L'Earth Hour initiative politique et écologique

L'Earth Hour, quezaco ? L'Earth Hour, ou « une heure pour la planète », en français, est un des plus grands événements crée par la fondation WWF pour sensibiliser la population mondiale au phénomène du réchauffement climatique. Pour participer, il suffit d'éteindre ses lumières durant une heure, le 25 mars 2017 à 20h30. Un petit geste citoyen, mais un grand geste pour la planète.

10 ans déjà d'existence. L'Earth Hour, véritable geste écocitoyen, n'a cessé de monter en puissance durant ces 10 dernières années. Organisé tous les ans, le dernier samedi du mois de mars, cet acte a pour objectif de sensibiliser la population mondiale aux enjeux écologiques qui se jouent en ce moment. Le fond mondial pour la planète, ou WWF, estime que les villes constituent « un levier pour inverser » cette dérive climatique. C'est dans cette optique qu'en 2007, une initiative visant à réduire notre consommation énergétique a vu le jour en Australie, à Sydney plus précisément. L'année suivante, c'est mondialement que cette initiative est partagée. 35 pays ont voulu changer les choses.

Logo Earth Hour City Challenge
"Les villes sont responsables de plus de 70 % des émissions de CO2 mondiales liées à l'énergie".

Il est vrai qu'un lien logique peut s'établir entre l'urbanisation, le développement économique et l'augmentation de notre empreinte écologique. C'est donc les villes qui sont visées par cet événement. Selon l'ONU, les villes, qui représentent 54 % de la population, ne cesseront de croître. Elles représenteraient ainsi aujourd'hui 70 % des émissions de CO2 mondiales liées à l'énergie. Il paraît donc urgent de cibler les villes, afin de réduire les plus gros acteurs du changement climatique. C'est dans cette optique que, non seulement la WWF essaie de sensibiliser les citoyens grâce à ce geste symbolique, mais également les métropoles elles-mêmes. Chaque année, un concours est lancé. Concours qui permet aux villes de faire en sorte de réduire leur empreinte énergétique tout au long de l'année grâce à un projet. L'Earth Hour City challenge est définit par la WWF comme « encourageant les villes à rendre compte d'engagements ambitieux et des actions en faveur du climat, que ce soit sur le plan de la réduction des gaz à effet de serre, de l'alimentation, de la gestion de l'eau ou de la sécurité énergétique ». Il est à ce jour le plus grand concours mondial dédié à la soutenabilité des villes.

"L'Earth Hour City Challenge est un outil important du travail du WWF sur les villes. Il vise à identifier et récompenser les villes qui orientent leur transition vers un avenir durable".

Les villes participantes y gagnent en rayonnement. Non seulement cela permet de renforcer le sérieux et la crédibilité de ses engagements déclarés sur une plateforme dédiée au climat reconnue mondialement, de bénéficier de la reconnaissance de la WWF, d'augmenter l’intérêt des médias pour les travaux de durabilité pour la ville, d'afficher sa ville sur la carte mondiale, mais également d'accroître la prise de conscience locale et de recevoir un retour sur ses stratégies.

La Terre va mal. Aujourd'hui, nous consommons l'équivalent d'1,6 planète par an. Selon un rapport de la NOAA, l'Agence Américaine d'Observation Océanique et Atmosphérique, l'année 2015 est la plus chaude année jamais connue, dépassant nettement 2014 de 0,16°C. L'homme à augmenté le taux de CO2 de la planète à une vitesse sans précédent. Les émissions de CO2 sont passées de 1,7 milliard de tonnes en 1950 à plus de 18 milliards de tonnes en 2000. La concentration en CO2 dans l'atmosphère a augmentée de 40 % depuis la révolution industrielle. Si rien n'est fait, le taux de CO2 pourrait avoir augmenté de 250 % par rapport à 1950, entraînant une hausse de la température globale de 10°. Ces données prennent en compte le passage à la société de consommation de pays émergents, qui prennent comme exemple le mode de vie actuel des pays industriels.

La terre vue de la station spatiale internationale

L'année dernière, le 15 décembre 2015, s'est déroulé la COP21 à Paris. Un nouvel accord, engageant 190 pays, a été signé. Cet accord consiste à contenir l'augmentation de la température moyenne mondiale en dessous de 2° maximum. Cependant, même si tout ces engagements sont suivit, cela nous place seulement sur une trajectoire autour de 3°. Cela laisserait tout de même un écart annuel de 10 à 17 milliards de tonnes d'émissions de gaz à effet de serre. L'équivalent des émissions annuelles de la Chine et des États-Unis. L'édition 2016 de l'Earth Hour a donc eu une résonance particulière au lendemain de cet accord. Malheureusement, l'accord ne prévoit pas de sanctions à l'encontre des pays qui ne respectent pas leurs accords.

"Plus de 190 pays s'engagent à contenir l'augmentation de la température mondiale bien en dessous de 2°".

Paris, capitale mondiale de l'Earth Hour City Challenge 2016, a développé de nombreuses idées afin de réduire son impact environnemental. La ville s'est dotée d'un Plan Climat Énergie, mais également d'une agence parisienne du climat, et a permit la mise en place d'une plateforme qui a pour objectif d'accompagner les copropriétaires du début à la fin de leur projet de rénovation énergétique et lancé un programme « Eco-rénovons Paris - objectif 1000 immeubles ». Ce programme permet d'encourager la rénovation énergétique des immeubles d'habitats privés. La circulation et ses émissions ne sont pas laissées de côté puisque Paris veut réduire ses émissions liées à la circulation intra-muros de 60 % d'ici 2020. Paris prend donc des mesures concrètes pour réduire sa consommation d’énergie, à travers la rénovation de ses bâtiments mais également à travers des alternatives à la voiture traditionnelle. Il ne s'agit pas seulement de l'interdire, il s'agit de trouver une alternative écologique qui satisferait les citoyens.

Nantes, capitale verte européenne 2013

Nantes, anciennement capitale verte européenne et finaliste de l'Earth Hour City Challenge a bien plus que joué le jeu l'année dernière. La ville ne s'est pas seulement éteinte pendant une heure, mais pendant 3 nuits. L'hôtel de ville, la cathédrale, les façades de la place du Bouffay, la fontaine et les façades de la place Royale, le théâtre Graslin ainsi que la mairie de Chantenay seront éteints pour l'occasion. Son Plan Climat Énergie se concentre principalement sur l'optimisation des éclairages publics, mais également sur les transports en commun, développés et soucieux de l'environnement. Nantes veille également à la bonne participation du public et au changement des comportements pour créer une communauté durable, fortement engagée dans la lutte contre le changement climatique.

"La transition énergétique, c'est nous".

À moins d'un mois de l'Earth Hour 2017, Nantes poursuit son engagement auprès de la transition énergétique et du changement climatique, comme en témoigne la campagne, débutée en septembre 2016, et qui se termine fin mars 2017. Effectivement, depuis septembre, les Nantais peuvent voir de drôles d'affiches roses un peu partout. Dans les transports en commun, dans la rue... Les Nantais sont invités à un débat sur le thème de la transition énergétique qui place les citoyens, les acteurs associatifs et les entreprises au cœur de la décision. Ici, comme avec l'Earth Hour, le citoyen est invité à agir pour la planète, à s'impliquer afin de faire changer les choses.

Campagne d'affiche pour le grand débat sur la transition énergétique

Il n'y a pas seulement le citoyen qui s'implique dans cette initiative. Les collectivités locales jouent également le jeu, mais certaines institutions ne peuvent se permettre de couper les lumières pendant une heure, même le soir. Les hôpitaux, par exemple, ne peuvent couper le courant. Comment mettre un bébé au monde lorsque l'on ne voit rien ? Comment prodiguer les soins correctement dans le noir ? De plus, si le courant est coupé au sein d'un hôpital, tout est mis en place pour qu'un générateur relaye au plus vite le courant afin de ne pas couper l’électricité à des personnes gravement malades qui dépendent parfois d'une seule machine. Comme l'Earth Hour préconise l'extinction des lumières et le débranchement de tout appareil électrique non-essentiel, il s'avère être difficile pour les hôpitaux d'y participer puisque la plupart des appareils électriques sont essentiels. Les restaurateurs, eux, peuvent couper le courant mais ne le font généralement pas. Le service ne peut être pleinement assuré lorsque le courant est coupé. Pas de four, par exemple. Alors que pour certains restaurants, le samedi soir constitue la moitié de leurs chiffres d'affaires. Il est difficilement concevable d'éteindre leurs lumières pour l'Earth Hour.

"Le Monte-Carlo Beach, visionnaire et emblème du développement durable port[e] les valeurs respectueuses d’un environnement naturel sain et équilibré".

Cependant, à Monaco, il est possible de manger aux chandelles le 25 mars 2017. Effectivement, ce restaurant décrit son dîner comme s'agissant « d’un dîner gastronomique associant la philosophie green aux engagements du mouvement mondial Earth Hour, initié par le World Wide Fund for Nature ». Bien que les fours resteront allumés, les lumières, elles, seront coupées. Des bougies les remplaceront, afin de plonger le client dans une atmosphère intime.

Les détracteurs de l'Earth Hour

Les détracteurs de l'Earth Hour regrettent une telle diabolisation de l'électricité. Pour certains scientifiques, l'électricité est un véritable progrès et ne devrait pas être restreinte. Certains même s'attaquent aux bougies, présentent en grand nombre lors de l'Earth Hour. La toxicité des bougies est la cible des attaques. On déplore que l'électricité soit abandonnée au profit des bougies, pourtant composées d'énergies fossiles. Attention donc, si vous avez dans l'optique de vous éclairer à la chandelle le 25 mars 2017, préférez des bougies sans paraffine, car c'est un composant obtenu aujourd'hui en raffinerie à partir du pétrole.

Certains s'interrogent, un black-out, une saturation du réseau est-elle possible lors de l'Earth Hour ? Lorsque toutes les lumières vont se rallumer en même temps, risque t-on de créer une surchauffe ? Que l'on se rassure, le risque est faible, et les agents RTE (Réseau de Transport d’Électricité) seront mobilisés pour l'occasion. La RTE s'adapte, elle doit prévoir le comportement des Français bien que cela ne soit pas si simple que ça. La variation d'énergie consommée reste dans leur marge de manœuvre. Pour l’événement, la RTE observe généralement une variation d'une centaine de mégawatts, soit l'équivalent de 100 000 habitants. En comparaison, un samedi soir de mars, la consommation est d'environ 63 000 MW. De plus, lors de l'événement, pour ne pas entraîner de tension dans les réseaux, ce sont des barrages hydrauliques qui sont utilisés pour fournir cette électricité de pointe.

"Cette mobilisation est d’ailleurs un élément clé pour atteindre les objectifs ambitieux que nous nous sommes fixés avec Paris 2024 pour organiser les premiers Jeux alignés sur l’Accord de Paris pour le climat".

A Paris, l'allumage de la Tour Eiffel est une occasion de bouger et de s'amuser. Une fois le monument éteint, ce sera symboliquement aux citoyens présents au pied de la Tour Eiffel de la rallumer en utilisant « l’energy dancefloor ». Cette année, l’extinction de la Tour Eiffel prend également une dimension politique puisque seront présents, aux côtés d'Anne Hidalgo, les ambassadeurs de Paris 2024. Pascal Canfin, directeur général du WWF France explique que « cette année encore, Earth Hour mettra en lumière la mobilisation de la société civile en faveur de la protection de la planète. Cette mobilisation est d’ailleurs un élément clé pour atteindre les objectifs ambitieux que nous nous sommes fixés avec Paris 2024 pour organiser les premiers Jeux alignés sur l’Accord de Paris pour le climat. L’extinction de la Tour Eiffel sera donc symbolique à double titre ».

Mascotte de la WWF

Partenaires de l'Earth Hour

Carrefour, Castorama, FFF, Femme actuelle, Orange, Lafuma, TF1, Canon, Coca-Cola, Nokia, Siemens, pour ne citer qu'eux. Ces entreprises sont, depuis quelques années, partenaires de l'Earth Hour. Pourtant, certaines de ces entreprises font quelque peu figure d'hypocrites. Effectivement, la WWF a sorti une étude sur les 25 entreprises françaises qui ont le plus d'impact sur la biodiversité dans le monde. Le nombre de matières premières impactées est pris en compte et l'on retrouve en tête l'entreprise Carrefour. L'événement paraît reprit par les grosses entreprises afin de faire, en quelque sorte, bonne figure auprès des citoyens.

Certaines entreprises profitent même de cet événement, non seulement pour redorer leur blason, mais également pour vendre leurs produits, à l'instar de Durex, célèbre marque de préservatifs. Pour sa campagne 2016, « Turn Off To Turn On », la marque invite les couples du monde entier à se déconnecter totalement de leurs objets technologiques à l'occasion de « une heure pour la planète ». Durex profite donc de l'occasion pour inciter les jeunes à être responsables, mais également pour sensibiliser les citoyens à l'écologie. Elle tente aussi par cette initiative de vendre ses produits et profiter de cette occasion puisque, selon une étude anglaise publiée le 30 novembre 2013, un tiers des Britanniques considèrent que la technologie freine leur vie sexuelle, avec 40 % des sondés qui affirment que la technologie à également une mauvaise répercussion sur leur vie de couple.

L'Earth Hour, qui aura lieu le 25 mars 2017 à 20h30 est surtout un geste symbolique, qui permet à tous d'ouvrir les yeux sur le sort de notre planète. L'initiative de la WWF a pour objectif de faire en sorte que les citoyens soit acteurs. Repris par beaucoup d'entreprises qui mettent ainsi en valeur leur contribution à une noble cause, ce sont des enjeux politiques qui se dessinent sous cet événement. Il faut cependant œuvrer au quotidien pour notre planète. Cela, les jeunes écologistes de Nantes l'on bien compris puisqu'ils ont symboliquement éteint les interrupteurs des enseignes du centre-ville de Nantes, à partir de 21h, l'année dernière, avec l'opération « clan du néon ».

Elodie Longépé

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