juin 2018, pour rencontrer la juge d’instruction et les policiers en charge de l’affaire. Cramponnés à un dérisoire fil d’espoir, les proches de la Japonaise ont longtemps refusé de croire à sa mort. Un temps persuadée que sa fille était séquestrée au Chili, la maman de Narumi est même partie à sa recherche à Santiago, seule et sans ressource. A la poursuite d’un fantôme.

Le deuil du clan Kurosaki est un chantier à ciel ouvert. « Je garde 24/24h la photo de Narumi sur ma poitrine », confie Taeko, sa mère, dans une lettre poignante adressée au printemps 2020 à la Cour Suprême du Chili. Les proches de l’étudiante y écrivent sans retenue leur « détresse », mais aussi leur « colère » et leur « haine » à l’égard de Nicolas Zepeda, qu’ils avaient par le passé hébergé sous leur toit au Japon. « C’est Nicolas qui a caché Narumi. Le crime qu’il a commis est atroce et sans précédent », tranche Taeko. Un cri de détresse prolongé par Honami, l’une des sœurs : « Ma souffrance est telle que je ne peux pas l’exprimer avec des mots. Je ne pourrai plus jamais ressentir de la joie ou du bonheur dans mon cœur. »

Leur requête est simple : que le Chili accepte d’extrader Nicolas Zepeda, afin qu’il puisse être jugé en France de manière équitable.

Voici un extrait de la lettre écrite par la famille Kurosaki à la Cour Suprême du Chili, pour réclamer l’extradition de Nicolas Zepeda

La chambre fantôme

On passe désormais devant sans même s’en rendre compte. Peint de la même couleur verte que les murs du couloir, un panneau de bois recouvre la porte de la chambre de Narumi. Trois ans et demi après les faits, la pièce est toujours sous scellés. Intacte. Toutes les affaires de l’étudiante disparue ont été laissées en l’état, en vue d’une possible reconstitution des faits. Le temps y est comme suspendu. Dans l’attente d’une réponse, d’un déclic. Cette chambre fantôme, invisible mais bien réelle, représente l’ultime trace concrète de cette funeste nuit du 4 au 5 décembre 2016.

Coup de poker judiciaire à Santiago

France, Chili, Japon. Trois pays, trois cultures, trois systèmes juridiques, trois rôles distincts dans cette enquête trouble. Si la réalité judiciaire est une chose, la réalité diplomatique en est une autre. L’affaire Narumi Kurosaki a longtemps été ballotée à la croisée de ces chemins, et il a fallu l’obstination sans faille des magistrats français, puis de leurs homologues chiliens, pour déverrouiller une situation a priori inextricable.

Un virage décisif est amorcé en avril 2019. Pressé par la France, le Chili accepte d’interroger Nicolas Zepeda ainsi que sa famille, une première depuis la disparition de Narumi Kurosaki. Une délégation 100% bisontine composée du procureur de la République, Etienne Manteaux, de la juge d’instruction Céline Bozzoni et de deux enquêteurs de la PJ saute dans un avion pour Santiago, avec dans ses valises une liste de 95 questions à destination de Zepeda. Organisée dans le cadre d’une demande d’entraide pénale internationale, ce voyage de 12000 kilomètres a un double objectif : assister à cet interrogatoire tout en « plaidant » le fond du dossier auprès des instances chiliennes, en vue d’une éventuelle extradition. Le procureur de Besançon avait prévenu : « On ne vient pas ici pour le folklore ».

Durant cinq jours, les journalistes chiliens et japonais ont suivi pas à pas la délégation bisontine, composée du procureur, de la juge d’instruction et de deux policiers.

Convoqué dans l’enceinte du palais de justice de Santiago, ce 17 avril 2019, Zepeda va-t-il enfin parler ? Sans surprise, l’ex-petit ami de Narumi préfère exercer son droit au silence, répétant à 95 reprises une réponse type, soufflée par ses deux avocats… Mais à travers l’implacable énoncé de ces questions « chirurgicales », qui reprennent point par point l’ensemble des preuves qui l’incriminent, Nicolas Zepeda comprend à quel point l’étau judiciaire se resserre. C’est du moins le ressenti d’Etienne Manteaux. « Il a terminé l’entretien ébranlé », raconte le procureur à son retour à Besançon.

A l’issue de son interrogatoire, le 17 avril 2019 à Santiago, Nicolas Zepeda a tenté de semer les médias en filant par l’arrière du palais de justice. Mais les caméras qui le traquaient n’ont pas manqué la sortie du Chilien, assis à l’arrière d’une rutilante Porsche.

L’éveil des médias chiliens

Ce voyage d’apparence frustrant, a un mérite inattendu : susciter l’intérêt des médias chiliens. L’arrivée à Santiago de cette « french team », suivie comme une ombre par l’habituelle armée de journalistes japonais, provoque une vague de reportages et d’articles locaux. Le nom et le visage de Zepeda s’affichent partout.

« Ce cas captive l’opinion publique, car il concerne un jeune Chilien issu d’une famille de haut rang », observe Valentina Espejo, journaliste à Las Ultimas Noticias. « Cela limite toute possibilité de corruption de la justice chilienne. Maintenant que ce cas est suivi, la famille Zepeda ne peut plus espérer s’en sortir avec son argent ou ses relations », ajoute Akira Uchimira, coordinateur chilien pour la presse étrangère.

Sous l’œil du procureur de Besançon, une magistrate du ministère public chilienne accorde une brève interview sur le parvis du palais de justice de Santiago, en avril 2019.

Fils d’un cadre haut placé de Movistar, mastodonte de la téléphonie hispanophone, Nicolas Zepeda fait partie d’une famille dorée, susceptible de bénéficier d’appuis décisifs. La médiatisation de son cas fragilise cette position. Cette force supposée se transforme même en faiblesse lorsqu’éclate, fin 2019 au Chili, une révolte d’une violence extrême, fatale à des dizaines de manifestants. Lassé des inégalités sociales, le peuple avance face aux balles avec un objectif clair : abattre les privilèges dont jouissent les hautes strates de la société chilienne. Une élite à laquelle appartient la famille Zepeda.

Coordinateur chilien pour la presse étrangère, Akira Uchimira livre son ressenti sur l’affaire le jour de l’interrogatoire de Zepeda, le 17 avril 2019.

Une extradition inespérée qui relance l’affaire

A l’automne 2019, Etienne Manteaux prend sa plus belle plume pour rédiger la demande d’extradition de Nicolas Zepeda, qu’il accompagne de l’intégralité du dossier d’instruction. Le document transite par les chancelleries pour atterrir sur le bureau de Jorge Dham, juge de la Cour Suprême de Santiago. Une démarche aux allures de chant du cygne, qu’on craignait vouée à l’échec en l’absence du corps de Narumi.

Jorge Dham, juge de la Cour Suprême de Santiago

Point par point, le procureur de Besançon y détaille « le nombre considérable d’éléments à charge » accumulés à l’encontre du suspect, au fil d’une enquête qu’il juge « exemplaire ». Les rouages de la justice chilienne se mettent en marche. Plusieurs audiences se tiennent dans l’enceinte de la Cour Suprême, mettant aux prises le ministère public chilien - relais du parquet de Besançon - et les avocats de Nicolas Zepeda. Visage juvénile et chemise d’un blanc immaculé, ce dernier assiste à chaque session, imperturbable, en laissant à ses conseils le soin de s’exprimer. Restés au Japon, les proches de Narumi sont également auditionnés par visioconférence. Tout comme deux enquêteurs de la police judiciaire de Besançon.

Le 2 avril 2020, le verdict tombe comme la foudre. Bien qu’aucun traité d’extradition n’existe entre les deux pays, le Chili accepte de livrer son ressortissant à la France. Une décision confirmée en appel le 18 mai, malgré les recours intentés par le camp Zepeda. « C’est un grand soulagement pour la justice avec un grand J », se félicite aussitôt le procureur de Besançon, imité par l’avocate de la famille Kurosaki, Me Galley (photo ci-contre), qui y voit « une avancée incroyable dans le dossier, et une bouffée d’espoir pour la suite ».

La Cour Suprême chilienne a décidé d’assigner Nicolas Zepeda à résidence, dans l’attente d’être remis aux autorités française à l’aéroport de Santiago

Un procès attendu en 2021 à Besançon

Bousculée par les contraintes sanitaires liées à la pandémie de Covid-19, l’extradition de Nicolas Zepeda est prévue le 23 juillet 2020. Cette étape relance une enquête qu’on croyait définitivement enlisée.

Une fois sur le sol français, l’ex-petit ami de Narumi sera amené illico presto devant la juge d’instruction de Besançon. Si les convictions des enquêteurs sont profondes, le Chilien reste présumé innocent et sera, à ce titre, traité comme n’importe quel suspect d’une affaire criminelle. Sauf rebondissement, la magistrate devrait prononcer la mise en examen de Nicolas Zepeda pour assassinat, tout en lui donnant une énième occasion de s’expliquer sur la disparition de Narumi. Que fera, que dira Zepeda ? Qu’il se défende, se taise ou passe aux aveux, lui seul peut désormais écrire la fin de cette sombre histoire…

Dans la foulée, un juge des libertés et de la détention sera chargé de le placer – ou non – dans une cellule de maison d’arrêt. Ce qui serait une grande première depuis la disparition de Narumi.

En cas de procès, l’avenir de Nicolas Zepeda se jouera entre les quatre murs du palais de justice de Besançon.

Que se passera-t-il ensuite ? Tout dépend là encore de Nicolas Zepeda. Si sa stratégie du silence évolue, et qu’il lève le voile sur cette nuit maudite du 4 au 5 décembre 2016, de nombreux nouveaux actes d’enquête pourraient être diligentés, notamment sur la localisation de l’étudiante japonaise. Un psychiatrique et un psychologue examineront par ailleurs le mis en cause dans les mois à venir.

Conseillé par les meilleurs avocats du Chili, Nicolas Zepeda s’est attaché, côté français, les services de Me Jacqueline Laffont. Redoutable et redoutée, cette pénaliste de 59 ans est une adepte des grands procès médiatiques. Sarkozy, Benalla, Hulot, Messier ou l’ex-président ivoirien Gbagbo : la liste de ses anciens ou actuels clients est impressionnante. Me Laffont a une spécialité, traquer et exploiter la moindre faille de procédure. La bataille s’annonce acharnée.

Me Jacqueline Laffont a récemment défendu les intérêts d’Alexandre Benalla

Trois ans et demi après les faits, tous les regards, tous les caméras se braquent sur Nicolas Zepeda. Un éventuel procès à Besançon ne se tiendra pas avant 2021, voire 2022. Accusé d’assassinat, le Chilien encourrait la réclusion criminelle à perpétuité.

Narumi Kurosaki, elle, demeure introuvable.

Reportage : Willy GRAFF

Photos : DR - Martin BERNETTI/AFP - Ludovic LAUDE - Willy GRAFF- Arnaud CASTAGNE - Sam COULON - Maxppp

Montage : Service SUPPORT ERV

Created By
Est Republicain
Appreciate