Les célébrations de Pâque en Grèce par charlotte hesnard

La Grèce est un endroit magique où passer son semestre d’étude, de par les multiples traditions et fêtes que les étudiants étrangers sont amenés à découvrir. Chaque occasion est bonne à célébration et à différents rituels que les Grecs sont plus que ravis de partager avec nous.

Tout au long de l’année, différentes célébrations notamment religieuses rythment la vie du peuple grec. Parmi elles, la fête de Pâque demeure la plus importante, bien plus encore que Noël.

Elle débute par le Sarakosti (Σαρακοστή), soit l’équivalent du Carême catholique. Déjà la veille, les Grecs se réunissent dans les tavernes ou en famille afin de manger une quantité de viandes astronomiques, en prévoyance du jeûne. En effet, ce jeûne de quarante jours interdit la consommation de viande, œufs, poissons, alcool, huile, et produits laitiers, et se complète par l’interdiction de célébrer mariage, fête ou baptême. C’est une période de purification qui correspond pour certains, au quarante jours de jeûne du Christ dans le désert, et pour d’autres, à la Passion du Christ.

Le Sarakosti commence par le Lundi Pur (Kathari Deftera - Καθαρή Δευτέρα), jour férié propice aux pique-niques en famille. Au menu : fruits de mer, laghanès, tarama et olives. À cette occasion, des petites compétitions de cerfs-volants sont organisés dans les différents quartiers d’Athènes et dans les villes de tout le pays.

Les plus téméraires des Grecs respectent le Carême durant les 40 jours précédents la célébration de Pâques, mais la majeure partie d’entre eux ne l’effectue que durant la dernière semaine : la Grande Semaine (Megali Evdomada - Μεγάλη Εβδομάδα).

Le Lundi Saint, le jeûne s’intensifie. Pour certains, cela représente déjà le 35ème jour de jeûne ; pour d’autres, c’est le premier.

Le Mardi Saint correspond à la conspiration visant à l’arrestation du Christ. Dans certaines régions de Grèce, il vous sera possible de voir des femmes grecques se rendre à l’église avec d’y installer les 3 cierges pour l’Onction du lendemain. La farine en question sert à confectionner des Koulourias, des sortes de petits pains secs traditionnels.

Le Mercredi Saint coïncide avec la trahison de Judas. Certains Grecs ont l’estomac pratiquement vide toute la journée, alors que beaucoup d’autres savourent les Koulourias. Pour commémorer la veille du dernier repas de Jésus, les Grecs teignent des œufs durs en rouge, couleur de sang, qui rappellera au moment venu la joie de la Résurrection. Pour les réaliser, rien de plus facile. Il suffit de faire bouillir une douzaine d’œufs, plus les laisser refroidir avant de les recouvrir d’une teinture spéciale ou avec du jus de betterave. Avant de les recouvrir de couleur rouge, les Grecs s’amusent à y déposer des trèfles ou des petites feuilles afin de réaliser des motifs.

Le Jeudi Saint commence la célébration de la Passion du Christ. On prépare ainsi la brioche de Pâques en y incorporant un des œufs rouges de la veille. Le soir, les Grecs se rendent à l’église pour entendre le chant des 12 Apôtres, rappelant la Cène, et pour y décorer l’Épitaphe des plus belles fleurs. Les églises entament ainsi une compétition officieuse afin de savoir laquelle détiendra le plus bel Épitaphe. Enfin, afin d’obtenir le pardon du Christ, les Grecs défilent sous l’Épitaphe.

Le Vendredi Saint est le jour le plus strict du jeune : seulement quelques légumes bouillis sans huile. Il correspond à la crucifixion du Christ. À cet effet, les Grecs dépose la croix dans l’Épitaphe, et sa procession commence alors dans toute la ville.

Le Samedi Saint est jour de Résurrection. À minuit, les Grecs se rendent à l’église, tous muni d’un cierge ou d’une bougie. Dans l’obscurité la plus totale, les popes prononcent les mots tant attendus « Χρηστός Ανέστη ! » (Christos anesti – Le Christ est ressuscité) et fait diffuser la lumière de cierge en cierge.

Les gens s’embrassent en se répétant ces mots : «- Χρηστός Ανέστη ! - Αληθώς Ανέστη » (« - Christos anesti ! - Alithos Anesti ! – Le Christ est ressuscité ! Oui, il est vraiment ressuscité ! »).

Afin de se remettre du jeûne tranquillement, les Grecs se réunissent ensuite pour manger la Maghiritsa (Μαγιρίτσα), composée des intestins de l’agneau pascal, du riz et de l’aneth, accompagnés parfois de morceaux de cœur et de foie. Après ce délicieux repas, les Grecs brisent les œufs rouges en les cognant les uns contre les autres. Cela symbolise la tombe scellée du Christ. Celui qui conservera son œuf intact, sans fêlure, aura de la chance toute l’année.

Le Dimanche de Pâque est quant à lui une grande fête. Depuis très tôt le matin, les hommes s’attellent à la préparation du méchoui. Pendant cinq à six heures, ils font tourner l’agneau dans leur jardin, ainsi que le Kokoretsi, constitué de foie, de cœur et autres organes de l’agneau bien enveloppé de son long fil intestinal. Un régal. Après le repas, place aux danses.

Afin de ne pas vivre ces célébrations seul dans son coin, il est possible de louer une chambre chez l’habitant, en dehors d’Athènes de préférence, et de vivre ces festivités avec des familles grecques. C’est ce que moi même et plusieurs de mes amis avons fait, et nous ne le regrettons pas !

Ce témoignage et les photos sont issus du Journal de PSB International Office, recueil de retours d'expérience d'étudiants de PSB Paris School of Business durant leur séjour d'études à l'étranger et entièrement fournit par l'étudiante Charlotte Hesnard sans aucune retouche de la part de PSB International Office.

Merci à Charlotte pour son témoignage ainsi qu'à Camille et Flore de PSBIO pour avoir géré de main de maître la création de ce journal. Mise à jour le 24/11/2016

Made with Adobe Slate

Make your words and images move.

Get Slate

Report Abuse

If you feel that this video content violates the Adobe Terms of Use, you may report this content by filling out this quick form.

To report a Copyright Violation, please follow Section 17 in the Terms of Use.